dimanche 30 octobre 2016

A nos actes manqués !

A combien de reprises sommes nous passés à deux doigts de la Révolution ?

Sur moins de dix années, je pourrais au moins citer quatre occasions, et une cinquième en cours. 


Le mouvement des indignés ; le mouvement du 14 Juillet et Nuit Debout, portaient les germes et les semeurs d'une révolution, mais personne n'avait songé à soigner la plantation pour qu'elle porte ses fruits. Depuis, nous attendons encore que "quelque chose se passe".
Et pourtant, quelque chose se passe bel et bien.

Qu'est-ce qu'une révolution ? Certains commenceront d'abord à méditer ce concept avec une image d’Épinal dans la tête : des larmes et du sang, la guerre civile, et souvent de grandes désillusions au bout pour de maigres avancées (quand ce ne sont pas des reculs). Pourtant, les troubles dont il est question, ne sont pas le propre de toutes les révolutions, ni une fin en soi. La révolution des Œillets est à ce titre l'une des révolutions les plus pacifiques, courtes et radicales qui nous soit donnée d'observer. Pour quelle raison ? Elle fut menée par des militaires dissidents. Le putsch et le pronunciamiento sont deux des trois formes possibles de la révolution. Elles ne préjugent pas des dispositions d'esprit (au profit ou au détriment du peuple) de ceux qui sont à l'oeuvre. Evo Moralès a d'abord tenté de prendre le pouvoir par la force, avant d'être finalement soutenu et élu par le peuple. Et il sera difficile de nier que l'homme était réellement dévolu à sa patrie. De Gaulle est revenu au pouvoir par la pression militaire, grâce au coup de force des Généraux Salan et Massu lors du coup d'Etat du 13 Mai 1958. Qui a regretté que des militaires (mais aussi des policiers) aient accéléré la chute du gouvernement Pflimlin, si ce n'est ceux qui œuvraient contre l'intérêt de la France ?

La révolution doit être dépassionnée pour qu'on la médite avec la hauteur de vue nécessaire. La majorité des troubles politiques sont le fait de citoyens qui se mobilisent contre leur représentation politique. Les gouvernements usent alors des forces de police, voire de l'armée pour réprimer la contestation. Si comme en Tunisie, l'armée fait sécession et s'assure de restaurer l'ordre public en prenant partie pour le peuple, alors les forces de police peuvent à leur tour désobéir aux ordres politiques. Déjà la révolution se termine, pour ce qui concerne son moment le plus important.

Si les exemples d'épisodes révolutionnaires ayant débuté par un putsch militaire foisonnent, les exemples où les forces de police sont à l'initiative d'une contestation populaire sont rares, voire inexistants. La police est un corps qui contrairement à l'armée, n'est pas indépendant du gouvernement. Elle est totalement sous son autorité. Il y a donc de quoi motiver un regard qui soit dépassionné pour analyser correctement la perche tendue :

Tout d'abord, constatons que le mouvement fait suite à un coup de colère. C'est bien l'attaque subie par certains de leurs collègues à Viry Châtillon qui a déclenché ce mouvement spontané de la part des policiers français. Les revendications, puisqu'il en faut, sont donc tout à fait subalternes face à un moment d'émotion intense où les contraintes qui pèsent sur les policiers apparaissent et sont tour à tour dénoncées (haine anti-flics ; utilisation politique de la police ; faiblesse de la justice ; zones de non-droit ; statut de la légitime défense pour les policiers ; matériel vieillissant voire manquant ; commissariats vétustes, etc.). Ce sont bien les politiques publiques de sécurité publique dans leur ensemble qui, à l'apothéose d'une tentative de meurtre barbare, révèlent leur inanité. Et ces politiques sont bien placées sous la responsabilité de mandataires et hauts responsables administratifs de la police nationale. Et c'est là qu'une des revendications des policiers passe largement inaperçue alors qu'elle devrait de très loin, sonner l'alarme dans les milieux militants : les policiers exigent la tête de Jean-Marc Falcone (directeur de la police nationale) et Bernard Cazeneuve (Ministre de l'Intérieur).

Si ce n'était pas le cas, je serai le premier à me détourner de leurs revendications en les considérant comme uniquement corporatives. Mais dès lors qu'un Ministre voit sa légitimité et son autorité remise en cause par un corps régalien de la nation, c'est l'ensemble du gouvernement ainsi que le chef d'Etat qui voit son autorité mise en péril. Qui nomme le Ministre de l'Intérieur à son mandat, si ce n'est le Premier Ministre en concertation avec le chef de l'Etat ?

François Hollande est donc face à un épineux problème : s'il cède à de telles revendications, il démontrera sa faiblesse face aux policiers, ce qui pourrait lui nuire dans les jours ou mois suivants. S'il fait preuve de sévérité, il risque de se retrouver avec une défiance toujours croissante de la police. Etant donné qu'il est impossible, sauf en faisant usage de l'armée, de réprimer une manifestation de femmes et hommes en armes, la seule solution pour le félon qui nous gouverne, est de jouer la carte du pourrissement. Cela en recevant les syndicats (pourtant contestés par les policiers) ; en amadouant l'institution via quelques promesses budgétaires qui étrangement semblaient impossibles du fait de l'austérité imposée quelques mois auparavant ; et en comptant sur le professionnalisme des officiers autant que la propagande anti-flic visant à éloigner le peuple de leurs rassemblements, pour que ces derniers reprennent le travail, sans avoir rien obtenu, ni dans leurs revendications, ni dans le soutien populaire.

De leurs côtés, les réseaux militants ne peuvent s'empêcher de sombrer à nouveau dans leur pathos collectif tant chéri et sans cesse alimenté, pour éviter tout rapprochement utile avec les policiers. Ces derniers sont évidemment des "suppôts du capitalisme" ; "la milice du gouvernement" ; "des cowboys tabassant le peuple" dès que l'occasion se présente. On oublie d'ailleurs que ce ne sont pas des CRS qui manifestent pour la majorité des policiers présents. Ces premiers préfèrent se porter pâle lorsqu'ils veulent faire valoir leur ras le bol. Ce sont donc les policiers que nous croisons dans notre quotidien, et qui sont en charge de garantir notre sécurité sur la voie publique, mais quand on est militant, aucun flic ne peut être excusé d'avoir choisi un tel métier. Qu'importe les raisons, qu'importe l'état d'esprit du bonhomme. Quand on est militant, on ne cesse de glorifier son bon coeur et prêcher l'amour entre les hommes, mais pas tous : certaines catégories d'êtres humains restent dans le clan des salauds...

Annihilée la réalité quotidienne de l’interaction de la population avec la police qui ne se termine que très rarement par une bavure ou un comportement excessif. Oubliées les discussions échangées dans des manifs entre quelques policiers plus cools que les autres et des manifestants. Même notre droit à la sûreté, nous sommes prêts à l'abandonner pour peu que l'on cesse de nous montrer ces policiers qu'on ne saurait voir. La police, c'est définitivement l'ennemie.

Et les uns de rappeler que l'on a pas vu les policiers manifester durant l'opposition à la loi travail. Effectivement, ceux qui ont manifesté en tant que citoyens, n'ont peut-être pas osé révélé publiquement leur métier quand "tout le monde déteste la police" (jusqu'à même la caillasser). Les autres rappellent telle bavure, telle blessure reçue en manif. Oui, et a-t-on ne serait-ce que quelques minutes évoqué la responsabilité des organisateurs d'un cortège ou un rassemblement, quant aux infiltrations - souhaitées - des casseurs en tous genre ? Quant à dire qu'il y a des bavures, qui peut le nier ? Mais est-ce que les manquements d'une stricte minorité de personnes, concernent plus de 140.000 fonctionnaires, ou sont bien ne rendent responsables que les quelques brebis galeuses que l'on peut trouver dans tous les corps sociaux de la nation ? Ceux qui n'ont pas osé sortir leur arme face à un danger, et en sont morts ou rendus handicapés à vie, qu'en dit-on ? Merci de n'avoir rien tenté pour sauver votre vie et protéger celle d'un criminel ? Est-ce qu'au moins ça équilibre la difficile question humaine qui rend la mission de policier, particulièrement complexe à gérer au quotidien, pour éviter à la foi bavure et mort pour la France ? Non, le militant a la haine sélective, et préférera se concentrer sur la faute d'un ou quelques policiers sur une intervention parmi des dizaines de milliers chaque année, et n'aura même pas un début de compassion ou d'interrogation, face à un policier qui meurt de ne pas avoir utilisé son arme lorsque le péril était réel et imminent.

Certes, nous avons affaire à un corps institutionnel particulier, où l'exigence en terme de probité, de gestion de soi, et de mesure dans l'usage de la force, sont des critères de recrutement cruciaux pour minorer autant que faire se peut les risques de bavure. Mais qui décide du recrutement ? Qui ordonne à la maréchaussée de réprimer des manifestations ? Qui décide des moyens et des missions de la police nationale ?

On en revient donc aux responsables politiques qui ont failli à ces nécessités, et cela avec une dégradation substantielle constatée sous l'ère Hollande. 

Les policiers aujourd'hui, je le répète pour que cela soit clair dans les esprits, manifestent en rejetant tous rattrapages syndicaux et partisans à leur colère. Ils invitent les citoyens à les rejoindre, et mieux encore, sont ouverts à discuter sur tous les sujets. Que ce soit ceux qui sont liés à leurs missions de service publique ou encore des revendications d'intérêt général beaucoup plus larges. En outre, qui peut raisonnablement s'inquiéter de prendre un coup de matraque dans un cortège de policiers ? J'ai expliqué plus haut que François Hollande se trouve dans une position délicate, l'empêchant de tenter toute mesure répressive des manifestations d'hommes en armes. De fait, ces manifestations resteront pacifiques, ordonnées et sans casseurs pour les troller. Si l'on s'en remet à la raison, ça n'est pas au moment où les policiers appellent les citoyens à les rejoindre, qu'ils vont se montrer hostiles et fermés à la discussion. Bien au contraire, il y a une envie sincère de démystifier leur travail, leur rôle, et de parler de tout ce qui pourrait rendre la police respectée de la nation. Ce qui signifie méditer à des réformes d'ampleur regardant l'ensemble du peuple, et non à des mesurettes que proposera leur ministre contesté dans l'espoir de calmer les policiers au-moins jusqu'aux présidentielles.

