mercredi 6 avril 2016

La Liberté d'expression, c'est la liberté d'être con !

Je dispose d'une page facebook. Lorsque je diffuse une publication quelconque, s'en suit très souvent un certain nombre de commentaires de la part de ceux qui me font l'honneur d'être attentifs de près ou de loin à mes travaux. Ces commentaires ont pour émetteurs des individus très différents, avec pour chacun d'entre eux une histoire, un parcours intellectuel personnel et des valeurs qui leur sont propres. Il arrive parfois que des commentateurs expriment des opinions excessivement radicales, voire littéralement ignobles sur certains sujets. D'autres, manifestement opposés à mes idéaux (si tenté qu'ils aient fait l'effort de lire mes publications), n'hésitent pas à me calomnier ou sombrer dans la diffamation à mon égard. Et pourtant, n'en déplaise à ceux que cela dérange, je ne censure jamais personne...

Pour être parfaitement honnête, je me souviens avoir une fois en cinq années, succombé à cette tentation. L'individu en question tenait des propos particulièrement haineux à l'égard d'une certaine communauté avec une fréquence telle, que mon irritation finit alors par prendre le dessus. En dehors de cette incartade à mes propres considérations éthiques sur la question, je suis parvenu jusque là à respecter la discipline que je m'impose s'agissant de la modération de la micro-agora populaire qu'est devenue ma propre page facebook. Etant l'unique administrateur de celle-ci, mon pouvoir de censure est pourtant total et j'ai toute Liberté d’annihiler ce qui pourrait heurter mes valeurs à chaque instant. Mais je m'y refuse car je reconnais nourrir une foi aveugle sur le fait que du respect strict de la Liberté d'expression, découle la possibilité que des Français aux opinions et aux valeurs morales très différentes, se parlent enfin.

De la même façon, me mettant moi-même dans la position très inconfortable de "leader d'opinion" je considère qu'être exposé aux critiques les plus dures est un devoir moral absolu. Qu'elles soient justifiées ou non, subtiles ou au contraire profondément simplistes, l'opinion contraire à la mienne est la garantie pour le lecteur intéressé à mes propres idées, que j'admette qu'il soit probable que je puisse faire fausse route. Si une personne souhaite juger de la pertinence de mes idées, alors faut-il qu'elle puisse lire et entendre d'emblée mes contradicteurs, car ils offrent chacun à leur façon des pistes de réflexion pour mesurer les limites et les failles éventuelles des opinions que j'exprime. C'est d'ailleurs pour moi le seul moyen de mettre à l'épreuve mes raisonnements afin de savoir s'ils partent d'un prérequis manifestement faux, ou s'ils souffrent d'un manque de données pour gagner en subtilité. Enfin, j'ajoute qu'étant un garçon ayant l'esprit un minimum solide et ayant des valeurs bien ancrées, je ne m'inquiète nullement des attaques personnelles, c'est à dire les opinions qui s'intéressent moins aux idées que j'expose qu'à ma propre personne, car les invectives ne peuvent me toucher que si elles trouvent des failles ayant moins à voir avec mon humanisme qu'à mes propres travers intimes. Ainsi, lorsque certains font de moi le diable en personne, j'en souris les bons jours, et m'en agace les moins bons. Mais je laisse libre court à leur expression, car je ne transige pas : la Liberté d'opinion, c'est la liberté d'être con !

Si fondamentalement, je me refuse à édicter des limites morales à la Liberté d'expression - si ce n'est celle qui constitue un appel au meurtre d'autrui - c'est que je suis profondément convaincu qu'imposer de telles limites n'aurait d'autres conséquences qu'empêcher des Français aux idéaux antagonistes, de parvenir à s'écouter, s'invectiver s'il le faut, mais finalement en venir à exposer des arguments contradictoires pouvant gagner en pertinence au fil d'une discussion. Et c'est ainsi que deux individus que tout oppose mais rassemblés par un débat sur une information ou idée, peuvent à défaut de tomber d'accord, finir par se comprendre et chercher le consensus, si tenté que ces derniers aspirent à former un vivre-ensemble qui ménage les limites morales des uns et des autres. La notion de vivre-ensemble, particulièrement sur tout ce qui fait société en termes de valeurs transcendantes, oblige chacun à comprendre les raisonnements d'autrui et en tenir compte. De l'identitaire nationaliste et xénophobe à l'ultra-libertaire nihiliste et tout aussi xénophobe (la peur de l'autre), il y a un océan où la majorité des poissons nagent dans des eaux libres. Et lorsqu'on soumet à l'état de nature ne serait-ce que la Liberté d'expression pour l'ensemble des Hommes, ces derniers sont soumis à l'obligation pro-survie de ménager leur prochain et ont ainsi une tendance naturelle à adopter une position "modérée".

Mais par "ménager", je n'entends pas ici limiter la radicalité des idées. Une idée peut violemment s'opposer à une considération morale ou politique d'une personne, tout en lui accordant l'assurance de faire appel à son intelligence. Ce qui à mon sens offre la part de respect que l'on peut accorder à son plus hostile contradicteur, c'est dans la qualité de la formulation des réponses qu'on lui oppose. La langue française comporte environ 200.000 mots. Ceux qui aiment comme moi bouffer de cette langue au travers des livres ou par l'écriture, peuvent en utiliser jusqu'à 30.000. La majorité des Français adultes en utilisent moins de 3000 dans leur expression écrite, et moins de 1000 dans leur usage quotidien. Ce que je signifie par là étant que de la quantité et la qualité de culture générale dont nous disposons, découle une grande partie de la profondeur du raisonnement que l'on pourra opposer à autrui, grâce à une certaine quantité de mots. Plus notre champs lexical est riche, mieux nous savons formuler nos idées et user de synonymes utiles à maintenir un certain intérêt pour le récepteur de notre idée par l'évitement de "mots-signaux" que j'évoquerai un peu plus loin. 

Ecouter ou lire les opinions d'autrui suppose donc de s'affranchir des tabous sociétaux, qui sont des éléments exogènes à notre propre puissance de réflexion. L'environnement social et politique d'un individu n'est que somme d'informations d'où découle une logique de raisonnement qui, en fonction de la part de bienveillance et de subtilité de son auteur, peut tendre vers le bien ou le mal. Etant un démocrate rigoriste, je considère que dès lors que le peuple dispose d'un organe de démocratie directe, tel qu'un forum internet ou plus bancalement un réseau social tel que facebook, il dispose se faisant d'un accès illimité à l'information et aux échanges permettant de construire un idéal social commun par la confrontation des idées avant l'élaboration des compromis n'affectant jamais l'intérêt de tous au profit des revendications particulières de certaines communautés. Parmi les opinions, il y a celles qui s'appuient sur des faits absolus ou de lois naturelles de façon froide et neutre, mais aussi celles émanant de pures considérations humaines telles que nos valeurs morales, qui sont elles-mêmes conditionnées par notre environnement familial et social, ainsi que de nos blessures profondes ou nos passions. Nombre de nos blessures d'âme ne trouvent nulle philosophie pour éteindre les mystifications qu'elles alimentent, si ce n'est celle de se heurter violemment à des signaux d'alarme véhiculés par les mots. Les âmes les plus déstructurées socialement et dans leur identité profonde peuvent se sentir heurtées sans vraiment le comprendre par des mots formant des idées ayant un lien avec des sujets éminemment politiques. Et c'est même une évidence, puisque la politique est le sous-jacent intrinsèque à notre condition sociale présente ou future. Or, ce qui structure une Société en quête de bien-être social, est l'obligation morale pour chacune de ses composantes de se heurter à la pensée du plus grand nombre car nous ne disposons pas de meilleure solution démocratique pour établir les normes qui nous assujettissent tous. Parmi les milliers d'opinions que nous pouvons avoir à découvrir le temps d'une vie, il en est comme la xénophobie qui trouvent leur racine dans une aliénation intime ressentie par son émetteur, et non un raisonnement dépassionné du contexte social ayant permis d'opérer les distinctions entre la cause politique profonde de son oppression, de la tyrannie (réelle ou supposée) exercée par une personne ou une communauté sur soi, et ne disposant pourtant d'aucun pouvoir politique contraignant sur la nation toute entière. 

