jeudi 10 septembre 2015

Nous sommes responsables des guerres de notre président

J'ai été plusieurs fois interpellé sur la question des réfugiés qui débarquent en masse du Moyen-Orient, et je sais que ce sera surtout l'occasion de traiter d'un sujet plus global, où la majorité d'entre nous devons reconnaître qu'il y'a des excès tant dans les points de vue véhiculés par l'extrême droite, que par la gauche dite "radicale". Comme s'il fallait éluder que la gauche ne disposait pas d'une frange réellement extrémiste, elle aussi... Je ne vais satisfaire personne dans chaque camp idéologique, je vais m'en tenir au droit et aux faits, en tout cas pour commencer.

Petit rappel cependant pour ceux qui découvrent le blog : Il y a dans le droit ce que l'on appelle une "hiérarchie des normes"

Il y a d'abord les textes qui sont supérieurs à toutes les normes écrites. C'est ce qu'on appelle en France le "Bloc de constitutionnalité", qui renferme respectivement La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ; la Constitution de Vème République, le Préambule de la Constitution de 1946 (IVème République), la Charte sur l'environnement. 

Au total, le législateur doit se conformer à 153 articles de lois fondamentales, pour que - logiquement - nul acte ou nulle loi ne puisse être contraire à certaines valeurs républicaines ou dispositions institutionnelles. Si l'essentiel de la Constitution porte sur l'organisation des institutions, les lois édictant des droits et devoirs fondamentaux sont donc toutes aussi impératives. Le devoir de la France d'accorder l'asile politique à certaines catégories de personnes, y est ainsi mentionné à l'article 4 du préambule de la Constitution de 1946 de la façon suivante :

Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la Liberté, a droit d'asile sur le territoire de la République.

Je ne sais pas si la Constitution de la Fédération de Russie comporte cette disposition constitutionnelle, mais je note que le si décrié Vladimir Poutine a exécuté ce principe Français dans son propre pays avec Edward Snowden. De même que le si ignoré Rafael Correa, président de la République d'Equateur, a accordé l'asile politique à Julian Assange dans son ambassade Londonienne. 

Quant à Nunuche, lui a choisi le camp de l'occupant évidemment, et ne respecte donc pas l'article 4 du Préambule de la Constitution de 1946 s'agissant de ces activistes favorables à la Liberté. Malheureusement, l'asile politique ne porte pas exactement sur la question des réfugiés de guerre. Il n'y a aucune action favorable à la Liberté dans son propre pays, quand on fuit sans combattre l'oppression subie. Un réfugié de guerre n'est pas autre chose qu'un banal migrant illégal au regard du droit constitutionnel Français.

Au second rang de la hiérarchie des normes vient le droit international, et il se trouve que la France a ratifié la Convention de Genève, qui impose aux belligérants d'un conflit, d'épargner autant que possible et assister quoi qu'il arrive les populations civiles, comme nous le verrons. Mais la Convention de Genève traite d'abord de la responsabilité des belligérants et du statut des combattants lors d'une guerre, ce qui suppose de les définir : 
Il y a en Syrie, en Irak, en Libye, au Mali et pays limitrophes, des mercenaires employés par des Etats belligérants (donc qui agressent les pays mentionnés ci-avant) qui répondent de l'article 47 des protocoles de la Convention de Genève :

Un mercenaire n’a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.

Le terme « mercenaire » s’entend de toute personne :

a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé ;

b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ;

c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;

d) qui n’est ni ressortissant d’une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;

e) qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit ; et

f) qui n’a pas été envoyée par un état autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit état.


