Il est une citation de l’Abbé Sieyès, éminence de la Révolution française de 1789, que l’on ne retrouve jamais dans les manuels scolaires. Et pour cause :
« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants ».
En une formulation lapidaire, Sieyès abolissait ici toutes nos illusions : la France n’est pas et n’a jamais été une démocratie. Elle est un « État représentatif », ce qui est tout autre chose. Mais représentatif de quoi, ou plutôt de QUI, au juste ? De la cause du peuple ? Ou plus certainement, d’autres intérêts ?
Nous n’aurons pas assez de lignes pour nous plonger dans l’histoire de la démocratie en France ou plutôt dans celle de son absence. Il nous faudrait remonter jusqu’aux origines antiques de ce mot, soit l’association des termes « demos » (peuple) et « kratos » (pouvoir) et parcourir son évolution jusqu’à nos jours. Ayons au moins une attitude positive sur la question et observons que depuis Montesquieu (qui défendait la séparation des pouvoirs), jusqu’à notre période contemporaine, nous sommes parvenus à constituer quelques-uns des fondements de la démocratie sans pour autant l’avoir instituée directement. Nos voisins suisses en sont néanmoins les plus proches. Il est en effet possible pour le peuple helvétique de se prononcer directement sur les questions qui le préoccupent et d’imposer sa volonté politique à sa représentation. La démocratie suisse n’est pourtant pas imperméable à ses propres aliénations. Mais pour le moins, le peuple helvétique jouit d’un certain contrôle sur sa destinée ainsi que sur sa représentation politique. Ce qui n’est point le cas en France. Alors de quoi disposons-nous ?
Des fondations de papier
D’un État de droit. Violemment mis à mal par nos « représentants », certes, mais au sein duquel les Français sont théoriquement égaux devant de mêmes lois. Sur le plan constitutionnel, nous jouissons de la Souveraineté nationale, qui selon la pensée gaullienne, « se confond exactement avec la démocratie ». En pratique, elle a été totalement abolie sur l’autel de « la construction européenne ». Nous n’avons plus aucune souveraineté à revendiquer en matière économique, monétaire, budgétaire ainsi que sur l’essentiel de nos politiques publiques. Tout se décide à Bruxelles par de hauts fonctionnaires allemands, suédois ou lettons qui sont bien loin d’être des révolutionnaires exaltés par la Démocratie et plus encore par le respect des nations. Que nous reste-t-il d’autre ? La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dispose dans son article 11 que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Nous verrons que « l’abus » de cette Liberté est une notion extensive là où la nécessité d’en dresser les limites par la Loi est une formalité de moins en moins nécessaire.
Heureusement, il nous reste les « partis politiques ». Garants du pluralisme des opinions et de la représentativité politique des idées qui traversent le « temps de cerveau disponible » de la nation, ils souffrent néanmoins, avec les médias, d'un déficit de légitimité auprès des Français, comme en témoignent les enquêtes du CEVIPOF. Pour la bonne et simple raison que les médias dominants n’accordent la parole qu’à un même entre-soi politique qui, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par l’extrême centre, a le bon goût de faire consensus sur tout ce qui relève de la Souveraineté de la France (ou plutôt de son abolition progressive et consentie) tout en maintenant nos divisions sur des polémiques stériles. Si l’extrême centre (Renaissance / PS / LR / MoDem, etc) est incarné par une bourgeoisie pleine de morgue contre la Souveraineté nationale et résolument européiste, notons qu'il ne fait pas davantage partie du programme de l'extrême gauche ni de l'extrême droite (La France insoumise et le Rassemblement national) de sortir la France du carcan de l'Union européenne. On dénonce volontiers son emprise sur nos intérêts nationaux pour la forme mais, jamais, ô grand jamais, l’on s’aviserait de promettre au peuple que nous nous libérerons des griffes de Bruxelles !
