mercredi 20 janvier 2021

Harangue à la gauche

Quelques-uns parmi vous me connaissent, et en général, ce ne sont pas les moins militants. Depuis dix années que j'ai sombré à mon tour dans le bouillon politique, j'ai appris à prendre les coups comme à les rendre. Car aussi assujettis à une même oligarchie que nous soyons tous, personne ne se fait de cadeaux dans nos cercles si restreints. On me reproche quelques réflexions ou propos choquant les belles âmes, autant que ma facilité à frayer avec tous les courants politiques. De même que je peux me montrer d'une arrogance incommensurable, et pourtant, je suis capable de m'adoucir lorsque je constate être agressif inutilement. 

Disons que je vous dois toutes mes outrances, puisque je n'ai cessé d'être l'un de vos meilleurs croquemitaines durant des années. Il est vrai aussi que je ne passe rien idéologiquement à ceux que j'appelle les "gauchistes", c'est à dire ceux que Lénine dénonçait déjà en son temps. Et je continuerais de ne pas admettre leurs considérations séditieuses, communautaristes et parfaitement angéliques sur les sujétions géopolitiques et économiques qui pèsent sur notre pays. Je me bats pour restaurer l'indépendance et la souveraineté de la nation et quand bien même certains peuvent être assez stupides et/ou idéologisés pour refuser d'admettre que cette position ne répond nullement d'une adhésion à des sentiments droitiers, je sais tout de même qu'un très grand nombre de sympathisants de "gauche" ont pour leur part bien compris que vouloir sortir de l'U.E ne dit rien de nos convictions particulières. Si ce n'est l'exigence de faire respecter le principe d'auto-détermination des peuples, et pour le moins, celle du nôtre propre.

Encore faut-il pour cela, accepter que le peuple français existasse et ait le droit d'exister encore. C'est sur ce point de fracture que je m'oppose à une partie d'entre vous. Et tout comme la majorité des Français, j'en suis fermement convaincu, je continuerai dans le temps long de ne rien concéder à cette idéologie mortifère visant à démolir tous nos liens et nous ostraciser sur des critères de sexe, de couleur de peau, de religion ou de préférences sexuelles, lorsque ce n'est pas notre tour de taille qui devrait justifier que l'on rejoigne une tribu particulière. C'est peut-être un principe furieusement égalitaire, mais je crois au mérite de chacun. J'ai grandi dans une famille pour partie africaine, dans une banlieue dortoir où j'étais moi-même une minorité visible, et j'ai donc vu des racailles de toutes couleurs de peau, comme des gens merveilleux ou d'une extrême simplicité. Mon regard sur les gens ne pourra jamais être aliéné par un préjugé xénophobe, car je me fie toujours à des individualités. Derrière chacune de nos carapaces, il y a un esprit et le plus souvent une relative bienveillance. Pour une petite minorité de gens, qu'ils soient vêtus par de grands couturiers ou qu'ils soient adeptes de rodéos sauvages dans nos quartiers, il n'y a que volonté de nuire et profiter d'autrui. Une Société juste et soucieuse de son contrat social peut endiguer l'essentiel de telles dérives humaines, et c'est ce qu'il nous reviendra de bâtir dans le futur. Mais dans l'attente, il n'est plus tolérable de fermer les yeux sur la criminalité qui sévit tant en haut lieu que sur les petites gens. Nous sommes les victimes des politiciens. Mais les victimes des crimes et délits plus "ordinaires" sont constamment négligées. S'il vous semble choquant de ma part que je trouve abjecte toute hystérie médiatique ou marche blanche concernant des racailles ayant succombé lors de leur interpellation, soyez au clair avec votre conscience politique : la majorité des Français pense comme moi. Cela peut susciter de l'inconfort mental pour vous, mais il y a des "causes" sur lesquelles la gauche est totalement incapable de ramener la majorité des Français à elle-même. Est-ce que cela signifie que je ne trouve pas moins révoltant lorsqu'un Gilet Jaune se fait éborgner au flashball ou lorsqu'une charge policière  conduit des personnes à se jeter dans les eaux tourbillonnantes de la Loire à Nantes ? Comme la majorité des Français, je suis totalement scandalisé par ces actes et considère qu'ils doivent trouver une réponse très sévère de la Justice. Avoir plus d'empathie pour des honnêtes gens que pour des sociopathes ayant finalement tout fait pour terminer brutalement leur vie, c'est un sentiment normal et largement partagé. Pas une conviction réactionnaire. Il en va de même sur le fait que nous sommes naturellement conditionnés à disposer de plus d'empathie pour les gens qui nous sont proches sur de très nombreux critères socioculturels voire ethniques, que nous ne pourrions l'être pour des gens qui nous sont éloignés. Si un avion rempli de Français, quelles que soient d'ailleurs leurs propres distinctions apparentes entre eux, devait s'écraser quelque part : nous ressentirions tous une vague émotion en notre fort intérieur. Un sentiment d'empathie. L'idée que cela aurait pu être nous. Mais si un même avion d'une compagnie africaine et chargé de Togolais pour majeure partie, devait s'écraser bien loin de notre pays, ce drame nous horrifierait tout autant, mais notre empathie serait autrement moindre. Ce n'est pas du racisme, de la discrimination ou même une forme de mépris, c'est une constante anthropologique. Nous l'exerçons quotidiennement au sein d'une famille, et chacun sait qu'il pourrait bien prendre des risques avec sa propre vie pour secourir sa femme, son enfant, une sœur ou un parent. Nous serions en revanche nettement plus calculateurs avec nos chances de survie, si secourir un strict inconnu devait s'avérer périlleux. J'exprime ici des considérations volontairement extrêmes sur cette constante sociale indépassable, pour espérer en faire saisir les nuances. Vouloir fracturer en permanence la Société en micro-tribus de causes ou en promouvant l'immigration permanente, c'est en réalité un comportement anti-social extrêmement dangereux si l'on mesure les conséquences criminelles ou politiques que cela entraine depuis déjà trop longtemps. 

Le peuple ne peut résister à toutes ses oppressions en étant départi de son unité. La Solidarité ne se forge pas en fracturant la population, mais au contraire en garantissant à chacun que nous sommes tous égaux devant la loi autant que sur nos droits. L'égalité face au droit s'oppose par nature aux lois particulières pour des groupes de personnes, sauf lorsqu'il s'agit de palier à des vulnérabilités physiologiques et psychiques. L'homosexualité, la couleur de sa peau, son sexe ou encore sa nationalité, ne sont pas la condition ipso facto d'une vulnérabilité sociale ou physiologique. Cela ne signifie pas que nos distinctions sociales ne nourrissent pas elles-mêmes des problèmes humains, mais ce n'est pas en prêchant l'ostracisation des uns et autres, que l'on améliorera la Société. Ni en criminalisant la pensée du reste. C'est au contraire en discutant avec les personnes nourrissant différents préjugés, que l'on a une chance d'en réduire pour le moins l'ampleur. Et d'ailleurs comment expliquer que ma mère blanche, ayant parfois des propos ouvertement racistes, n'en soit pas moins mariée à un homme d'origine africaine et musulman de surcroît ? Comment expliquer que mon père tenant lui aussi ouvertement des propos "racistes", n'en soit pas moins marié à une femme kabyle qui d'ailleurs, n'est pas plus pondérée que lui pour évoquer certains repères culturels qui l'agacent. "L'assimilation" n'est pas affaire d'origine ethnique, mais de repères culturels communs. Certains militants de gauche, savent que dans les cortèges nous conduisant au devant des grands médias, on y voit toutes les couleurs de peau et même toutes les opinions politiques. Tous ces gens qui viennent se sentent pleinement Français et défendent comme ils le peuvent leur patrie. La plupart sont nés en France, la majorité, si ce n'est tous, seront inhumés sur le sol français. Notre destinée étant commune et l'Histoire véhiculant par elle-même dans notre inconscient collectif des repères culturels singuliers (et pour le moins une langue commune), toute personne en paix avec son identité propre, n'a aucun conflit intime à l'idée de défendre sa patrie. Certains sauront plus attachés que d'autres à la France, peut-être par romantisme ou intérêt plus profond pour notre histoire, et cela est nécessaire à notre unité. D'autres chercheront à échapper aux conditionnements et constructions intellectuelles propres à leur environnement, et ils sont tout aussi utiles à notre pays. Ils nous obligent à plus d'élévation, plus de transcendance, plus d'intérêt pour ce qui n'est pas nous.

Mais il n'est pas normal de vouloir déconstruire sa propre patrie en vertu de ses propres déconditionnements philosophiques. Il y a autour de soi un peuple tout entier. Nul ne partage nécessairement vos convictions, et pour tout dire, consultons les Français par référendum pour savoir s'ils veulent voir leur pays aboli et le résultat sera sans appel : il n'y aura pas 5 % d'entre nous pour voter l'annihilation de notre patrie. C'est à ce titre qu'il faut se soucier des autres. Dans mes considérations politiques les plus "extravagantes", je sais parfaitement que fonder un nouveau Royaume est un champ de réflexion tout à fait marginal. De fait, si rien ne m'empêche d'écrire à ce sujet, dans un effort de compromis avec d'autres militants que moi, je n'imagine même pas suggérer cette idée à quiconque dans des revendications communes. Je distingue mes réflexions économiques, sociales et institutionnelles de ce qui peut nous fédérer objectivement : la Démocratie.