En clair, les mercenaires sont considérés comme des hommes travaillant pour leur compte, souvent au profit d'une puissance étrangère, et qui ne bénéficient donc pas des régimes de protection qui sont accordés aux combattants blessés ou détenus. Le souci étant que par défaut, les mercenaires sont soumis aux protections accordées aux civils qui sont nettement plus avantageuses. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas par ce que des Etats en déstabilisent d'autres au moyen de mercenaires, qu'ils peuvent se dédouaner de leurs responsabilités. Qui paye ordonne, qui reçoit exécute. Les ordres qui sont donnés aux mercenaires qui sévissent actuellement en Irak et en Syrie, ne sont manifestement pas de se conformer à la Convention de Genève, mais bien de semer le chaos générant notamment des réfugiés. Ce qui en dit long sur les valeurs qui animent les donneurs d'ordre...

Pour décourager certains pays quant à employer des mercenaires à des fins de déstabilisation d'Etats tiers, 32 Nations ont adopté la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires

Malheureusement, aucun président Français n'a ratifié ce texte, donc nous ne sommes pas soumis à une interdiction par traité, de financer et soutenir des mercenaires dans des Etats que nos "représentants" souhaitent agresser. Il semble que François Hollande a largement expliqué son point de vue sur le conflit en Syrie. Il soutient et finance les hordes barbares qui égorgent et brûlent tout ce qui bouge en vue de faire tomber le Gouvernement Syrien, et puisqu'il fait de facto de notre pays un Etats-Partie d'un conflit, il doit se conformer à la Convention de Genève et veiller à ce que la France assiste les populations civiles en souffrance dont il est co-responsable. Il devra aussi répondre un jour en justice (tout comme son prédécesseur) de ses actes.

Ainsi les articles 55 et 59 de la IVème Convention de Genève, imposent pour les puissances occupantes sur un territoire conquis de garantir aux populations civiles l'accès aux vivres et médicaments. Les articles 56 et 57 portent sur les devoirs qui incombent à la puissance occupante de garantir l'accès aux hôpitaux et infrastructures sanitaires, les populations.

Le premier alinéa de l'article 64 à lui seul mérite d'être cité :

"La législation pénale du territoire occupé demeurera en vigueur, sauf dans la mesure où elle pourra être abrogée ou suspendue par la Puissance occupante si cette législation constitue une menace pour la sécurité de cette Puissance ou un obstacle à l'application de la présente Convention. Sous réserve de cette dernière considération et de la nécessité d'assurer l'administration effective de la justice, les tribunaux du territoire occupé continueront à fonctionner pour toutes les infractions prévues par cette législation".

Ce qui signifie que si Hollande souhaitait appliquer à la lettre les dispositions de cet article, il ne laisserait pas des mercenaires installer la charia en Syrie et en Libye par les mercenaires qu'il paye avec nos impôts. Il respecterait et ferait respecter le droit pénal de ces Etats attaqués - entre autres - par la France.

En fait, seul l'article 44 la IVème Convention de Genève établit les devoirs des Etats belligérants vis à vis des réfugiés de guerre qu'ils génèrent :

En prenant les mesures de contrôle prévues par la présente Convention, la Puissance détentrice ne traitera pas comme étrangers ennemis, exclusivement sur la base de leur appartenance juridique à un Etat ennemi, les réfugiés qui ne jouissent en fait de la protection d'aucun gouvernement.

Cet article n'impose donc pas pour autant à la France d'accueillir un réfugié de guerre.

Si la France comme tous les Etats du Monde, n'a pas l'obligation d'accueillir des réfugiés, ces derniers ont tout de même un droit opposé qui leur est consacré par les articles 13 et 14 de la Convention relative au statut des réfugiés

1)Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. 
2) Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.


1) Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. 
2) Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations unies.

Vient alors à ex aequo avec le droit international dans la hiérarchie des normes, les lois nationales que l'on trouve dans des Codes. En France, c'est donc le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui organise ces questions. L'article L711-1 de ce code se réfère à la définition portée par la Convention relative au statut des réfugiés dans son article premier :

Est un réfugié, toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. Dans le cas d’une personne qui a plus d’une nationalité, l’expression “du pays dont elle a la nationalité” vise chacun des pays dont cette personne a la nationalité. Ne sera pas considérée comme privée de la protection du pays dont elle a la nationalité, toute personne qui, sans raison valable fondée sur une crainte justifiée, ne s’est pas réclamée de la protection de l’un des pays dont elle a la nationalité.