Un ministre est sur la sellette. Si des milliers de gens en compagnie des policiers, soutiennent la démission de Bernard Cazeneuve et s'assurent de motiver les fonctionnaires qui sont dans la rue à continuer d'ouvrir un boulevard à la contestation, c'est bien François Hollande qui tremblera en premier lieu. Il n'y aura pas long à faire en cas de forte mobilisation populaire, pour que son nom revienne dans les revendications qui se seront élargies, quant à sa démission. Encore faut-il rejoindre les policiers, ne pas alimenter des mythes sur des revendications visant à américaniser l'institution (ça n'est ni le souhait, ni la culture de la police française), et leur parler de nos revendications d'intérêt général (sortie de l'U.E ; l'euro et l'OTAN + Constituante).

Dans les commissariats, la conscience que les revendications corporatives resteront insuffisantes pour mobiliser les Français est bien présente dans les esprits. Il n'y a qu'un pas à faire pour que les policiers, rassurés par notre soutien, à leur tour ouvrent un peu plus leur attention au cri du peuple tout entier. Pour la bonne et simple raison que la police fait partie du peuple, et qu'il ne reste plus grand monde aujourd'hui en France, qu'importe les activités de chacun, pour soutenir encore l'oligarchie au pouvoir. Et plus que quiconque, les policiers savent comment leur institution est détournée à des fins iniques.

J'appelle donc les policiers à ne rien lâcher, organiser un peu mieux leurs rassemblements (notamment le week-end à des horaires permettant au plus grand nombre de vous rejoindre) et à continuer d'exiger la tête de leur ministre de tutelle et de leur haute hiérarchie administrative.

De la même façon, et tout en envisageant déjà que nous nous orientons vers un énième acte manqué, j'appelle les "alternatifs", "dissidents", "contestataires politiques", et tout ce que la France rassemble de gens éveillés sur les réalités institutionnelles, géopolitiques et économiques qui détruisent notre pays, à cesser pour une fois de n'user que de la passion, de l'esprit de revanche et de haine larvée, lorsque l'analyse froide et objective sur les institutions, devrait tous nous conduire à rejoindre les policiers dans la rue. S'il n'y aura aucun risque de violences policières à envisager, en revanche, notre présence fera peser un risque très puissant de révolution qui pourrait défaire l'ensemble de notre oligarchie à terme.

La haine, les amalgames et la division, ne sont pas de nature à changer les choses. S'ouvrir aux autres en étant prêt à heurter ses idées préconçues, est la seule manière d'adopter un regard froid et juste sur les hommes. Combien de gens se disant "éveillés" dans notre pays ont aussi la tête froide ?


J'espère assez pour éviter un cinquième acte manqué...




mercredi 12 octobre 2016

Juppé et Sarkozy, coupables de crimes de génocide, toujours libres...

Le 14 Novembre 2010, Nicolas Sarkozy via son croque-mort François Fillon, nomme Alain Juppé à la tête du Ministère de la Défense. A peine plus de trois mois plus tard, ce dernier est propulsé Ministre des Affaires étrangères, nous sommes le 27 février 2011.

Quelques jours plus tôt, le 13 février 2011, Mouammar Kadhafi prononce un discours appelant tous les réfugiés palestiniens à se masser aux frontières d'Israël, et va jusqu'à dire que « tous les pays arabes entretenant des relations avec Israël sont des régimes lâches ». Trois jours avant que débute le conflit libyen, dans un pays où la plupart des gens sont arabes et de confession musulmane, Kadhafi fournissait donc un discours qui avait de quoi fédérer son peuple. D'ailleurs, pas de manifestations ce jour-là, tout semblait tranquille malgré le « printemps arabe » qui sévissait en Tunisie et en Égypte. On peut se douter en revanche qu'Israël et ses alliés arabes (Qatar, Égypte et Arabie Saoudite) ne vont que très modérément apprécier le discours de l'ancien Chef d’État de la Libye.

Deux jours plus tard, des appels sur facebook fleurissent pour contester le régime, et une « émeute » a lieu dans la ville de Benghazi. Le site internet « Europe-Israël » semble à cette date furieusement remonté contre Kadhafi. Comme n'importe quel chef d’État dans un pays Souverain, le dirigeant libyen fait en sorte de restaurer le calme à Benghazi. Ce que l'on ne saura jamais, c'est la réalité de cette émeute. Combien de personnes étaient sur place ? Qui étaient ces gens ? Étaient-ils armés ?

Début mars, le ressortissant Israélien Bernard Henri Levy nous refait le même coup qu'en ex-Yougoslavie en appelant à une intervention armée « du monde libre » contre la Libye, afin de « sauver » les gentils insurgés de Benghazi. Le 19 mars 2011, soit à peine un mois après le discours de Kadhafi, l'opération Harmattan commence sous l'égide du Général Benoît Puga, aujourd'hui chef d’état-major particulier de François Hollande. C'est ce même général qui est responsable du renversement du président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire.

Je vous propose de revenir sur les derniers jours ayant précédé la guerre de Libye, pour relever ici un crime qui pèse (plus ou moins) sur la conscience d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy, mais beaucoup moins dans la conscience des journalistes énamourés de notre petite oligarchie de criminels en col blanc.

Tout d'abord, reprenons la fin du discours de Nicolas Sarkozy le 19 Mars 2011, "légitimant" l'usage des forces militaires françaises contre un pays souverain et ne nous ayant jamais agressé :

"En Libye, une population civile pacifique qui ne réclame rien d'autre que le droit de choisir elle-même son destin se trouve en danger de mort. Nous avons le devoir de répondre à son appel angoissé. L'avenir de la Libye appartient aux Libyens. Nous ne voulons pas décider à leur place. Le combat qu'ils mènent pour leur liberté est le leur. Si nous intervenons aux côtés des pays arabes, ce n'est pas au nom d'une finalité que nous chercherions à imposer au peuple libyen, mais au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes. 

Aujourd'hui, nous intervenons en Libye sur mandat du Conseil de sécurité de l'ONU avec nos partenaires, et notamment nos partenaires arabes. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d'un régime qui en assassinant son propre peuple a perdu toute légitimité. Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin. Il ne saurait être privé de ses droits par la violence et par la terreur".

Je vous épargne toute critique sur les violons sortis durant ce discours visant à faire passer une très grosse pilule aux Français (qui d'ailleurs se foutent complètement que leurs impôts soient utilisés pour tuer des milliers de gens à l'étranger) ; je me contente de relever qu'à deux reprises, Nicolas Sarkozy évoque des partenaires arabes pour faire la guerre à la Libye (pudiquement appelée "intervention"). Ces partenaires, Alain Juppé va les évoquer dans un discours larmoyant à l'ONU le 17 Mars 2011, en citant la résolution votée par le Conseil de la Ligue Arabe réunie au Caire le 11 Mars 2011. Celle-ci propose une zone d'exclusion aérienne sur le territoire Libyen. Tous les acteurs de la Ligue Arabe ne sont pourtant pas d'accord sur ce texte comme en témoigne le site internet de RFI :

"Il y a ceux qui soutiennent la résolution sans réserve : les pays du Golfe et les voisins de la Libye: Egypte et Tunisie.

Mais il y a aussi ceux qui ont exprimé des réserves comme la Syrie. Damas estime que l’imposition d’une zone d’exclusion pourrait paver la voie à une ingérence militaire étrangère et, à terme, l’éclatement de la Libye.

La Ligue a contourné ces réserves en ajoutant une phrase rejetant une éventuelle ingérence militaire étrangère. Un flou artistique quand on sait que l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne nécessite l’usage de la force comme cela avait été le cas en Irak. Et c’est justement l’exemple irakien qui revient le plus souvent sur les blogs arabes.

Beaucoup d’internautes estiment que la zone d’exclusion aérienne pour défendre les chiites et les Kurdes contre Saddam Hussein, était le premier pas qui avait conduit à l’invasion de l’Irak. Il y a enfin ceux qui aimeraient bien que le principe d’exclusion aérienne pour défendre la population soit étendu à d’autres régions, comme par exemple le Darfour soudanais".

Si l'on peut admettre que l'Egypte et la Tunisie, pays frontaliers de la Libye, étaient largement en situation de panique et soumis à toutes les pressions occidentales à cette époque pour soutenir une telle résolution, j'aimerais que l'on m'explique les positions du Qatar et de l'Arabie Saoudite, alors que ces pays sont situés à plus de 4000 km de distance de la capitale Libyenne ?

Quelle menace militaire pesait sur leurs propres pays, au point de motiver une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye ? Quelle légitimité ces régimes théocratiques violant régulièrement les droits de l'homme, avaient sur la très laïque et sociale Libye pour appeler à une intervention militaire sur place ?

Ce qui nous amène donc à une dernière question : En quoi les partenaires Qataris et Saoudiens étaient pertinents à citer pour Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, afin de motiver une alliance militaire avec ces pays contre la Libye ?

Rappelons ici les termes utilisés par Alain Juppé le 17 Mars 2011 à l'ONU :

C’est pourquoi la France a voulu contribuer de toutes ses forces au sursaut de la communauté internationale en travaillant, avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique et d’autres, à l’élaboration du projet de résolution qui nous est soumis.