Si elle est notre plus ardent projet, alors nos disputes se règleront bien plus par l'esprit de consensus. Le peuple se repolitisera plus fortement. Chacun aura sa chance pour proposer une loi et la défendre. Et toutes nos déconvenues politiques, auront au moins la légitimité du suffrage du peuple tout entier. 

Il me semble que quiconque se prétend "antifasciste" ne peut décemment pas se dire hostile à la démocratie. Et pour le moins à la liberté d'expression, y compris "les propos qui heurtent ou qui dérangent". C'est une nécessité absolue en démocratie. Je suis né à une époque où des gens comme Pierre Desproges et Coluche, n'y allaient pas de main morte sur l'humour "discriminant". Et cela faisait rire tout le monde sans exception. De même, lorsque la génération des Inconnus ou d'Elie et Dieudo utilisaient tous les préjugés de notre Société pour mieux susciter nos rires. Si je ne partage pas les conceptions mercantiles de ce dernier personnage, je considère que c'est son devoir d'humoriste de nous parler de sujets sérieux et sensibles, avec une drôlerie féroce. C'est une façon de prendre de la hauteur de vue sur un problème, et d'accepter aussi de regarder certaines réalités en face. Qui peut contester qu'à l'égal des USA, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne, l'Etat d'Israël veille à placer ses propres agents d'influence au sein de notre appareil d'Etat ?

Meyer Habib, ne peut il pas être qualifié d'espion au sens de l'article 411-1 du Code pénal ? La judaïté d'une personne est-elle un critère objectif pour nous intéresser aux intérêts qu'elle sert ? Est-ce que tous les Français de confession juive, partagent les positions du CRIF que ce soit sur des axiomes politiques français, ou sur son positionnement quant à la Palestine ? Ne peut-on pas parler de certains problèmes avec un peu de hauteur de vue ? Faut-il toujours ramener à de "l'antisémitisme" le fait d'alerter sur des problèmes de corruption et de manœuvres étrangères hostiles à nos intérêts nationaux ? Peut-on méditer cela à l'aune de l'influence que peuvent avoir certains pays occidentaux, contre nos propres intérêts nationaux eux-aussi ? Le dépeçage d'Alstom au bénéfice des américains, la récupération de secrets militaires à la France opérée sous la présidence de Guy Mollet (SFIO) en 1956 et ayant permis à Israël de fabriquer son propre armement atomique, l'Allemagne qui obtient de Macron le scandaleux traité d'Aix la Chapelle, outre s'accaparer des pans entiers de notre industrie stratégique. La liste serait longue si l'on devait égrainer tout le machiavélisme des dirigeants occidentaux. Ils passent leurs temps à manœuvrer les uns contre les autres, et la France est une cible privilégiée pour chacun d'entre eux. Parce que nous nous renions !

Que le peuple redevienne souverain, et tous les dirigeants de ce monde, qu'ils soient à la tête d'un Etat ou d'un empire financier, seront anxieux de nos propres résolutions. Et nous sommes l'un des rares pays qui peut encore se permettre de faire respecter ses options politiques intérieures et extérieures. Sauf si nous décidons de perdre conscience de notre propre puissance économique et militaire. Il ne s'agit pas d'être agressif avec le reste du monde, bien au contraire, mais simplement de savoir "poser ses couilles sur la table" pour obtenir du respect.  

Les ardentes féministes s'agaceront ici de ne pas me voir choisir "les ovaires" dans ma formulation ou de ne pas féminiser le mot "patrie", mais pardonnez moi de vouloir utiliser des termes faisant appel à notre sens commun de l'entendement des choses.  Le Commun, est-ce un mot appelé à disparaître à force de nous diviser en multiples tribus ? 

Beaucoup d'entre vous me reprochez mon côté irrévérencieux à votre endroit. Mais ça n'est que de bonne guerre. Imaginez-vous, militant ordinaire au nom d'une juste cause, vous voila sali un jour par l'auteur anonyme d'un texte sur un site internet (antifa évidemment). Vous vous en foutez, vous vous dites que le gars se tape un délire sur votre gueule alors que vous le connaissez pas, c'est sans conséquence. Erreur ! Ca n'était que le début. Les appels à ratonade suivront parmi tous les textes paranoïdes que j'aurais à lire à mon propre sujet. Les gens qui me connaissent ne comprennent pas, je suis l'antithèse d'un rageux d'extrême droite. Ca ne m'empêche pas de porter certaines radicalités que je n'aurais nulle raison de méditer, si la France se portait aussi bien que la Suisse ou la Norvège. Admettons que certains problèmes exigeront beaucoup de radicalité pour être traités. C'est lorsqu'on a traité à la cortisone une inflammation, que l'on peut ensuite assouplir la médication d'une personne malade. Et il y a beaucoup de souffrances à endiguer. Peut-on se permettre le luxe des discours convenus et mesurettes indolores pour la nation ? Et cela aliène la possibilité de travailler avec des gens de "gauche" sur des opérations militantes communes. Pour une raison toute bête : à gauche, on est extrêmement soucieux de son image. Il est hors de question d'être "suspecté" d'avoir des affinités ou simples proximités de travail pour certaines personnes. Y'a une petite liste ! Si t'es dedans, ou si tu t'en rapproches, tu seras condamné(e) à la mort sociale et à la désapprobation collective. Du coup, des cocos bien vénères et des chavistes exaltés pour renvoyer chier les belles âmes, y'en a plus beaucoup dans vos rangs. Voila comment se meurt à petit feu "la gauche".  Si nous ne renversons pas le poudré auparavant, il est de toute façon certain que le résultat électoral de votre déjà proclamé candidat Jean-Luc Mélenchon pour 2022, sera une magistrale gamelle. La gauche, et je sais aussi soutenir là-dessus l'avis majoritaire de la population, est totalement déconnectée de la réalité sociale et politique des Français. Et la majorité des Gilets Jaunes n'oubliera pas les crachats d'une représentation politique et syndicale sur le mouvement à ses débuts, avant de constater des infiltrations aussi assumées que sans vergogne de la part de semeurs de zizanie dans les cortèges. Et que dire de cette accusation qui continue de peser sur les personnes qui défendent notre Souveraineté, de "maréchalistes" ? De même que nous n'oublions pas les risettes à Marseille ou le repas avec Macron qui a vu le grand "opposant" de gauche, échapper miraculeusement à une contamination au méchant Covid dans un dîner à 8 ? Si vous pensez le peuple sans mémoire, alors ne cherchez pas plus loin l'explication de votre déconnexion avec la réalité. L'entre-soi idéologique, n'est nullement représentatif de l'opinion générale. Et on ne gagne pas plus une élection que les cœurs en s'ostracisant soi-même du reste du peuple. Je ne prétends pas ici mieux le représenter que quiconque, mais au moins je défends sa cause, en me gardant bien de lui reconnaître des idéaux qui sont les seuls miens. La démocratie n'est pas nécessairement un désir ardent partagé par la majorité de notre peuple. Autrement, comment consentirait-il à une dictature sanitaire ? Mais elle reste un objectif d'intérêt général et fortement émancipateur. Cela n'élude pas les questions sociales ou écologiques à régler, mais nous avons encore du temps pour mettre tout cela à la table des discussions.

Le vrai problème entre nous à régler, c'est le respect mutuel au combat contre l'oligarchie. Et si possible la synergie militante. Nous avons besoin de soulever les foules avec toutes les forces vives de la nation, et nos divisions sont d'autant plus inacceptables au moment où il y a péril en la demeure. Le gouvernement nous mène une authentique guerre de classe, et si aucun canal de discussion n'est ouvert entre différents réseaux militants du fait des préjugés de chacun, nous allons tous perdre !

Voila les quelques considérations opérationnelles que je porte avec mes camarades :

1) Nos mobilisations ne peuvent intervenir que devant des lieux de pouvoir (Médias, Parlement, Banque de France, ministères, Conseil d'Etat, etc)

2) Les mobilisations populaires et déclarées en préfecture, doivent proscrire toutes les attitudes provocatrices à l'égard de la maréchaussée qui pourraient insécuriser les manifestants. Aucune milice politique n'est autorisée à faire la chasse à de quelconques malpensants dans les cortèges. Nos mobilisations populaires doivent garantir à chacun un sentiment de sécurité réel.

3) Les revendications doivent rester la destitution de Macron, l'introduction du RIC législatif et révocatoire dans notre constitution et le Frexit d'une façon ou d'une autre. Rien n'empêche d'étendre ensuite "la liste du père Noël" en fonction des lieux assiégés ou du débat public du moment, mais gare aux causes particulières sources de toutes les divisions.