Il me semble que face à des égorgeurs fous soutenus par François Hollande, bien des personnes peuvent vouloir fuir la Syrie et l'Irak pour échapper à des persécutions. C'est donc ce qui permet à certains de ces réfugiés de pouvoir prétendre demander une autorisation de séjour en France.

Mais le point de départ d'une demande d'asile dans des conditions aussi extrêmes est toujours le même : les personnes affluent par tous moyens de transport disponibles qu'ils soient maritimes, aériens, routiers ou ferroviaires. Et c'est donc à l'entrée sur le territoire que l'article L 221 - 1 organise "l'accueil" :
"L'étranger qui arrive en France par la voie ferroviaire, maritime ou aérienne et qui, soit n'est pas autorisé à entrer sur le territoire français, soit demande son admission au titre de l'asile, peut être maintenu dans une zone d'attente [...] pendant le temps strictement nécessaire à son départ et, s'il est demandeur d'asile, à un examen tendant à déterminer si sa demande n'est pas manifestement infondée".
Effectivement, si dans un "boat-people" se cachent quelques mercenaires takfiristes, il n'est pas inutile de relever les identités des personnes et examiner leurs requêtes pour disposer d'un premier filtre. 
A partir de là, soit les autorités acceptent le séjour sur le territoire d'un migrant entré illégalement (quand bien même réfugié), soit elles refusent. L'article L213-9 du Code de l'entrée et le séjour des étrangers et le droit d'asile précise tout de même :
L'étranger qui a fait l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile peut, dans les quarante-huit heures suivant la notification de cette décision, en demander l'annulation, par requête motivée, au président du tribunal administratif.
C'est d'ailleurs précisément ce qui fait le scandale des centres de rétention : La France est un pays d'accueil, mais nous sommes aussi un Etat de droit un tant soit peu organisé. Cela exige donc de gros moyens humains à mettre en oeuvre pour traiter dans des délais raisonnables des demandes d'asile, et ainsi éviter des attentes qui se prolongent dans des conditions souvent indignes dans les centres de rétention. Peu importe qu'une demande soit acceptée ou rejetée, la première nécessité humaine dans ces circonstances est d'examiner rapidement chaque requête. Nous avons à faire à des êtres humains, qui sont souvent épuisés moralement et physiquement par les épreuves et périls extrêmes qu'ils ont traversé. Nous n'aimerions pas être à leur place.
Cette première partie que je souhaitais axer sur l'aspect légal et géopolitique qui encadre la question des réfugiés de guerre, me paraissait essentielle à aborder en avant propos. Elle témoigne en effet qu'aucune disposition constitutionnelle, de droit international ou national, n'oblige la France à accueillir des réfugiés politiques. C'est une norme implacable, et elle est heureuse pour peu que l'on raisonne sur la base de réalités objectives et multiples. Nous devons rester maîtres de la gestion des flux de personnes, de marchandises et de capitaux à nos frontières pour préserver les intérêts fondamentaux de la nation.
Cependant, nombre de lois tant nationales qu'internationales, interdisent la propagande de guerre, les intelligences avec des puissances étrangères, ou le financement du terrorisme. Des lois qui ont pour vocation en premier lieu, de prévenir toutes les manœuvres de déstabilisation d'Etats Souverains par des puissances mal intentionnées. C'est la première façon d'éviter des flux de réfugiés : ne pas les générer. En cela, Hollande se conduit comme un pompier pyromane à l'image de son prédécesseur, et mériterait d'être traduit devant la Cour Internationale de Lahaye pour ses crimes.