Le racisme à l'égal de beaucoup d'autres maux, est par définition une opinion construite sur un malaise social directement ressenti par celui qui éprouve ce sentiment. Si cette névrose qu'est la xénophobie existe, c'est qu'elle s'est nourrit d'un déficit d'éducation, voire d'un sentiment d'insécurité ou d'une perte d'identité dû à un environnement social qui aura toutes les chances d'être dégradé d'une façon ou d'une autre. Un être humain n'est pas qu'un être politique, c'est aussi un être sensible. La Liberté d'expression impose donc à ceux qui en acceptent d'emblée ses abus, la logique que l'être avec qui l'on interagit a une histoire personnelle l'ayant conduit à construire ses opinions avec une intensité et une orientation particulière, qui peut conduire à heurter nos considérations les plus humanistes. Il n'y a pourtant pas lieu de s'en inquiéter car l'opinion majoritaire en France est universaliste, en ce sens qu'elle s'oppose au racisme. Ce n'est pas une opinion conditionnée par notre environnement social, mais par notre raison.

L'environnement social influe en fonction de son intensité sur les mystifications que nous pouvons construire sur des idées, et chacun trouvera ainsi ses propres "postures" politiques comme exutoire à son mal être. Elles seront déclenchées par des signaux éveillant notre "fou intérieur" prenant provisoirement le contrôle sur notre raison. Ces comportements irrationnels que l'on retrouve dans les débats politiques ne s'atténuent seulement si les mots se succèdent assez en diversité et en nombre, pour formuler des idées de plus en plus complexes jusqu'à "noyer" le mot-signal obligeant ainsi notre "moi profond" à constater le raisonnement dans lequel il s'inscrit. Le raisonnement étant la discipline visant à associer des sommes d'informations pour bâtir une prévision ou une interprétation la plus pertinente que possible sur une idée, il s'en suit que plus nous respectons autrui par notre auto-discipline au travers de la profondeur d'une argumentation, plus nous garantissons que l'usage d'un "mot-signal" ne peut s'inscrire dans une volonté de heurter délibérément les valeurs humanistes du récepteur de notre idée. Dès lors que le récepteur d'une opinion peut juger celle-ci à partir d'un raisonnement froid et étayé de son émetteur, et non à partir d'une expression courte et "agressive" de la dite-opinion, le récepteur conserve son droit au désaccord, mais reconnaît dans ce cas implicitement et avec honnêteté intime, être en capacité de faire une démonstration intellectuelle qui portera la contradiction (ou la convergence) de chacune des étapes du raisonnement de son interlocuteur. L'opposition politique, si elle ne découle pas d'un raisonnement profond, ne peut donc qu'être binaire. Un contradicteur pourra proposer des idées fausses et/ou malveillantes du fait d'une aliénation culturelle et/ou sociale, ou établir des vérités et suggérer des réformes visant au bonheur de tous soit du fait d'une qualité de raisonnement et de connaissance sans qu'il en soit fait état publiquement, soit du fait "du bon sens" qui aura alors plus à voir avec l'instinct et l'expérience d'un être politique, que de sa propre culture générale ou d'un raffinement intellectuel.

Comme je me doute que certains s'interrogeront sur ce que peuvent des "mot-signal" qui peuvent libérer les irrationalités des uns et des autres, j'en fournis ici quelques exemples :

Souveraineté ; francs-maçons ; immigration ; musulman ; etc...

La Liberté d'expression assurant à chacun la possibilité d'échanger sans craindre la censure ou la violence d'autrui, elle engage naturellement à ce que les personnes les plus éduquées et "modérées" réagissent à l'aliénation de chacun à partir du raisonnement. Ce qui poussera l'être devenu irrationnel jusque dans ses retranchements, jusqu'à court-circuiter ce qui relève d'avantage du pathos que de la logique. La répétition du mot-signal dans un ensemble devenant cohérent, oblige à restaurer la sémantique implacable de ce mot. La Liberté d'expression est par conséquent, l'unique remède aux haines et paranoïas ordinaires construites sur le terreau putride d'une oppression sociale ressentie par des êtres de chair et de sang. Elle ne postule pas suffire à installer la Démocratie, ni même élever considérablement le niveau de culture générale, mais par son absence de limites, elle se veut introduire une certaine sérénité aux débats politiques en accordant la Liberté à tout à chacun d'être con. La Liberté d'expression s'appuie sur l'idée que la majorité des Hommes sont naturellement bienveillants, et que nulle idée particulière que l'on considérera comme subversive ou dangereuse, n'aura la moindre chance de trouver une majorité de voix pour la suivre. Ce que la démocratie réelle apporte en plus, c'est la possibilité qu'une majorité bienveillante reconnaissant par sa législature se tromper à son détriment sur une décision collective qui était contestée par une voix subversive, puisse entendre avec enfin plus d’acuité le raisonnement qui lui permettrait de bâtir une loi meilleure. La Démocratie réelle se nourrissant donc de la Liberté d'expression, permet au peuple de changer les lois à son propre profit, parfois à partir de considérations au départ minoritaires. 

A mon sens, et je sais que pour trop d'entre nous, cela se discute, les restrictions à la Liberté d'expression sont portées par des individus ayant une faible estime pour l'esprit critique du peuple tout entier. Celle ou celui qui s'oppose à la Liberté d'expression considère que la majorité ne cherche pas la modération nécessaire à l'élaboration des lois à seule fin de servir l'intérêt général, c'est à dire à la somme de nos intérêts fondamentaux.  Celle ou celui qui s'oppose à la Liberté d'expression suppose la majorité trop stupide ou malveillante pour établir les normes respectant les valeurs humanistes formant notre socle culturel et politique visant à ne pas nuire aux minorités, sans pour autant s'asservir au joug de leur dictature sur la volonté générale. Le censeur stupide se croît donc supérieur à l'ensemble de ses concitoyens, quant à édicter les normes et les idées qui peuvent profiter au peuple tout entier. Il restreint par sa censure ou sa violence, l'ensemble de la communauté dans laquelle il s'inscrit sur le moment, à ne connaître qu'une partie des opinions existantes, lui empêchant par là même de jouir de l'ensemble des données et raisonnements lui permettant d'émettre les revendications collectives qui pourraient faire consensus. 

Celui qui a le culot de vouloir restreindre la Liberté d'expression, ne peut être que soit imbu de lui-même ou alors au service d'un intérêt particulier s'opposant à l'intérêt général. 

Si elle n'est donc donc le fait d'une aliénation mentale de ceux qui l'imposent qui, je l'espère, se soignera par l'exercice de la Liberté d'expression du plus grand nombre, la censure est une volonté expresse de nuire à l'ensemble du peuple, aux profit d'intérêts minoritaires. Que le censeur ne soit qu'un exécutant d'une communauté d'intérêts particuliers, ou qu'il exerce sa censure à son propre profit, sa volonté est profondément malveillante à l'égard de tous !

Du Mouvement "Nuit Debout" 

Je ne prétendrais pas ici décider finalement, si le collectif  "convergence des luttes" est intégralement pollué par des intérêts politiques particuliers, mais manifestement, il n'y a jusque là pas un entrain très élevé de tous les organisateurs informés par mes écueils à pouvoir contribuer au rassemblement, quant à contraindre ceux d'entre eux qui souhaitent m'empêcher d'être simplement présent aux côté de tous. Mon désir de m'immerger dans l'émulation populaire, à partager des sourires, des conversations et des chants est certes nié, mais bien plus encore, ce sont mes droits constitutionnels à la Liberté de rassemblement, à la Sûreté et à la Liberté d'expression qui sont bafoués. 

La Déclaration des Droits de l'Homme du 24 Juin 1793 - dite de Robespierre - dispose dans son article 34 que :

Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Ce qui me fait dire que le tournant profondément anti-démocratique qu'a pris le mouvement, n'augure absolument rien de positif pour le peuple. Il est probable qu'au final, la loi El Khomri sera abandonnée, pour être traduite par une succession d'ordonnances quand tout les Français seront en vacances ou dans l'entrain des fêtes de Noël. Mais une fois cette revendication "gagnée" par l'ensemble des manifestants, qu'en restera-t-il ?

Absolument rien !

Notre tyrannie actuelle continuera de nous imposer ses lois ultra libérales et ses traités, elle poursuivra méthodiquement le démantèlement de notre pays, et cela sous le régime de la haute trahison, ira semer le chaos et la mort dans des pays ne nous ayant jamais agressé.