Une dissidence censurée
Les médias dominants, disions-nous, n’accordent leurs micros ou colonnes qu’aux représentants de ces partis, tous d’accord entre eux pour nous maintenir enfermés dans les traités européens. Or, si en vertu de ces traités, nous n’avons plus aucun contrôle sur notre politique monétaire, douanière et budgétaire, il va de soi que toutes les belles promesses électorales en matière économique n’engagent que les sots qui y croient. D’autres forces politiques, à dessein presque totalement censurées par les grands médias, font le serment de sortir la France de l’Union européenne mais aussi de rétablir une diplomatie de paix et instaurer des politiques publiques favorables à la défense de nos intérêts nationaux. Nous pouvons les citer : l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau, République Souveraine de Georges Kuzmanovic, Les Patriotes de Florian Philippot, le Pôle de Renaissance Communiste Français de Georges Gastaud, le Parti de la Démondialisation de Jacques Nikonoff, Solidarité & Progrès de Jacques Cheminade et les Ruches de Juan Branco. Nous n’incluons pas ici d’autres formations et collectifs politiques plus confidentiels qui promeuvent la sortie de la France de l’Union européenne et de l’OTAN, mais aussi l’établissement du référendum d’initiative citoyenne dans notre constitution ainsi que, plus généralement, une relance keynésienne de notre économie. Observons toutefois qu’il existe bel et bien une dissidence politique en France qui est très hostile à nos pertes sempiternelles de souveraineté sur l’autel de Bruxelles. Une dissidence parfaitement ostracisée médiatiquement alors qu’elle atteint des niveaux de visibilité sur internet qu’aucun Gabriel Attal ou Édouard Philippe ne pourra jamais espérer obtenir sur les réseaux sociaux. Ceux que l’on nous présente comme présidentiables ou « populaires » dans les sondages ne sont certainement pas ceux que les 70 % de Français qui soutenaient « les Gilets Jaunes » en 2018 souhaitent voir arriver au pouvoir. Or, si les Français - du moins cette majorité apathique qui se désintéresse de la politique - sont soumis à un état d’ignorance sur les alternatives existantes par les grands médias eux-mêmes, il va de soi que les votes de « protestation » divisés vers les fausses oppositions que sont le RN et la France Insoumise (médiatisés) ne pourront jamais rivaliser avec l’unité de l’extrême centre. Quant à ces millions de Français déjà plus érudits politiquement grâce à l’apport d’internet, leurs champions restant imperturbablement censurés par les grands médias publics et privés du pays, il va de soi qu’à moins de renouveler une expérience « Gilets Jaunes » qui entreprenne de prendre le contrôle des grands médias, jamais leur cause comme leurs promesses électorales ne seront entendues du peuple, et pour le moins des maires qui ont ce pouvoir civique déterminant d’accorder des parrainages aux candidats à l’élection présidentielle.
Alors que nous reste-t-il ? Sans doute le droit de résistance à l’oppression sanctuarisé par l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais l’on fera remarquer que ce droit ne peut être revendiqué qu’à posteriori, lorsqu’une révolution a conduit à l’éviction d’un régime contesté mais pas à priori. Rappelons-nous comment furent traités « les Gilets Jaunes » par le pouvoir exécutif et médiatique pour nous en convaincre.
Une démolition en règle des rares garde-fous démocratiques
Les belles âmes conformistes s’indigneront que l’on puisse ainsi remettre en cause le merveilleux système soi-disant « démocratique » de la France. Mais nous pouvons pourtant rentrer dans le détail en ce qui concerne les lois profondément liberticides et antidémocratiques qui ont été adoptées depuis plusieurs décennies. Commençons par marteler que notre enfermement dans l’Union européenne abolit de fait la souveraineté nationale et, par conséquent, toute possibilité de démocratie en France. La France est dirigée de l’étranger par des intérêts prédateurs avec la pleine collaboration de nos « représentants » actuels. Selon cette analyse, il s'agit d'une véritable trahison. En livrant notre pays à une puissance étrangère dite « supranationale », ils n'ont même pas l'excuse que pouvaient invoquer Pétain ou Laval : celle d'agir sous la contrainte d'une occupation militaire. Aucune armée étrangère ne nous impose aujourd'hui d'appliquer une politique décidée hors de nos frontières et, pourtant, nos représentants nous soumettent volontairement aux intérêts de Bruxelles mais aussi, plus largement, à ceux de Berlin, Washington et Tel-Aviv.