Une fois le problème de fond sous-jacent à ces flux migratoires bien entendu, il me parait évident que la France se doit moralement d'accueillir à égale proportion des membres de la coalition organisant et finançant la guerre en Syrie - soit les Etats-Unis d'Amérique ; le Royaume-uni ; la Turquie ; Israël ; l'Arabie Saoudite et le Qatar - les réfugiés provenant de cette zone du monde cherchant un pays d'accueil.
Evidemment, certains belligérants énoncés plus haut se garderont bien d'assumer leur part de responsabilité, mais cela ne retire pas au peuple Français de savoir exercer la sienne. A moins de nous-mêmes nous défaire de la tyrannie qu'exerce François Hollande et son Gouvernement sur le peuple Français et d'autres Nations dans le Monde, notre inertie populaire crédite l'actuel président de la République du droit de faire ce que bon lui semble, y compris participer à des guerres dans lesquelles des puissances étrangères hostiles à la France, souhaitent mobiliser nos armées. Nous devons donc, plus encore que si nous avions signifié une radicale objection aux U.S.A quant à pratiquer des crimes d'ingérences dans les affaires intérieures de la Syrie ; nous imposer d'accueillir une partie des réfugiés Syriens. Nous sommes responsables collectivement des malheurs du peuple Syrien, ne nous en déplaise...
De façon plus générale, si l'extrême gauche nourrit une haine irrationnelle contre la patrie dont elle issue, cela au point d'adopter une vision plus qu'édulcorée et angélique de l'immigration, le point de vue de l'extrême droite n'est pas non plus de nature à nous rapprocher d'une gestion des flux migratoires qui réponde à des normes humanistes, même lorsque la nécessité impose de ne pas pouvoir accorder le droit de séjour à toute la misère du Monde. 
La question se pose donc en amont et en aval de l'immigration illégale. Ces flux migratoires ne sont pas liés à des choix non contraints pour les personnes. Mais bien à des périls économiques, sociaux, écologiques, voir militaires qui imposent les exodes des populations opprimées. 
La France a donc tout intérêt à mener une politique étrangère qui prévienne ou résorbe autant que possible ces contraintes qui conditionnent la nécessité de l'exil pour n'importe quel être humain. Mais de la même façon, lorsque la France refuse le droit de séjour à un migrant, nous devons disposer de programmes s'inscrivant dans des démarches de coopération avec les pays sources des flux migratoires, permettant à la personne expulsée du territoire de trouver des opportunités d'emploi et d'accès à une existence digne dans son propre pays. On ne convaincra pas la force vive d'une Nation tierce à enrichir son propre pays de sa force et sa cervelle collective, si on ne lui donne aucune perspective.
Je ne m'étendrais pas plus sur ce sujet. Il est complexe et ne nourrit que des polémiques - souvent exacerbées et inutiles - lorsqu'il s'agit d'aborder tôt ou tard la question de l'identité nationale et de l'intégration, qui sont des problématiques intrinsèques à la question plus générale de l'immigration, et pourtant fondamentales.
Pour le moment, le débat médiatique porte sur des réfugiés de guerre et il me semble que chaque Français défendrait correctement nos valeurs, si chacun souhaitait que nous portions secours à la hauteur de nos moyens, à des personnes ayant échappé à la barbarie.  Nous devons moralement accueillir une partie de ces réfugiés, nous sommes responsables de ce que nous laissons faire. Il en va de même pour nos S.D.F à la base...