Je ne suis jamais venu pour me battre contre une loi, qui ne succède qu'à tant d'autres et pour lesquelles il n'eut jamais autant d'émulation populaire ces 10 dernières années. Car chacun des citoyens mobilisé sur la place de la République comme partout en France, a conscience que c'est un ras le bol plus général qui nous pousse à converger. 

Ce qui m'a attiré en premier lieu à vouloir contribuer de ma personne à une telle mobilisation, c'était la promesse d'occuper une place de Paris pour commencer, et cela sans discontinuer. C'est cela le début d'une révolution. Mais est ce une tempête dans un verre d'eau souillée de propagande et de censure, ou une révolution vers un océan de possibilités que l'on nous offre ?

Pour ma part, je pense que ceux qui ne cessent de me faire passer pour ce que je ne suis absolument pas au travers de publications mensongères et calomnieuses, nourrissant ainsi des craintes ou des justifications intéressées à certaines personnes du collectif "Convergences des luttes" ; le font pour servir les intérêts d'une minorité sur le peuple tout entier. Ceux qui entravent directement ma Liberté d'expression, ont sans doute d'excellentes raisons de veiller à ce que toute ou partie du peuple, n'entende pas le message que je porte depuis des années. Et si ce n'est le cas, désormais je ne reviendrai que sur invitation de leur part et je me permettrai l'outrecuidance de souhaiter disposer de quelques minutes pour porter mon message à la tribune, et qui est à mon sens, celui qui inquiète nombre d'intérêts politiques particuliers bien plus que la seule dénonciation de la Loi El Khomri.

Je refuse de me justifier sur les accusations et les calomnies à mon encontre, car qui veut réellement connaître mes opinions politiques particulières, dispose d'un excellent outil pour en connaître une vaste étendue : internet.

Mon travail n'a jamais porté sur la politique, et c'est aussi la raison essentielle qui fait que je ne me comporte pas comme un politicien en censurant qui pourrait ternir mon image par ses idées propres diffusées sur ma propre page facebook ou encore par ses calomnies à mon égard, cela car je ne cherche aucunement à m'offrir une carrière politique. Mon sujet porte uniquement sur la Démocratie, et effectivement, je veux bien reconnaître que la Démocratie nuit beaucoup à certains intérêts particuliers. Mon axe de travail étant la Résistance à l'oppression, j'aurai espéré que les organisateurs du collectif "convergence des luttes" outre le devoir moral de ne pas accepter que des gens puissent être exfiltrés de la manifestation manu militari du fait de leurs opinions, aurait trouvé une utilité à ce que je m'exprime en ce sens et apporte un peu de mon expérience pour les aider à nous emmener bien plus loin que la dénonciation d'une loi parmi tant d'autres.

Pour la seconde fois en une semaine, je me suis donc fait expulser par un service d'ordre issu de la mouvance dite "antifa", sorte de milice politique ultra violente et extrémiste dans ses positionnements. Cela avec la bienveillance d'une partie des organisateurs :


Que faire ?

Je ne souhaite pas que le mouvement s'essouffle, mais si la Liberté d'expression ne s'impose pas d'elle-même par le maximum d'interventions citoyennes à la tribune pour la défendre, et demander à ce titre des explications sur les raisons justifiant les entraves commises délibérément par une partie des organisateurs au regard d'une réalité objective dénoncée ici, alors cette grande émulation populaire accouchera d'une souris. 


Dans ce cas, je ne pourrais encourager que tous les déçus à nous rejoindre le 7 ; 8 et 9 Mai, à reprendre l'occupation de Paris, mais cela sous les fenêtres de BFM TV ; France Télévisions et la Maison de la Radio pour porter les revendications suivantes :

1) Destitution de François Hollande pour crimes de haute trahison
2) Sortie de l'U.E, l'euro et l'OTAN afin de rétablir notre souveraineté nationale
3) Mise en route d'un processus constituant dans chacune des municipalités de France

La revendication première que je peux justifier au travers d'un réquisitoire circonstancier en droits et en faits, est sans doute celle qui est de nature à porter atteinte aux intérêts particuliers que le collectif "Convergence des luttes" souhaite protéger. Quoi qu'il en soit, si nous faisons tomber le premier domino de l'oligarchie politique en France, l'ensemble des traîtres et des corrompus tomberont avec lui ensuite. Il y a besoin d'un grand assainissement en France, obligeant à ce que l'on purge à grandes eaux le personnel politique qui ne cesse de voter des lois contre nos intérêts que ce soit au Parlement ou au Gouvernement. Si François Hollande ainsi que l'ensemble de ses ministres ne sont plus en capacité d'exercer leur autorité sur nos institutions, alors par définition, la Loi El Khomri, comme les autres à venir, ne sera pas votée.

J'aimerai revenir sur la place de la République pour faire entendre ces revendications, les expliquer et peut-être si vous me faites confiance, nous amener à les porter jusque devant les caméras de nos grands moyens nationaux de radio-diffusion et ainsi faire transpirer à grosses goûtes l'ensemble des félons de la République. Dès lors que le peuple proclame par voie de presse qu'il ne reconnait plus la légitimité de ceux qui le gouvernent ou légifèrent dans son parlement, c'est à ce moment là qu'une révolution est initiée. Et je peux garantir solennellement que si l'on me fait confiance, elle se fera avec la contribution du peuple et lui permettra de choisir librement ses représentants pour reprendre les commandes sans glissement totalitaire, ni déficit de légitimité, et sans que j'exerce le moindre mandat futur que ce soit dans le corps exécutif ou législatif de notre pays. Mon action est désintéressée, sauf si l'on considère que l'on doit être tous intéressés à l'institution de la Démocratie. Il appartient désormais au collectif "Convergences des luttes" de démontrer que le nom qu'il s'attribue n'est pas qu'un slogan, mais une réalité de fond...

Sylvain Baron







dimanche 3 avril 2016

Les vents mauvais soufflent sur Nuit debout !



Je fus sans doute le premier arrivé ce jeudi 31 Mars 2016. Un jour pluvieux, où tandis que les manifestations de la journée se terminaient, j'errais trempé et frigorifié sur la place de la République en attendant que l'équipe de Fakir s'installe. Je répondais présent à leur appel diffusé sur facebook visant à s'opposer à la loi El Khomri par une occupation d'une grande place parisienne. Ce fut en effet bien moins la revendication de départ (avec laquelle j'étais de toute façon en osmose) que la volonté d'occuper le pavé la nuit durant qui m'attirait. Il y avait comme un parfum de révolution, et pour la première fois, un élément stratégique s'agglomérait à l'appel au rassemblement : après la manif, la manif continue ! Tout le temps, sans arrêt !

Le camionnette de l'équipe de Fakir arriva donc et débarqua du matériel. Je discutais un peu avec Manu rencontré sur place, militant communiste qui a pris le parti de suivre Jean-Luc Mélenchon dans son initiative de sortir de la logique des partis pour présenter sa candidature à la présidentielle. Un peu plus tard, une équipe du Droit au Logement (D.A.L) vint installer un barnum. J'aidais un peu et continuais à discuter avec deux sénégalais du problème du FRANC CFA. Peux renseignés sur les conséquences de la vassalisation monétaire de leur pays au Trésor Français, je leur recommandais de chercher sur internet une conférence de Nicolas Agbohou qui met un grand talent à expliquer ce mécanisme monétaire inventé par les nazis, et encore employé aujourd'hui par la France à l'encontre des peuples de 17 pays en Afrique. Bien que je fus élevé par un Tchadien, ce n'est pas mon beau-père ou nos amis d'Afrique qui m'ont expliqué le problème du FRANC C.F.A. Ce sont mes recherches propres qui ont fini par me faire connaître ce mécanisme de maintien de la colonisation en Afrique de notre propre pays. 

Ce premier soir était donc plein de promesses. Des discussions avec des dizaines de personnes tout au long de la soirée. La diffusion du film "Merci Patron" de François Ruffin, des concerts, des sourires, et même en milieu de nuit, un bref échange avec Frédéric Lordon où il accepta de me confier son numéro de téléphone, après que je lui eu indiqué que je terminais la rédaction d'un essai portant sur le droit de résistance à l'oppression, et que j'exerçais symboliquement ma propre part de résistance contre l'U.E en décrochant des drapeaux européens des institutions publiques. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le contacter. Il faut dire que les jours et les nuits s’enchaînent depuis.