Quelques-uns parmi vous, se proposent d'ouvrir les discussions. Ils ne vous représentent pas tous, mais ils ont le mérite de rompre avec l'entre-soi réconfortant. Et ces discussions militantes auront bel et bien lieu, car c'est nécessaire si l'on souhaite se comprendre et développer des synergies de travail qui profitent au peuple. C'est la raison même de ce texte et si je devais en signifier sa conclusion ici :

Que cessent les haines stériles contre les malpensants ! Que l'on se mette au travail malgré nos divergences.  Que les prêcheurs d'entre-soi et les sectaires soient marginalisés jusque dans vos propres rangs. Ce sont ces derniers qui ruinent la gauche depuis bien trop longtemps ! Il appartiendra à chacun d'admettre que l'on ne peut espérer aucun changement en négligeant - si ce n'est en méprisant - l'opinion générale. Le déni de réalité n'a toujours qu'une seule et unique conséquence : la défaite. Les Gilets Jaunes ne peuvent être assimilés à la gauche. Ils incarnent essentiellement les plus basses couches sociales du peuple. Ne cherchez pas à leur imposer vos méthodes et convictions idéologiques. Ecoutez ces gens. Ecoutez-les vraiment ! Ils ne souhaitent pas autre chose que reprendre le contrôle de leur pays et voir leur dignité réhabilitée. Ils ne sortent pas dans les rues pour soutenir l'immigration clandestine ou prendre position pour l'écriture inclusive. Ils sont dans la rue pour chasser Macron et sa clique du pouvoir, et restituer l'Etat au peuple. Est-ce si dérangeant que de respecter leurs revendications ? 

lundi 28 décembre 2020

La Société illibérale de la Macronie

Depuis quelques années, il est un terme qui revient régulièrement dans le champ médiatique, visant à discréditer quiconque ne pense pas en vertu de la doxa ambiante. Le libéralisme étant érigé en doctrine économique allant de soi, tout en se gardant bien de préciser qu'absolument rien dans l'ordre juridique actuel qui s'impose à la France, n'a quelque chose à voir avec le libéralisme.

Commençons d'abord avec les traités européens, paraît-il d'essence libérale alors qu'ils provoquent constamment des distorsions de concurrence manifestes entre les Etats. Ces traités INTERDISENT (un verbe philosophiquement très libéral, n'est-il pas ?) aux Etats-membres de réguler aux frontières les entrées et sorties de capitaux ; d'apposer des restrictions douanières, fiscales, quantitatives ou règlementaires sur les flux de marchandises ou d'avoir le contrôle sur leur propre monnaie. L'UE OBLIGE par ailleurs (encore un terme excessivement libéral) les Etats-membres à placer sur le même plan les services et entreprises publiques dont leur vocation n'est nullement mercantile, avec le "marché" (sous-entendu les grands monopoles privés). Nous parlons ici des articles 101 à 109 du TFUE pour les plus curieux. La conséquence logique de ces normes délirantes, c'est la privatisation constante de nos services et entreprises publiques. Actuellement, ce sont nos barrages hydro-électriques qui doivent être cédés au privé dans l'agenda européen. La Commission européenne l'exige et l'impose. Je ne vais pas évoquer ici les milliers de pages de règlementation européenne visant à standardiser les produits et services, jusqu'à finalement compromettre l'innovation.

Or, même les libéraux les plus sérieux comme par exemple Charles Gave, savent parfaitement que l'UE n'est en rien libérale, et que l'Etat ne se gère nullement comme une entreprise ni ne rend les mêmes services à des citoyens (et non des clients) . Certes, les libéraux considèrent que l'on doit restreindre le champ des compétences de l'Etat à ses missions régaliennes pour l'essentiel, mais ils savent pertinemment que ce n'est pas "le marché" qui, de bon cœur, financera les premiers secours, le système de soin, d'éducation des enfants ou acceptera de distribuer des allocations diverses et variées à des ménages précaires ou réduits à la dépendance pour des raisons d'âge, de handicap, etc.

Chacun son rôle. Le marché lorsqu'il ne connaît aucune entrave particulière, répond normalement des lois de l'offre et la demande. Si l'on prend l'exemple d'un producteur de lait, ce dernier est sensé pouvoir vivre librement de sa production, sans entraves ni subventions. Or, nos agriculteurs subissent les deux :

1) Le taux de change de l'euro et l'absence de politique douanière nationale, placent nos producteurs dans une situation intenable face à des producteurs étrangers qui ont des coûts en terme de main-d'œuvre (les salaires), de réglementation ou de fiscalité, autrement moindres qu'en France. Ce qui permet aux industriels de négocier le prix du litre de lait à la baisse en arguant qu'ils peuvent importer à plus vil prix la même matière première au sein du "marché unique".

2) S'il n'y a rien de scandaleux à que les entrepreneurs puissent disposer d'une aide publique à l'installation ou à l'équipement, ces subventions n'ont nullement vocation à se pérenniser. Autrement, cela signifie que l'Etat entretient la survivance d'entreprises zombies qui auraient dû disparaître depuis longtemps face à une concurrence qui peut s'affranchir de telles subventions. 

Une Société libérale ne génère aucune distorsion de concurrence par une doctrine libre-échangiste, morbide et totalement déconnectée des réalités économiques propres à chaque pays, ni ne subventionne des agriculteurs, des organes de presse ou des banques dites "too big to fail". Cette dernière expression visant à consacrer l'impunité d'un certain milieu financier, est profondément "illibérale". Les libéraux lui préfèrent la doctrine du "marche ou crève". Si une banque du fait de ses investissements moribonds, a un bilan comptable indiquant clairement son état de faillite (un peu comme c'est le cas pour la Deutsch Bank en ce moment-même), cette banque doit crever. Ni plus, ni moins. C'est cela la réelle loi du marché.

L'exemple le plus agressif entre les valeurs prônées et la réalité de la politique de Macron, peut se retrouver dans sa gestion calamiteuse de "l'épidémie" de Covid21. Une maladie dont le taux de mortalité (c'est à dire rapporté à la population toute entière) est inférieur à 0,6 % et dont ce dernier est essentiellement marqué chez les personnes âgées et malades, ne justifie nullement des mesures qui restreignent les libertés fondamentales. Qu'elles soient civiques ou économiques. D'ailleurs, notons qu'aucune loi ne précise un taux de létalité ou de mortalité minimum avant que l'Etat puisse soustraire aux médecins, la gestion au quotidien d'une épidémie quelconque. Rien n'est cadré en ce sens, et donc toute décision politique à ce sujet est profondément arbitraire. Elle est le fait du prince, nullement d'un Etat de droit qui se respecte. Un gouvernement libéral en resterait à sa doctrine du "marche ou crève" tant que les proportions en terme de santé publique, ne seraient pas de nature à provoquer une chute de la démographie ou des ennuis économiques sérieux pouvant mettre en péril la nation.

Or, à quoi assiste-t-on précisément ? Un pathogène infectieux parmi tant d'autres, est CO-responsable pour 99 % de personnes très âgées et déjà malades, de leur décès. Bien sur on trouvera toujours ce triste exemple d'une personne jeune et en bonne santé qui n'y a pas réchappé. Mais cela ne traduit nullement la réalité générale des chiffres. Rien de nouveau donc, quand on sait qu'on ne meurt jamais réellement de "vieillesse", mais justement d'une infection respiratoire, d'un arrêt cardiaque, d'un cancer ou d'une toute autre pathologie liée au grand âge. Dès lors que la majorité des personnes âgées se portent bien et qu'elles répondent parfaitement des traitements prescrits par leur médecin lorsqu'elles subissent une infection liée au coronavirus, il n'y a absolument rien d'anormal par rapport aux années précédentes vis-à-vis de tous les germes infectieux. Une légère surmortalité même pondérée de la croissance démographique annuelle, est un phénomène cyclique que l'on peut aisément observer sur certaines années particulières. En 2017, la Grippe a été particulièrement virulente. La canicule de 2003 a généré plus de 20.000 morts. Mon grand-père est mort pour sa part d'une pneumonie, soit d'une infection respiratoire, comme près d'un tiers de nos anciens passés de vie à trépas. En clair, il n'y a que le narratif politico-médiatique pour nous faire croire que le coronavirus constituerait un péril d'envergure pour la nation. Alors que rien de ce que nous observons tant sur les chiffres que tout simplement dans notre quotidien, ne démontre une seule bonne raison de s'inquiéter et s'astreindre à des mesures liberticides. Je porterais un discours tout autre, si nous parlions d'un pathogène ayant un temps d'incubation relativement long (ce qui n'est pas le cas du coronavirus), qui serait extrêmement virulent y compris avec des gens jeunes et en bonne santé, et cela pour l'écrasante majorité des personnes contaminées. Un virus qui n'est pas fichu de générer des symptômes pour plus de la moitié de ses hôtes, qui se traite parfaitement avec de la cortisone et de l'oxygène pour les cas les plus sévères, et ne pouvant pas mieux faire qu'être CO-responsable de la mortalité naturelle d'une partie de nos anciens, c'est une maladie bégnine, ordinaire, qui ne se démarque nullement d'un nombre incalculable de pathogènes ayant une "dangerosité" similaire. Près d'un tiers de la population est porteuse saine du bacille de Kock, s'en soucie-t-on ? Nous sommes 80 % de porteurs sains du virus Herpès à l'origine de la mononucléose. Ce virus est rarement agressif, mais lorsque la charge virale est suffisante et le terreau propice, il peut amener jusqu'à la tombe de jeunes gens. Dans notre gorge, quantité de streptocoques responsables de nombreuses infections respiratoires, s'y nichent constamment. S'en soucie-t-on ? Nous sommes près de la moitié des Français à être porteurs sains du staphylocoque doré, responsable notamment des méningites foudroyantes. Qui s'en inquiète ?

