jeudi 20 avril 2023

Lettre à Vladimir Poutine d'un "poutinolâtre" (en faveur de la paix)

Monsieur le Président 
de la Fédération de Russie, 

C'est ici le simple citoyen français qui vous écrit, non le journaliste-roquet des intérêts de Washington pas plus que le politicien larbin des mêmes intérêts. J'aimerais signifier être le plus enthousiaste et intéressé des hommes à la culture russe mais cela serait mensonger de ma part. Non pas que je ne dispose pas d'une certaine curiosité pour votre langue, votre écriture et votre histoire, mais pas moins ou plus de cette même curiosité que je pourrais porter à d'autres nations. Fidèle à la tradition française, je suis naturellement ouvert sur le monde et sais faire preuve d'empathie pour au moins comprendre les inquiétudes des uns et des autres sur cette improbable planète qui, perdue dans l'immensité du cosmos, trouve quelque importance à se faire la guerre continuellement.

C'est une constante humaine depuis l'aube des civilisations : nous nous faisons la guerre. La paix n'étant qu'un interlude de tout au plus quelques décennies avant qu'un quelconque fou nous envoie au massacre à nouveau. Non pas que certaines guerres ne répondent pas de considérations morales aussi fortes que justes, mais valent elles le prix du sang quand celui-ci n'est jamais versé par ceux qui portent les responsabilités les plus importantes dans un conflit militaire ?

Dans un monde idéal, nul soldat ukrainien ou russe ne viendrait s'entretuer sur le front. Juste vous et M. Zelensky s'affrontant loyalement dans un duel à mort afin de résoudre votre différent. On lui associerait ses amis Ihor Kolomoïsky, Victoria Nuland et Joe Biden. Vous trouveriez sans doute quelques personnes d'importance pour vous soutenir dans cet improbable combat. Mais le monde, particulièrement dans les sphères dirigeantes, n'a rien de chevaleresque et digne à faire valoir. Il est ce qu'il est et parce que quelques néoconservateurs américains sont au moins aussi hystériques et dangereux que les factions néonazies qu'ils soutiennent sans vergogne depuis les événements d'Euromaïdan,. La Russie, depuis lors, s'est légitimement sentie acculée dans ses retranchements.

Lorsqu'un aimable géopolitologue de salon me livre la propagande de l'OTAN sur la Russie que nous entendons continuellement dans nos grands médias publics et privés en France, j'aime à lui répondre par une analogie pour expliquer la nature du conflit entre votre pays et l'Ukraine : 

Admettons que l'Allemagne et les USA (des ennemis ostensibles de la France) financent et promeuvent, par différentes manœuvres, des extrémistes flamands très hostiles à la France et aux populations francophones de Belgique ; admettons que ces extrémistes prennent le pouvoir par la force et commencent aussitôt des exactions graves et répétées sur les populations francophones de Belgique ; admettons enfin que nos ennemis livrent à ce gouvernement des armes et munitions en vue de se préparer à la guerre contre la France : dans ce cadre, n'importe quel chef d'Etat soucieux des intérêts de notre pays se devrait d'envahir la Belgique, mettre un terme aux exactions et, si nécessaire, annexer la Wallonie et le Hainaut à la France pour assurer une sécurité définitive aux populations concernées et une profondeur territoriale de la France plus importante contre les Etats coalisés contre notre pays.

En ce sens, et parce que je n'ignore nullement les manœuvres belliqueuses permanentes de l'UE et l'OTAN contre la Russie depuis des décennies, je comprends votre point de vue. Je ne peux me permettre de l'approuver pour autant car si l'Ukraine est un Etat qui s'est constitué très récemment sur les cendres de l'URSS, ses frontières restaient reconnues et leur violation par la force reste une entorse grave au droit international public et un très mauvais exemple donné à tous ceux qui seraient tentés de régler leurs conflits territoriaux de la même façon. Oui, du point de vue des autorités russes, il est cohérent et juste de considérer que vous menez une guerre préventive contre l'Ukraine, mais cela reste une guerre malgré tout. De la même façon, si l'on peut blâmer les autorités ukrainiennes d'avoir trahi la cause de leur peuple par leur larbinisme à tous les intérêts prédateurs à leur propre nation, le simple civil ou soldat ukrainien l'ignore le plus souvent et n'avait de toute façon aucun moyen d'influencer le cheminement politique de son pays.

On peut aussi comprendre que, même au sein de la Novorossia, russophones ou non, un très grand nombre d'Ukrainiens développent aujourd'hui un sentiment national en réaction à l'invasion de leur territoire par vos propres armées. Et dès lors que le prix du sang est déjà payé par vos troupes, comment accepter l'idée de se retirer intégralement d'Ukraine sauf à vouloir expliquer à la nation russe que cette guerre a été livrée pour rien et en pure perte ? De l'autre côté, ce même sang ayant coulé à flot continu, il n'est plus possible pour M. Zelensky d'accepter une capitulation ou négociation incluant des pertes territoriales importantes.