La première nuit donc, je notais que la place était ceinturée de chaque côté par des C.R.S. Nous fûmes d'ailleurs délogés à 5h30 du matin, au prétexte que nous ne faisions manifestement pas tous partie du D.A.L, qui avait réservé la place de la République auprès de la préfecture afin de permettre une telle opération. Lorsque je revins le second soir, je partis m'informer immédiatement auprès du commissaire ayant à superviser les C.R.S encore sur place, pour savoir qu'elles étaient les consignes qu'il avait reçu du préfet. Celui-ci se contenta de me signifier qu'il y aurait bien une évacuation dans la nuit. Lorsque je partis rejoindre les camarades sur la place, je discutais un peu avec des organisateurs du problème. J'avais en tête quelques idées, à savoir pour commencer veiller à ce que les autorités ne puissent plus utiliser un tel prétexte pour nous déloger, en demandant au D.A.L de nous proposer d'adhérer à leur association, ce qui permettrait donc de justifier que nous étions bien légitimes à occuper la place. En outre, je proposais de converger vers les médias dès lors que le préfet nous enverrait sa horde de "Robocop" pour nous "disperser". L'objectif : une occupation mobile de Paris nous permettant à la fois de ne pas rentrer en confrontation avec la maréchaussée (la vision d'une jeune fille au crâne fracassé par une matraque m'indispose terriblement), tout en permettant au mouvement de s'amplifier puisqu'il s'agirait dans ce cas d'obtenir quelques minutes d'antenne pour inviter les citoyens à nous rejoindre et nous renforcer, cela tout en portant les revendications que nous pourrions voter en Assemblée Générale, au-delà du prétexte de la loi El Khomri.

Car au premier comme au second jour, seuls les altermédias et un journaliste de France Culture étaient présents. BFM, France Télévisions, France Info et toute la médiacratie, se contentèrent de brefs communiqués ne s'intéressant aucunement aux discussions citoyennes qui sévissaient sur la place de la République. On préférait évoquer le nombre de manifestants, un petit témoignage sur la loi El Khomri, la dispersion à 5h30 du matin ou encore le soucis que cela causait à Anne Hidalgo de voir ces jeunes qui "privatisaient" une place publique. La bouffonnerie n'aura donc jamais aucune limite pour ces gens là....

Lorsque vers Minuit, dans la nuit du 1er au 2 Avril, je proposais une telle stratégie d'occupation mobile de Paris en Assemblée Générale, je perçus bien que pour une partie des camarades de lutte présents sur place, cela ne semblait pas faire consensus. Mais il restait toute la nuit pour discuter. Des petits groupes se formaient, on échangeait, et finalement je me rendais compte que beaucoup de jeunes se montraient intéressés par ma proposition, de même qu'ils saluaient l'idée d'adhérer au D.A.L pour occuper plus sereinement la place. Je partis à la rencontre à nouveau de leurs responsables du moment sur la place, pour savoir quand cesserait l'autorisation d'occupation. Lundi matin me répondit t-on. Je suggérais alors tant à ces responsables qu'aux coordinateurs qui œuvraient à animer la place de la République, à penser à réserver au plus vite un nouveau lieu d'occupation (j'avais évidemment en tête encore et toujours les médias) ou à minima veiller à ce que la place de République restât le lieu de rendez vous.

La proposition intéresse, je ne sais pas encore à ce stade si des démarches ont été entreprises en ce sens. Comme prévu, la horde de "Robocops" sera finalement déployée à 5h30 du matin, et si la plupart se montrèrent aimables lorsque je leur demandais de m'indiquer où se trouvait leur autorité, d'autres (dont un portant un foulard sous son casque) me toisèrent avec mépris sans me répondre. Ce fut le même fonctionnaire au foulard dont se plaignirent deux jeunes qui venaient de se faire bousculer, simplement parce qu'ils venaient d'être réveillés et que l'un d'entre eux prenait "trop de temps" pour refaire ses lacets. Il n'y avait pourtant pas urgence, la ligne formée par les CRS ne correspondait pas à un encerclement visant à préparer notre dispersion. Il n'y avait donc aucune raison de bousculer qui que ce soit, et il serait une exigence tout à fait légitime pour les contribuables que nous sommes, que les officiers de police, qu'ils soient casqués ou non, se comportent comme des gens civilisés à notre égard. Répondre à des questions simples de citoyens et se montrer prévenant avec des jeunes ne provoquant manifestement aucun trouble à l'ordre publique, sont un devoir qui va au-delà de l'honneur de la fonction régalienne du policier. C'est un devoir vis à vis de son employeur qu'est le peuple, missionnant les forces de police pour garantir notre droit à la sûreté, non pour se comporter en cow-boys pétant plus haut que leur cul sous prétexte d'un uniforme et d'un bâton dans les pognes pour jouer les gros durs.

Je revins hier soir en me promettant d'aller m'entretenir avec le commissaire pour lui intimer l'ordre - et j'estime en tant que contribuable, être en droit d'intimer cet ordre - de rappeler aux forces mobilisées que l’amabilité est due à tout citoyen, et que le port de l'uniforme ne justifie aucune provocation ou bousculade de jeunes gens souhaitant juste récupérer leur affaires tranquillement s'il fallait quitter la place. Mais ce soir, pas de policiers aux quatre coins de la République. Pas de cars de C.R.S, pas de commissaire. J'apprendrais en revanche que les médias mainstream étaient enfin venus en nombre. Sans doute du fait qu'Olivier Besancenot soit venu faire sa promotion. 

Tout ce manège m’indifférait, je fis la bise à des personnes rencontrées les nuits précédentes, on discutait. Un camarade me suggéra d'aller me porter candidat pour animer un pôle action, car il pensait que je pouvais aider avec ma proposition d'occupation mobile de Paris. Je lui promis d'aller faire un tour vers le barnum ou l'on enregistrait les volontaires et les initiatives et où l'on tentait de coordonner les humains et les idées. Je partis avant écouter un peu des gens s'exprimer à la tribune. Une jeune femme relatait la loi Urvoas qui sera prochainement votée au Sénat et nous invitait à venir nous y opposer le jour du scrutin. Pour ma part, je demandais une prise de parole pour expliquer un peu la haute trahison au sens du droit pénal, et quels crimes objectifs pouvait-on reprocher au président de la République. Il s'agit bien de légitimer l'exercice de notre droit de résistance en démontrant que nous avons affaire à une tyrannie qui pratique "des intelligences avec des puissances étrangères". Faire comprendre la différence entre l'acte ou la décision politique profondément immorale ou antisociale d'un dirigeant, d'un véritable crime de lèse-nation était mon seul soucis du moment. Je ne crois pas que ceux qui m'ont écouté m'en ont voulu de mon petit laïus. D'ailleurs, certaines personnes sont venues ensuite m'interroger sur les lois que je soulevais. 

Peu après, alors que je discutais des ressorts ayant permis au Mouvement Podemos de s'instituer en Espagne avec une artiste venue nous renforcer, un type au crâne rasé m'interpelle par mon nom. Habitué à ce que des gens me reconnaissent dans des manifs, je confirme que c'est bien moi en tendant ma main pour le saluer. Mais celui-ci se montre immédiatement menaçant en refusant ma main tendue. Il m'explique que je ne suis pas le bienvenue et qu'il va me faire sortir. Je reconnais que sur le moment, le poivre me monta vite au nez. Je compris en effet que des antifas qui n'étaient pas présents les jours précédents, avaient décidé de venir troller le mouvement. J'attrapais donc crâne d'oeuf par le col, le repoussa et lui fis clairement comprendre que si une personne risquait bien de devoir partir, c'était lui. Un nouveau gros con (désolé mais je n'ai pas meilleur mot) apparut alors sur le côté et sortit ce qui semblait une lame de son blouson en espérant m'intimider ainsi [édit : après échanges avec l'adversaire, il s'agissait d'une cigarette électronique]. Je lui demandais s'il avait besoin d'un couteau pour régler ses conflits avec moi. D'autres antifas s'approchèrent. Ils étaient au nombre de huit ou neuf, dont un grand costaud portant un béret noir avec une étoile rouge. C'était visiblement le meneur du groupe de nazillons "antifas". En bande serrée, ils me repoussèrent vers l'extérieur de la place de la République en me signifiant que j'étais "d'extrême droite, car c'est bien connu" (vous avouerez que l'argument ne souffre ainsi d'aucun débat). Je tentais de résister avec quelques amis présents sur place sans parvenir à mes fins. J'avais envie de mettre au tapis le grand costaud tant j'étais sous l'emprise de ma propre fureur, dans l'espoir que cela démoraliserait sa petite bande qui le suivait de près avec une méthode très "CRS" pour le coup. Mais je me méfiais. Le grand con qui avait sorti sa lame quelques minutes auparavant pouvait partir dans un mauvais délire, et nous ne faisions pas le poids en nombre.