Non seulement le modèle économique de la France, n'est certainement pas libéral à tous les égards, mais nous pouvons désormais dire sans sourciller, que nous vivons dans un régime totalitaire. Les vrais libéraux (au plan philosophique du terme), s'étranglent en constatant toutes les atteintes graves et répétées contre nos libertés fondamentales. Il est d'ailleurs risible (si cela n'était pas si inquiétant sur le fond), de constater que François Bayrou qui s'est toujours proclamé "libéral", évoque avec indolence sa motivation à ce que l'on restreigne définitivement les libertés individuelles à toute personne qui refuserait de se vacciner. Le discours serait tout à fait admissible pour un despote complètement fou d'un Etat totalitaire quelconque, mais il a de quoi nous glacer le sang en France ! Il est tout aussi notable de constater qu'un homme qui ne cache nullement sa haine de la France en soutenant mordicus la destruction de notre pays au sein de l'UE, qui a toujours été hostile à toutes les régulations aux frontières, la nationalisation d'entreprises stratégiques et la planification industrielle, puisse avoir été nommé au seul poste où il ne pouvait que nuire : le Commissariat au Plan. Rétablir cette institution pour finalement y placer un individu dont les ferments idéologiques l'amèneront à faire le contraire exact de la mission qui lui est dévolu, c'est à la fois un exercice de com coutumier de nos politiciens autant que la nomination d'un incendiaire s'imposant de brûler toutes les perspectives industrielles d'avenir pour notre pays.

Sous le mandat du Général de Gaulle, le Commissariat au Plan élaborait un plan de route à 50 ans. Nos centrales nucléaires, le TGV, le Concorde et bien d'autres technologies où la France a performé et le peut d'ailleurs encore, cela exigeait des investissements publics sur des entreprises contrôlées par l'Etat, et qui répondaient d'un cahier des charges en terme de recherche et développement très ambitieux. Pour autant, est-ce qu'à cette époque, la Société était-elle moins libérale qu'aujourd'hui ? Assurément non ! Toutes ces normes européennes règlementant la vie courante n'existaient pratiquement pas. Les producteurs et industriels ne subissaient pas de distorsion de concurrence avec la main d'œuvre étrangère. Ils pouvaient donc payer correctement leurs ouvriers, recruter constamment et innover sans contrainte. Et bien que nous ayons eu à subir des épidémies durant les 30 glorieuses tout comme c'est le cas aujourd'hui, jamais il ne fut question d'emmerder la population et les acteurs économiques pour retarder la mort de quelques vieux, alors que cette constante de la vie est inéluctable pour tout un chacun. Est-ce que la fièvre de Hong-Kong a donné lieu à toute cette hystérie politico-médiatique ? Absolument pas. Il n'y avait nullement péril en la demeure comme aujourd'hui, en revanche, l'on faisait confiance en notre système de soin pour accompagner ce qui n'est qu'un phénomène naturel, cyclique et sans réelles conséquences lorsqu'on parle à l'échelle d'une nation. Ce n'est pas une épidémie de Peste ou du virus Ebola que nous subissons ! Où est passé la raison critique des Français ?

Adopter des mesures liberticides en jouant sur les bons sentiments, le pathos ou les peurs primaires des gens, ce n'est nullement agir pour le bien public, et encore moins dans le fil droit des valeurs libérales qui sont par nature, excessivement libertaires. 

Alors comment pourrait-on définir l'idéologie défendue par la Macronie ? 

Sur le plan économique, indéniablement, nous avons affaire à du capitalisme de connivence. Soit l'intrication des milieux d'affaires avec l'appareil d'Etat. Les institutions sont vampirisées par des hauts-fonctionnaires pratiquant en totale impunité le pantouflage ainsi que par des politiciens promus pour leur docilité par ce petit 1% de gens très fortunés et profondément malveillants. Ajoutons qu'une idéologie supplémentaire se greffe à cette vampirisation des institutions de l'Etat et des deniers publics par ce capitalisme de connivence : la haine profonde et viscérale de la France et de notre propre peuple. Le globalisme ou mondialisme, qu'importe le nom qu'on lui donne, n'a absolument rien à voir avec de l'internationalisme, qui suppose justement des relations entre nations toujours existantes. Les milieux les plus aisés autant que la classe moyenne supérieure qui a une fâcheuse tendance à adopter le narratif des ultra-riches dans l'espoir de se surclasser, même artificiellement, au sein d'une même communauté de "valeurs" et de réussite sociale ; haïssent la France (qui leur a pourtant tout donné) et adoptent un militantisme clairement séditieux. Leur sentiment apatride n'étant manifestement pas partagé par l'écrasante majorité du peuple à qui il ne reste plus grand chose d'autre qu'un pays à défaut d'une condition sociale digne, c'est avec une réelle férocité et une ardeur pathologique, qu'ils défendent ce capitalisme de connivence, autant que la démolition de notre souveraineté nationale sur l'autel de l'UE et du mondialisme enchanté. Ils ne veulent plus de nos frontières qui régulent les prédations économiques et sanctuarisent notre indépendance nationale. Ils méprisent jusqu'à notre langue lorsqu'une certaine Christine Lagarde imposait à ses assistants de ne parler qu'en anglais au sein même du ministère dont elle avait la charge sous Sarkozy. Oui, ils méprisent notre langue lorsque même nos médias publics promeuvent des prétendus artistes qui éructent des borborygmes sur des boites à rythme, bien éloignés des chansons à texte que l'on peut entendre au détour d'une station de métro. Ils détestent notre peuple, ils veulent l'abolir à la fois par sa destructuration anthropologique, culturelle et politique sur l'autel de l'immigration organisée par ce même capitalisme de connivence, mais aussi en proclamant que désormais, nous devons penser en tant qu'Européens. 

Défendre notre singularité culturelle, notre pays, notre volonté d'exister encore pour de nombreux siècles, c'est être renvoyé à tous les extrémismes politiques, alors que la Macronie elle-même fait la démonstration qu'elle pratique le fascisme sans aucune vergogne. La censure des opposants, la répression violente des Gilets Jaunes,  les interdictions constantes de manifester, de se rassembler, de défendre son livre dans un débat public ou simplement de chanter dans une petite salle, si ça n'est pas du fascisme, qu'est-ce donc ? Interdire à des commerçants d'exercer leur métier et si ce n'est le cas, leur imposer des normes sanitaires complètement farfelues et ingérables, c'est du libéralisme sans doute ? Humilier un peuple tout entier en le confinant d'autorité, en l'obligeant à porter constamment une muselière (contre toute logique de santé publique réelle) et en laissant à entendre que nos anciens devraient être isolés et pour le moins, empêchés de pouvoir nous étreindre et nous embrasser, n'est-ce pas une forme de totalitarisme digne d'un fou à lier ? Quant aux familles déchirées parce que ce climat anxiogène alimente la paranoïa d'une partie de la population à l'idée de tomber malade, là où au contraire, une autre partie plus lucide essaye de ramener les siens à la raison critique, n'est-ce pas typiquement l'œuvre de réels sociopathes ?

Si je ne me revendique pas libéral, j'apprécie tout de même que les mots conservent leur sens. Et Macron tout comme les saltimbanques qui sont à sa botte, n'a aucune raison de se considérer comme un libéral, lui non plus. Un bon chien-chien aux intérêts de Drahi ou De Castries sans nul doute, mais il n'est pas plus que cela. De même que je ne supporte plus d'entendre ces éditocrates et prétendus journalistes jacasser dans leurs micros que la France serait un Etat démocratique, cela alors que nous subissons concrètement un totalitarisme aussi inouï qu'inédit dans ce pays. Un totalitarisme qui justifierait que l'on passe par les armes tous les responsables de ces atteintes à nos libertés et à notre souveraineté nationale. Le temps du jugement viendra tôt ou tard, et je suis certain qu'à minima, la plupart de ces gens finiront leur vie en prison. Dans l'attente, tant pour la salubrité mentale et intellectuelle de chacun, j'aimerais que l'on cesse de pratiquer l'inversion constante du sens des mots, des concepts et idéologies, voire des faits scientifiques ou historiques. Je ne supporte plus de vivre dans le cerveau d'un aliéné mental et subir tout le monde imaginaire qu'il s'est construit. Je souhaite que l'on fasse disparaître les licornes que croient chevaucher les idiots utiles de ce capitalisme de connivence, et que le monde réel redevienne l'objet de toutes nos attentions. J'appelle toujours à la Révolution. Plus que jamais, indéfectiblement et sans un seul doute sur la légitimité de celle-ci.

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Introduction au droit de résistance (extrait du livre "Révolte !")

Je ne suis en rien un homme de droit. Je ne prétends donc pas interpréter mieux qu'un avocat ou un juge les lois qui nous assujettissent. Cependant, comme la plupart des Français je sais lire et comprendre ma langue maternelle. Ce qui ne semble pas être le cas des membres du Conseil Constitutionnel qui interprètent de façon très alambiquée la Constitution et permettent que celle-ci soit constamment révisée depuis près d'un demi-siècle au moyen du congrès chaque fois qu'une loi ou un traité pourrait se mettre en porte-à-faux avec ce texte fondamental. 

En clair, le Conseil Constitutionnel nous trahit dans le sens où plutôt que de proposer au législateur de modifier les lois ou traités litigieux pour être en accord avec la Constitution (ou à défaut exiger un referendum pour autoriser une révision constitutionnelle), cette instance en charge de préserver notre ordre constitutionnel, explique à nos chers oligarques ce qu'il faudrait modifier dans la Constitution pour faire voter et ratifier leurs lois scélérates. 