Avec cette résolution, nous nous donnons les moyens de protéger les populations civiles libyennes :

— D’abord en mettant en place une zone d’exclusion aérienne et en autorisant les membres de la Ligue arabe et les Etats membres qui le souhaitent à prendre les mesures nécessaires pour sa mise en œuvre.

— Ensuite en autorisant ces mêmes Etats à prendre, outre la zone d’exclusion aérienne, toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations et les territoires, y compris Benghazi, qui sont sous la menace d’une attaque des forces du régime de Kadhafi.

— Enfin, en renforçant les sanctions adoptées à l’encontre de ce régime, qu’il s’agisse de la mise en œuvre de l’embargo sur les armes, du gel des avoirs des autorités de Tripoli ou de l’interdiction de vol des compagnies aériennes libyennes.
Si les intérêts du Qatar et de l'Arabie Saoudite à semer le chaos en Libye restent troubles (on évoque le plus souvent des contrats de reconstruction et l'influence religieuse et diplomatique de ces pays à faire progresser sur le nord de l'Afrique) ; les intérêts défendus par l'exécutif français, ne souffrent pour leur part d'aucune ambiguïté. C'est d'ailleurs Hillary Clinton, qui, à l'occasion d'échanges par courriel avec des diplomates américains, a permis de révéler le pot au roses. Ainsi, dans des courriels récupérés et publiés par le site Wikileaks, on apprend :
Qu'un mémo liste cinq facteurs motivant l’engagement du président Nicolas Sarkozy à mener cette guerre : « un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; et répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’ouest — le gouvernement voit notamment d'un mauvais œil le projet de Kadhafi d'introduire une nouvelle devise panafricaine pour supplanter le Franc CFA, basée sur le dinar or libyen et appuyée par des réserves secrètes d'or d'une valeur de 7 milliards de dollars.

Un autre mémo, daté du 5 mai, évoque des vols humanitaires organisés mi-avril 2011, qui auraient compté parmi les passagers des cadres de Total, de Vinci, et de l'EADS. Bernard-Henri Lévy, intermédiaire entre le président français et les insurgés, aurait fait savoir aux responsables du CNT qu’ils «avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français. » Selon une note de septembre 2011, Nicolas Sarkozy aurait exhorté les Libyens à réserver 35% de leur industrie pétrolière à des entreprises françaises, en particulier Total. Alors que la France représentait 9,7 % des exportations libyennes en 2012, elle devient en 2014 le deuxième client de la Libye, avec 13,1 % des exportations.


(Source : wikipédia)

L'ensemble de ces mémorandums sont des sources autres que des commentaires journalistiques. Ce sont les allégations de l'ancienne secrétaire d'état américaine, qui ne pouvait motiver ses propos sur des thèses fantaisistes ou une déficience de ses services de renseignement.

A-t-on entendu à l'époque Nicolas Sarkozy et Alain Juppé motiver la guerre en Libye pour :

- Piller du pétrole ?
- Faire monter la cote de popularité de Sarkozy dans les sondages ?
- Empêcher Kadhafi de lancer le Dinar-Or pour concurrencer le FRANC CFA ?
- Contribuer au "rayonnement" de notre armée en Afrique ?

Non, je vous rappelle les mots-clés des discours de Sarkozy et Juppé peu avant le déclenchement des hostilités : démocratie ; protection des populations ; conscience universelle ; etc, etc...

Les chiffres diffèrent sur le nombre de morts du fait de cette guerre. Certains parlent de plusieurs dizaines de milliers de morts, quand d'autres évoquent plus de 200.000 tués. Nous pouvons rajouter à cette hécatombe, plus d'un million de réfugiés, sans même parler des exactions des milices soutenues par les pays du Golfe sur les populations civiles.

Il n'est pas possible de considérer que les services de renseignement français, autant que les acteurs politiques engagés dans ce processus militaire, aient pu ignorer ce qui découlerait du renversement du régime de Mouammar Kadhafi. La ville de Benghazi était réputée être un foyer de la contestation islamiste de l'appareil d'Etat Libyen, ce que les pays du Golfe savaient parfaitement. A tel point, que dans un article datant du 28 décembre 2011, le site internet Slate, révèle le jeu trouble du Qatar avec les combattants islamistes de la région :

"Les conseillers militaires qataris ont largement privilégié les groupes islamistes, comme ceux d’Abdelhakim Belhaj, d’Ismael Salabi, la Katiba des Martyrs d’Abu Salim, dirigée par Abu Sofiane Qumu, un ancien de Guantanamo ou encore la Katiba Obaida Ibn Jarrah, soupçonné d’avoir assassiné, le 27 juillet 2011, le général Abdul Younes mis en place par Moustafa Abdel Jalil pour tenter d’unifier les Katibas sous sa houlette"

"Les services de renseignement extérieur directement rattachés au palais de l'émir du Qatar, ont participé à la désignation des unités qui ont reçu les missiles anti-chars livrés par la France. Au total neuf cargaisons ont été parachutées. Une partie des armes reçues par les groupes choisis par les Qataris ont ensuite disparu, mettant à mal le désarmement des milices entamé par le CNT, à ajouter aux «10 000 missiles sol-air» ayant été perdus en Libye, selon le Spiegel, citant les propos de l'amiral Giampaolo Di Paola,président du Comité militaire qui regroupe les chefs d'état-major des pays de l'Otan".

Voila donc un pays, autrefois stable, sans dette souveraine, ayant un système social ayant de quoi faire pâlir notre propre modèle de société, jouissant d'une constitution permettant au peuple de légiférer lui-même et incluant un régime de laïcité et d'égalité juridique entre les hommes et les femmes, que voila soumis aujourd'hui à la barbarie et à la charia.

Ce qui a été commis ici s'appelle un crime d'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays. Le fumeux "droit ou devoir d'ingérence" n'existe pas dans le droit international. Ce sont des crimes, rien de moins. Mais du point de vue du droit français, cela va plus loin.

Commençons par rappeler que le préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946, dans son article 14, dispose que :

"La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple".

Y'a t'il un terme qui aurait été mal compris par Messieurs Sarkozy, Juppé, mais aussi Gérard Longuet (alors Ministre de la Défense) dans notre Constitution ?

Peut-être dans ce cas, que le droit international pourra être d'un certain secours intellectuel à nos mafieux se pensant intouchables. Par exemple, il était possible de consulter la Charte des Nations-Unies et de constater dans son article 2 que :

"Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies"

Un tel article de droit international ne souffre pas d'ambiguïté : la guerre est par définition illégale. Seule la légitime défense l'autorise.

En outre, le principe d'autodétermination des peuples se conjuguera toujours avec le droit de résistance à l'oppression, sous les formes prévues par l'article 1 du même texte sur le but de l'Organisation des Nations Unies :

"Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde"

Les peuples disposent d'eux-mêmes, et toute forme de résistance à l'oppression pour un peuple, n'est que de sa seule et unique responsabilité. Un soutien militaire d'une puissance étrangère, sauf en contexte de guerre réelle, ne saurait justifier l'exercice du droit de résistance. Notons d'ailleurs que des révolutionnaires faisant appel au soutien militaire d'une puissance étrangère ne peuvent être considérés que comme des traîtres à leur patrie, non comme d'aimables rebelles. En toutes circonstances, un peuple doit trouver les ressorts en lui-même pour résister, sans s'asservir à des intérêts étrangers. Mais sans doute que ces considérations sont quelque peu complexes à entendre pour le trio diabolique Juppé/Sarkozy/Longuet. Pourtant, la Charte des Nations Unies dans son article 33, offrait quelques solutions possibles pour tenter de raisonner feu Mouammar Kadhafi, cela sans avoir besoin de recourir à l'usage des forces armées :


"Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d'enquête, de médiation, de conciliation, d'arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d'autres moyens pacifiques de leur choix".

Evidemment, quand il s'agit de légitimer une intervention illégale, tous les arguments sont bons, y compris celui d'un péril imminent pour les émeutiers de Benghazi par exemple. Cependant, la Libye était alors un état souverain, et seules les autorités libyennes étaient donc légitimes à définir les forces policières ou militaires à affecter pour faire cesser des émeutes. Accepterions nous par exemple, d'être bombardés en France par un pays tiers, sous prétexte que notre gouvernement réprime violemment une manifestation ? Les USA nous ont-ils envahi en Mai 68 pour empêcher le gouvernement d'alors, de réprimer les émeutes ? Et de quelle enquête bénéficions-nous exactement pour justifier que la répression des troubles à Benghazi était disproportionnée et criminelle ? Quelles négociations ont été entreprises à proprement parlé ? Quels moyens pacifiques ont été utilisés pour tenter de régler ce problème, au-départ de compétence strictement nationale pour la Libye ? Evidemment, la propagande de guerre ignore superbement le droit international, et n'allez pas espérer une once d'humanisme chez des gens prêts à autoriser la guerre pour satisfaire la côte de popularité d'un président ou piller du pétrole.

Et lorsque de tels actes se produisent, nous entrons pleinement dans les crimes contres l'humanité. L'article 7 des statuts de Rome sur la Cour Pénale Internationale, précise ce qu'est un tel crime :

Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque : Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste [...], ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international.

Les Libyens qui soutenaient Kadhafi sont un groupe politique, de même que les Libyens dans leur ensemble, sont un groupe national. Ce peuple encore une fois, n'a agressé aucune nation belligérante. Les Qataris, les Saoudiens, les Français, les Américains ou encore les Anglais, n'ont absolument aucun argument de droit international, qui justifiasse une guerre de légitime défense contre la Libye. Dès lors que des immeubles, des infrastructures de distribution d'eau et d'énergie ont été détruits, et que des milliers de civils ont péri dans les actes de guerre commis par la coalition belligérante, il convient de parler de crime contre l'humanité, mais aussi de crimes de génocide. 