Bruxelles et Berlin nous imposant leur politique économique par le droit européen là où Tel-Aviv et Washington nous imposent leur politique étrangère par d’autres jeux d’influence (pour ne pas dire d’ingérences).
Mais notre oligarchie régnante n’est toutefois pas avare en matière d’atteintes aux Droits de l’Homme et plus largement, à notre Constitution. Ainsi, Jean-Jacques Urvoas, député socialiste sous la présidence de François Hollande a donné les premiers coups de boutoir les plus significatifs contre la représentativité politique avec la loi relative à l'équité du temps de parole, laquelle prévoit que les partis ayant obtenu les meilleurs résultats lors des précédentes élections disposent d'un temps d'antenne supérieur à celui des formations cherchant à se faire connaître durant les campagnes électorales. Il est également à l'origine de la publication du nom des maires accordant leur parrainage à un candidat à l'élection présidentielle. Cette publicité est susceptible d'inciter certains élus à la prudence qui, plutôt que d'assumer pleinement leur responsabilité civique au nom du pluralisme des opinions, peuvent craindre les dissensions locales que pourrait susciter la présentation d'un candidat. Notons que jusqu’en 1976, seuls cent parrainages étaient nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle. Ajoutons que lorsqu’en 2012, une réforme fut proposée visant à instaurer un « parrainage citoyen » à partir d’une pétition rassemblant 150 000 Français plutôt que réserver ce pouvoir de présentation d’un candidat aux seuls maires, conseillers généraux et sénateurs, nos « représentants » y ont vu un danger certain s’agissant de leur carriérisme politique. Le parrainage a ceci d’avantageux que les grands partis bénéficiant de nombreux élus locaux, peuvent « bourrer l’urne » du Conseil constitutionnel en faveur de leurs candidats, tandis que les formations peu représentées localement, peineront à satisfaire cette exigence. Si seuls les citoyens ordinaires avaient le pouvoir de présenter un candidat, est-on bien certain que notre « représentation » politique serait similaire à celle que nous connaissons aujourd’hui ?
Le totalitarisme décomplexé
C’est cependant sous le mandat d’Emmanuel Macron que les lois les plus liberticides et antidémocratiques ont été adoptées. Bien souvent - mais pas toujours – en application de directives émanant de Bruxelles. Ainsi, un premier ballon d’essai a été lancé en 2019 par la députée macroniste Laetitia Avia visant à créer une loi contre la haine sur internet. Sous couvert de lutter contre le racisme, le texte avait pour but évident de scléroser le débat politique sur internet et protéger nos chers élus des récriminations parfois (et légitimement) virulentes des citoyens. Cette première tentative n’ayant que partiellement abouti, le couvert a été remis en 2024 avec une loi contre le cyber-harcèlement ainsi que les discours de haine en ligne (dans le cadre de la loi « pour la confiance dans l’économie numérique ») avec les mêmes objectifs initiaux visant à constituer un rempart pour nos représentants quant à devoir supporter les récriminations et la mal-pensance de leurs concitoyens sur certains sujets politiques. Il a été, par ailleurs, donné le pouvoir à l’ARCOM de sanctionner des hébergeurs et éditeurs de sites internet qui ne retireraient pas des contenus « litigieux » ou refuseraient de suspendre le compte de leurs auteurs sur simple dénonciation. Ces textes sont en réalité une transposition dans le droit français du Digital Services Act (DSA) émanant de la Commission européenne où, sous couvert d’assurer la protection de personnes vulnérables de réelles malveillances en ligne, il s’agit surtout de brider la contestation sociale et politique sur internet.