Au final, des gens qui n'étaient pas présents les jours précédents, se présentant avec un brassard "sécurité", certains ayant la dégaine de néo-nazis ou encore de black-blocks avec le look "capuche/écharpe" sur la bouche, étaient en train de souiller mon honneur, mes idéaux, me menacer physiquement et cette fois-ci donc, pas de flics pour assurer mon droit à la sûreté. Ces fachos entravaient la liberté d'expression par la violence et jetaient leurs vents mauvais sur "Nuit debout".

Ce n'est pas sur mon blog que je compte me justifier d'être un bon gauchiste dans l'âme. Ceux qui me connaissent savent - et pour certains me reprochent - d'être quelque peu "bisounours" sur mes valeurs libertaires. De même que je me revendique très clairement de l'éco-socialisme s'agissant de mes vues économiques. Plus gauchiste que moi, tu meurs, diraient certains, mais je ne suis pas homme d'étiquette. Malgré qu'il est bien connu que je sois malgré tout un indécrottable gauchiste, j'étais donc désormais un type d'extrême droite, moi qui n'ait jamais eu besoin de tomber dans les pièges de la haine. Cette agression intervint après un lobbying intensif sur ma propre page facebook (où je ne le censurerais pas)  d'un troll se faisant appeler "Bordeaux Gironde" tenant un blog lui-même intitulé "BordeauxBordel.antifa-net". Une page dédiée à la calomnie des activistes et lanceurs d'alerte n'ayant rien à voir de près ou de loin à l'extrême droite, va alors me diffamer en motivant son accusation avec un lien renvoyant à l'appréciation de "Bordeaux Bordel" sur le journal "Poil à Gratter !" que j'ai contribué à mettre en place :


Me voila donc associé à la mouvance Soralienne. N'ayant jamais adhéré à Egalité & Réconciliation ni même donné considération tant aux idéaux qu'en la personne d'Alain Soral, je suis malgré tout salis sans que je ne puisse y changer quoi que ce soit. Ajoutons que l'administrateur de la page "Citoyens contre le FN" parle explicitement de "virer" tant ma trogne que tous militants de l'UPR ou journalistes du Cercle des Volontaires, dont j'assume ici de dire qu'ils n'ont rien voir dans leurs idéaux avec les thèses de M. Soral. Mais bon, il s'agissait de salir par association toute entité un peu trop habile dans son travail d'éducation populaire. En tout cas, que l'administrateur de cette page m'explique comment on vire des personnes autrement que par la violence d'un lieu de rassemblement et qui est il pour décider de qui peut se présenter ou non dans un lieu public pour manifester avec ses concitoyens ?

Il faut dire que le reportage d'Agence infolibre a fait quelques 26.000 vues sur facebook et près de 800 partages en moins de 24 heures. L'on m'entend y proposer la stratégie d'occupation mobile de Paris qui a dû inquiéter sans doute quelques personnes quelque part...

Je suis donc un type d'extrême droite qui est un défenseur acharné de la démocratie directe, qui tolère même d'être accusé sur ma propre page de "facho" par des trolls sans jamais les censurer par seul souci d'être intègre sur la liberté d'opinion des uns et des autres, y compris à mon encontre ; je suis un facho d'extrême droite hostile à la peine de mort ; favorable à la légalisation du cannabis ; un facho d'extrême droite n'ayant jamais voté FN de ma vie, et qui dans une manifestation où j'étais finalement en osmose avec une jeunesse aussi réaliste sur notre condition sociale qu'universaliste dans ses valeurs, qui se retrouvait ainsi sanctuarisé dans son extrême-droititude "car c'est bien connu" et "qu'on ne discute pas avec l'extrême droite". Des arguments forts, n'est-il pas ?

Mon droit à la sûreté n'étant plus garanti, et la liberté d'expression qui se doit d'être un empire dans un mouvement tel que "Nuit Debout" n'étant plus assurée avec la présence de ces individus qui sont pourtant eux, de parfaits fachos, je ne pourrais donc être présent ce soir parmi vous. 

Je suis terriblement en colère et frustré de ce qu'il s'est passé. Jamais ces individus n'ont souhaité démontrer par la preuve que j'étais un type aux idées sulfureuses. Des manifestants consternés s'indignaient de ce qu'il se passait, mais comme aucun C.R.S n'était là pour exfiltrer ces merdeux, alors que leur présence fut constante les jours précédents, j'en arrive tout de même à m'interroger sur l'identité de mes agresseurs. 

Si toute ou partie d'entre eux provenaient des "services", dans ce cas, il revient aux policiers de faire eux-même le ménage dans leur institution. Car il est intolérable que nos forces de police soient utilisées à des fins politiques au profit de la tyrannie actuellement à l'oeuvre au plus haut sommet de l'Etat.

Si en revanche, ces individus venaient d'une toute autre entité (tel que le NPA de M. Besancenot, dont on sait qu'avec la C.N.T que cette formation politique est devenue un haut lieu d'infiltration pour ces milices fascistes promouvant l'inversion des valeurs et des idées par la violence), il revient de toute façon aux services de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, dont je suis parfaitement conscient qu'elle surveille mes travaux y compris sur ce blog, de faire son travail pour s'assurer que de telles milices ultra-violentes, soient surveillées et exfiltrées le cas échéant, par les autorités compétentes. Certains parmi mes amis, déjà, me parlent de disposer d'un "service de sécurité personnel" du fait que, toute relative que soit ma visibilité sur internet, je gène forcément certains intérêts qui n'hésitent pas à recourir à des milices fascistes intelligemment auto-proclamées "antifas" pour chercher à m'intimider et m'empêcher de militer librement.

Je refuse de succomber à la peur. Le droit à la sûreté est la base du contrat social impliquant la légitimité d'un ordre juridique sur nos vies. Si pas un seul îlotier - en plein climat anxiogène sur l'état d'urgence - n'est là pour assurer le droit à la sûreté de tout un chacun, ou que les amitiés que je noue progressivement avec des gens dans un Mouvement où je ne me suis jamais senti dépaysé dans mes aspirations libertaires, ne permettent pas pour autant de garantir que ce seront bien les fachos réels qui seront poussés vers la sortie par le nombre, et non des "bisounours" dans mon genre, alors c'est qu'il n'y rien à espérer de notre désir de partage, d'échange, indépendamment de tous nos horizons de croyances et de questionnements politiques. Ces réflexions politiques seront donc réduites à des échanges sur quantités de sujets certes, mais je ne serai plus là pour évoquer le droit de résistance, la haute trahison dans le droit pénal, ce que l'on peut trouver dans les traités européens, le droit international, ou encore des stratégies d'occupation de la capitale qui soient à la fois pacifiques et efficientes.

Je ne suis certes pas indispensable, et je conviens que mes préoccupations sont tout à fait celles véhiculées par l'extrême droite. Mais si finalement, un seul d'entre nous n'a plus le droit de circuler et exprimer librement ses opinions dans un Mouvement populaire, alors nous avons déjà perdu la bataille qui visait à nous unifier vers un combat bien plus large que celui de mettre en échec la loi El Khomri. Je ne pourrais donc que m'en remettre à mes premiers réseaux, ceux pour qui mes idées affreusement "droitières" font sens, que l'on s'estime de gauche, de droite, ou comme moi, sans étiquette sur le front, si ce n'est celle de notre libre raison critique sur l'état social et démocratique de notre pays. De toute façon, demain matin, lundi, la réservation par le D.A.L de la place de la République sera terminée, et à n'en pas douter, Madame Hidalgo sera ravie de constater que les hordes de Robocop s'assureront que les braves gauchistes que nous étions, cesseront de "privatiser" l'espace public avec un petit coup de pouce de l'association militant pour le droit au logement.