Le premier chapitre de ce second livre visera donc à exposer quelques points de droit et prendre le temps de la réflexion sur un sujet aussi sensible que le droit de résistance à l'oppression.

Le droit de résistance à l’oppression, est bien la Liberté fondamentale pour les êtres humains qui a été la moins codifiée par nos hommes de loi et pour cause : elle relève du suicide politique pour nombre d’entre eux…

Si l'on veut bien éluder ce qu'en disaient déjà les philosophes de l'antiquité, du Moyen-Age ou de la Renaissance, on peut dire que le premier texte ayant une certaine valeur juridique qui mentionne le droit de résistance à l'oppression est la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique du 4 Juillet 1776 :

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future ».

La dernière phrase de cet extrait de la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique est une véritable mise en garde : elle témoigne en effet que le despotisme absolu vient rarement brutalement mais à la suite d'une succession « d'abus et d'usurpations » dont le dessein est de justement nous entraîner vers le despotisme le plus total. Il est alors un droit naturel et même un devoir de défaire le gouvernement qui se rend coupable de crimes de lèse-nation, cela par tous les moyens possibles.

C'est sans doute ce qui motivera les « premiers » Américains à établir indirectement le droit de résistance à l'oppression en 1787 sous la forme d’un article de loi constitutionnelle mais qui paraîtra très ambigu pour un Français du XXIe siècle. En effet, il s’agit du second amendement de la « Bill of right » étasunienne - loi sur les droits – qui dispose que :

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes. »

Il faut tout d’abord s’accorder sur la sémantique et se rappeler qu’une milice signifie une armée de civils encadrés par des militaires. A la base du système républicain, on considère qu’un peuple en arme oppose directement la souveraineté qu’il détient sur son armée pour assagir voire défaire son corps politique lorsque cela s’avère nécessaire. Interdire donc le port d’arme dans les plus dangereux ghettos des USA comme l’interdire dans la très paisible Suisse, c’est attaquer le droit fondamental pour les citoyens de ces deux contrées de résister tant à une oppression étrangère, qu’à une oppression intérieure…

Mais c'est toutefois dans la déclaration des droits de l'Homme de 1789 que la consécration du droit de résistance à l'oppression apparaît clairement. Ce texte qui fait partie de notre bloc de constitutionnalité est supérieur à notre Constitution ainsi qu'à toutes nos lois. Ce qui signifie en pratique que nulle loi ne peut être votée et nulle décision de justice ne peut être rendue, si ces dernières sont de nature à violer les 17 articles de ce texte sacré. Si le droit de résistance à l'oppression est donc reconnu par notre Constitution, il nous appartient d'en connaître l'étendue comme les limites. C'est l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 qui le consacre de la façon suivante :

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ».
Commençons par dire qu'en 1789, si des tendances politiques existaient déjà, les partis politiques en eux-mêmes à l’aune de ce que nous connaissons aujourd'hui étaient totalement inexistants. Les rédacteurs n'avaient absolument pas en tête de céder à des partis politiques le rôle de garde-fou démocratique qu'est le droit de résistance à l'oppression. Le terme « association politique » décrit en fait la réunion de différents citoyens s'engageant pour une même cause avec à cœur de défendre l'intérêt général. Je tiens à ce que cette précision soit faite car il serait trop facile pour certains politiciens d'arguer qu'il suffit de s'engager dans une formation politique et jouer le jeu des urnes pour que l'on ne parle plus du droit de résistance à l'oppression.
Nous noterons par ailleurs que l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme de 1789, se montre peu bavard sur le droit de résistance à l'oppression. Il ne nous dit pas si ce droit peut être saisi au moyen des armes en toutes circonstances ou s'il impose des méthodes plus pacifiques en fonction d'une situation politique donnée. Enfin et plus gênant encore : il ne définit pas ce qu'est l'oppression. Il faudra attendre la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1793 pour que le droit de résistance trouve une première définition dans son article 33, quoi qu'encore très insuffisante :
« La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'Homme ».
La déclaration des droits de l'Homme de 1793 n'a malheureusement pas de portée constitutionnelle mais permet malgré tout aux étudiants en droit de se familiariser avec sa philosophie notamment s'agissant des droits de l'Homme. Ce qu'édicte ici l'article 33 de la déclaration des droits de l'Homme de 1793 est une idée simple : si un seul des droits de l'Homme est aliéné ou aboli par le législateur ou encore par le pouvoir exécutif, alors il y a oppression contre le peuple tout entier. Les droits de l'Homme étant le fondement de notre ordre juridique, les libertés qu'ils garantissent et les grands principes généraux de l'état de droit qu'ils établissent ne peuvent être altérés par la loi ou l'exécution d'une ordonnance, sans quoi il y a tout à craindre qu'une forme de tyrannie s'imposerait en violant de facto le pacte républicain. Par exemple, l'article 16 de la déclaration des droits de l'Homme de 1789 dispose que : « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution ». Cet article établit donc bien l'idée d'un ordre juridique à respecter. Si des droits comme par exemple la liberté d'expression sont abolis ou aliénés, il y a donc oppression puisqu'un droit fondamental est remis en cause. De la même façon si le pouvoir exécutif devait s'arroger les prérogatives du pouvoir judiciaire ou législatif – ce qui est malheureusement le cas en France sur bien des aspects – alors on peut dire que le peuple ne dispose plus d'institutions distinctes à même de limiter la tentation de l'arbitraire des unes des autres. Il y a donc dans ce cas l'expression d'une tyrannie qui s'installe en abolissant notre ordre juridique. Voilà pourquoi il est dit ici que « la résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme » en établissant que leur non-respect implique que nous soyons soumis au joug d'une tyrannie. L'article 34 du même texte va pour sa part un peu plus loin :
« Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé ; il y a oppression contre chaque membre, lorsque le corps social est opprimé ».
Maximilien de Robespierre qui a grandement contribué à la rédaction de la Constitution de 1793, souhaitait sans doute faire valoir qu'il suffisait qu'une personne soit opprimée en raison d'une discrimination fondée sur ses origines ethniques, religieuses ou autres, pour que l'ensemble de la Société soit opprimée. En effet, si la Société accepte qu'un seul de ses membres ne jouisse pas d'une égalité de droit avec l'ensemble de ses concitoyens, alors il y a fort à parier que des persécutions de toutes natures auront tôt fait de s'étendre à d'autres citoyens en raison d'autres distinctions sociales existantes. En fait, l'article 34 consacre le principe de fraternité de tous les citoyens face à toutes les formes d'oppressions qui peuvent survenir sur une infime partie du corps social. Il consacre aussi le principe d'égalité devant la loi de l'ensemble des citoyens français, sans laquelle il n'est point de Liberté que l'on puisse défendre ou conquérir.
Le second alinéa de l'article 34 de la déclaration des droits de l'Homme de 1793, marque l'idée que la nation toute entière peut se voir opprimée. Les trois formes les plus connues d'une oppression contre le corps social tout entier sont la trahison, le despotisme et l'agression militaire émanant d'une puissance étrangère. Le second alinéa consacre donc le principe de l'unité du peuple français et l’idée que défendre la nation toute entière revient au final à défendre chaque membre de notre Société.
L'article le plus célèbre de la déclaration des droits de l'Homme de 1793 reste cependant celui-ci :
Article 35 de la déclaration des droits de l'homme de 1793
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
La première idée importante que véhicule cet article de la déclaration des droits de l'Homme de 1793, c'est que le gouvernement n'est pas forcément constitué de gens honnêtes et ayant tous à cœur de défendre les intérêts de la nation. Il peut aussi être une association de despotes, en tout cas de personnes fort mal intentionnées ce qui n'est pas peu dire à l'aune du recul historique que nous pouvons porter sur la question. En consacrant l'idée que l'oppression peut provenir – et a même le plus de chances de provenir – directement du gouvernement, Maximilien de Robespierre nous avertissait que la première institution capable d'exercer une tyrannie méritait notre vigilance accrue et notre résistance immédiate à la moindre de ses tentations d'affaiblir les droits du peuple.
Par ailleurs, la question de la légitimité du gouvernement est abordée intrinsèquement dans l'énoncé de cet article. Cette légitimité ne tient que si le gouvernement respecte les normes démocratiques établies au profit de tous et en particulier les droits imprescriptibles et inaliénables reconnus dans les droits de l'Homme.
Mais là où le texte prend définitivement toute sa force, c'est que l'on parle d'insurrection (violente) comme étant non seulement un droit sacré, mais aussi un devoir indispensable. Si aujourd'hui la déclaration des droits de 1793 était inscrite dans notre bloc de constitutionnalité, nul doute que nos irresponsables politiques réfléchiraient à deux fois avant de nous trahir ou détricoter nos libertés premières.

Au-delà de l'aspect constitutionnel du droit de résistance à l'oppression, la France est aussi l'un des rares pays où l'on trouve jusque dans le Code pénal la consécration d'une idée simple :

Aucune norme n'est supérieure au principe de conservation qui habite chacun des Hommes, car c'est une loi naturelle qui guide l'essence même de nos actions en dépit de ce que peuvent édicter les lois. Ainsi, la légitime défense introduit ce principe de résistance à l'oppression mais à titre individuel dans le droit français. Il paraît évident que si la loi peut nous contraindre à ne jamais tuer autrui, cela vaut dès lors qu'autrui ne représente pas une menace aussi puissante qu'imminente pour notre propre intégrité physique. Mais la logique de survie n'est pas consacrée qu'au niveau de l'individu dans le droit français. Elle accepte aussi l'idée que le corps social puisse vouloir désobéir à la loi si celle-ci contrevient aux intérêts bien compris d'une communauté politique toute entière. Il y a ainsi dans le Code pénal une loi qui délimite les contours du droit de résistance à l'oppression sans le dire :

Article 122-7 du Code pénal sur l'état de nécessité :
« N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ».