Ainsi, l'article 211-1 du Code Pénal dispose que :


« Constitue un génocide le fait, en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d'un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l'encontre de membres de ce groupe, l'un des actes suivants :

-atteinte volontaire à la vie ;

-atteinte grave à l'intégrité physique ou psychique ;

-soumission à des conditions d'existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe ;

Le génocide est puni de la réclusion criminelle à perpétuité ».

Y-a t'il un traître mot de la langue française qui serait définitivement incompréhensible à messieurs Juppé, Sarkozy et Longuet ? 

Pour ma part, j'appelle à ce que des Magistrats se saisissent enfin d'un tel dossier. Messieurs Alain Juppé, Sarkozy et Longuet doivent non seulement être poursuivis pour leurs crimes de sang sur le territoire français, mais aussi à la Cour Pénale Internationale de La Haye. 

A l'heure où les pires pourritures fanfaronnent à la télévision pour motiver les électeurs à leur octroyer un bulletin de vote, j'aimerais que la Justice cesse d'être sourde aux cris des civils morts en Libye, et que le droit pénal, constitutionnel et international soit pleinement appliqué contre ces génocidaires et ces traîtres.

Retrouvez le texte en audio sur cette vidéo :



mardi 20 septembre 2016

Le prix de la soumission

Entre le 19 septembre et le 5 octobre 2014, Ray Kavanaugh, producteur de cinéma en Californie, échange des courriels avec l'ensemble de ses contacts de confession juive, les invitant à s'inquiéter de la montée de l'antisémitisme en Europe et aux USA. Il prend pour référence un spectacle joué au Métropolitan Opéra de New York, mettant en scène la mort de Leon Klinghoffer, un industriel américain de confession juive, abattu en 1985 par un membre du Front de Libération de la Palestine, lors d'un assaut donné par un commando sur un bateau de croisière au large de l'Italie. 

Le spectacle remettant en contexte le conflit israélo-palestinien derrière le détournement de ce navire, porte donc à polémiques. La politique coloniale d'Israël est en jeu comme toujours. Pour Ray Kavanaugh comme pour la plupart des destinataires de son premier courriel, les intérêts des citoyens de confession juive de n'importe quel Etat sont étroitement liés aux intérêts d'Israël. Un peu comme si l'on disait que les intérêts des citoyens catholiques de France ou de Bolivie étaient liés aux intérêts du Vatican. Pensée totalement absurde n'est-il pas ? 

L'un des destinataires du courriel de notre producteur de cinéma californien est le Rabbin Marc Schneier. Ce dernier, membre du Congrès Juif Mondial (organisation faux nez d'Israël à l'égale du CRIF en France ou de l'AIPAC et de l'ADL aux USA) est aussi le rejeton d'Arthur Schneier, qui préside la fondation "Appeal of Conscience" militant pour "la compréhension entre les ethnies et les religions", mais remet des médailles à tous les pourris de cette planète. Daniel Vasella, patron de Novartis a ainsi été décoré, de même que David Cameron, Nicolas Sarkozy et dernièrement toi, misérable avorton : François Hollande. 

Est-ce qu'un seul des chefs d'Etat des Républiques Socialistes d'Amérique du Sud ont eu le droit à ces honneurs ? Non ? La Russie a-t-elle été célébrée pour le contrepoids obstinément pacifique qu'elle oppose au bellicisme de l'OTAN ? A aucun moment. Est-ce que les Etats du Sud-Est asiatique, qui depuis des décennies préfèrent régler leurs différents par la diplomatie plutôt que par la guerre, ont vu l'un de leurs chefs d'Etat décoré pour sa politique de paix ? Absolument pas. Loin des chefs d'Etat et patrons de multinationales, a-t-on vu les lanceurs d'alerte de la planète trouver de la considération auprès de cette organisation ? Pas plus.

Il est notable de constater qu'Henry Kissinger, faucon américain ayant trempé dans maintes opérations de déstabilisation de pays d'Amérique du Sud, du Moyen Orient et d'Asie, collabore avec la fondation "Appeal of Conscience" lorsqu'il n'assiste pas David Rockfeller et Zbigniew Brzezinski, autres faucons néoconservateurs US, aux réunions de la Commission Trilatérale ; du Club Bilderberg ou encore du C.F.R, sortes de mini sommets du Gouvernement profond pour décider de la paix et de la guerre dans la politique étrangère des U.S.A et de ses vassaux de l'OTAN.


Toutes ces personnalités ont le mauvais goût d'être de confession juive et de mêler à leurs croyances religieuses, des considérations plus impérialistes s'agissant du Moyen-Orient et de l'Europe. Si Zbigniew Brzezinsky, ancien conseiller à la sécurité nationale des USA, a donné le plan de route militaire et diplomatique pour tordre le bras à la Russie en assujettissant politiquement l'Europe aux intérêts américains, et en déstabilisant la Perse et toutes les Républiques Arabes Socialistes alliées du géant eurasiatique ; pour leur part, Kissinger, Rockfeller, Soros et quelques autres, composent les cercles d'influence visant à financer et pousser leurs larbins politiques occidentaux à appliquer les boucheries militaires et sociales qui découlent de leurs "recommandations". Tous sont clairement pro-sionistes.

Malgré les investigations du journaliste Geoffrey Bonnefoy du journal "l'Express" pour découvrir ce qui se cachait derrière la fondation "Appeal of Conscience", rien ne semble filtrer. Pour autant, les cercles d'amitié dans lesquels évolue Arthur Schneier, ne laissent aucun doute sur ce qu'il récompense :

- Le petit billet de 60.000.000 d'euros de nos impôts versés à des organisations surfant avec cynisme sur le "Shoah Business" en judiciarisant notre Histoire

- Tes prises de position à minima neutres, voire favorables à Israël sur le conflit israélo-palestinien.

- Le choix que tu as porté sur un premier Ministre se disant "éternellement lié à Israël"

Ton alignement sur les préoccupations des dirigeants d'extrême droite en Israël visant à empêcher l'Iran de disposer de la technologie nucléaire civile et militaire.

- Ton silence de connivence sur ce genre d'incidents ou d'autres tout aussi inquiétants..

- De même que ta conception de la laïcité à plusieurs vitesses permettant de fermer les yeux sur du prosélytisme religieux à l'Assemblée Nationale, voire d'être pro-actif dans l'organisation du déploiement de nos militaires du réseau Sentinelle au profit des établissements juifs, là où les forces de police et de gendarmerie sont privilégiées pour les établissements catholiques et musulmans, cela a dû beaucoup plaire à certaines personnes. Un message à faire passer sans doute sur la livraison de nos troupes acquise à une certaine communauté, et plus surement encore, à un certain pays ?

Te voila donc distingué du prix de "meilleur homme d'Etat de l'année" par une organisation obscure mais liée de près aux intérêts sionistes et néocons américains, toi qui est responsable directement de dizaines de milliers de morts en Syrie, en Libye et au Mali, qui a financé et encouragé le terrorisme religieux en France, et qui loin d'unifier la nation en rappelant les grands principes républicains sur la laïcité ; la communautarise à l'extrême dans les politiques publiques de ton Gouvernement.

La décence méritait qu'au moins tu t'assures de recevoir le prix de ta soumission de façon discrète, mais non. Jusqu'au bout, tu es fier et con de montrer à quel point tu es un larbin zélé de tous les intérêts hostiles à la France. Tant pis pour l'image de notre pays qui en prend encore un coup, mais peut-être que le discrédit que tu auras jeté sur la France durant l'ensemble de ton mandat, c'était aussi à dessein ? Rien ne m'étonnerait à un tel niveau d'asservissement.

Cependant, oserai-je te signifier que sur le plan électoral, la communauté juive, et plus encore sa partie ultra-sioniste, ça ne pèse strictement rien face au reste de la population. Si les signaux que tu souhaites envoyer à Israël et aux USA concernent le renouvellement de ton mandat, dis-toi qu'aucun de leurs réseaux d'influence en France ne suffira à te faire réélire... Ni empêcher ton futur jugement devant les tribunaux.

Avec mon éternel mépris,

Sylvain Baron



mercredi 7 septembre 2016

A propos de la Royauté comme régime constitutionnel


Dans une publication datant du 20 avril 2016, de courageux anonymes ont rédigé à mon encontre un billet visant à me faire passer pour un monarchiste patenté, souhaitant rétablir un régime aristocratique et réactionnaire. 

Je vais donc fournir mon droit de réponse, sans réellement m’intéresser au fiel des gens qui ne veulent pas répondre de leurs écrits, mais plutôt en délivrant ma pensée exacte sur le sujet. Et j'espère aussi, en parvenant à démystifier la question de la nature démocratique ou totalitaire d'un tel régime.

Pour commencer, accordons nous sur la sémantique et distinguons deux mots essentiels, c'est ce qui permet dans la rédaction du droit des précisions utiles à notre interprétation des termes d'une constitution :

- Royaume : Etat dont le mandat suprême (décider de la paix ou de la guerre ; garantir l'indépendance de la nation) est dévolu à une personne ayant autorité spirituelle et militaire, et régnant jusqu'à sa destitution ; son abdication ou son décès. Le Royaume dispose d'un Gouvernement, d'un Parlement et d'un Pouvoir Judiciaire clairement séparés dans la Constitution.

- Monarchie : Etat dont l'ensemble des pouvoirs sont détenus par une seule personne indépendamment d'un régime dit "royal" ; "républicain" ; "démocratique" ou autres appellations données à la forme d'un système d'auto-gouvernance d'une nation. 