Le Jubilé des peuples, répondant lui de la stratégie d'occupation que je proposais dans la vidéo qu'a relayé Agence Infolibre, ainsi que de revendications plus larges telles que la destitution du chef de l'Etat, la sortie de l'U.E, l'euro et l'OTAN et l'organisation d'une Constituante, est toujours prévue pour le 7 ; 8 et 9 mai prochain. A défaut de voir Nuit Debout trouver sa chance de créer les convergences et peut-être la stratégie d'occupation mobile pour initier un Mouvement durable et pacifique du fait que ces vents mauvais viennent compliquer le soutien "technique" que j'espérais apporter, je sais cependant que tous ceux qui viendront chatouiller les journalistes de propagande avec moi en Mai prochain, eux ne se poseront pas de question pour distinguer qui sont les vrais fachos des démocrates.

Je reconnais ma part d'amertume. Je ne me sens pas sali dans mon cœur, car je sais qui je suis et quelles sont mes valeurs, mais mon agression ne fait que succéder à de nombreuses autres ces derniers jours d'activistes ou alter-journalistes que je connais bien, que ce soit à Brest ou à Paris. Ce ne sont en rien des fascisants, et ils ne lâcheront rien comme moi, malgré ces agressions répétées au fil des années, voire des semaines pour certains d'entre nous. Les lanceurs d'alerte n'ont qu'à bien se tenir, tant que les cagoulés, crânes rasés et nervis de tous poils se réclamant de "l'antifascisme" continueront leur basse besogne, avec le quasi soutien des services de police et des formations politiques de gauche et les syndicats rendues totalement aveugles, car "c'est bien connu", "on ne discute pas avec l'extrême droite" au risque d'apprendre que l'extrême droite serait finalement de gauche...

Avec mes amitiés pour Matthieu et Jonathan qui ont mangé bien plus souvent que moi les coups des milices contre-révolutionnaires, et mes regrets de ne pouvoir être avec vous ce soir pour les indignés de la place de la République.
Sylvain Baron






mardi 29 mars 2016

Lettre ouverte à l'ami éternel d'Israël

Mon cher Vallsounet,

Nous apprenons via le site « oumma.com », que le jeune Palestinien, Yusri al-Sharif, ayant été froidement abattu par un soldat de Tsahal alors qu'il gisait au sol après avoir été blessé par balle, doit son élimination brutale à un franco-israélien répondant au nom d'Elor Azria.


Comme nous connaissons tous ton attachement à Israël au point de fréquenter avec assiduité les somptueux dîners du CRIF (apparemment payés avec nos impôts), je pense que tu auras des étoiles dans les yeux à la lecture de l'article 301 du Code Pénal israélien disposant que :

Une personne qui en a tué une autre, est réputée l'avoir tué avec préméditation, si elle a résolu de la tuer et l'a tué de sang-froid sans aucune provocation immédiatement avant l'acte, dans des circonstances dans lesquelles elle était capable de penser et de comprendre le résultat de ses actions, et après s'être préparée à la tuer ou après avoir préparé l'instrument entraînant la mort de la personne.



Si l'on devait admettre que résider dans un territoire occupé militairement par une puissance étrangère peut conduire les victimes de cette occupation à des actes de résistance leur accréditant le statut de combattant au sens de l'article 13 de la première Convention de Genève, tu n'ignores pas que le même texte dans ses articles 14 et 15, impose que tout combattant blessé soit fait prisonnier et soit en droit de recevoir les soins nécessaires à sa survie.

Si plus prosaïquement, nous devions conclure que les agressions au couteau commises par ce jeune homme tombé sous les balles de Tsahal, représente un acte de folie du fait des années de guerre et d'humiliation subit par le peuple palestinien, alors nous sommes face à un civil qui ne représentait plus aucun danger pour les forces en présence et méritait d'être secouru avant d'être fait prisonnier et jugé pour ses actes.

Peu importe donc par quel angle nous souhaitons observer les faits, absolument rien ne justifiait qu'un homme à terre, blessé et rendu incapable de résister à son arrestation, soit abattu froidement par le militaire en question. A tel point d'ailleurs que Tsahal a reconnu que le soldat Elor Azria avait bien commis un crime, a engagé des poursuites contre lui et que la Justice israélienne l'a fait incarcérer.

Évidemment, pour un seul crime de sang froid commis par des militaires israéliens indignant la communauté internationale, des dizaines restent plus inaperçus quand bien même leur horreur et les preuves matérielles ne manquent pas. Tsahal se devait de lisser son image en engageant des poursuites contre ce soldat. Ce qui m'amène à l'objet de mon courrier, mon petit dictateur en sucre :

Tu as soutenu pendant des mois, un projet de loi constitutionnelle visant à déchoir de leur nationalité Française, les bi-nationaux se rendant coupables d'un crime contre la France. Tu vas être étonné, mais j'étais tout à fait d'accord avec toi, quoi que nous soyons tous deux conscients qu'il s'agissait plus d'un exercice de communication visant à occuper les médias, qu'une nécessité législative puisque nous disposons déjà de l'arsenal juridique pour arriver aux mêmes fins. Pour rappel :



Article 23-7 du Code Civil :


« Le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger peut, s’il a la nationalité de ce pays, être déclaré, par décret après avis conforme du Conseil d’Etat, avoir perdu la qualité de Français. »

A ce titre, puisque ton projet de loi visait spécifiquement les terroristes que vous soutenez financièrement et politiquement en Syrie et en Libye via vos grands copains turques, qataris et saoudiens, mais que vous décriez lorsqu'ils viennent frapper en France une fois aguerris avec des armes pourtant bien françaises (faut-il te rappeler certaines livraisons opérées par nos services ?) ; je comprendrais parfaitement que des criminels bi-nationaux pas assez arabes de faciès, ne puissent cadrer avec ta politique de communication visant à créer un climat anxiogène et particulièrement islamophobe en France. Mais bon, quelque part, il me semblerait tout de même pas inutile d'en revenir aux termes de la loi, telle que déjà existante :

Nous avons ici un franco-israélien qui « se comporte en fait comme le national d’un pays étranger » (sauf si s'engager dans l'armée d'une puissance étrangère n'est pas suffisant pour ôter tout doute sur la question), disposant de « la nationalité de ce pays » et qui, vêtu d'un uniforme militaire israélien avec une carte d'identité française dans la poche, salit l'honneur de la France en abattant froidement un homme.

Je crois mon petit Vallsounet que tu vas pouvoir le chier ton décret de déchéance de nationalité !

D'ailleurs, au regard du droit, Elor Azria est un soldat israélien qui se soumet à la loi israélienne sans renier sa légitimité. Il a choisi sa patrie, la défend avec les valeurs propres à l'extrême droite israélienne que tu affectionnes tant, et nul doute qu'en cas de guerre entre Israël et la France, ce ne serait pas dans l'armée française qu'il s'enrôlerait.

Bref, entre deux rails de coke te faisant trembler de tout ton corps à l'assemblée nationale ou valant ta bouffonne excitation à l'annonce d'un résultat sportif dans une station de radio où tu viens mener ta propagande dictatoriale, peut-être voudras-tu prendre tes responsabilités de chef de l'exécutif, et nous le pondre ce décret ?

Sauf à considérer que cela indispose tes amis du CRIF, ce que je comprendrais tout à fait, après tout, nous ne sommes plus qu'une vulgaire colonie américano-israélienne sous ton mandat.

Avec mon éternel mépris, et la promesse qu'un jour tu seras jugé pour tes crimes,


Sylvain Baron


Vous pouvez soutenir la pétition visant à déchoir de la nationalité française Elor Azria en cliquant sur le lien ci-après :



mercredi 10 février 2016

Les tribunaux populaires

Je publie ici un chapitre du livre que je rédige actuellement, portant sur la question des tribunaux populaires. Ce livre plus globalement traite du droit de résistance à l'oppression et dans sa première partie, tentera de définir ce qu'est la tyrannie, notamment au travers de véritables crimes de haute trahison (au sens du droit pénal) dont s'est rendu coupable l'actuel président de la République. La seconde partie traite du droit de résister et des formes que peuvent revêtir en France, cette résistance. La dernière partie traite enfin de l'assainissement. Le texte qui va suivre introduit cette troisième partie. J'espère que cela vous donnera envie plus tard de me rendre multi-millionnaire par l'achat de ce livre (bon je me rêve un peu), en tout vouloir simplement le lire....