J'ai bien compris que M. Prigogine (dont on s'étonne en occident de sa "liberté de ton") n'est en fait que votre porte-parole officieux. Ce que vous ne pouvez pas dire publiquement, sauf à vouloir vous discréditer politiquement, cet homme, qui est initialement pour vous un ami, l'énonce avec sa propre formulation et sans caractère officiel. Ainsi, la proposition de la Russie serait en vérité la suivante : mettre fin aux hostilités, conserver les territoires acquis et s'assurer que l'Ukraine n'intègre jamais l'OTAN. Votre concession étant de mettre fin à vos prétentions d'annexer les territoires du Dombass ou des régions de Kherson et Zaporijia n'étant pas occupés pour le moment par vos troupes. Evidemment, la proposition tacite restant inacceptable pour l'Ukraine, M. Zelensky refusera de s'asseoir à la table des discussions. Si l'on ajoute en outre que la Rada ukrainienne n'a pas trouvé mieux que voter une loi s'interdisant de négocier avec la Russie, nous sommes face à un conflit qu'aucune solution diplomatique ne pourrait à minima geler provisoirement (en faisant taire les armes).

Il faut donc se prononcer et faire des choix depuis l'extérieur qui engageront sur l'avenir et seront vecteurs ou non de paix entre vos deux pays. Ce ne peut pas être de gaîté de cœur que je considère qu'il est de l'obligation morale de la France que se positionner aux côtés de la Russie. Cela pour plusieurs raisons qui relèvent strictement de nos intérêts nationaux :

1) L'Allemagne et désormais les USA restant des ennemis séculiers et même existentiels pour la France, il nous appartient de privilégier nos bonnes relations avec les adversaires reconnus de ces pays. S'agissant de l'Allemagne : parce que la géographie commande une logique de prise en tenaille permanente de ce pays entre nos deux nations. S'agissant des USA, leur hégémonie ne se brisera que le jour où la France se retirera de l'UE et l'OTAN brisant ainsi l'une de leurs vassalités les plus essentielles en Europe et dans le monde.

2) Les relations historiques, culturelles et économiques entre nos deux pays sont anciennes, avérées et furent toujours profitables pour nos deux nations.

3) La France ne produit que très peu de matières premières, la Russie est de facto l'un des fournisseurs privilégiés pour notre industrie. 

L'Ukraine ne pouvant revendiquer de tels liens, considérations géopolitiques et avantages quelconques sur lesquels la France pourrait s'appuyer bien plus favorablement qu'avec la Russie, il va de soi que nos intérêts nationaux commandent de lever toutes les sanctions contre votre pays ; cesser les livraisons d'armes et de munitions à l'Ukraine et pousser même cette dernière à accepter de négocier.

Ainsi, les gens que l'on qualifie de "poutinolâtres" en France sont en réalité des patriotes plutôt intéressés à nos intérêts nationaux stricto sensu qu'à la Russie elle-même ou plus encore à votre propre personne. C'est sans doute politiquement incorrect que de le dire, mais je crois savoir que vous n'ignorez pas que les pays occidentaux soient dirigés par des traîtres à leur propre patrie, tous larbins zélés des intérêts étasuniens. Est-ce que les dirigeants russes sont meilleurs ? Moins perfides et cyniques ? Moins enclins aux basses manœuvres ou à la guerre ? Je ne le crois pas et je suis certain que si l'on questionnait l'homme de la rue en Russie, il trouverait mille raisons de blâmer sa représentation politique. Mais je dois tout de même admettre que votre "propagande" me semble plus habile et respectueuse de l'intelligence des gens. Il suffit simplement de comparer les discours de vos élites avec ceux de nos dirigeants pour se rendre compte du gouffre qualitatif qui les sépare tant sur le plan informatif, intellectuel que moral. Je ne ferais cependant preuve d'aucun angélisme : la Russie dit ce qui l'arrange, aménage sa communication en fonction de ses intérêts et fera preuve de mensonge si cela lui est nécessaire. Mais si les occidentaux ont pris soin de censurer RT France et autres relais d'influence de votre pays en Europe, c'est bien parce que votre point de vue doit être spécifiquement ignoré. Il faut dire que nos dirigeants et journalistes prennent le peuple français pour des enfants. Nous sommes trop bêtes ou vulnérables pour nous faire un avis propre en écoutant tous les sons de cloche. Raison pour laquelle si certains courants de pensées et informations sont censurées en France : c'est évidemment pour notre "bien". Il me semble que les dirigeants soviétiques ne pensaient pas autrement...

Heureusement, les voies numériques restant impénétrables pour la censure, il reste possible de s'informer des positions de la Russie et des avancées du conflit loin des commentaires enragés des roquets de Washington dans nos grands médias. 

Monsieur le Président de la Fédération de Russie, 

J'ai fais preuve d'honnêteté intellectuelle en vous expliquant que si des gens comme moi gouvernaient la France, il est probable que nous aurions pu influer pour prévenir le conflit en cours et, pour le moins, faire le choix de ne pas nous couper de votre pays ni de chercher à l'humilier pour des motifs moraux parfaitement fallacieux. Ainsi donc, vous savez que si le peuple français était consulté par référendum, très probablement, il voterait d'autres choix que ceux de nos dirigeants quant à nos relations avec la Russie ainsi que sur nos vues diplomatiques quant à la résolution du conflit qui vous oppose à l'Ukraine.