Yves Mayaud, professeur de droit, explique ainsi dans un petit ouvrage sur les grands articles du Code pénal que :

"dans l'état de nécessité, la provocation à l'infraction ne vient pas d'un agresseur personnalisé, mais de circonstances ou d'un contexte défavorables, qui soumettent ceux qui y sont confrontés à un choix très cornélien : soit en subir injustement le poids, et souffrir de ce fait d'une atteinte irréparable, soit, au contraire, leur opposer une résistance, y compris par la commission d'un crime ou d'un délit, et échapper de la sorte à leurs méfaits".

C'est ainsi que l'état de nécessité a été invoqué au cours de différentes affaires. La première ayant justifié sa rédaction, était somme toute banale : un homme qui se lavait dans une rivière vit ses vêtements volés par un individu. Il ne pouvait décemment pas rentrer chez lui nu et à son tour vola des vêtements pour circonvenir à sa situation plus que délicate.

D'autres affaires trouveront aussi une décision favorable d'un juge au nom de l'état de nécessité, comme ce père de famille qui construisit illégalement une bicoque pour protéger les siens des intempéries, ou encore cette mère de famille qui vola une miche de pain pour nourrir sa progéniture. Mais l'affaire la plus intéressante où l'état de nécessité a été invoqué avec succès (avant que le jugement ne soit cassé), est celle de 49 faucheurs OGM qui étaient poursuivis pour leur action militante sur un champ de céréales en 2004. L'arrêt du 9 décembre 2005 rendu par le tribunal correctionnel d'Orléans est rédigé de la façon suivante :

« Les prévenus rapportent la preuve qu’ils ont commis l’infraction de dégradation volontaire pour répondre à l’état de nécessité » (…). Cet état de nécessité résulterait de « la diffusion incontrôlée de gènes modifiés qui constitue un danger actuel et imminent, en ce sens qu’il peut être la source d’une contamination affectant des cultures traditionnelles ou biologiques » qui en déduit que « La commission d’une infraction pénale pour remédier à la situation de danger était en l’espèce fondée au regard des enjeux en cause » rappelant par ailleurs le droit « à valeur constitutionnelle de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé pour les citoyens, ainsi qu’il a été reconnu dans la charte de l’environnement de 2004 ». 

Ce jugement était ainsi fondé sur la nécessité de circonvenir – y compris par une infraction ou un délit – à un péril écologique actuel et imminent. L’imminence du péril est d’ailleurs un concept relativement large, puisque le fait de devoir voler des vêtements pour ne pas être immédiatement exposé en tenue d’Adam devant autrui ou empêcher l’imminence d’une crise majeure telle qu’une guerre, une famine, une faillite financière ou toute autre crise pouvant déchaîner les ires populaires, rend la notion de temps excessivement relative. L’imminence d’une guerre du fait d’une situation géopolitique allant en se dégradant ne se mesure ni en minutes ni en heures mais bien en semaines voire en années. C'est pourtant la difficulté première à laquelle celui qui pratique la désobéissance civile sera confronté, cela s'il devait invoquer l'état de nécessité : il faut non seulement prouver le péril sans se référer à une considération politique particulière mais il faut en outre justifier de son actualité ou de son imminence pour légitimer son acte délictuel voire criminel. Néanmoins, cet article de loi introduit l'idée de proportion de la réponse à donner et c'est à mon sens le fond du débat juridique que l'on se devrait d'ouvrir s'agissant du droit de résistance à l'oppression. Un autre angle intéressant de cet article de loi est que l'on évoque un « bien » ou une « personne » à sauvegarder sans préciser quels peuvent être ces biens ou ces personnes. Peut-on dire par exemple qu'un bien public comme l'est un pays tout entier corresponde au genre de bien qui mériterait d'être sauvegardé au titre de l'état de nécessité ? Peut-on considérer que la personne morale qu'est la nation puisse correspondre à une personne qui mériterait d'être sauvegardée selon cette même loi ? Lorsque la loi se montre imprécise ou est totalement silencieuse, par défaut nous pouvons considérer qu'elle intègre la portée la plus large que possible au droit qu'elle établit.

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dimanche 27 décembre 2020

Débunkage : Non, Mauricette n'a pas été vaccinée contre son gré !

Cela a fait le tour des réseaux sociaux le 27 décembre dernier. Les premières doses de vaccin sont parvenues dans des HEPAD de Sevran et Dijon et ont été inoculées sur des personnes âgées. Parmi ces héros ordinaires ayant accepté de participer aux études d'impact du laboratoire Pfitzer sur son vaccin à ARN messager : Mauricette, 78 ans et pensionnaire à l'hôpital gériatrique René-Muret à Sevran en Seine St Denis. Alors que les caméras de BFM enregistraient cette toute première vaccination contre le coronavirus, Mauricette va surprendre et créer un certain malaise auprès des soignants qui l'entourent. En effet, alors que l'infirmière lui explique le déroulement de l'opération, Mauricette visiblement étonnée s'exclame : "Ah, il faut un vaccin ?". Il n'en suffisait pas plus pour que toute la complosphère crie au scandale. Hugo, journaliste à Libérafion, est donc revenu sur les lieux afin d'obtenir des témoignages permettant de redonner du crédit au narratif de notre journal.

Nous avons d'abord rencontré Martin Hirsh, directeur général de l'APHP pour lui demander d'expliquer ce couac faisant le jeu de l'extrême droite et des conspirationnistes :

M. H : Franchement, quand Mauricette a lâché cette petite phrase, ça nous a un peu gêné. Aurélien Rousseau qui dirige l'ARS d'Île de France et qui était avec moi à ce moment-là, était même furieux. J'ai dû le calmer un peu et le rassurer sur le fait qu'on pourrait arranger ça. Je tiens d'ailleurs à remercier votre journal de venir encore une fois à notre secours. Ca fait du bien de se sentir soutenus.

Libérafion : Pourquoi ne pas avoir vacciné en premier le cardiologue de 65 ans tout en autorisant seulement ces dernières images à être livrées au grand public ? Ce médecin était en outre assurément volontaire en plus de faire autorité.

M.H : Ah Jean-Jacques ? Oui, c'est un bon copain. C'est pas une lumière mais il a le diplôme qui va bien. Il a toujours eu ce sentiment de devoir et de sacrifice qui nous manque tant en haut lieu. Quand il a su que l'hôpital où il travaille allait être le premier à recevoir le vaccin, il n'a pas hésité : il nous a contacté pour recevoir sa dose. Ce qui nous a soulagé d'une certaine façon. Mais vous avez raison pour Mauricette. On aurait dû exiger que sa petite phrase n'apparaisse pas au montage. Elle fait vraiment chier Mauricette !

Pour approfondir notre enquête, nous sommes ensuite partis interroger Samir Tine, le gériatre qui s'occupe de Mauricette, pour savoir sur quels critères cliniques, il avait été décidé de la vacciner en premier.

S.T : Ah Mauricette, vous savez, c'est une gentille dame. Elle souffre malheureusement de la maladie d'Alzheimer, à un stade léger certes, mais comme elle n'est pas contrariante, qu'elle dit oui à tout avant d'oublier la question posée, on s'était dit qu'elle ferait un bon cobaye.

Libérafion : Vous voulez dire que Mauricette n'a plus toute sa tête ?

S.T : Si bien sûr que si, voyons. J'ai entendu certaines mauvaises langues l'appeler "Mamie Zinzin" depuis cette histoire. C'est mal la connaître. Pour l'instant elle reste propre, elle ne se fait pas dessus et j'insiste : c'est une dame très gentille ! 

Libérafion : Certains n'hésitent pas à crier à l'abus de faiblesse...

S.T : C'est vraiment n'importe quoi ! Ce n'est pas parce que Mauricette est une dame très gentille que nous abusons de sa vulnérabilité ! Elle a simplement oublié la question, voila tout. Je vois pas pourquoi on en fait toute une histoire !

Nous avons finalement pu rencontrer Mauricette qui a bien voulu répondre à nos questions :

Mauricette : Macron, en prison ! Macron, en prison !

Libérafion : Ouh là... Hummmm... Pardon madame, mais c'est grâce à notre jupitérienne sainteté que vous avez pu bénéficier d'un vaccin ?

Mauricette : De quoi vous parlez jeune homme ? De quel vaccin il s'agit ? J'ai été vaccinée contre la poliomyélite quand j'étais petite mon bon monsieur !

Libérafion : Oui mais contre le coronavirus, vous avez été vaccinée récemment ?

Mauricette : Vous croyez ? C'est donc ça qui me fait mal au bras et me fait sentir fatiguée ? Vous dites qu'il s'agit de quelle maladie déjà ?

Libérafion : Le coronavirus madame. Vous avez crié "Macron en prison" lorsque je suis arrivé dans votre chambre. Que lui reprochez-vous ?