Ce qui signifie en clair, que la forme officielle d'un Etat que l'on souhaite qualifier de République ou de Royaume ne précise pas notre appétence à la démocratie ou non. Il faudrait que ceux qui me font des procès en infréquentabilité sur un tel sujet, s'imposent de lire quelques bouquins de philosophie du droit, pour comprendre que les plus illustres penseurs de la Démocratie ont très souvent qualifié celle-ci de totalitarisme, à l'égal de la monarchie. Ils lui ont toujours préféré la République (gouvernement d'un petit nombre de personnes) par principe de fonctionnalité des institutions. Sans jamais l'exclure de la discussion, Montesquieu, Hobbes, Locke, Bodin et tant d'autres, répudiaient à inviter la démocratie dans une constitution idéale. Si les philosophes n'aiment pas la démocratie, c'est qu'ils sont convaincus que le peuple dans la plus grande portion de lui-même, aura tendance à desservir ses propres intérêts du fait de ses aliénations sociales pré-existantes à la différence d'un collège d'experts disposant de la vision et des connaissances nécessaires pour œuvrer à l'essor du bonheur de tous. Les philosophes sont très souvent élitistes sur le regard qu'ils portent au peuple, et je ne les en blâme pas. 

La plupart des gens que j'ai rencontré ces derniers mois ne sont pas aussi impliqués que nous sur la politique, et reconnaissent largement qu'ils attendent que des experts prennent les choses en main. Lorsque Sylvain Nisole et moi-même interrogions les gens que nous rencontrions durant notre marche entre Clermont-Ferrand et Paris sur la question de la démocratie, l'écrasante majorité la réclamait. Mais pratiquement tous attendent qu'une nouvelle génération de femmes et hommes, prennent le contrôle du gouvernement et du parlement pour tout changer dans ce pays, et pas seulement sur la question de la démocratie. Lorsque l'on hérite d'une histoire où jusque dans les limbes de notre humanité, nous sommes conditionnés à remettre le pouvoir d'organiser la cité à un ou très peu d'Hommes, la royauté n'est pas plus absolutiste que la république ou même la démocratie pour qui sait s'intéresser intensément à cette dernière. La royauté signifie autre chose que ce qu'en précisera exactement la constitution établissant ses institutions et les pouvoirs qu'elle accorde au peuple. La royauté est le choix du mythe collectif vers lequel pousse notre romantisme national. Les contes que nous lisons à nos enfants regorgent de princesses et de rois, et jusque dans les têtes européennes des producteurs de série américaines comme "Game of Thrones", on rétablit l'idée d'un certain code de chevalerie qui manque terriblement à ceux qui gouvernent nos sociétés d'aujourd'hui. Dans toutes les histoires fictives ou réelles que l'on raconte, il y a des justes et des tyrans. Dans la réalité cependant, on a remplacé l'autorité spirituelle d'hier, par le chef charismatique qui n'intervient en général qu'une à deux fois par siècle dans un contexte de crise politique sévère. Contrairement au Souverains d'hier qui faisaient reposer la gestion du pays sur des experts qu'ils nommaient à des ministères, notre République bananière laisse une oligarchie de fonctionnaires et de banquiers dépecer notre pays jusqu'à nous conduire à nouveau vers la guerre ou la révolution. Et aujourd'hui, c'est bien le cadre politique qui entoure nos sociétés contemporaines qui pousse les Français (et sans doute plus généralement les occidentaux) à regarder dans leur histoire pour y transposer les problèmes qu'ils connaissent et tenter d'anticiper le futur à partir d'exemples pré-existants et cycliques. L'Histoire est une suite de leçons de sciences politiques sur plus de deux millénaires. Et les conséquences des crises politiques sont rarement bienheureuses lorsque le peuple manque de vigilance sur son propre sort collectif. 

Hier, l'idée pour l'artisan ou le paysan de défendre par les armes sa tribu sous les ordres d'un chef de village, n'était en soi pas injuste. Plus le champs territorial de la représentation est proche de la population, plus grand est le contrôle humain sur celle-ci ainsi que sa légitimité qui en découle. La féodalité sous le haut Moyen-Âge n'était que la reproduction d'un ordre ayant précédé l'impérialisme romain, une fois que sa décomposition fut achevée. Lorsqu'il ne resta plus rien de l'Empire pour gouverner les Hommes, ces derniers ne consentirent leur allégeance qu'aux seules autorités qu'ils reconnaissaient : leur aristocratie militaire locale. Les royaumes, comtés, duchés et principautés qui ont émergé du système féodal ne se sont pas bâtis sur les visages poudrés de la renaissance, mais bien sur les faciès burinés de paysans et généraux qui résistaient sur les même champs de bataille à des voisins trop envahissants. Rappelons aussi qu'il fallut des Siècles avant que les duels à mort que se livraient les hommes qui voulaient se faire justice eux-mêmes, fussent interdits par Louis XIV. Le temps des royaumes était d'avantage celui où la notion de Justice apprivoisait le mot "Liberté" plus que le mot "Démocratie". Dans le haut Moyen-Âge, les nobles devaient trouver les mots et l'exemplarité nécessaire pour convaincre les hommes de se battre. L'appât du gain par les pillages ne pouvait suffire à motiver des centaines de milliers d'hommes à affronter la mort sur des champs de bataille. L'allégeance que l'on rendait à un Baron, un Comte, un Duc ou un Roy était aussi un droit à choisir sa patrie à sa convenance, en plus d'embrasser le système judiciaire qui s'y rattache. C'était enfin le temps où sitôt sorti d'une grande ville, on pénétrait des campagnes populeuses et productives qui ne travaillaient que six mois dans l'année pour disposer de quoi se nourrir et passer l'hiver. Le paysan d'hier était autrement plus maître de son temps qu'aujourd'hui. Désormais, après une révolution industrielle ayant produit des fourmis laborieuses, stressées et évoluant dans une structure institutionnelle et politique en perpétuel effondrement ; où tout semble si mécanique, déshumanisé de toute valeur morale et de prise de risque pour ceux qui nous gouvernent, je comprends parfaitement que les Français aient envie de magnifier une période plus prestigieuse de leur Histoire et tenter de s'y référer aujourd'hui pour supporter leur quotidien.  

Car oui, il y a du prestige dans notre histoire ! Si vous n'en êtes pas convaincus, demandez à vos enfants pourquoi leurs héros en République sont des princes et des princesses ? Pourquoi comme le souligne ce sondage datant de février 2016, pas moins de 85 % des Français se disent intéressés par l'Histoire ? Plus étonnant encore, comment se fait-il que près de la moitié des Français répondaient à un sondage dans le journal "Le Parisien" en 2013, qu'ils seraient favorables à l'instauration d'une Royauté en France ?

Ma réponse est simple et directe : Parce que la République n'a aucun mythe, et n'a en plus tenu aucune des promesses apportées par les Droits de l'Homme qu'elle proclame depuis son avènement. Dès le début de la Révolution Française, l'insurrection fut fomentée par des bourgeois avides de prendre le pouvoir sur le pays. Lorsque le temps de la restauration et de l'Empire Français fut passé, la troisième République fut accouchée dans la trahison et le renoncement. Adolphe Thiers, refusa à Gambetta le soin de laisser les centaines de milliers de Bretons qu'il avait pu mobiliser pour repousser l'ennemi, de remonter en direction de la capitale, puis des frontières germano-françaises avec l'ensemble des Français libérés. Cette trahison est en partie ce qui motivera la révolution de la Commune. La défaite s'accompagnera de la cession de l'Alsace-Moselle et une grande quantité de notre or à l'Allemagne pourvu que la République s'installe avec sa cohorte de politiciens carriéristes et de banquiers véreux pour la superviser. Les Droits de l'Homme ne parvinrent pas non plus à empêcher deux guerres mondiales ni les conflits qui ensanglantent aujourd'hui l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Ukraine. Est-ce que la tyrannie d'un Roi ou d'une Reine est responsable des ingérences militaires de la France coloniale d'hier et "droit-de-l'hommiste" aujourd'hui ? Voit-on un Roi ou une Reine promouvoir la doctrine "européïste" dans la tête des Français ? Non, c'est bien la République qui malgré toute l'aura "démocratique" et "humaniste" dont on la farde, est comptable des ignominies qu'elle n'a jamais pu empêcher et qui n'ont rien de très chevaleresques.

Est-ce que cela ferait pour autant du Royaume, le régime idéal ?

La réponse est évidemment non si l'on s'arrête à un idéal romantique comme celui qui inspirait les républicains d'hier, et non à une Constitution qui enfin, garantirait l’avènement de la Démocratie. Et c'est bien là le problème, la révolution n'étant pas une entreprise démocratique, elle dépend forcément des bonnes dispositions du gouvernement proclamé par les insurgés. Car la majorité des Français, soyons-en convaincus, ne participeront pas à la Révolution. Ils l'encenseront ou l'accepteront dans la résignation, en fonction des promesses qu'elle portera.

L'instauration d'une royauté nouvelle ne pourrait dans ce cadre faire l'impasse sur la Démocratie, si elle voulait s'assurer les gages de sa pérennité. Or, dans les conditions actuelles, je ne vois aucune chance pour qu'un nouveau royaume émerge. D'une part parce que les royalistes défendent moins le royaume qu'une vision identitaire et très sclérosée de la France. Ils se bornent à vouloir restaurer d'anciennes us et coutumes et font la promotion d'une oligarchie aristocratique qui aurait, pour on ne sait quelle raison objective, la légitimité de gouverner le pays et assurer la succession de cette gouvernance à ses propres descendants. Ce ne sont donc pas les royalistes émanant de la droite traditionnelle qui sont capables de défendre cette idée au plus grand nombre, et encore moins convaincre toute une frange gauche de l'échiquier quant à l'intérêt démocratique d'une telle formulation constitutionnelle pour qualifier la nature de notre organisation politique. N'attendons pas non plus de la gauche "droit-de-l'hommiste", qu'elle se confronte à ses propres mystifications républicaines, jusqu'à les transcender. Le républicanisme est une religion pour l'écrasante majorité des partisans de la gauche radicale. 