Mais cela ne retire rien aux rivières de sang qui coulent sur la ligne de front. De jeunes gens russes et ukrainiens dont la seule vocation devrait être de vivre à l'abri des obus et des balles, s'entretuent pour des raisons qui les dépassent et ne peuvent de toute façon fournir, par leur sacrifice, une issue favorable sur le plan militaire. Oui, la Russie a les moyens et dispose de la profondeur territoriale et démographique suffisante pour assurer ses acquis territoriaux. Mais reconnaissons que les combattants ukrainiens sont aussi courageux que motivés et déterminés à poursuivre leurs offensives, aussi vaines soient-elles, face à la puissance de feu de votre artillerie. La Russie ne peut donc que consolider cette ligne de front, compter ses morts chaque jour, jusqu'à ce que l'Ukraine s'épuise (et elle semble prête à le faire sur de nombreuses années) pour reconquérir ce qu'elle a pourtant irrémédiablement perdu. Je ne crois pas que cela soit une solution satisfaisante tant pour les Ukrainiens que pour les Russes. Chacun sait quels sont les enjeux motivant la poursuite des combats, mais ces derniers ne peuvent déboucher sur aucun succès significatif ou stratégique pour chacune des parties impliquées, sauf à vouloir sacrifier des milliers de combattants pour quelques kilomètres carrés.

Aussi, je ne peux que vous appeler à proposer un cessez-le-feu à l'Ukraine et être prêt vous aussi à quelques concessions territoriales permettant à votre adversaire d'admettre une défaite qui ne soit pas humiliante sans que vous y perdiez ce qui vous parait le plus essentiel. Bien sur, les termes de la paix seraient bien plus complexes et longs à faire aboutir, mais à minima : il est urgent de sauver des vies par un cessez-le-feu ne signifiant nullement la fin de l'état de guerre, mais assurant au moins à des milliers de jeunes gens de ne plus avoir à angoisser à l'idée de mourir sur un front qui est de toute façon totalement figé.

Sans nul doute l'Ukraine tient des positions empêchant une telle initiative d'être acceptée ; de même que sa volonté de "contre-offensive" ne peut être endiguée à l'heure actuelle. Sans doute devrons nous attendre qu'encore des milliers de jeunes hommes s'entretuent de façon massive pour que M. Zelensky accepte de mettre fin à cette boucherie pour son propre peuple. J'espère que cela ne sera pas le cas et que les gens de paix parviendront à faire entendre raison aux dirigeants ukrainiens. Encore une fois, je ne peux manquer d'empathie face au fait que le Dombass et autres territoires perdus correspondent pour les Ukrainiens à leur Alsace-Moselle occupée par l'ennemi. Et que même un accord de paix et plus encore un simple cessez-le-feu ne seront pas de nature à éteindre les volontés de revanche et la rancœur d'un grand nombre d'Ukrainiens. A ce titre, je considère que quand bien même la Russie a été acculée à la guerre, cela restait une erreur politique de long terme que de céder à cette volonté manifeste des occidentaux d'entrainer votre pays à se fourvoyer dans un tel piège. On peut dire que la psychopathe dénommée Victoria Nuland (superbement ignorée par nos médias complaisants) et son maître à penser, feu Zbigniew Brzezinsky, ont remporté une victoire stratégique en ayant réussi à pousser la Russie à initier un tel conflit armé.

Il n'y aura donc aucune solution permettant de mettre un terme à ce conflit qui puisse être satisfaisante sur le long terme tant pour l'Ukraine que pour la Russie. Si l'Ukraine ne reprend pas le contrôle de ses territoires perdus, il faudra des décennies pour espérer tarir la volonté de revanche des Ukrainiens et plus encore renouer des relations pacifiques et même amicales avec ce pays. Si la Russie se retire, outre mettre en péril la Crimée, cela amorcerait une crise politique majeure dans votre propre pays. A ce titre, si la France était gouvernée par des hommes sages, soucieux de nos intérêts et de la promotion de la paix, nos diplomates auraient à charge d'engager les deux parties à faire des concessions l'une envers l'autre pour signer une paix honorable. Je ne vous demande pour ma part, à vous et M. Zelensky, qu'un simple cessez-le-feu. Je suis certain que la majorité des civils et combattants de chaque côté de la ligne de front le souhaitent ardemment indépendamment de leurs convictions sur la légitimité de cette guerre. Les soldats ukrainiens et russes ont fait montre d'énormément de bravoure et d'honneur dans cette guerre, les survivants méritent que la boucherie cesse instamment. 

Enfin permettez moi de relever que l'une des raisons de cette guerre tient au fait que la Russie a perdu une bonne part de son influence en occident depuis l'éclatement de l'URSS. Votre "soft power" tenait autrefois de l'internationale communiste qui permettait à la Russie de se faire entendre et instiller un rapport de force sans le dire avec les chancelleries occidentales. Mais aujourd'hui, la Russie a perdu ses usages diplomatiques. Georges Soros, Bruxelles et Washington n'ont aucun problème éthique à subventionner et retourner des entités politiques contre vos intérêts nationaux, y compris en promouvant des guerres par proxy si nécessaire. De votre côté, la Russie est en contact avec quelles entités politiques occidentales envisageant sérieusement de nuire à leur propre gouvernement ? Je suis bien placé pour savoir que votre ambassade en France ne donne aucun droit de réponse à des activistes qui tentent de rentrer en communication, même simplement informelle. Ce dont d'ailleurs de nombreux citoyens russes vivant en France se désolent puisqu'ils reconnaissent eux-mêmes ces manquements de la part de vos diplomates.