Nous n’évoquerons pas les mesures de confinement durant la crise du Covid-19 avec son lot d’obligations farfelues de boire son café debout, de se signer des attestations s’autorisant à promener son chien ou se faire insérer un écouvillon dans le nez pour obtenir « un pass sanitaire ». Nous avions alors sombré dans le plus pur délire totalitaire enfreignant rien de moins que le consentement éclairé des citoyens à tout geste médical sur leur corps ou le droit d’aller et venir à sa guise que même George Orwell n’aurait pas envisagé dans son célèbre roman « 1984 ». Nous avons même vu des journalistes donner doctement des leçons de médecine à des professeurs et docteurs en biologie moléculaire, en virologie ou en épidémiologie qui n’avaient pas le bon goût de verser dans le narratif anxiogène délivré par les médias et notre représentation politique. On arguera que d’autres médecins et universitaires ont approuvé les atteintes à nos libertés fondamentales devant les caméras de télévision mais s’est-on seulement posé la question de leurs conflits d’intérêts avec certains laboratoires pharmaceutiques ?
Dernièrement, c’est « le bouclier européen pour la résilience démocratique » qui s’est invité dans notre arsenal législatif. Sous couvert de nous protéger « d’ingérences étrangères » et de « manipulation de l’information », le texte vise en réalité à donner un plus large pouvoir à la Commission européenne et aux pouvoirs exécutifs nationaux quant à censurer des opinions divergentes sur internet voire littéralement pratiquer des ingérences (bien réelles celles-ci) en vue de faire annuler des élections comme ce fut le cas en Roumanie en 2024 (notamment sur pression de l’ambassadeur français, Nicolas Warnery, à Bucarest). Ainsi, expliquait-on à l’époque que le candidat Călin Georgescu qui avait remporté le premier tour des élections présidentielles de son pays grâce à sa popularité sur les réseaux sociaux était compromis avec la Russie. Les enquêtes qui ont suivi ont largement démontré que cet argument était totalement faux, qu’aucune ingérence particulière émanant de la Russie n’avait été constatée mais le mal était fait. Un candidat « anti-Système », alors en passe de remporter une élection présidentielle (et sortir son pays de l’UE au demeurant) s’est vu débouté du droit de concourir au second tour de l’élection. Au final, les seules ingérences qui eurent court contre la sincérité et l’intégrité du scrutin en Roumanie, à cette époque, furent bien celle de l’Union européenne et de nos dirigeants politiques nationaux.
En France, c’est désormais une loi visant à lutter contre les ingérences étrangères dans le débat électoral qui permettrait à toute autorité d’obtenir un référé visant à censurer ou bloquer le compte d’un usager d’internet qui, par exemple, pourrait expliquer qu’il voit un intérêt stratégique à restaurer nos bonnes relations avec la Russie et cesser de livrer des armes à l’Ukraine. Le Sénateur Laurent Lafon, lors d’un rapport sur « les zones grises de l’information » a même été plus loin en proposant de créer le concept de « l’ingérence intérieure » pour ne plus avoir à se justifier s’agissant d’ingérences étrangères limitées ou inexistantes. Sachant que, malgré le discours ambiant, le rapport produit par VIGINUM sur cette problématique n’a jamais fait état d’ingérences massives, graves et répétées de la part de la Russie contre la France mais a plutôt pointé l’activisme israélien en la matière. Le sujet devenait donc un peu plus sensible car il y a des ingérences dont il est préférable de ne pas trop les mettre en lumière. Surtout au moment où une députée, Caroline Yadan, que l’on peut ouvertement qualifier d’agent d’influence israélien, cherche à faire adopter une loi visant à réprimer tout discours critique contre le sionisme et plus largement contre toute dénonciation du génocide en cours contre les Palestiniens voire soutenant la résistance légitime de ceux qui s’opposent à ces crimes contre l’humanité. Dans ce cadre, pourquoi prendre le risque de pointer du doigt des ingérences russes bien maigres (sinon inventées) dans une campagne électorale là où il est plus simple de directement établir une police de la pensée à l’encontre de certains courants d’opinions. Ainsi, M. Lafon de s’interroger, de façon rhétorique, durant la présentation de ce rapport à la presse par la formule suivante :
"Que se passerait-il en effet si une personnalité, un courant de pensée, un parti politique, disposant de moyens financiers conséquents, décidaient de les mettre au service d'un projet politique en utilisant les réseaux sociaux comme une arme ? Sommes-nous prémunis de tout risque d'ingérence intérieure ?"