Je vais donc pouvoir m’acquitter ici de mon droit de réponse aux courageux anonymes qui souhaitaient salir mon nom sur la toile à partir d'écrits qu'ils n'ont même pas pris le temps de lire correctement. Tout d'abord, le programme du LIS est un essai politique ouvert à la discussion et à des propositions croisées pour ceux qui veulent y participer. De nombreuses coquilles et tournures de phrases restent encore à corriger, du fait que j'ai rédigé cet essai dans une sorte d'état d'urgence intime. Je n'y suis pas revenu depuis. J'avais terminé la rédaction de ma réflexion politique d'ensemble,  par un dernier chapitre qui me valu d'être associé aux royalistes habituels, alors que je ne fréquente pas ces réseaux. Jamais je n'ai prétendu que l'instauration d'un nouveau royaume arriverait, ni qu'une nouvelle république ne ferait pas tout aussi bien l'affaire, si une bonne constitution est rédigée.

Or, que je sache, je suis de ceux qui promeuvent la démocratie directe, soit le pouvoir pour chaque citoyen disposant de ses droits civils et politiques, d'initier et voter les lois ainsi que faire et défaire sa représentation politique. Pouvoir populaire qui dans une constitution idéale ne supprime pas la nécessité du parlement, mais le réforme dans son mode d'investiture. En cela, je rejoins l'ensemble des Gentils Virus qui croient en l'idée du suffrage par le sort pour investir nos parlementaires. Pouvoir populaire qui ne s'affranchit pas non plus d'un réel gouvernement légitime. Je crois en l'Etat et aux qualités de visionnaires et d'expertise qui prévalent chez un nombre limité de nos concitoyens. Simplement, je me refuse au système des partis, et préfère que chacun de nos ministres en plus de notre chef de l'exécutif, soient directement plébiscités et investis par leurs concitoyens indépendamment de leurs opinions partisanes. De même qu'une bonne Constitution ne peut assujettir la Justice au pouvoir exécutif. Elle garantit des magistrats libres et indépendants, mais sachant aussi rendre justice en fonction des droits de l'homme et de la Constitution et pas seulement des lois subalternes dans la hiérarchie des normes. Quant au Souverain, comment je caractérise en démocratie son intérêt et sa légitimité ? 

En voici quelques règles simples :

- La France est un Royaume qui est subdivisé en régions appelées Comtés et Duchés sur le territoire métropolitain, et en fonction des repères géographiques et historiques se juxtaposant aux contraintes culturelles, politiques et administratives d'aujourd'hui.

- Les Souverains émanent d'un plébiscite dans chaque municipalité, de tous les citoyens estimés par leur entourage comme érudits sur l'histoire, la philosophie et la géopolitique, et pourvus d'une grande sagesse.

- Tous les dix ans, ce plébiscite se clôture par un test de culture générale établi par une académie royale créée à cet effet, et accessible à tous les citoyens qui acceptent leur investiture. 

- Lorsque le test valide un minimum de connaissances générales requises, un premier tirage au sort est effectué, et si besoin un second et un troisième pour qu'il ne reste que dix candidats de chaque sexe à un titre nobiliaire, ne donnant lieu à aucune indemnité, ni faveur particulière de l'Etat.

- Une élection est alors organisée dans chaque région où les citoyens les plus remarquables par leur érudition et leur sagesse sont retenus par le suffrage universel. Chaque région ne peut disposer que d'un titre nobiliaire à accorder par le suffrage, tous les 10 ans.

- Tous les dix ans, une élection sur le plan national doit départager en trois tours, les différents citoyens anoblis la décennie précédente. Cette élection permet de désigner le dauphin ou la dauphine de France, qui reprend immédiatement la succession du Souverain en cas de décès, abdication ou destitution de ce dernier.

- Le Souverain règne à vie sur la France, sauf s'il abdique ou est destitué par Référendum d'Initiative Populaire.

- Il dispose d'un rôle diplomatique modéré, du pouvoir de destituer le gouvernement, d'autoriser ou empêcher ce dernier l'entrée en guerre de la France, ainsi que le droit de gracier les détenus.

- Le Souverain cache ses opinions politiques et religieuses à la Nation ou n'en témoigne qu'avec une extrême retenue lorsqu'il s'agit d'adresser un message d'apaisement.

- Il veille aux côtés de la Cour Constitutionnelle, au respect de la Constitution et du Mandat Impératif de la part du Gouvernement.

- En cas de référendum d'initiative populaire visant à révoquer le Gouvernement, il adresse un message à la Nation pour faire connaître son sentiment du point de vue de la Constitution, du respect du mandat et de sa réflexion plus générale sur la légitimité des ministres contestés. Si ce message est en faveur du maintien du Gouvernement à ses fonctions, un second référendum est aussitôt organisé sur le maintien ou la destitution du Souverain lui-même.

- Si le peuple vote la continuité du règne du Souverain, le Gouvernement jouit de la recommandation d'apaisement de celui-ci, et est maintenu à ses fonctions pour un an au moins avant qu'un nouveau référendum révocatoire ne soit possible à ouvrir. Si le peuple vote la destitution du Souverain, le dernier dauphin élu le remplace, et le Gouvernement contesté rend sa démission à celui-ci. 

- Le Souverain est garant de l'indépendance nationale et de l'unité de la Nation.

- Des titres nobiliaires peuvent être accordés par le Souverain, à tous les Français qui se seront montrés exemplaires de courage et de don de soi, sur des causes nobles ou quant à la sauvegarde de la vie humaine. Ces titres ne donnent droit à aucun régime de faveur particulier, ni aucune indemnité.

- Seul le Souverain jouit du droit de résider dans un château ou un palais faisant partie du patrimoine historique de la France. Une indemnité royale juste lui est attribuée pour satisfaire aux besoins de sa famille et à l'institution qu'il a la charge de superviser.

- La descendance d'un Souverain ou de toute personne disposant d'un titre de noblesse, n'hérite d'aucun titre, avantage ou fonction dévolu{e) à ses aïeux.

Voila donc les vues horriblement réactionnaires, droitières, totalitaires (et plongeons joyeusement dans le point Godwin), carrément nazies qui sont les miennes.

L'architecture institutionnelle que je propose ne menace en rien l'idée de démocratie, bien au contraire, elle la complète parfaitement. La seule différence avec une République qui se proclame en tant que telle, c'est que je refuse au chef de l'exécutif qu'il ne soit pas lui-même sous contrôle d'une institution plus puissante que lui ; une institution qui soit aussi pérenne (règne long et non quinquennal ou septennal) de telle façon à ce que la personne qui en ait la charge, dispose du recul nécessaire pour juger de la situation politique et sociale du pays lorsque des crises surviennent. Une institution qui promeut délibérément des qualités dont on se fout de les exiger à ceux qui nous gouvernent aujourd'hui, à savoir la sagesse et la culture générale ; une institution qui résoudrait le conflit identitaire intime de notre peuple sur ce que nous sommes profondément en tant qu'héritiers d'une Histoire longue et qui soit capable d'apaiser les revendications autonomistes existant encore ça et là (revalorisation de l'histoire de nos régions) ; une institution pour qui le prestige de l'Etat ne se mesure pas à des dépenses orgiaques, mais à une certaine vision de l'honneur des Français face au reste du monde, et du respect des protocoles affirmant notre savoir vivre ; une institution qui ait la charge de maintenir l'unité de la Nation et lui offrir une référence spirituelle et philosophique laïque sur laquelle repose la justesse et la légitimité de son règne.

Les étrons anonymes peuvent toujours salir ma pensée, mes écrits restent et demeurent et ne souffrent pas d'incohérence avec mes points de vue sur la démocratie et l'avènement d'une économie éco-socialiste visant le bonheur de tous. Il appartient à chacun de se saisir du débat en abolissant d'abord ses propres mystifications pour le nourrir avec pertinence. Pour ma part, je reste cohérent intellectuellement et sans confusions à nourrir, lorsque je revendique être l'unique spécimen de la gauche royaliste de notre époque.
Sylvain Baron


  

lundi 29 août 2016

La France de Kafka

Certains de mes lecteurs l'ignorent sans doute, mais je suis "Sans Domicile Fixe". Le fait de m'être engagé dans l'activisme à plein temps mais aussi la perte de mon permis Super Lourd suite à un contrôle de gendarmerie sur le cannabis - le T.H.C reste présent dans les graisses et le sang même plusieurs jours après consommation - dans un pays où le chômage est endémique, explique en grande partie cette condition sociale que j'accepte bon gré, mal gré, tant que je parviens à me débrouiller avec l'allocation de solidarité (A.S.S) du pôle emploi pour survivre. 

Cette allocation est équivalente au R.S.A et est donc d'environ de 500 €, ce qui est évidemment trop peu pour trouver un logement en France. Il va sans dire que ma situation peu stable, et je le reconnais, mon manque de suivi des démarches administratives exigées par l'Etat, influe sur mon comportement vis à vis des administrations. J'ai ainsi omis en début d'année, de rendre ma déclaration de ressources aux impôts, sachant que je ne suis de toute façon pas imposable au vu de mes très faibles revenus.