L'isolement n'est pas la voie qui permettra à la Russie de se faire entendre et trouver des solutions d'avenir dans ses relations avec l'Occident. Certes, on peut considérer qu'il est de l'intérêt de la Russie que la France s'affaiblisse économiquement, politiquement et militairement dans l'UE et l'OTAN. Mais sur le long terme et au vu des enjeux géopolitiques en cours, la Russie n'aurait-elle pas plutôt intérêt à trouver tous les moyens de réchauffer ses relations avec notre pays et espérer que celui-ci se détache de sa vassalité à l'Allemagne et aux USA ? A bien y réfléchir, il relève autant des intérêts nationaux français que russes que nos pays chérissent leur indépendance comme leurs bonnes relations contre leurs ennemis séculiers communs. 

M. Macron est un ennemi de la France. C'est un traître doublé d'un usurpateur. Aussi je me réjouis que vous évitiez autant que possible de dialoguer avec cette ordure car tout Français disposant d'un peu de bon sens politique n'espère qu'une chose : que M. Macron soit destitué et jeté en prison pour haute trahison. A ce titre, je vous demande de ne surtout pas amalgamer notre "représentation" politique qui n'est constituée que de porte-paroles des intérêts US en Europe avec la volonté de notre propre peuple plus enclin à la révolution qu'à la capitulation. Ce qui signifie que rien n'est figé en France et qu'il est probable que dans les mois ou années à venir, de grands changements politiques interviendront.

Dans l'attente il devient urgent, pour notre continent et la sécurité mutuelle de tous, que le conflit en Ukraine trouve une résolution, même provisoire ou bancale. Je reste conscient que vous n'avez pratiquement aucune marge de manœuvre, mais vous restez formellement responsable de l'engagement des hostilités. Vous devez donc prendre la responsabilité de la main tendue et des concessions nécessaires pour permettre aux dirigeants ukrainiens de trouver eux-mêmes une porte de sortie honorable.

Certes, il n'y a rien attendre des occidentaux au vu de leur immoralité, leurs mensonges continuels et leur hypocrisie permanente, mais je suis certain que les plus nombreux et légitimes à désirer la paix se trouvent précisément en Russie et en Ukraine. C'est avec ces gens qu'il faut trouver des solutions et j'espère que vos services font tout ce qui leur est humainement possible pour arriver à une telle finalité.

Monsieur le Président de la Fédération de Russie,

Vous aurez donc compris que je ne juge pas les raisons qui vous ont poussé à entrer en guerre contre l'Ukraine ; que tout "occidental" que je suis, je reste en dehors de la ligne américaine en considérant les stricts intérêts de la France ; et que mon seul soucis à ce stade reste de faire cesser les tueries au plus vite. Si nous n'avions livré aucune arme et munition à l'Ukraine, c'est par une capitulation rapide que cette boucherie aurait cessé, sans doute avec moins de pertes territoriales à supporter par ailleurs pour votre adversaire. Les va-t-en-guerre de l'OTAN considèrent que cette guerre doit durer jusqu'au dernier ukrainien en ayant le culot de prétexter vouloir "sauver des vies". Tant que les propagandistes n'ont pas à supporter les obus qui pleuvent dans une tranchée boueuse, ils auront beau jeu de prétendre que maintenir l'armée ukrainienne en état de combattre serait de nature à économiser des vies. Là où la raison stipule qu'une armée dans l'incapacité de se battre n'a plus de légitimité à envoyer des hommes à l'abattoir. Et je n'imagine pas l'armée russe liquider froidement des centaines de milliers de prisonniers de guerre ou combattants que l'on a invité à rentrer chez soi sitôt l'épuisement des munitions et armements de l'adversaire constaté. C'est aussi l'une des raisons qui devraient imposer à la France de n'accorder aucun "soutien" à l'Ukraine qui soit de nature militaire. Si vos deux pays ne peuvent pas "perdre", l'Ukraine n'a nullement les moyens de "gagner". Alors autant qu'elle capitule le plus rapidement que possible, tant pour épargner sa jeunesse d'avoir à mourir inutilement sur le front que pour sauvegarder ce qui lui reste de territoire. Ce qui signifie que, sauf à mobiliser la totalité de vos ressources humaines et matérielles pour en finir au plus vite avec ce conflit, votre seule voie intermédiaire reste les concessions territoriales que vous pourriez proposer à l'Ukraine en gage d'un cessez-le-feu et d'un retour à la diplomatie pour aboutir à la résolution du conflit. Je suis conscient que ces concessions sont difficilement extensibles, mais il faut donner à l'Ukraine quelque chose qui lui permette de signifier que face à la puissance de l'armée russe, elle n'a pas fait que résister, elle a su aussi reprendre le contrôle d'une partie des territoires perdus autrement que par une "contre-offensive" qui ne fera pas mieux que la saigner plus encore. Je considère qu'il est juste que la Russie tienne à sa sécurité territoriale et que les manœuvres bellicistes de l'OTAN doivent cesser une bonne fois pour toute. Mais vous ne l'obtiendrez que lorsque les Français auront fait leur révolution à même de renvoyer les Américains dans leurs plates-bandes loin des rivages européens.

Quand bien même les révolutionnaires français n'ont pas besoin de l'ingérence de la Russie dans leur propre lutte, ils auront un jour besoin de sa reconnaissance s'agissant de leur futur gouvernement de salut public, mais aussi que la paix en Europe ait été maintenue jusqu'à leur avènement afin d'avoir toute latitude quant à provoquer les bouleversements géopolitiques les plus sensibles (et pourtant nécessaires) si l'on considère le besoin de sécurité mutuelle des Etats européens dont la Russie fait indéniablement partie. Si les occidentaux sont, dans une large mesure, coupables d'avoir encouragé la guerre entre votre pays et l'Ukraine, vous restez responsable du déclenchement et, par là-même, de la résolution de ce conflit. Vous ne trouverez aucune issue qui soit satisfaisante mais vous avez le devoir moral et politique de proposer à l'Ukraine une voie de négociation acceptable. 