La question que nous allons aborder ici, pourrait tout à fait être introduite dans la thématique de la Résistance à l'Oppression, puisqu'elle précède nécessairement le renversement du pouvoir politique décrié. Mais puisque les tribunaux populaires ont vocation à juger les traîtres et contribuer à l'assainissement politique et institutionnel du pays, c'est bien dans cette partie du livre que nous allons l'étudier.


Les tribunaux populaires, si l'on ne tient pas compte des institutions d'Athènes durant l'antiquité, apparaissent dès la première Révolution Anglaise en 1649. A l'époque, c'est le parlement britannique expurgé de ses soutiens au Roy Charles Ier par les partisans de Cromwell, qui va frapper un grand coup en Europe, en condamnant le Souverain à la peine de mort. Il existait bien un embryon de Justice au Royaume-Uni à cette époque. Cependant, les juges étaient itinérants et appliquaient des décisions qui ne faisaient pas appel à des lois votées par le parlement, mais à des décisions judiciaires antérieures produites par des juges sur d'autres affaires. Ce système judiciaire existe toujours dans les pays Anglo-Saxons. Ce ne sont donc pas des Magistrats professionnels qui jugeront le Roy Charles Ier, mais des représentants de la nation. Néanmoins, nous sommes encore assez loin de ce qui peut ressembler à un tribunal d'exception populaire au sens moderne du terme. 



En France, entre 1792 et 1795, la Convention institue le tribunal révolutionnaire. Bien que le nom puisse laisser imaginer qu'une Justice populaire y avait lieu, elle était en vérité le fait de Magistrats professionnels qui enverront à l’échafaud des centaines d'innocents, accusés à tort ou à raison, d'être opposés aux idéaux révolutionnaires de l'époque (en un sens à ses promoteurs ayant désormais la main-mise sur le pouvoir).


Nous verrons d'autres formes de tribunaux populaires – ou révolutionnaires – (en tout cas appelés comme tels) au cours de l'Histoire. Notamment lorsque le communisme se répandra en Asie et en Amérique du Sud. Mais c'est finalement après la prise de pouvoir des insurgés que ces tribunaux d'exception seront institués pour expurger les institutions de toutes personnes pouvant menacer le nouvel ordre s'établissant.

En 1944, en France, alors que l'essentiel du territoire n'était pas encore libéré, le Gouvernement provisoire de la France libre, publia sur le Journal Officiel une série d'ordonnances, qui d'une part permettront de définir ce qui relève d'un crime d'intelligence avec l'ennemi (collaboration) au sens du Code Pénal en vigueur à l'époque ; et d'une autre part, ordonneront la création de cours martiales afin de juger les traîtres. C'est donc en dehors de tout cadre institutionnel réel que ces tribunaux vont contribuer à l'épuration. Ces cours siégeront dans des salles municipales ou des tribunaux repris à l'ennemi, et ne seront abolies qu'après la Libération.

Ce que l'on peut trouver dans l'histoire ancienne ou récente à ce sujet est finalement assez éloigné des nécessités que nous défendrons ici, et étaient le plus souvent le prétexte à des farces judiciaires envoyant la mort tant des coupables que des innocents.

Nous allons donc décrire ici ce qui peut correspondre à un véritable tribunal populaire, ses missions, sa légitimité et ses règles de fonctionnement.


Un peu de théâtre...

Le 21 août 1944, un arrêté créant la cour martiale de Haute-Savoie est placardé sur les murs des villes du département :

"Lundi matin, 21 août, le commandant Nizier, vu l'état d'exception dans lequel se trouve notre département et la nécessité de rendre une justice prompte et d'éviter tout débordement, ordonne ce qui suit : 

Art. 1. Il est institué, à titre temporaire, une cour martiale départementale, composée de trois membres, nommés par nous.

Art. 2. Le commissaire du gouvernement près de la cour martiale et le greffier sont également nommés par nous.

Art. 3. La cour martiale connaît, même rétrospectivement, des crimes commis contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, réprimés par les articles 75 et suivants du Code pénal.

Art. 4. Aucune formalité n'est prescrite à peine de nullité. Les détails de la procédure sont réglés par la cour martiale.

Art. 5. Les audiences sont publiques. Le huis-clos peut être prononcé.


Art. 6. La sentence prononcée n'est susceptible d'aucun recours."



Voila comment en à peine six articles, il a été institué un tribunal d'exception à un niveau local pour traiter d'un problème national. L'article 75 et les suivants du Code Pénal font référence aux intelligences avec l'ennemi, soit la haute trahison.



Il s'agissait de juger des miliciens ayant collaboré avec l'ennemi. Pour notre part, ce sont bien des crimes de haute trahison que nous aurons à juger, mais nous ne sommes pas dans un état de guerre. Ce qui signifie qu'il n'y a nul besoin de créer une cour martiale, mais uniquement un tribunal civil. Notre premier problème à régler sera de trouver des magistrats, avocats et juristes pour nous aider. Ces derniers seront nécessairement dégagés de toutes obligations tant vis à vis de leur corps professionnel que vis à vis de toutes personnalités politiques. Ils seront idéalement à la retraite, rigoureux dans leur travail et puisque c'est un aléas moral indépassable, volontiers contestataires du système politique actuel. 


Quatre personnes seront nécessaires à la tenue des procès à organiser : 

- Un magistrat 
- Un avocat qui devra assurer la défense des oligarques incriminés 
- Un avocat jouant le rôle du Procureur de la République 
- Un greffier. 


Il faudra en outre tirer au sort une douzaine de jurés pour assister le juge dans ses délibérations. Le magistrat aura un rôle central dans cette initiative. Non seulement, il lui appartiendra de juger avec intégrité et professionnalisme les affaires qui lui seront présentées, mais il devra en outre s'assurer que toutes les règles procédurales seront bien respectées, à ceci près que les pièces du dossier ne pourront suivre le circuit traditionnel de la Justice « officielle » et qu'elles seront nécessairement limitées à des coupures de presse et publications officielles émanant des ministères. Notons à ce stade que dans le respect des procédures, il reviendra à notre équipe de juristes « militants », de ne pas omettre chaque fois que cela sera possible, d'entamer dans les règles de l'art, la dénonciation des crimes à juger auprès des instances officielles pour justifier de leur volonté d'éviter jusqu'au bout l'institution d'un tribunal d'exception. Notons aussi que lorsque les tribunaux populaires seront institués, les personnalités incriminées devront être invitées à comparaître et leurs avocats informés de la procédure en cours.

Une fois toutes ces formalités balayées, il sera alors temps d'instituer les tribunaux populaires à partir de salles municipales ou privées, louées à ces fins. Comme dans un véritable tribunal, le procureur devra donc produire le réquisitoire d'une personnalité citée à comparaître. Comme dans un véritable tribunal, un avocat devra le plus sérieusement du monde, faire son travail pour défendre son « client » qu'il soit absent ou non. Et comme dans un véritable tribunal, le greffier devra enregistrer les pièces et débats. Les audiences étant publiques, l'objectif sera au final au-travers de plusieurs affaires très concrètes, de faire œuvre de pédagogie à la population sur ce qui distingue un acte ou une décision politique, d'un crime de haute trahison.



Cependant, bien avant que s'entame le procès proprement dit, l'ensemble de nos juristes militants devront d'abord vérifier qu'eux-mêmes ne tomberaient pas sous le coup de la loi, et pourraient être poursuivis pour diffamation, en particulier s'il s'avère qu'une affaire jugée se révèle être ardue à trancher. Dans ce cas, l'on pourra changer les noms des personnes incriminées et modifier quelques peu les pièces présentées pour que cela reste du théâtre d'une certaine façon. Si en revanche, notre collège de juristes est à l'unanimité d'accord pour dire que de toute façon, la Justice officielle ne pourrait pas faire l'impasse sur une condamnation dans des circonstances normales, il ne faudra pas hésiter à citer les véritables noms et produire les pièces vierges de toutes aliénations. Car nous inviterons aussi la presse à assister à ces procès populaires, et à minima, les audiences seront filmées et publiées sur les réseaux sociaux. Ce qui signifie qu'il nous faudra le plus grand nombre de magistrats professionnels pour nous assister. Cela afin autant que possible, de ne pas impliquer l'avocat en charge de la défense de son « client » dans ce conciliabule et garantir donc que sa plaidoirie restera au secret. 