Le fait du prince
Manifestement, nos « représentants » sont obsédés par le contrôle de toute forme de contestation politique sur certains sujets. Et nous allons voir ici qu’ils ne s’embarrassent même plus du cadre restrictif de la Loi pour stigmatiser discriminer ou embastiller des mal-pensants. Désormais, ces atteintes à la Liberté d’expression relèvent du fait du prince. Ainsi, a-t-on parlé de l’arrêté d’expulsion délivré par le Ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, contre la journaliste russe Xenia Federova accusée de « porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ». Sa présence sur le territoire national (et plus encore ses opinions) constitueraient « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ; que par suite, il y a lieu de prononcer en urgence absolue son expulsion du territoire national en application de l’article L. 631-1 du CESEDA afin de faire cesser au plus vite ces prises de position qui ont pour effet de déstabiliser le corps social ».
Notons que les juristes du ministère de l’intérieur ont été particulièrement inventifs avec le droit puisque s’il existe bien dans l’article 410-1 du Code pénal le crime d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, celui-ci, d’une part, évoque bien la Nation et non l’État (sous-entendu, ceux qui le dirigent) et, par ailleurs, ne fait nullement mention de propos, discours ou contenus écrits qui soient susceptibles, à eux-seuls, de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.
Ajoutons que si les informations et opinions délivrées par une journaliste russe plutôt prudente dans ses affirmations font peser « une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », il faudrait tout de même justifier en quoi une rare voix russe dans le débat public concernant le conflit en Ukraine, serait de nature à créer un péril sérieux et actuel pour la bonne marche de nos institutions ? Comble du totalitarisme ambiant, cet arrêté (qui n’est donc pas le fruit d’une décision judiciaire mais strictement administrative) prive la journaliste de l’accès à ses revenus en France - ses comptes sont gelés - l’empêchant de pouvoir honorer ses factures, ses impôts ou son loyer ou simplement subvenir à ses besoins élémentaires en nourriture et produits d’hygiène en France. Ce qui constitue une atteinte délibérée à son droit à la dignité.
En réalité, ce n’est pas un ballon d’essai. Si d’autres personnalités russes subissent de même mesures discriminatoires émanant de l’Union européenne, ils ne sont pas les seuls. Nathalie Yamb (activiste panafricaine) et Jacques Baud, tous deux citoyens helvétiques, sont aussi frappés par des mesures administratives similaires. Pourtant, aucun tribunal n’a prononcé une quelconque décision condamnant un abus de leur part quant à la Liberté d’expression. Ce même arsenal administratif a aussi été employé contre un Français vivant en Russie (mais revenant régulièrement sur le territoire national) : Xavier Moreau. Il n’est pas censé pouvoir utiliser ses comptes en France ni se déplacer sur le territoire de l’Union européenne (donc sur le territoire français par voie de conséquence) alors que cet ancien officier militaire qui ne cache, certes, pas ses opinions pro-russes, n’a lui aussi jamais été condamné par un tribunal sur un quelconque abus de sa liberté d’expression. Comme l’analysait fort justement le très sérieux géopolitologue Jacques Baud (ancien officier de renseignement pour l’État suisse), ses propres analyses très factuelles sur le conflit ukrainien agacent manifestement en haut lieu, mais la véritable cible était bel et bien Xavier Moreau. La Suisse ne faisant pas partie de l’Union européenne, sa nationalité helvétique permet à Jacques Baud de rentrer en son pays à sa guise - il réside à Bruxelles - s’il le souhaite. Mais lorsque c’est un citoyen français (par ailleurs récemment élu conseiller des Français de l'étranger pour la circonscription de Russie) qui subit de telles atteintes à ses libertés fondamentales par le gouvernement de sa propre patrie, n’y a-t-il pas une volonté de nous habituer à ce que des personnes, y compris des Français, puissent subir de telles atteintes à leurs droits fondamentaux par le fait du prince ?