Je n'ai évidemment aucune sympathie pour le gouvernement ukrainien autant que je méprise les factions néo-nazies soutenues honteusement par l'OTAN. Mais je ne peux que comprendre la souffrance terrible subie par l'essentiel de la population ukrainienne pour des intérêts qui lui sont pourtant si éloignés. Si la France ne peut pas faire mieux que soigner ses relations avec la Russie pour des siècles et millénaires à venir pour les raisons géostratégiques citées ci-avant, nous perdrions toutefois notre honneur à ne pas entendre les appels au secours de l'Ukraine. La France aurait dû être le pays qui, par sa neutralité, aurait pu permettre à vos gouvernements respectifs de revenir à des logiques plus diplomatiques pour mettre un terme à votre "opération militaire spéciale", mais rappelons que M. Macron n'est pas autre chose que le larbin des USA. J'espère toutefois que la bouteille à la mer que je vous lance sera d'une façon ou d'une autre bien reçue. J'ai en effet la prétention de croire qu'elle traduit au mieux l'état d'esprit du peuple réel de France, celui que vous ne pourrez entendre dans la bouche de l'usurpateur qui siège actuellement à l'Elysée. 

Dans l'espérance qu'un chemin vers la paix sera malgré tout trouvé par votre propre pays,

Veuillez recevoir, Monsieur le Président, mes salutations les plus cordiales.

 

 


dimanche 2 avril 2023

A l'aube du Grand Soir

J'ébauche cet article tout en étant incertain d'être capable de l'achever. Voilà des années que j'ai emprunté les sentiers de la Révolution. Un aller sans retour pour tout esprit ayant fait le tour de la question politique et désormais irrémédiablement convaincu que le Salut de la nation ne viendra jamais d'une élection. Entre 2011 et aujourd'hui, que de chemin parcouru. Mais aussi tant de désillusion et de fatigue mentale contre lesquelles il faut trouver, au plus profond de son être, les ressorts de sa propre résilience. La Révolution ne peut être réduite à un Grand Soir tant attendu. C'est une guerre. Une réelle guerre au long cours qui avalera son contingent de martyrs pour la cause. Une guerre d'usure entre la tyrannie régnante et la dissidence d'un pays.

On m'a fait le reproche (justifié) d'être devenu quasi invisible sur les réseaux sociaux comme sur ce blog. De ne plus tenir de conférences ; ne plus faire œuvre de pédagogie populaire ; de ne plus publier de vidéos où je puisse faire valoir mon opinion sur tel ou tel sujet. Il y a deux raisons à cela :

1) Ce qui me reste de force psychique, je la consacre au réel. Je suis toujours et plus que jamais actif sur des considérations plus opérationnelles qu'intellectuelles et certains parmi vous ne le savez que trop bien. Il faut pour écrire, et à plus forte raison lorsqu'il s'agit de sourcer ses propres analyses, une certaine capacité de concentration. Mais aussi un feu d'espérances intime qui reste vif par-delà le glacis de l'inertie des masses. Il faut, d'une certaine façon, y croire toujours et considérer l'actualité comme l'occasion de redémontrer la pertinence de ses convictions. En mon cœur, rien n'a changé sauf une grande part de ma combativité. Je ne suis pas moins faible humainement que beaucoup d'autres. Surtout si rien de réellement positif ne vient raviver mes espérances.

2) Si je ne souffre ni d'un trop plein de modestie, ni d'un orgueil ou d'un narcissisme débridé, je n'ai jamais été à l'aise avec la communication. Et plus encore lorsqu'il s'agit de répéter (radoter) de mêmes idées et concepts durant des années. Non que je sois excessivement mauvais à l'exercice, mais plutôt désintéressé et mal à l'aise là où je me sens bien plus dans mon élément dans l'organisation d'opérations militantes ou de recherches documentaires me permettant de cerner une problématique particulière de la façon la plus exhaustive que possible. Je suis un bon activiste. Je ferais un très bon politicien (au sens noble du terme), mais je resterai à jamais un faiseur plutôt qu'un communicant.

Au final, des vidéos synthétisant ma pensée existent. Sur ce blog, je crois avoir pratiquement tout dit de la vision que je défends. Et puis mon premier essai (un autre est en cours de rédaction) est une synthèse complète et exhaustive de tout ce qui a pu être consigné sur ce blog. Certes, je ne fais la promotion de rien de tout cela, mais je n'ai pas le cœur à le faire. Néanmoins, je dois bien admettre que l'ère macronienne aura permis de jeter de nouvelles forces insurrectionnelles dans la bataille. Que ce soit au-travers des Gilets Jaunes ou plus récemment des défenseurs de nos libertés fondamentales en matière de choix de santé. De nouvelles forces vives de la nation s'ajoutant à celles s'étant  déjà constituées un peu plus tôt. Parmi ces nouveaux entrants, certains me connaissent déjà. Beaucoup ignorent les thèses et initiatives que je défends. Raison pour laquelle je me propose (peut-être pour me remettre le pied à l'étrier) de redéployer ici quelques concepts théoriques et pratiques à la source de mon travail. Ce sera toujours de la substance utile pour qui voudra s'en nourrir.