Durant les mois de Juin et Juillet, je marchais à travers la France pour recueillir des témoignages de Français sur ce qu'ils pensent de la situation politique de notre pays, dans le cadre du Collectif "Citoyens Debout" . C'est durant cette période que j'ai reçu un document du pôle emploi dont je n'ai pu prendre connaissance que mi-août me demandant un avis d'impôt sur l'année 2015 pour renouveler mon ASS. Ce n'est que début août que j'ai constaté le problème avec un second courriel m'informant que mon ASS était suspendue faute d'avoir pu livrer ce document dans les temps impartis, bien que cette administration a en mémoire dans sa base de données, la trace des indemnités qu'elle m'a octroyé pour l'année 2015. Je tiens à illustrer ici comment le Système administratif Français détruit les hommes en vous livrant les échanges de courriel que j'ai eu avec les administrations concernées. Voici donc pour commencer le message m'informant de la suspension de l'ASS :

Effectivement, je découvre bien vite que je n'ai reçu que 60 € de la part du pôle emploi sur mon compte bancaire correspondant au restant dû sur quatre jour de l'ASS. Inutile de vous dire ce que cela signifie de vivre durant un mois avec seulement 60 € (dont l'essentiel a été prélevé dans ma facture de téléphone). J'appelle donc le centre des impôts de la région dont je dépendais en 2015 pour expliquer mon problème, où l'on me répond qu'aucun avis d'impôt ne peut être communiqué avant le mois de novembre du fait de contraintes informatiques propres au Trésor Public. Cependant, la dame que j'ai eu au téléphone, accepte de me communiquer par courriel un document approchant, permettant de rendre compte de mes revenus pour l'année 2015 afin que je puisse le transmettre au Pôle Emploi, qui je le rappelle a forcément trace de ces derniers, puisque précisément, l'ensemble de mes revenus pour cette année là m'avaient été versés par cette administration :


Document que je transmets aussitôt au pôle emploi par courrier et courriel avant de recevoir la réponse suivante ce jour :


Je vous livre ici la réponse que j'ai donc communiqué au pôle emploi dans l'espoir de débloquer la situation sur des motifs qui ne soient pas purement administratifs :

"Madame,

En réponse à votre courriel indiquant que le document fourni et tamponné par le centre des impôts pour justifier de mes revenus en 2015, n'est pas suffisant pour que vous puissiez réactualiser mes allocations, je vous informe que l'agent des finances publiques qui a eu la gentillesse de produire ce document et à qui je fais suivre en copie ce courriel, ne peut pour des raisons propres à son administration, fournir un avis fiscal avant le mois de Novembre.

Ce qui signifie que pour une question de zèle procédurier malgré le fait que : le pôle emploi connaisse mes revenus de l'année 2015 sachant qu'il est l'unique organisme à la source de ces derniers ; que je vous ai fourni ce que je pouvais dans les limites qui sont les miennes ; vous affirmez être dans l'incapacité de jauger de mes ressources alors qu'il n'y a pas grand effort de recherche  à entreprendre pour débloquer une telle situation.

Madame, je viens de passer un mois absolument stressant SANS AUCUNE RESSOURCE POUR VIVRE
En l'an 2016, j'espère que vous êtes parfaitement consciente que ne pas disposer de monnaie pour survivre, c'est littéralement être condamné à mourir. Je suis déjà dans les faits SDF. Une solution de collocation se dessinait pour moi en région parisienne pour le 15 Septembre, mais vous me dites donc que je serais dans l'incapacité de payer le loyer qui me sera demandé, autant que la nourriture, les factures de téléphone pour rester joignable, bref, d'être au-delà de l'indigence la plus totale car vous ne trouvez aucun moyen de débloquer cette situation ?

Je vous prie Madame, de bien vouloir faire le lien entre cette situation administrative proprement kafkaïenne et la réalité humaine qui en découle, afin de trouver les ressources nécessaires pour débloquer la situation. Vous n'êtes pas sans savoir que la CAF me demandera strictement la même chose que le pôle emploi en terme d'avis fiscal en plus d'un document de vos services justifiant que mes droits à l'ASS sont définitivement terminés. Que le traitement administratif prendra encore du temps avant que quiconque me donne de quoi SURVIVRE (et j'insiste lourdement sur le mot).

Vous me pardonnerez donc d'insister et de vous livrer en image jointe, le retour de courriel du centre des impôts de Bordeaux, où vous trouverez le courriel de Madame Bourbon, qui au mieux pourra vous confirmer que le POLE EMPLOI (votre administration) a bien déclaré aux services fiscaux pour l'année 2015 la somme qui est mentionnée dans le document que je vous ai fait parvenir et qu'il n'est pas possible de livrer d'autres documents avant le mois de Novembre.

Veuillez comprendre qu'entre le mois de Septembre et Novembre, sans ressources, je vais littéralement mourir.

Dans l'espoir que vous trouverez une solution à ce problème (qui en outre s'est déjà posé et résolu avec le même document fiscal il y a deux ans), bien cordialement,

Sylvain Baron"

Si je vous fais part de cet aspect de ma vie privée, c'est parce que je sais ne pas être le seul à subir ce genre de difficultés constantes de la part du pôle emploi et qu'il est parfois plus simple d'illustrer le régime kafkaïen de notre système social par la copie des échanges avec les administrations que chercher à expliquer pourquoi et comment l'on peut être totalement sans ressources dans un pays comme la France. Ne vous inquiétez pas pour moi pour autant, si d'ici demain, je n'obtiens pas une réponse satisfaisante, je vais faire ce que j'ai toujours fais en pareil circonstances : le siège de l'administration concernée.

Je suis de ceux qui défendent le principe d'une allocation universelle à vie autant qu'une meilleure communication entre les services administratifs. Je constate en effet que la CAF ou le pôle emploi (ou d'autres entités) n'ont aucun problème pour repérer un trop perçu du fait que les services des impôts ou l'URSSAF communiquent à ces administrations ce qu'elles connaissent de notre situation, mais à l'inverse, lorsqu'il s'agit pour les premières de détecter dans leur propre base de données les revenus que nous percevons, elles se trouvent étrangement dépourvues et incapables de garantir à tout un chacun un minimum de stabilité financière et sociale.  


Le zèle procédurier que l'on rencontre en France est un véritable rouleau compresseur à même de briser les hommes. Cette situation n'est plus durable, et je sais que beaucoup de gens ont finit à la rue ou suicidés parce que notre système social faillit à sa mission de lutte contre l'extrême précarité. Vous n'imaginez pas quelle est ma colère actuellement (ni mon niveau de stress), mais à tous ceux qui subissent les mêmes atermoiements, je vous fais part de ma compréhension la plus totale et vous invite à ne rien lâcher.

Sylvain




Regard sur la "Dissidence"

Voila près de six années désormais, je m’immergeais dans le bouillon de "la dissidence". A cette époque, je n'imaginais pas que j'y laisserai des plumes, que ce soit en matière financière, sociale ou encore même dans ce que j'étais en tant qu'homme. Aujourd'hui, une sensation de vide me gagne désormais, et je ne suis pas bien sûr que le grand brasier qui a brûlé en mon âme puisse à nouveau être ravivé. Il faut dire aussi que c'est moins la nécessité du combat que la dissidence elle-même qui a achevé de me pousser à la résignation...

Pour bien comprendre le regard que je porte aujourd'hui sur cette expérience de vie, encore faut-il savoir d'où je viens. En l'an 2010, j'étais encore chauffeur routier. Je venais de m'installer dans une maison que je louais avec ma petite amie de l'époque dans un village de 2500 âmes à quelques encablures de Bordeaux. A cette époque, l'essentiel de mon passe-temps, c'était la musique. Je sortais régulièrement dans des bars de la ville pour aller jouer et chanter avec des amis musiciens. C'était aussi une époque où j'envisageais d'économiser suffisamment pour acheter un voilier avec mon amie, pour un jour nous offrir un tour du Monde et fuir une vie un peu trop rangée. Je travaillais plus de 50 h par semaine, j'étais souvent épuisé quand je rentrais à la maison au vu de mes horaires semi-nocturnes, semi-diurnes ce qui affectait de plus en plus ma vie sociale.

Mais qu'importe, mes sujets de discussion autant que mes activités étaient nettement plus insouciants et j'avais le sourire beaucoup plus facile. 

Néanmoins, depuis l'enfance, j'ai toujours été un grand curieux. Petit, c'était d'abord les sciences naturelles qui me fascinaient. Je m'intéressais jusqu'à l'âge de 15 ans à la biologie et l'écologie (non en tant que vision politique mais bien en tant que science expliquant les interactions entre les êtres vivants). Puis je finis par me passionner pour l'astrophysique. Je voulais comprendre quels mystères se cachaient derrière ce ciel étoilé que j'aimais contempler le soir. J'ai lu tout ce qui pouvait avoir été écrit en termes de vulgarisation scientifique sur les quarks, les gluons, les trous noirs, les quasars et autres objets improbables de notre univers dont nous ne sommes qu'une résultante encore plus improbable. Puis je suis revenu à des centres d'intérêts plus terre à terre. Je m'inquiétais alors que j'entamais ma vie professionnelle, de constater les énormes gaspillages de matières premières qu'impliquaient notre système économique global. Alors le soir, sur les aires d'autoroute où je découchais, je continuais de m'informer pour savoir sur quelles limites physiques nous surfions en termes de matières premières énergétiques, minérales, biologiques et agricoles, mais aussi sur les technologies qui pourraient nous permettre des évolutions sensibles. Et plus j'avançais dans mes lectures, plus je commençais à m'intéresser à la politique. C'est à l'âge de 30 ans que je découvris alors l'UPR de François Asselineau. J'avais déjà rédigé un premier essai sur ce qu'il me semblait urgent de réformer, et encore aujourd'hui, je n'ai pas changé d'avis, je reste un "décroissant". Mais j'étais déjà assez informé pour faire la relation entre le système ultra-libéral promouvant le libre échange et le consumérisme, et l'Union européenne. A défaut d'apporter une vision qui corresponde à mes vues économiques propres, François Asselineau proposait pour commencer de sortir de l'Union européenne et de l'euro, tout en me permettant de mettre un pied dans le droit européen. J'ai donc pour la première fois de ma vie intégré un parti politique pour le soutenir et ce fut un aller sans retour dans la dissidence. 