Des prisonniers politiques et de troublants suicides.
On pourrait croire que le régime macronien aurait franchi toutes les limites mais il n’en est rien. Le 21 novembre 2025, Anna Novikova et Vincent Perfetti, tous deux membres de l’association SOS Donbass qui achemine régulièrement de l’aide humanitaire aux civils situés sur des territoires ukrainiens sous contrôle russe, ont été placés en détention provisoire. Ils sont accusés « d’intelligence avec une puissance étrangère », c’est à dire de trahison et d’espionnage. Bien entendu, la presse française reprend à son compte ce narratif tout en éludant les nombreux témoignages qui s’étonnent que des activistes bien connus des réseaux dits « souverainistes » soient jetés en prison sur de tels motifs. En effet, ces deux personnes ont toujours été transparentes sur leurs activités et prudentes sur le plan juridique et administratif. Anna Novikova est une Franco-Russe bien insérée en France. Elle maîtrise la langue française, a fondé une famille et travaille dans le sud de la France. Vincent Perfetti est de son côté totalement Français. C’est un homme calme et sérieux, lui aussi père de famille et comme pour Xavier Moreau, c’est aussi lui la réelle cible symbolique du pouvoir de cet acharnement judiciaire. Car il n’y a pas d’ambiguïté sur sa nationalité. Là où le gouvernement, en toute impunité, sans même que le parlement soit consulté, endette l’État français pour octroyer des milliards d’euros à l’Ukraine et déshabille nos arsenaux pour lui livrer des armes de guerre (faits pourtant réprimés de 30 ans de prison dans l’article 411-3 du Code pénal), la Justice assimile une assistance humanitaire à de « la trahison ». Sans doute parce qu’il n’est pas de bon ton de soutenir le point de vue de la Russie dans ce conflit et, pour le moins, les populations ayant subi les bombardements et exactions du régime ukrainien dans le Donbass depuis 2014. Cela ne colle pas avec « le narratif » visant à justifier les provocations aussi bellicistes que dangereuses contre la Russie de notre gouvernement (avec bien sûr le concours de nos grands médias). Que l’on retienne désormais la leçon : des opinions et actes parfaitement licites sur le plan du droit, peuvent néanmoins amener des Français à être embastillés sur des motifs parfaitement fallacieux. Il y a désormais les opinions et actions militantes ou humanitaires autorisées et il y a celles qui dérangent le Régime.
En réalité, les exemples ne manquent pour témoigner des reculs démocratiques avec le plein soutien de l’ordre judiciaire. Rappelons-nous que la campagne électorale de François Fillon en 2017 a été démolie par des petits juges soudain capables d’instruire une enquête et rendre une condamnation dans des délais limités, cela pour une insipide affaire de costume, alors que le candidat Macron tant promu par les médias, accusé d’avoir facilité dans des conditions troubles la vente d’Alstom Énergie (qui détenait les brevets sur la fabrication de la turbine Arabelle) à General Electric, n’a jamais été inquiété par la Justice. Quand bien même le député Olivier Marleix (aujourd’hui « suicidé » comme c’est le cas pour le géopolitologue Eric Dénécé) avait qualifié cette opération de « pacte de corruption », aucun magistrat n’a songé à investiguer sur cette affaire où nos intérêts stratégiques étaient clairement affectés. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui est sous les fourches caudines d’une instance judiciaire restant aveugle aux actes illicites de la Macronie dans le seul et unique but de saborder sa campagne électorale. Il est vrai qu’être accusé de détournement de bien public durant une campagne électorale, cela fait mauvais genre. Un autre candidat à la présidentielle (celui-ci délibérément censuré par les médias), François Asselineau avait été accusé par deux personnes, il y a quelques années, de harcèlement sexuel. Il pensait être définitivement mis hors de cause vis-à-vis de la Justice depuis que le dossier avait été classé sans suites et que les poursuites avaient été abandonnées par l’un des plaignants tandis qu’un autre était malheureusement décédé d’un accident de voiture. Mais, manifestement, alors que l’enquête avait abouti à cette décision de classement et qu’il n’y a plus de partie civile constituée, un procureur a tout de même décidé de faire appel et relancer ainsi le harcèlement judiciaire contre M. Asselineau. Là encore, la volonté affichée reste de saboter la campagne électorale de ce « frexiteur » bien connu et largement soutenu de la dissidence française.