Je conclue ce billet en vous rappelant que si vous souhaitez mettre un terme aux ingérences franco-américaines en Syrie, vous pouvez réserver votre week-end du 10 Octobre sur Paris et participer avec nous au Jubilé des peuples. S'inscrire sur le lien ci-après : https://www.facebook.com/events/908971612509524/





mercredi 9 septembre 2015

Il est temps de soutenir les Décrocheurs !

Décrocheur en Île et Vilaine

Lorsque le 5 septembre 2014, je décrochais mon premier torchon, je savais que l'émergence d'un Mouvement de résistance prendrait du temps, mais que cela fonctionnerait. Car lorsqu'il devient trop complexe d'énumérer l'ensemble des mécanismes et personnes qui affaiblissent notre pays jusqu'à menacer très sérieusement les intérêts fondamentaux de la nation, les symboles deviennent naturellement les moyens les plus simples de désigner l'ennemi, ou au contraire de rappeler ce qui fait notre unité. 

Aujourd'hui, le combat va enfin entrer dans sa phase judiciaire avec quatre procès à venir. 

Premier procès à Bordeaux le 21 septembre
Second procès à Bordeaux le 25 novembre
Troisième procès à Paris le 4 décembre
Quatrième procès à Strasbourg, date encore inconnue.

Les politiciens vous demandent de financer leurs campagnes électorales pour ne rien changer, les Décrocheurs quant à eux vous demandent de financer leurs campagnes de décrochages pour provoquer le débat public qui semble interdit en France.

Nous avons besoin de beaucoup d'argent, soyons clair. Il faut considérer que notre lutte se chiffrera à terme à plusieurs dizaines de milliers d'euros qui seront majoritairement dépensés dans des frais d'avocat, de procédures de justice, de paiement des amendes, frais d'assurance et une infime partie sur des nécessités plus techniques.

Mais si la campagne judiciaire des Décrocheurs commence sur la question d'un Symbole à terrasser, vous savez que je souhaite aussi que nous nous montrions plus agressifs au sens juridique avec l'actuel président de la République et bon nombre de ses ministres. Mais il faut déjà déstabiliser l'establishment en l'attaquant par les côtés avant de mettre toute notre puissance de feu sur notre cœur de cible.

L'avocat qui accepte de nous suivre ne m'autorise pas à communiquer les honoraires qu'il réclame, ni dans quelle stratégie de défense il compte mener cette partie d'échec judiciaire. C'est cependant un très bon avocat ayant d'un côté une solide culture politique générale de par son parcours étudiant originel. Il s'est formé au droit et est devenu avocat par la suite. Il comprend donc parfaitement les débats qui nous animent, mais évidemment se tient à distance de toutes considérations politiques personnelles dans cette affaire.

C'est donc très difficile pour le moment de faire preuve de transparence, mais tout ce que je peux vous dire, c'est que si nous réussissons à gagner sur un certain plan ce procès, les conséquences seront absolument incommensurables et réellement visibles tant sur l'espace public que médiatique. Bien mieux que n'importe quel parti politique, le Mouvement des Décrocheurs aura réussi ce qu'aucun des partis eurolucides n'a jamais réussi jusque là : briser le plafond de verre médiatique et inquiéter réellement les tenants de l'idéologie européïste qui sont prêts à s'asseoir sur tous les référendums pour imposer leur doctrine.

Je vous appelle donc à abonder le fonds de soutien qui financera essentiellement cette campagne judiciaire pour l'ensemble des Décrocheurs.


Que vous soyez sympathisant d'un parti eurolucide ou simplement un citoyen éveillé et révolté par cette inertie ambiante, il est temps de jouer une autre carte que les habituelles formes de résistance politique qui ne débouchent jamais sur rien.

J'appelle en outre tous les Décrocheurs ou leurs soutiens, à adhérer à l'association qui supervise notre action, en envoyant sur papier libre, votre nom, prénom et coordonnées en plus d'une cotisation minimale annuelle de 5 €. Nous allons commencer à créer le fichier des adhérents dans l'attente que nous ayons enfin réglé les difficultés administratives (excessivement kafkaïennes à mon goût) qui nous empêchent d'ouvrir un compte bancaire rapidement. Ce fichier servira essentiellement à rapprocher les Décrocheurs qui se cherchent dans un même département, et justifier de nos soutiens devant la presse. Quoi qu'il en soit, l'ensemble de vos versements n'ira pas autre part que dans le futur compte bancaire des Décrocheurs, et j'insiste, ces dons et cotisations serviront essentiellement à financer le combat judiciaire sous-jacent à nos activités.