Mauricette : Voyons jeune homme, vous ne lisez pas les journaux ? Ce type n'est pas président, c'est une véritable fripouille ! N'avez-vous pas fait attention à ses fréquentations douteuses ? Comment il a réprimé ces pauv' Gilets Jaunes ? Il nous fait passer pour des abrutis à l'international, se mêle d'affaires qui ne nous regardent pas et il m'empêche de voir mes petits enfants. Ma fille m'a dit qu'ils étaient... comment qu'elle a dit déjà ? Ah oui : confinés ! Vous avez connu un président qui empêchait les gens de vivre et travailler normalement sous prétexte qu'un microbe ou un virus vienne prendre sa part annuelle chez les vieux ? Quand la grippe de Hong-Kong est passée en France, le pays ne s'est pas arrêté de vivre pour autant. Est-ce que Pompidou a empêché les gens de vaquer à leurs occupations à l'époque ?

Libérafion : Non bien sûr, mais c'est un peu dérangeant ce que vous dites. Vous êtes sûre que le vaccin n'a aucun effet secondaire sur vous ?

Mauricette : De quel vaccin vous parlez déjà ?

Libérafion : Celui contre le coronavirus, madame.

Mauricette : Monsieur, j'ai 78 ans. J'ai désormais bien vécu et vous vous doutez bien qu'à mon âge, on peut mourir de pas grand chose. Alors si votre vaccin écourte ma vie, ou alors que c'est le coronavirus, un cancer ou une maladie du cœur, qu'est-ce que vous voulez y changer ? Vous serez vous aussi un jour vieux, et ça finira même par vous tuer. Alors vous voulez savoir si j'ai peur de votre vaccin ou même du coronavirus ? Non. Je veux juste pouvoir vivre normalement à nouveau et voir mes petits enfants tant que Dieu me donne encore un peu de temps. Et si vous êtes journaliste, allez bien dire aux Gilets Jaunes que Mauricette les soutient et attend d'eux qu'ils renversent le poudré qui occupe l'Elysée !

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samedi 26 décembre 2020

Ginette fait barrage au Pangolin !

Ginette raccrocha furieuse le combiné du téléphone. Elle avait vécu comme un électrochoc la réponse du médecin : pour le moment, aucun vaccin contre le Covid n'était disponible. Il allait falloir patienter encore un peu le temps que l'ensemble des pharmacies soient approvisionnées. Mais Ginette était parfaitement résolue à trouver ce maudit vaccin. Quand Olivier Véreux avait annoncé à la télévision que ce dernier serait bientôt disponible, elle avait ressenti un profond soulagement.

Non pas qu'elle fut particulièrement inquiète s'agissant du coronavirus. Il n'y avait eu aucun mort dans son quartier ces derniers mois. A part peut-être le fils de Rolande qui avait eu un accident du travail. On s'était posé un instant la question de classifier le décès du jeune homme en Covid, mais il avait été estimé que manifestement, lorsqu'un corps vous arrivait en plusieurs dizaines de morceaux, il était très difficile de faire accepter à la famille que le coronavirus soit responsable du décès.

Non, Ginette n'a pas peur du coronavirus. Simplement, c'est une bonne citoyenne qui fait de son mieux pour faciliter la vie au gouvernement. Elle avait approuvé quand Macrotte avait dit qu'il suffisait de traverser la rue pour trouver du travail. Elle avait applaudit son téléviseur, lorsque le même homme avait adressé un message de fermeté contre les Gilets Jaunes. BFM, LCI, France Télévisions, Radio France, Europe 1 et RTL étaient tous très clairs à ce sujet : ce ne sont pas des gens en colère, mais des casseurs violents, adeptes des théories du complot et proches de l'extrême droite. Or, Ginette a toujours voté contre le Front National. Oh, certainement pas pour Mélenchon ou ces petits candidats dont elle s'est toujours demandé pourquoi on leur accordait du temps d'antenne. Ces gens n'ont jamais l'air sérieux, la preuve : ils sont peu médiatisés. L'essentiel est de voter pour quelqu'un qui présente bien, qui ne soit pas un populiste et dont les journalistes semblent considérer qu'il aura toutes les chances d'être élu. C'est la meilleure façon de faire barrage à l'extrême droite. Elle était ainsi très satisfaite d'avoir voté pour Emmanuel Macron, et plus encore lorsque celui-ci fut déclaré "élu" par la presse. Cela ne faisait que confirmer qu'elle votait avec bon sens et qu'au moins sur cet aspect de sa vie, elle faisait un peu partie des gagnants.

Ginette réfléchit un instant, puis se décida. Elle partit dans sa chambre récupérer son châle, sa muselière et son sac à main, attrapa au vol les clés de sa Twingo et descendit jusqu'au parking. Ginette roula une bonne heure depuis son village d'Eure et Loir, jusqu'à la Courneuve en Seine Saint-Denis. Bientôt les imposantes barres de béton de la Cité des 4000 lui firent face. Elle gara son véhicule sous l'ombre d'un platane et se dirigea directement vers une petite meute de jeunes criant fort devant un hall d'immeuble. Un peu intimidée, elle interrogea l'un d'entre eux :

- Vous n'auriez pas un vaccin tombé du camion ?
- Wesh ! Biensûr M'dame qu'on a ça ! Tu veux combien de doses ?
- Une seule, c'est pour moi-même.
- Viens, suis-moi ! lui répondit le jeune au teint hâlé.

Il entraina alors Ginette dans une cage d'escalier crasseuse et sentant la pisse. Il lui fit monter quatre étages, avant d'accéder au pallier débouchant sur deux appartements. Le jeune frappa lourdement sur l'une des deux portes. Un homme l'air patibulaire ouvrit, toisa quelques secondes Ginette et s'effaça pour les laisser entrer. Elle pénétra dans un capharnaüm où les odeurs acres de shit et de sueur se disputaient la primauté sur l'atmosphère. 

- Elle veut une dose, avertit immédiatement l'ange-gardien de Ginette.

L'hôte fit signe à cette dernière d'approcher. Il se planta devant une armoire blanche et expliqua à Ginette : C'est un super congélateur. Ca nous a coûté 15.000 balles pour pouvoir stocker à -80 °C les vaccins. Alors il nous faut du retour sur investissement. Donc si t'as des copines qui veulent se faire vacciner contre le Covid plus rapidement que les autres, t'hésite pas ! Tu sais où trouver ce qu'il faut désormais. Il sortit une dose du congélateur, Ginette crû voir un instant le saint Graal. Ses yeux brillaient de satisfaction. Elle tendit un billet de 500 € que le jeune homme lui arracha presque des mains. L'air soudain menaçant, il pencha sa tête contre celle de Ginette et lui dit :

- Qu'on soit clair toi et moi : si jamais tu joues les poucaves avec les flics, on te saigne.
- Que signifie "poucave" ? demanda Ginette, terrorisée. 

Son hôte répondit par un sourire méprisant et la congédia. Elle descendit l'escalier puant, traversa la meute de racailles qui vociféraient un morceau de rap évoquant avec entrain le meurtre de blancs, de flics ou érigeant les femmes au statut de "chiennes". Alors qu'elle se dirigeait vers sa Twingo, à quelques dizaines de mètres de là, Fred et Tonio observaient le manège qui se déroulait devant le hall d'immeuble. Fred appuya sur le bouton de son micro accroché à sa veste et demanda du renfort. Les deux hommes sortirent de leur véhicule et marchèrent à grand pas vers Ginette en présentant leur insigne de police. Déjà les racailles détalaient. Mais Fred et Tonio savaient qu'elles allaient revenir en nombre et armées, il ne fallait donc pas trainer. 

- Madame, je vais vous demander de nous suivre dit Fred à Ginette.
- Mais, je n'ai rien fait ! s'indigna le visage empourpré, la sexagénaire.
- Ecoutez, vous venez d'acheter une dose ? On va pas se mentir ? Je vous prie de ne pas discuter et de nous suivre, autrement on va devoir vous menotter.

Ginette, terrifiée, suivit les deux agents de la BAC qui la firent monter dans leur véhicule. Déjà la meute de racaille réapparaissait. Comme prévu : en plus grand nombre, plus armée et vociférante qu'il y a quelques minutes à peine. Fred colla le pied au plancher et s'éloigna de la cité des 4000 sous les jets de projectile. Une fois au poste, on fit délacer à Ginette ses chaussures avant de lui signifier sa garde-à-vue. On amena la vieille dame jusque dans une petite cellule au sous-sol du bureau de police. Elle y rumina une bonne heure jusqu'à ce qu'un bruit de verrou la sorte de sa discussion intime. Elle fut conduite dans un bureau où Tonio et Fred l'attendaient pour débuter son audition. Une fois les informations civiles récupérées, Tonio lui posa la question que tous les flics du commissariat se posaient :

- Mais pourquoi vous achetez un vaccin sur le marché noir ?
- Parce que les pharmacies autour de chez moi ne sont toujours pas approvisionnées.
- Mais vous pourriez attendre un peu. Vous êtes si pressée que ça de vous faire vacciner ?
- N'êtes-vous pas au courant qu'il y a une très grave épidémie en ce moment ? s'indigna presque naturellement Ginette.
- D'accord, mais si vous attendiez un peu, vous seriez sûre d'acheter le bon vaccin, et ça vous serait remboursé par la sécurité sociale. Combien vous avez payé pour votre dose, là ?
- 500 € répondit calment Ginette.
- 500 € !?! répétèrent les deux flics ébahis derrière leur bâillon.
- Mais Madame, vous savez qu'à cause de gens comme vous, les convois qui transportent le vaccin se font braquer par de vrais criminels ?
- Il me semble que c'est à la police de sécuriser ces transports. D'ailleurs, n'est-ce pas le gouvernement qui a déclaré que les transports du vaccin seraient sécurisés par vos services ?