Conclusion
Des campagnes de harcèlement judiciaire, des gens que l’on emprisonne et d’autres qui se « suicident » alors qu’ils sont plein de vitalité (mais aussi de prudence dans la défense de leurs opinions politiques), voilà qui devrait normalement alarmer toute personne désirant que ses enfants puissent grandir dans un pays qui respectera leur liberté d’expression.
Bien entendu cette fraction du corps électoral qui soutient l’extrême centre et la démolition de la France sur l’autel de l’Union européenne, pourrait arguer qu’elle ne se sent pas concernée par ce glissement totalitaire du régime politique actuel. Les va-t-en-guerre contre la Russie (qui bien souvent, ignorent la genèse du conflit en Ukraine mais aussi quels sont nos intérêts stratégiques avec ce pays) se féliciteront même de cette répression tous azimuts contre des opposants à ce bellicisme ambiant. Mais cela est un tort de leur part. Car les outils juridiques et administratifs comme les pratiques les plus douteuses utilisées par l’État français pour neutraliser des dissidents politiques pourraient un jour se retourner contre les européïstes eux-mêmes.
« A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » expliquait un certain John Fitzgerald Kennedy.
Or, si des intellectuels et responsables politiques prônant la sortie de la France de l’UE, l’assainissement de sa diplomatie et l’instauration de nouveaux gardes-fous démocratiques dans notre constitution comme le référendum d’initiative citoyenne, restent censurés par les grands médias et privés de parrainages par les maires pour prétendre à la candidature suprême, il va de soi que la crise de légitimité du régime politique actuel ne pourra plus se résoudre par des voies régulières et pacifiques. Internet a permis à la dissidence politique française de constituer ses propres canaux de réinformation face à la censure et la propagande des grands médias mais aussi de s’organiser politiquement. Et l’on ne parle pas ici de quelques centaines de Français qui graviteraient dans d’obscurs groupuscules. L’on évoque un phénomène politique qui rassemble des millions de personnes qui auraient toutes les bonnes raisons du monde de considérer qu’une révolution violente s’avère désormais nécessaire pour défaire l’oligarchie régnante.
Et que l’on donne les moyens légaux et pacifiques à ces gens de remporter le pouvoir par le jeu électoral ou qu’on les pousse à faire saisine de leur droit à l’insurrection, tôt ou tard, cette lame de fond politique finira par prendre le pouvoir en France. Pas seulement parce que ce mouvement politique qui se fait le défenseur de notre souveraineté et de la démocratie agglomère toujours plus de Français derrière lui, mais aussi parce que tout indique que nous vivons une fin de règne de l’extrême centre. La meilleure preuve étant que cette mouvance idéologique très hostile à nos intérêts nationaux se radicalise au fur et à mesure qu’elle observe que sa propagande reste sans effet dans la conscience des Français. Cela sans évoquer les millions de « boomers » votant habituellement pour l’extrême centre qui, démographie oblige, finissent finissent par disparaître dans la tombe, là où de jeunes générations plus habituées à s’informer sur internet auront tendance à voter pour des partis populistes ou dissidents. Nos « représentants » en sont parfaitement conscients et sont effrayés à l’idée de perdre ce pouvoir auquel ils s’accrochaient depuis plusieurs décennies. À raison !
Car nul doute que la volonté de purger un système corrompu de ses éléments les plus malveillants accompagnera cette transition politique. Or, si les belles âmes qui se disent « pro-européennes » ou favorables à la guerre contre la Russie continuent de se réjouir ou feindre d’ignorer les graves atteintes à la Liberté d’expression, la tentation de retourner toutes les formes de persécution subies par la dissidence française durant des années contre cette part déclinante de l’électorat, n’en sera que plus grande.