Adresse de l'association pour vos adhésions et dons :

Association "Les Décrocheurs"
16 rue Carnot
94270 Le Kremlin Bicêtre

J'aimerais remercier à ce titre les nombreuses personnes qui soutiennent notre action que soit par leur aide financière, les partages de publications ou tout simplement en décrochant directement du torchon. Il serait trop long de toutes les énumérer, mais qu'elles sachent à quel point je suis à titre personnel touché par leur soutien, et que je sais que cela compte beaucoup aussi pour tous ceux qui franchissent le pas en décrochant les emblèmes de la Tyrannie ostensiblement érigés sur notre territoire national.

Pour terminer ce billet, je publie ici la traditionnelle mise à jour de la Carte des Décrocheurs où j'ai le plaisir de vous annoncer que le seuil des 500 torchons décrochés a enfin été franchi. Pelle-mêle, notons tout d'abord la formidable activité qui règne actuellement sur la région Parisienne, avec un Décrocheur qui a lui tout seul, a redressé significativement les comptes sur l'Essonne, les Hauts de Seine et Paris.

Un autre torchon a été décroché en Charente Maritime et deux torchons sont tombés en Belgique. Il semble que deux autres soient tombés en Martinique, mais je n'ai pas encore de confirmation, donc j'attends d'en savoir plus pour les notifier. Enfin, l'on m'a soufflé qu'il est fort probable que le Nord de la France se réveille très prochainement. Nous le verrons bien à la prochaine mise à jour...


vendredi 4 septembre 2015

Vous êtes d'extrême droite !

Il est huit heure et demi du matin lorsque je m'engouffre dans la rame de R.E.R qui me mènera de Versailles à Paris. La mission du jour :
  • Imprimer des tracts destinés aux agriculteurs qui manifestent ce jour, place de la Nation
  • Rejoindre ensuite leur délégation s'étant rendue à l'Assemblée Nationale pour obtenir l'attention des députés (ils seront moins d'une dizaine de parlementaires – ou plus souvent leurs attachés – à venir discuter avec eux)
  • Puis tracer ensuite vers la place de la Nation pour tracter et converser avec les agriculteurs. J'ai avec moi un torchon étoilé et espère qu'ils voudront bien faire la nique à ce Symbole.
Je suis rejoins chez l'imprimeur à deux pas de la gare Montparnasse, par deux irréductibles, Cricri et Pascal, pour récupérer des tracts. Armés de 200 feuillets payés sur leurs propres deniers, Pascal et Cricri partent directement à Nation pour rejoindre d'autres irréductibles et commencer à faire un énorme boulot de sensibilisation sur le terrain. De mon côté, je vais me frotter à la délégation et aux élus réunis à la place Herriot que je connais bien, armé de 100 feuillets. J'aurai l'occasion d’interpeller Henri Guaino, conseiller de Sarkozy prétendu Gaulliste, et lui faire savoir gentiment qu'une cocotte minute est en ébullition sur les réseaux sociaux, et qu'il serait temps que les députés comprennent que les choses allaient bientôt leur échapper à force de dépecer notre Souveraineté par morceaux tout entiers. Il me confia – ce que je crois vrai – que le problème véritable, était que les Gaullistes qu'ils soient de « gauche » ou de « droite » étaient minoritaires au Parlement. C'est une façon polie de dire que les ¾ de nos élus trahissent littéralement les intérêts fondamentaux du peuple Français au sein de l'hémicycle. Le petit quart qui vote contre les directives les plus libérales ou les traités scélérats n'a absolument aucune influence sur une majorité œuvrant contre les acquis sociaux et démocratiques du peuple Français. Une telle majorité ne peut émaner du peuple et il faut que nous l’empêchions de nous nuire, par la pression populaire réelle.