Les deux policiers restèrent quelques secondes sidérés par la réponse formulée avec calme par Ginette.

Fred n'y tint plus et rompit le silence :

- Ecoutez Madame Dupuis : effectivement, on a entendu comme vous que les transports de vaccins seraient sécurisés par la gendarmerie. Ca nous a beaucoup fait rire au commissariat, puisqu'on ne voyait pas vraiment quel voyou s'y intéresserait. Pour nous, c'était juste de la com gouvernementale pour laisser à entendre que le vaccin était très attendu et donc précieux. Mais vous comprendrez que nous restons ancrés dans la vie réelle, Madame ?

Après un bref silence, Fred reprit :

- Ce qu'on imaginait pas, c'est que nous verrions déferler des centaines de gens comme vous dans les cités pour aller réclamer une dose de vaccin à des dealers. Quand on a entendu aux infos que les convois transportant le vaccin, même assistés de la gendarmerie, se faisaient braquer : vous n'imaginez pas quelle fut notre surprise. Aussi, puisqu'on se pose tous la question dans le commissariat : qu'est-ce qui vous arrive ? La télé vous a rendu complètement cons ? Vous êtes possédés ?

Ginette hoqueta d'indignation. Alors qu'on lui signifiait qu'elle serait déférée au parquet, elle entendait au-dehors, les sirènes hurlantes des véhicules de police pourchassant les voleurs de vaccin contre le Covid. A quelques milliers de kilomètres de là, dans les brumes d'une forêt tropicale, un pangolin signifiait à un général chinois que la phase 3 du plan pouvait désormais être activée...

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mardi 22 décembre 2020

Lettre au père Noël d'un rescapé

 Cher petit papa Noël,

J'espère qu'au vu de ton grand âge, tu n'es pas tombé malade du Covid et que la mère Noël va bien aussi. Comme chaque année, je reconnais ne pas avoir été très sage, du moins conforme à ce que le gouvernement attendait de moi. Malgré tout, j'espère que tu seras indulgent et que tu accepteras de me faire un joli cadeau.

J'aimerais bien te réclamer une guitare électrique ou quelques bons livres comme chaque année, mais la situation est un peu particulière aujourd'hui. Aussi, j'espère que cela sera dans tes cordes, mais voilà : je souhaiterais une guillotine. Ce merveilleux objet a la faculté de régler de nombreux problèmes politiques et démocratiques en France, quand manifestement, des abus graves et répétés sont perpétrés par le gouvernement. 

Je souhaiterais que tu la déposes face au parlement, afin que chacun de nos députés puisse l'admirer en long, en large et en travers quotidiennement. Je peux aisément contacter des bricoleurs motivés pour t'aider à l'ériger en bonne place. 

Dans le cas où tes petits lutins ne pourraient fabriquer un tel cadeau, je souhaiterais savoir si tu pouvais placer dans ta hotte l'ensemble de notre représentation politique pour l'amener avec toi jusqu'au pôle nord, cela afin de nourrir les ours qui souffrent du recul de la banquise. Comme tu le sais bien, nos éminents politiciens sont adeptes du green washing, et l'on souhaiterait par conséquent "washer" nos institutions de ces derniers, définitivement si c'est possible.

Si malgré les difficultés du moment, tu oses finalement survoler la France pour nous faire un tel cadeau, je dois t'avertir qu'il conviendra de faire attention aux drones de surveillance. Ces derniers sont capables de vérifier jusque dans ton slip si tu as bien une attestation en bonne et due forme, t'autorisant à te déplacer au pays des droits de l'homme. L'épidémie qui nous frappe est terrible et tu le verras bien vite du haut de ton traineau : de grands bûchers sont allumés dans toutes les grandes villes pour incinérer en urgence des centaines de milliers de cadavres qui s'amoncellent.

Rien qu'aujourd'hui, 12 de mes voisins sont encore morts. Il y a quantité de chats errants dans mon quartier du fait que la moitié de celui-ci, a été décimée par le couillonavirus. Les survivants se terrent chez eux et se reconnaissent aisément dans la rue avec leur bâillon. Je comprends parfaitement leur terreur indicible au vu de la réalité quotidienne qui nous fait face. J'ai dû moi-même participer au terrassement d'une gigantesque fosse commune dans mon village. 

Dieu merci, les médecins qui contestent les mesures draconiennes actuellement en vigueur, sont renvoyés de leur poste et poursuivis en justice par les instances dont ils dépendent. On a même enfermé l'un d'entre eux dans un hôpital psychiatrique récemment, mais un sombre petit juge des libertés à finalement décidé de lever cette mesure pourtant essentielle à la tranquillité publique. Chaque jour dans les médias, le décompte macabre se poursuit. Nous étions un peu plus de 67 millions de Français fin 2019, nous sommes désormais moins de 30 millions ! Tous nos vieux sont morts, ne restent que des adultes gravement malades et quelques enfants.  Chaque jour, les enseignants qui n'ont pas encore été emportés par le coronavirus, expliquent à leurs élèves ce qu'étaient autrefois nos libertés fondamentales, tout en exigeant qu'ils redressent leur muselière au-dessus du nez. Je tiens à remercier vivement l'éducation nationale pour son abnégation, sa capacité à faire barrage au totalitarisme cela en expliquant que ce dernier fait désormais partie de l'histoire ancienne, autant que je souhaite saluer son engagement constant à éveiller l'esprit critique de nos enfants. Toutes les théories du complot que ces derniers colportent devront être endiguées avec un argument d'autorité qui soit rassurant.

A ce propos, cher petit papa Noël : il faut que tu saches que comme 80 % des Français, les enfants sont extrêmement nombreux à être porteurs sains du très dangereux virus de la mononucléose. Cette maladie peut infecter l'ensemble de nos organes vitaux jusqu'à même nous tuer. Comme tu es vieux, normalement tu ne devrais avoir aucun soucis à embrasser les enfants. En effet, ce sont d'avantage les très jeunes gens qui contractent cette maladie mortelle. Si tu vas livrer un petit quelque chose à des pauvres, fais bien attention à toi. Nous sommes 30 % de Français à être porteurs sains du très dangereux bacille de Koch qui provoque la tuberculose. Or, c'est typiquement une maladie qui se développe chez les plus précaires. Cependant, là où tu pourrais courir un risque autant chez les bourgeois que les chez les gueux, c'est avec le staphylocoque doré. Ce dernier est à l'origine de la méningite foudroyante. Nous sommes entre 50 et 80 % de Français à en être porteurs sains. Autant que tu le saches, la France est une immense zone infectieuse et cela fait des millénaires - sinon des millions d'années - que cela dure. 

Les scientifiques s'interrogent encore pour savoir comment les Français sont parvenus à survivre à leur propre environnement naturel ainsi qu'à leur famille et leurs proches depuis des siècles. Certes, les épidémies de choléra, de peste, de variole ou de lèpre étaient d'une gravité autrement moindre que celle que nous connaissons aujourd'hui, mais elles ont elles aussi mené "la guerre" aux Français, selon les propres termes de notre Premier sinistre Jean Castex. Celui-ci d'ailleurs, conscient de la gravité de la situation, vient de déposer un projet de loi pour pérenniser ses mesures totalitaires (mais nécessaires pour notre bien). C'est un peu comme un papa pour nous Castex, tu sais. Il est question d'interdire définitivement le droit des personnes à pouvoir circuler, se rassembler, travailler, s'éduquer et vivre normalement si elles ne peuvent justifier de leur bonne santé (si elles n'ont pas été dépistées, vaccinées, certifiées et tamponnées conformes sur le front). Afin d'être totalement certain de bien distinguer les terroristes paranoïdes (c'est-à-dire ceux qui refusent de se faire dépister, vacciner, certifier et tamponner conformes) des humanistes rationnels (ceux qui se soumettent avec joie ou résignation à la "règle"), il est question d'imposer aux premiers une étoile jaune sur la gueule pour mieux les reconnaître. Cependant, quelques conseillers en communication ont suggéré à notre jupitérienne saleté, que cela risquerait d'évoquer des périodes sombres de l'histoire, etc, etc... Du coup, il a été décidé que la muselière suffirait à remplacer un tel dispositif de marquage. Seuls les humanistes rationnels pourront s'affranchir de l'obligation de porter le bâillon une fois vaccinés et tamponnés, mais il leur sera tout de même conseillé de continuer de le conserver en toutes circonstances et d'éviter tout contact humain comme embrasser sa grand mère, faire l'amour à sa femme ou porter son gosse sur ses épaules. C'est très dangereux, et je te prierais cher papa Noël de bien vouloir te montrer prudent comme à ton habitude, et surtout de considérer les enfants comme de potentiels foyers infectieux.

Je me permets de conclure ce courrier en ajoutant finalement une dernière demande. Sans doute celle qui a finalement le plus d'importance : pourrais-tu offrir un peu de lucidité à mon peuple ?

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