Reprenons d'abord la thèse de départ, soit la légitimité de l'insurrection puisqu'elle suppose tout le reste.

Cassons d'abord et à nouveau l'image d'Epinal : non, la Révolution n'est pas nécessairement "violente". Elle est d'avantage un fait politique et, dans sa continuité, un fait juridique :

Une révolution politique est l'aboutissement d'une lutte entre une minorité agissante et un  gouvernement se traduisant par l'éviction de ce dernier ainsi que son remplacement par un gouvernement de salut public. Rien d'autre que cela. Que les voies utilisées par les insurgés soient pacifiques ou violentes, ce qui compte est la finalité attendue : renverser le gouvernement contesté et reprendre le contrôle des institutions du pays.

Ce qui suppose de pouvoir d'abord justifier de la légitimité qu'il y aurait à renverser un gouvernement sur des motifs qui soient supérieurs à de simples désaccords politiques ou idéologiques. Il faut nécessairement que ce gouvernement contesté trahisse, au sens des lois en vigueur, la cause du peuple. Cela par la corruption, les intelligences avec des puissances étrangères, les violations permanentes et gravissimes de la Constitution ainsi que du droit international public. Tel est le cas en France. M. Macron est bel et bien un usurpateur puisque son opposition réelle a été censurée par les médias. Il est bien un traître à la patrie si l'on considère, outre sa propension à s'aplatir face aux intérêts de l'Allemagne et des USA et défendre l'idéologie européïste, que sa participation dans l'affaire Alstom relève bien d'une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation au profit d'une puissance étrangère (art. 411-5 du Code pénal).

Le problème de la légitimité étant circonscrit, restent deux problématiques à déblayer pour les révolutionnaires ;

- La constitution par avance d'un gouvernement de salut public ayant pour rôle de reprendre la main, le Grand Soir venu, est impérieuse pour parler au nom des insurgés en direction du peuple ou des corps régaliens de la nation. Ce gouvernement, à mes yeux, ne trouvera sa légitimité que par l'organisation d'un plébiscite pour chacun des ministres dont nous aurons besoin. En revanche, nous n'avons pas de "Président" à trouver, mais plutôt un Premier ministre. En effet, toutes les révolutions débouchent constamment sur un épineux problème constitutionnel puisque c'est un fait politique qui s'impose sur les normes permettant de constituer régulièrement un gouvernement. Cela a toujours obligé les révolutionnaires qui réussirent leur "coup d'Etat civique", à composer avec la Constitution de leur pays voire de se légitimer et même "légaliser" leur gouvernement après coup. Il y a bien une faille constitutionnelle à exploiter, à savoir l'article 7 de la Constitution qui prévoit qu'en cas de vacance de la présidence de la République, le Président du Sénat assure l'intérim et organise des élections présidentielles anticipées. Ce même article est cependant totalement silencieux sur "la vacance du gouvernement" expressément constatée. A supposer que si nous renversions Emmanuel Macron dans l'année, il serait évident que les révolutionnaires refuseraient au gouvernement actuel de continuer à siéger. Et si l'on renverse un chef d'Etat, c'est que le rapport de force nous est bien favorable. En symétrique, le gouvernement macronien serait pour sa part plus que fragilisé et il est même certain que la plupart des ministres et secrétaires d'Etat prendraient la poudre d'escampette à leur tour. C'est ici que tout se joue : ne pas se mettre à dos les corps régaliens de la nation et les institutions en général en respectant à la lettre les termes de la Constitution. Le Président du Sénat (lui-même fragilisé) reprendrait donc bien la main provisoirement (le temps d'organiser les élections présidentielles anticipées) quoi qu'on pense de ce dernier. Mais nous lui imposerions notre gouvernement puisque la Constitution est, encore une fois silencieuse à ce sujet. Ajoutons ici que nul révolutionnaire ne s'inscrira dans une logique de confrontation stérile avec la maréchaussée jusqu'au Grand Soir venu. Bien au contraire, à l'expérience, les révolutions qui ont abouti, sont uniquement celles qui ont vu le soutien passif ou pro-actif des corps régaliens de la nation (en particulier l'Armée) envers les insurgés. A ce titre, je revendique le fait que les individus encagoulés passant leur temps sur certains rassemblements à caillasser des flics et gendarmes sont en réalité des contre-révolutionnaires. Ce sont des briseurs de révolution et les idiots utiles de l'oligarchie au pouvoir. Ces gens-là doivent obligatoirement être exclus de tout réel mouvement révolutionnaire puisqu'ils sont incapables d'une quelconque auto-discipline et de réflexion profonde sur la réalité du fait insurrectionnel. Ces gens-là sont les ennemis du peuple. Cela autant que la Macronie elle-même.