Traquer les signatures pour un candidat, j'ai donné et vu ce qu'il en était. Des maires qui vous raccrochent au nez, une majorité qui vous signifient qu'ils n'accorderont leur signature à personne, et tout le reste qui séquestrent la leur pour les grandes formations politiques habituelles, même si elles n'en ont pas besoin d'autant. Le week-end, je tractais sur la place de la Victoire à Bordeaux. Je fini par organiser une conférence pour François Asselineau en réservant la salle, en collant des affiches pour annoncer sa venue, bref je turbinais comme un bon militant. Mais tout cela me semblait insuffisant et déjà j'imaginais de nouvelles formes de militantisme comme la Révolte Monétaire. Après tout, j'avais passé des années à composer des chansons, je pouvais bien placer ma créativité ailleurs. D'ailleurs, j'abandonnais progressivement ma passion pour la guitare et le chant. A la place, j'absorbais de toute urgence des quantités d'information sur la géopolitique, le droit, la démocratie, la monnaie et l'économie qui étaient restées hors de mon champs de réflexion jusque-là. Et plus je bouffais de l'information, plus j'étais virulent contre l'inertie de la population, mais aussi du bureau national de mon parti politique que je trouvais trop timorée. Ma petite amie d'alors vécut de plus en plus mal les changements qui s'opéraient en moi et constatait bien que je souffrais d'une forme de dépression. Un jour, je craquais sous ses yeux. Je pleurai à chaudes larmes ma peur panique que les fous de ce monde nous entraînent dans une nouvelle guerre mondiale tôt ou tard. Elle prit de haut mon angoisse, et notre relation pris fin à ce moment. De même que je claquais la porte peu de temps après à l'UPR qui à aucun moment ne semblait vouloir faire évoluer son militantisme. J'avais proposé que l'on crée un journal militant, mais jamais rien ne fut entrepris en ce sens. C'est à cette époque que je mis sur pied avec quelques amis le journal "Poil à Gratter !" que nous réussîmes à faire vivre sur pas moins de 12 publications. Mais le manque de soutien bénévole et financier finirent par avoir raison de ma motivation à continuer, et aujourd'hui encore, le journal reste en dormance à défaut de pouvoir obtenir les moyens nécessaires pour le faire vivre. A cette époque, j'avais aussi intégré le M'pep, formation politique de gauche prônant aussi la sortie de l'U.E constituée essentiellement d'anciens communistes et de militants d'ATTAC, qui ne se retrouvaient plus en adéquation avec les vues européïstes du PCF d'aujourd'hui. J'espérais que l'horizontalité des débats et décisions permettraient de meilleures actions militantes, et j'étais ravi à l'idée de pouvoir converser avec des gens comprenant mes vues éco-socialistes. Mais le M'pep était bien plus un mouvement intellectuel qu'autre chose. Certes, avec des camarades bordelais, nous tractions, boîtions, faisions du porte à porte, mais au final, nous ne sortions pas des sentiers battus. J'y resterais une bonne année avant de rendre ma carte, découragé.

Durant toute cette période, j'envoyais des courriers presque quotidiennement à des institutions ou des personnalités, tantôt pour leur demander du soutien, tantôt pour les engueuler vertement de nous trahir. C'était aussi l'époque où je décrochais mes premiers torchons. Mon éducation politique était déjà largement achevée, je ne suivais plus l'actualité comme c'est toujours le cas aujourd'hui, si ce n'est pour surveiller l'évolution de certains indicateurs importants sur l'économie et la géopolitique. Je structurais l'activité des "Décrocheurs" constatant que nous étions de plus en plus nombreux à décrocher du torchon, en créant une association ayant pour but de garantir pour commencer notre couverture judiciaire, mais aussi nous permettre de passer à l'offensive sur le terrain du droit. Là aussi, le soutien financier ne fut jamais à la hauteur des ambitions que j'avais pour instruire les procès qui pourraient nous aider à nous battre sur un sentier moins électoral et nous en arrivons à aujourd'hui. 

Il y a un peu plus d'un mois, j'ai terminé une marche de 430 km de Clermont Ferrand à Paris où j'ai pu rencontrer des centaines de Français et discuter avec eux, me permettant de prendre le poul de la nation. Je n'évoquerai pas ici ce qu'il s'en dégage, mais je suis désormais parfaitement conscient que sans entreprise d'envergure de la dissidence pour éveiller les consciences, nous sommes foutus. Je me suis acharné à organiser des mobilisations devant les grands médias nationaux, dans l'espoir que nous finirions à un moment ou à un autre à être nombreux à venir pour faire pression, mais jamais je ne fus entendu. 

Toute la philosophie militante qui m'avait accompagné jusqu'à aujourd'hui, n'était pas de réveiller dans un premier temps le peuple français, mais bien d'engager notre dissidence à se mobiliser sur des actions pertinentes et capables de changer la donne. 

Mais aujourd'hui je déchante totalement, et il me faut dire ce que j'ai vécu dans ces milieux que j'ai longtemps mystifié comme plus "ouverts", "militants", "engagés" ou même "conscients" des réalités géopolitiques actuelles.

La vérité est que si une petite frange de la dissidence est aussi active que saine dans ses interactions humaines, la majorité a de quoi faire relativiser notre intelligence collective. Si j'ai été harcelé sur les réseaux sociaux et même sur certaines manifestations par les antifas, je peux ajouter que c'est aussi dans les milieux dissidents que j'ai vécu les plus grandes désillusions. Des gens dont je tairais le nom ont raconté les pires saloperies à mon sujet sans qu'il y ait la moindre once de vérité derrière leurs accusations. Ils continuent encore de le faire aujourd'hui pour des raisons que j'ignore. D'autres n'ont cessé de m'emmerder avec l'horizontalité qu'il faudrait mettre partout, dans toutes les actions. Je n'y étais pas vraiment hostile et m'effaçais même lorsque j'avais l'impression que je prenais trop de place. Mais ça ne suffisait pas. On a été jusqu'à me reprocher de donner des conférences et de vouloir faire mousser mon ego, alors que j'ai toujours été à l'aise sur cette question là. J'ai beau ne rien chercher de particulier en terme de reconnaissance, on me prête des complexes et des désirs qui ne sont pas les miens. On m'a reproché et on me reproche encore de réclamer de l'argent pour faire tourner l'association "Les Décrocheurs". Argent que je ne touche pas personnellement sur mon compte, mais qui permet notamment d'assurer les honoraires d'un avocat ayant défendu des militants. Non pas que je n'aurai pas pu assurer cette défense moi-même, fort de mes connaissances sur le droit à ce sujet, mais je n'ai jamais voulu céder à un trop plein de confiance qui pourrait desservir la cause. Je ne suis pas diplômé en droit, je préférais laisser des professionnels faire. Dans ces mêmes réseaux dissidents, émettre une opinion sur des sujets sensibles m'a valu toutes les réflexions les plus stupides du monde. Me voila désormais raciste aux yeux de certains, alors que rien ne m'énerve plus que les xénophobes de tous poils. J'ai certes des avis tranchés sur certains sujets difficiles, mais qui restent de très loin mesurés par rapport à ce que je peux lire ou entendre, et ils n'engagent que moi. Le plus clair du temps, ce que j'ai constaté était un plaisir évident pour beaucoup de "dissidents", de s'intéresser plus aux personnes qu'aux idées. J'ai été mystifié par beaucoup sur ce que je pouvais penser, faire ou qui je pouvais fréquenter, mais lorsqu'il s'agissait d'entendre mes appels à se mobiliser sur des revendications simples et consensuelles, il n'y avait personne.

La "dissidence" passe finalement son temps à commenter l'actualité ; critiquer les personnes issues de ses propres rangs comme si les saloperies véhiculées par les antifas ne suffisaient pas ; appeler à ce que des "leaders d'opinion" travaillent de concert sans s'intéresser aux raisons humaines et politiques qui empêchent cela d'advenir ; mystifier l'horizontalité pour tout et n'importe quoi comme si cela était la seule voie possible pour organiser nos mobilisations ; mélanger des théories très "new age" à des considérations politiques et pleurer sur cette révolution qui ne vient pas sans comprendre qu'elle en est la principale responsable.

Bien sur, il y a tous ceux qui aident réellement, ne jugent pas, restent terre à terre sur la bataille à mener, mais combien sont-ils face à une masse de dissidents peut-être éveillés sur de nombreux sujets, mais se comportant au final comme les oligarques que nous dénonçons aujourd'hui ? La dissidence est un milieu où règne l'invective constante, la paranoïa, la passion de critiquer tout ce qui est entrepris et plus encore les personnes, tout en véhiculant un défaitisme constant sur l'avenir de la France.

Je pensais avoir été un dissident, mais au vu de ce que sont ces réseaux "méta-politiques", je préfère ne plus m'assimiler à ces derniers. J'ai bien trop bu dans le chaudron pour me sentir capable de revenir en arrière dans ma vie sociale et me ranger. Mais je doute de pouvoir continuer ce que j'ai entrepris. La colère m'avait donné le courage de supporter ma condition sociale pour rester dans la bataille, mais aujourd'hui, je sais ne rien pouvoir espérer d'une dissidence qui manque de hauteur de vue, de fraternité et de motivation à se lever.

Je préfère ne pas annoncer l'arrêt définitif de toutes mes activités ici. Il est encore trop tôt pour le dire, mais si je devais trouver en moi encore quelques flammèches à raviver, ça ne serait plus à la dissidence que je m'adresserais, mais bien aux Français directement. J'ai au moins eu l'occasion de discuter avec des centaines de gens qui ne sont pas aussi politisés que cette "dissidence", et je sais qu'il sera d'avantage plus facile de les convaincre que l'on peut tout changer, qu'à un gigantesque réseau de gens qui ont certes toutes les clés pour amorcer une révolution, mais préfèrent démolir ceux d'entre eux qui proposent de l'initier.

Nous avons la dissidence la plus stupide du monde...