Je vous confierai les échanges que j'ai eu avec les agriculteurs en dernière partie de ce débriefing, mais je souhaite m'attarder sur le dialogue qui m'a le plus marqué ce jour. Quelques journalistes viennent interroger les agriculteurs et capter le petit laïus de Xavier Beulin qui fleurait bon la vaseline à mon sens mais il ne mérite pas que je m'y attarde. Je profite donc de la présence de nos médias pour interpeller des journalistes et leur évoquer les milliers de personnes qui ont défilé le 14 Juillet à Paris et j'essaye de traduire notre sentiment sur ce rassemblement de la FNSEA. 

Je suis aidé en cela par quatre irréductibles, venus en renfort et qui sensibilisent des agriculteurs, élus et journalistes eux aussi de leur côté. Avec les gendarmes mobiles, nous sommes bien 200 personnes (merci à eux pour leur mobilisation constante à toutes nos manifs) et nous ne sommes pas de trop pour couvrir le maximum de personnes grâce à quelques tracts à distribuer pour engager la discussion. D'ailleurs, nous tracterons les flics et gendarmes aussi, comme à notre habitude.

C'est dans ce petit concentré d'intérêts croisés et divergents que mon regard s'arrête sur un homme un peu à l'écart au centre de la place Herriot. Il est équipé d'un appareil photographique, pianote sur son téléphone mobile un message et a étrangement le portrait type que je me fais du journaliste bobo et suintant la bien-pensence : blanc, les cheveux bruns coiffés sur le côté, ni trop courts, ni trop longs, des lunettes épaisses, et un petit sourire en coin quasi imperceptible, mais qui éveille vos sens tant ce léger sourire reste omniprésent sur sa tronche de petit bobo parisien enfoncé dans ses certitudes. Je pars à sa rencontre en espérant sincèrement me tromper sur son état d'esprit, mais pour le coup, je vais tomber sur le plus monumental concentré de connerie qu'est capable d'excréter nos écoles de journalisme.

La discussion s'engage donc à partir de la présentation du Mouvement du 14 Juillet dont il a entendu parler. Je lui précise que nous sommes une galaxie de courants politiques et alternatifs qui se réunissent grâce à la magie des réseaux sociaux. J'ajoute que nous ne faisons plus confiance aux partis politiques pour nous sortir de cette tyrannie qui s'installe, nous sommes environs 150.000 sur les réseaux sociaux, nous souhaitons destituer Hollande et toute la clique dont il est issu, sortir de l'U.E et l'euro, et entamer un processus constituant. 

Il me surprend alors en me demandant ce que je pense de la discussion récente entre Nicolas Dupont-Aignan et Pierre Chevènement, tout en insinuant vaguement que N.D.A serait un bon gros racho. Or, je n'ai absolument pas suivi leurs échanges, car il est vrai que je me fous complètement de la pièce de théâtre qui se joue entre nos politicards sans que cela résolve quoi que ce soit en France et que j'avais surtout d'autres choses à faire que m'intéresser à ces zozios là ces derniers temps. C'est ce que je répond honnêtement au brave bobo qui semble vouloir scruter en mon âme de quel bord je suis. Son petit sourire persistant s'élargit alors signalant une illumination naissante. Et c'est alors que le plongeon vertigineux commença. Bobo prononça doctement :
  • Ne pas vouloir faire la différence entre la gauche et la droite, c'est confus cela. C'est d'extrême droite ! Vous êtes d'extrême droite !
J'avoue que durant une seconde, je fus tétanisé par la puissance et la spontanéité de sa connerie. Son absolutisme insondable me sidérait littéralement. Mais Bobo n'avait pas fini, il pouvait aller encore plus loin :
  • Vous souhaitez quitter l'Union européenne, ça aussi c'est d'extrême droite, vous êtes d'extrême droite !
L'instant de saisissement s'étant un peu éteint, je tente quelques cartes pour l'aider à s'en sortir : « les référendums violés » ; « le droit à l'auto-détermination des peuples piétiné en Europe » ; « la junte néo-nazie Ukrainienne soutenue sans réserve par l'Union européenne » et même une petite citation de Jaurès sur le patriotisme pour lui expliquer avec des mots simple le problème : « un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène », mais Bobo a réponse à tout :
  • Mais Jaurès, ça a 100 ans ! Éructe t-il.
Les idéaux de la Gauche d'hier ne permettent plus de « définir » la Gauche d'aujourd'hui, seraient désormais des pensées d'extrême droite. Je regarde ce grand dadais en me demandant s'il est conscient que pour le coup, le seul type qui a les idées confuses sous ce platane, c'est bien lui. Comprenant que le pauvre nunuche est irrécupérable, j'essaye de l'inviter à jouer la carte de l'éthique professionnelle : « Charte de Munich » ; « nécessité de donner la parole à tous pour un journaliste intègre » , mais Bobo dresse fièrement le menton et tonne :
  • Je connais mon métier, j'ai pas de leçons à recevoir. Et jamais je ne donnerais la parole à l'extrême droite !
N'y tenant plus, je tente de le secouer :
  • Vous êtes d'extrême droite !