- Une fois le cadre politique, juridique et même stratégique défini, restent les considérations plus opérationnelles capables de faire fuir un despote. De très nombreuses actions, particulièrement lorsqu'elles sont menées en synergie entre elles, sont de nature à mettre en difficulté un régime politique contesté. Cependant, certaines sont plus efficientes que d'autres. La première que je ne cesse de défendre, car elle est de loin la plus prometteuse, est le fait d'assiéger les grands médias nationaux. Après tout, ces derniers donnent le tempo de la doxa. Ils décident des politiciens ayant droit de cité et ceux qu'ils convient de censurer ou diffamer. Contrairement aux médias alternatifs qui n'ont d'influence que sur des communautés politiques restreintes, le "mainstream" atteint l'ensemble des "cerveaux disponibles". Il permet de communiquer à l'attention du peuple, mais aussi des armées et autres institutions de la République. Imaginez quelques minutes des insurgés pénétrant les locaux de France Inter et déroulant, sur de longues minutes, un réquisitoire implacable contre Emmanuel Macron en proclamant sa destitution de fait. Imaginez un appel au peuple à venir renforcer les milliers de gens assiégeant déjà le média concerné. Imaginez un appel aux armées et à tous les fonctionnaires à ne plus obéir au gouvernement. Imaginez enfin, que ce temps d'antenne ne soit pas de quelques minutes, mais soit occupé 24h/24, 365 jours par an par une ligne éditoriale, des invités et des journalistes délibérément choisis par les insurgés eux-mêmes. Voila l'enjeu, Ceausescu n'a pas été renversé autrement en Roumanie. Hugo Chavez n'a pas débuté sa révolution bolivarienne sur une banale place publique de Caracas. Non, il a pris le contrôle d'une chaîne de télévision publique pour exposer au peuple ses griefs et ses propositions pour l'avenir. 

Bien d'autres lieux de pouvoir méritent d'être assiégés voire conquis par les insurgés. L'Assemblée nationale, en particulier, puisqu'on proclame sa légitimité à gouverner le plus souvent au sein d'un parlement que l'on a arraché aux traîtres qui y siégeaient. Je pourrais étayer bien plus encore de propositions opérationnelles (et légales), mais pour ces dernières : des recherches de l'internaute ou la commande de mon livre chez un libraire permettront de trouver la voie militante la plus pertinente par rapport à ses propres capacités et contraintes personnelles. Beaucoup de choses peuvent être faites à distance, pacifiquement, légalement et, pour ainsi dire, gratuitement. Des solutions qui ont aussi le bon goût de porter un grave préjudice à la légitimité de nos gouvernants. Pêle-mêle et sans plus d'explications : constituer des tribunaux populaires pour juger publiquement les traîtres ; attaquer les symboles politiques de l'oligarchie comme le drapeau européen (en les décrochant de tous leurs supports sur l'espace public) ; l'envoi en masse de courrier aux institutions ; la diffusion de publications politiques au grand public ; la reprise de contrôle effective de la monnaie fiduciaire (franciser les billets de banque avec un simple stylo par exemple) et j'en passe encore.

Au final, après plus de dix années dans le marigot révolutionnaire, quel retour d'expérience je puis en faire ?

1) Notre principal écueil est en premier lieu le "putain de facteur humain". Il ne faut surtout pas mystifier la dissidence politique de notre pays. Composite, pour l'essentiel, elle consomme du contenu alter-médiatique sur internet et restera avachie dans la quiétude et le confort de ses appartements en laissant le soin à quelques minorités agissantes de faire tout le boulot. Ces dernières constituent une véritable Cour des Miracles dans tous les sens du terme. Des gens merveilleux, créatifs, redoutables politiques et d'une pugnacité à toute épreuve y côtoient des demi-fous, des narcissiques, des ambitieux et beaucoup de petites gens ayant plus de bon sens que de réelle culture politique. Ces derniers sont souvent en quête de  lien social au-delà de vouloir faire aboutir une révolution sincèrement. Ajoutons les pommes de discorde perpétuelles entre les individus et groupements militants, et croyez bien que constituer la Concorde entre toutes ces personnes reste une tâche herculéenne voire impossible à résoudre. Comment s'en sort-on ? En oubliant que nous sommes bénévoles et en considérant que nous devons entretenir exactement les mêmes relations les uns envers les autres que dans l'univers du travail rémunéré. En effet, il est notable que dans le milieu de l'entreprise (mais pas seulement) les gens qui se détestent savent pourtant se montrer civilisés et maintenir les plus élémentaires dispositions sociales uniquement parce qu'ils ne peuvent se permettre des esclandres motivant un licenciement pur et simple. Lorsque l'on est bénévole, beaucoup ont tendance à être "en roue libre".  C'est en fait la première des nécessités entre nous : puisqu'il y aura nécessairement des individus que nous n'aimerons pas voire que nous détesterons très clairement dans nos propres rangs, il faut apprendre ou réapprendre à se comporter en adultes et savoir mettre de côté ces conflits fratricides en se concentrant sur les objectifs à remplir.

2) Le regard à froid du réel rapport de force. Nous n'avons pas d'influence médiatique. Pas de capacité à imposer notre suprématie par la violence aux forces de l'ordre. L'ensemble des institutions y compris judiciaires sont totalement corrompues et, je le rappelle, les masses comme l'essentiel de notre dissidence resteront toujours inactives, invisibles et apathiques. Ce qui suppose que nous n'avons que nous : soit ceux qui agissent concrètement sur l'espace public. Tout repli idéologique ou absence de réflexion tactique et stratégique nous est toujours préjudiciable. Nous n'avons nullement le luxe ni même le droit moral de nous diviser ou de nous comporter avec imbécilité. Bien au contraire, nous devons rester fermement solidaires, transpartisans, et toujours plus organisés. Les rêveries "new âge" des uns ou accointances partisanes fortes des autres sont des sources de clivage et de stérilisation de la Résistance. La Concorde suppose beaucoup de recul sur soi en tant que personne et en tant qu'être politique et spirituel. L'objectif politique est d'ailleurs réduit : renverser l'oligarchie régnante. Non contester ses propres mesures et décisions (ce qui revient à légitimer ceux que nous souhaitons renverser). J'ajouterais au vu du péril existentiel pour la France que représente l'UE et notre asservissement aux USA, qu'il faudra absolument s'émanciper de ces dépendances par la suite. Enfin ajoutons le garde-fou d'une démocratie à construire pour que, quoi qu'il arrive, le peuple ait toujours la main par la suite et nous aurons déjà bien assez de défis relever comme cela. "La liste du Père Noël" consistant à ajouter des revendications toujours plus précises et idéologiquement marquées au cahier des charges de la Révolution n'a qu'une seule issue prévisible : la division et l'inaudibilité des insurgés sur l'essentiel. 