Ces tribunaux populaires devront être itinérants et faire le tour des villes et villages de France. Ce qui implique d'une part des nécessités financières pour dédommager les frais de déplacement et d'hébergement de nos juristes, mais aussi la présence de militants de terrain en charge de :

- Louer les salles et les équiper de tous les meubles utiles à l'audience. 

- Informer la population par des affiches placardées, des tracts distribués dans les boites aux lettres et sur les places publiques. 

- S'assurer de la captation vidéo des procès. 

- L'organisation de tels tribunaux populaires est au final assez simple et n'exige que très peu de temps, de moyens humains et financiers pour que ce travail puisse être entamé rapidement.


Mais gardons à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'une « Justice Officielle » mais bien populaire qu'il s'agira de mettre en œuvre. De fait, les personnes incriminées (voir condamnées par ces tribunaux) chercheront à balayer la légalité de ces procès, en arguant qu'ils ne font suite à aucune procédure officielle.


Mais là n'est pas notre soucis. Notre volonté est d'abord d'altérer puissamment la légitimité des traîtres au pouvoir aux yeux du peuple et de la presse, non d'espérer que les débats et condamnations qui pourraient en découler, puissent déboucher sur des poursuites bien réelles.

Cependant, nous n'aurons pas forcément le luxe après la Libération, de renouveler rapidement ces procès. Ce qui signifie plusieurs difficultés à lever : 

Si les procédures pénales et jugements doivent respecter les règles de l'art, cela tient au fait que depuis l'instruction jusqu'à la décision rendue par les tribunaux populaires, tout sera consigné par voies écrites et audio-visuelles. L'ensemble des procédures et du jugement, devront souffrir du moins de contestation juridique que possible, notamment s'agissant du fond du dossier.



Ces tribunaux populaires devront fonctionner comme des cours d'assise. C'est à dire le dernier maillon de la chaîne judiciaire. Le prévenu pourra faire appel de sa condamnation, mais ne bénéficiera pas de la possibilité de faire juger son affaire une troisième fois. De façon générale, on pourra supposer que la décision de justice sera méprisée par les condamnés et qu'ils n'oseront pas faire appel, sans quoi ils légitimeraient de facto les tribunaux populaires.



Viendra un moment où les crimes de haute trahison reprochés à nos « représentants politiques » seront pour l'essentiel déjà jugés. Ils appelleront au titre de ce qu'en dit le Code Pénal aujourd'hui, à des peines lourdes d'emprisonnement. Mais les membres du pouvoir exécutif (encore en poste ou non), ne sont pas les seuls à nous trahir. De nombreux parlementaires ont par exemple voté des traités scélérats violant la lettre même de notre Constitution. Si cela ne peut être considéré comme un crime de haute trahison au sens du droit pénal, rien ne nous interdira de les frapper de l'indignité nationale qu'il nous faut donc réhabiliter et actualiser en fonction des circonstances actuelles, et n'ayant plus rien à voir avec celles de la Seconde Guerre Mondiale. De la même façon, des hauts-fonctionnaires, magistrats, policiers et militaires ou encore nombre de responsables économiques, devront aussi forcément être jugés s'ils ont contribué au délitement de l’État de façon pro-active. 
Peut-être faut-il rappeler à ce stade ce qu'est le crime d'indignité nationale au sens de l'ordonnance du 26 Août 1944 :

« Constitue le crime d'indignité nationale le fait d'avoir « postérieurement au 16 juin 1940, soit sciemment apporté en France ou à l'étranger une aide directe ou indirecte à l'Allemagne ou à ses alliés, soit porté atteinte à l'unité de la Nation ou à la liberté des Français, ou à l'égalité entre ceux-ci ».


L'exposé des motifs était alors rédigé comme suit :

« Les agissements criminels des collaborateurs de l’ennemi n’ont pas toujours revêtu l’aspect de faits individuels caractérisés susceptibles de recevoir une qualification pénale précise, aux termes d’une règle juridique soumise à une interprétation de droit strict ; ils ont souvent composé une activité antinationale répréhensible en elle-même. Par ailleurs, les sanctions disciplinaires qui écartent les fonctionnaires indignes de l’administration laissent en dehors de leur champ d’application les autres catégories sociales. Or, il est aussi nécessaire d’interdire à certains individus diverses fonctions électives économiques ou professionnelles qui donnent une influence politique à leurs titulaires que d’en éliminer d’autres des cadres administratifs.



«Le concept d’indignité nationale […] répond à l’idée suivante : tout Français qui, même sans enfreindre une règle pénale existante, s’est rendu coupable d’une activité antinationale caractérisée s’est déclassé ; il est un citoyen indigne dont les droits doivent être restreints dans la mesure où il a méconnu ses devoirs. Une telle discrimination juridique entre les citoyens peut paraître grave, car la démocratie répugne à toute mesure discriminatoire. Mais le principe d’égalité devant la loi ne s’oppose pas à ce que la nation fasse le partage des bons et des mauvais citoyens à l’effet d’éloigner des postes de commandement et d’influence ceux des Français qui ont méconnu l’idéal et l’intérêt de la France.


La question de la non-rétroactivité ne doit pas se poser à propos de l’indignité nationale. Il ne s’agit pas en effet de prononcer une peine afflictive ou même privative de liberté, mais d’édicter une déchéance. Le système de l’indignité nationale ne trouve pas sa place sur le terrain de l’ordre pénal proprement dit ; il s’introduit délibérément sur celui de la justice politique où le législateur retrouve son entière liberté. »



Il paraît ici important de définir quels peuvent être les actes qui imposent une telle condamnation. Je souhaite en lister quelques uns qui seront sans doute non exhaustifs : 

- Le vote de tout traité ayant gravement violé l'esprit et la lettre du Titre 1 de notre Constitution sur la Souveraineté Nationale dans le cadre d'un mandat de parlementaire octroyé à celle ou celui qui s'en est rendu coupable. 

- La propagande par voie de presse, concernant le bien fondé de l'Union européenne et des institutions auxiliaires à celle-ci. 

- La formation de partis ou associations politiques faisant la promotion de l'Union européenne et de nouvelles pertes de Souveraineté qui devraient lui être concédées encore et toujours. 


- L'utilisation des moyens audio-visuels publics, à des fins de propagande contre l'auto-détermination du peuple Français. 

- Le financement de toutes associations politiques faisant la promotion de notre asservissement à l'Union européenne. 

- Les décisions politiques ou prises de parole publique discriminant de façon négative ou positive une fraction de la population Française. 

- Les entraves à la liberté d'expression et de réunion pacifique. 

- La reconnaissance ainsi que le soutien matériel et financier à toutes entités œuvrant par des moyens politiques et/ou militaires à déstabiliser des Etats-tiers 

- L'octroi d'aides publiques à des associations cultuelles ou faisant la promotion des intérêts de puissances étrangères, ou véhiculant des propos publics contraires aux principes de laïcité, d'égalité entre les citoyens Français ou d'unicité du peuple Français. 

On remarquera que certains des critères retenus ici pourraient tomber sous le coup de lois déjà existantes, mais pour l'essentiel, souffriront malgré tout de ses insuffisances. Voila pourquoi les magistrats ayant à remplir leur fonctions dans ces tribunaux populaires, doivent disposer d'un arsenal juridique un peu plus complet. Tous les prévenus ne seront pas forcément exposés à des peines de prison, mais il y-aura fort à parier qu'un très grand nombre d'entre eux seront accusés d'avoir à minima « porté atteinte à l'unité de la Nation ou à la liberté des Français, ou à l'égalité entre ceux-ci ».



Ajoutons pour conclure ce chapitre que les tribunaux populaires n'auront plus de raison d'exister, dès lors que la reprise du pouvoir sera effective, et que les institutions judiciaires auront profondément nettoyées des magistrats les plus serviles à l'égard de puissances politiques ou financières ayant trahi le peuple Français, de toutes les façons possibles...