Un célèbre arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme dispose que « la liberté d'expression vaut non seulement pour les idées jugées comme inoffensives, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent ». Sans quoi il n’est pas de pluralisme politique possible. Il est donc de l’intérêt de tous, quelles que soient nos opinions, que chacun ait le droit de s’exprimer et de concourir loyalement aux suffrages des Français. A l’aune de l’élection présidentielle qui approche, il reste possible de donner un coup de boutoir démocratique contre la chape de plomb qui écrase la liberté de penser de nos concitoyens. Puisque le pouvoir médiatico-politique refuse le droit aux « souverainistes » de pouvoir exister politiquement dans les médias et par voie de conséquence, espérer quelques résultats électoraux significatifs, c’est à eux qu’il faut que nos maires, particulièrement des petites communes, livrent leurs parrainages.
Actuellement, trois candidats sérieux ont fait part de leur volonté d’obtenir des parrainages pour concourir à l’élection présidentielle : Juan Branco, Florian Philippot et François Asselineau. Ces trois hommes qui représentent des partis politiques différents partagent néanmoins une cause commune :
- Sortir la France du carcan de l’Union européenne ;
- établir le référendum d’initiative citoyenne dans la constitution française (comme cela existe en Suisse) ;
- pratiquer une diplomatie de paix vis-à-vis du reste du monde et engager une relance keynésienne de l’économie française.
Chacun de ces candidats à la présidentielle a ses singularités avec des programmes politiques marquant peu ou prou leur différence entre eux. Mais si tous trois devaient être aptes à candidater à l’élection présidentielle, cela obligerait les grands médias à leur donner la parole. En outre, cela permettrait de démarginaliser le débat politique autour des questions de souveraineté nationale et imposer aux candidats du « Système » de devoir s’expliquer sur les renoncements démocratiques auxquels ils nous avaient habitué. Par ailleurs, celles et ceux qui, à juste titre, déploraient l’incapacité de notre dissidence politique à se rassembler politiquement, pourront se satisfaire que trois candidatures en faveur du « frexit » dès le premier tour des élections présidentielles, obligerait nécessairement ces candidats à s’entendre autour d’une candidature unique permettant de rassembler les voix de tous en vue de faire avancer la cause commune.
Il n’y a donc pas de place pour les esprits de chapelle ici. S’il faut demander à des élus locaux d’octroyer leur parrainage à des candidatures dissidentes, rien ne dessert plus la cause de la démocratie que rester arc-bouté dans une logique partisane. Que vous participiez à la quête des « promesses de parrainages » ou que vous soyez vous même un élu disposant de ce pouvoir, l’enjeu n’est pas de défendre ses opinions particulières à propos de tel ou tel candidat. L’enjeu est de permettre à ces trois candidats de concourir à l’élection présidentielle afin de générer un électrochoc médiatico-politique qui soit favorable à la Démocratie, à la Liberté d’expression et à la Paix.
La France est un vieux pays qui mérite d’exister et faire valoir sa singularité civilisationnelle dans le Monde. Aimer notre pays ne signifie pas détester le reste du monde. Le patriotisme s’entend par le fait de vouloir défendre ses intérêts nationaux légitimes et militer constamment en faveur de l’essor social et démocratique de la patrie. La Liberté n’est jamais un acquis. Elle est sans cesse un combat de tous les instants pour la faire perdurer voire la restaurer quand celle-ci est bafouée. Par cette conclusion, nous appelons chacun des Français à faire preuve de responsabilité civique en faveur de notre Souveraineté nationale et de la démocratie. Il y a désormais urgence. Nous espérons que la litanie non exhaustive des atteintes à la Liberté d’expression, ici relatée dans cet article, sera de nature à raviver l’esprit de souveraineté des Français et particulièrement de nos maires qui sont notre dernier rempart pour permettre une révolution douce par le jeu électoral plutôt qu’une révolution violente qui devra un jour faire fi des contraintes exercées sur le droit à l’auto-détermination politique du peuple français.
A bons entendeurs !