3) Prenons nos responsabilités. C'est une grande thématique que j'aborde dans l'ouvrage que je rédige actuellement : la timidité, le manque de confiance en soi et plus encore le désir de n'être responsable de rien, empêche l'écrasante majorité des talents et compétences dont nous disposons de performer dans notre organisation. Non seulement, nous avons des difficultés à constituer un réel corps politique parfaitement organisé et identifié mais, même de façon informelle, beaucoup d'insurgés n'osent pas prendre pour eux-mêmes une charge particulière. Or, nous avons besoin de juristes, d'infographistes, de vidéastes, de communicants, de chargés de relations publiques, de médiateurs, de comptables et administratifs, de coordinateurs et toute une foule de compétences parfois insoupçonnées tant elles semblent d'une grande banalité. De façon générale, se battre est une responsabilité d'adulte pour les générations actuelles et futures. Les morts ne peuvent rien pour nous. Les enfants, les vieux et malades ne peuvent être impliqués (encore que j'observe de très nombreuses personnes âgées et handicapées dans nos cortèges), les grandes abstractions idéologiques n'ont aucune prise sur le réel non plus. On se bat réellement avec de l'humain. Pas autre chose. Si vos expertises et savoir-faire propres, au-delà de faire acte de présence sur certaines mobilisations, peuvent aider : vous avez le devoir moral d'en faire profiter la cause. Assumez votre richesse intérieure, sortez du bois et proposez vos services. Vous ne serez jamais seul(e) pour effectuer ces tâches. Mais vous pourrez suppléer au camarade absent ou indisponible et c'est une stricte nécessité pour avancer au plus vite et au mieux vers le Grand Soir tant attendu.

4) Savoir se ménager ! La Révolution n'est pas une course de vitesse mais bien une course de fond. Que de solides résistants nous avons perdu en route, parce qu'ils ont livré toute leur énergie à coeur et à corps perdus à toutes les initiatives possibles et imaginables. Cela jusqu'à l'épuisement total. N'ayez jamais aucune honte ou le moindre scrupule à vous retirer provisoirement pour souffler. Limitez vos contributions à la cause en évitant de vous disperser. D'autres feront bien ce que vous ne ferez pas vous-mêmes. Ne vous épuisez pas économiquement et ne vous marginalisez pas sous prétexte d'avoir la rage au cœur dans ce combat. Restez vivants, soucieux de vous, ne faites jamais rien de stupide ou d'illégal (un résistant en prison n'est nullement utile à la cause), je n'ai pas d'autres conseils d'un vieux "routard" de la Révolution désormais : ménagez vous ! 

5) Où sont les petites rivières monétaires pour financer la Révolution ? Oui, le fait de donner un banal euro, aussi symbolique qu'il soit, à une bonne cause ou une personne (morale ou physique) que vous jugerez fiable dans ce contexte révolutionnaire, aide beaucoup. Nous n'avons pas de Georges Soros plein de ferveur patriotique pour subventionner celle-ci. Nous n'avons que nos propres ressources financières. Et si l'on ne s'active pas soi-même sur "le terrain", rien n'empêche de contribuer financièrement à la Révolution. Il ne s'agit pas nécessairement de verser de fortes sommes d'argent à une bonne cause, mais plutôt de disposer de milliers voire de millions de contributeurs qui apportent chacun quelques subsides utiles sans pour autant s'appauvrir eux-mêmes. Les tracts, banderoles, sono, locations de salles, outillages militants, frais de déplacements, etc exigent quelques ressources monétaires. De même que l'on peut aisément payer des honoraires d'avocat (des compétences précieuses pour la Résistance) avec du financement. 

Voila en synthèse les difficultés que nous avons à résoudre. Rien n'est insurmontable, mais l'on comprendra bien que la Révolution n'est nullement un phénomène qui arrive spontanément et de nulle part. C'est un projet, une organisation ainsi qu'une démarche intellectuelle extrêmement rigoureuse accompagnant une inexpugnable volonté de la dissidence quant à aboutir avec le moins de dommages collatéraux. Cela nous oblige à nous transcender humainement et politiquement mais c'est aussi la possibilité de donner beaucoup de sens à sa propre vie et s'enrichir d'énormément de compétences, de méthodologie, de liens sociaux et de culture politique.

Pour conclure, je pensais ne pas pouvoir finaliser ce billet, mais finalement, je me satisfaits de constater que l'inspiration revient en écrivant. Je continue mon travail d'activiste loin de ce blog et des réseaux sociaux, mais vous pouvez toujours m'aider par différents moyens que je laisse à votre disposition ici :

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Dans l'espoir que ce billet permettra à certains de mieux orienter leur combat, je vous engage à rejoindre tous ceux qui sont déjà dans la bataille.