Ce à quoi Bobo répond, l'air outré :
  • Mais je ne vous permet pas de m'insulter, je ne suis pas d'extrême droite !
Le désespoir me gagne pour le salut de l'intelligence d'homo sapiens journalistus en constatant sa mémoire de poisson rouge quant à l'insulte qu'il venait de me balancer à la gueule quelques secondes plus tôt. Lui peut se permettre de m'insulter, et moi pas ? Je reprends alors la carte pédagogique pour tenter de définir ce qu'est l'extrême droite d'aujourd'hui :
  • Vous soutenez un délire ultra-nationaliste européen fondé sur du vent et des référendums violés, joujou institutionnel du capitalisme le plus effréné, soutenant un régime nazi en Ukraine et contribuant à la déstabilisation du Moyen-Orient en totale collaboration avec l'Empire U.S. Vous êtes d'extrême droite, Monsieur.
Bobo semble un peu perdu et l'envie de fuir le prend. Il s'empresse de prendre congé, je ne saurais jamais pour quel média il roulait, même si j'ai un doute...

Je ne crache pas sur tous les journalistes. Beaucoup d'entre eux, surtout les plus jeunes faisant leurs armes, sont un peu plus ouverts d'esprit et ne semblent pas nous étiqueter dans un clivage aussi manichéen et fondé sur aucune valeur historique faisant définition. Je pense en fait que si nous devions absolument définir le trait de divergence politique principal entre les êtres humains, ce serait le conservatisme s'opposant au libertarisme qui ferait sens. La plupart d'entre nous disposons d'un équilibre naturel entre ces deux tendances, nous permettant d'accepter les évolutions sociétales, technologiques et politiques, tout en maintenant un conservatisme garantissant notre sentiment de survie collective et par conséquent, individuel(le). Certains parmi nous, pour une myriade de bonnes et mauvaises raisons, sont plus sensibles à des valeurs morales sur les rapports entre les êtres humains jusqu'à véhiculer une aura malsaine que ce soit par l'excès de libertarisme ou de conservatisme à même de s'introduire dans la loi (ou l'absence de loi) sur nos interactions humaines. Que ce soit pour créer artificiellement un peuple européen ou introduire le droit d'adoption au couples homosexuels, nous avons à faire à des conceptions profondément sociétales qui ont un lien extrême avec l'avenir dessiné pour les générations futures de notre pays. Les décisions d'aujourd'hui seront les normes de demain. Et s'il eu des extrêmes conservateurs et des extrêmes libertaires pour se déchirer sur ces questions au Parlement, jamais ce ne fut une représentation fidèle du Peuple qui s'empara des débats tout en laissant le Référendum les trancher définitivement.

Voila une pensée qui paraîtra trop « confusionniste » à Bobo et à l'ensemble des piètres auteurs « antifa » lui ayant certainement livré sa pâtée quotidienne d'endoctrinement pour atteindre un tel degré de sectarisme débilitant. 

Après avoir regardé un instant Bobo cavaler à grandes enjambées en direction des quais d'Orsay, je m'engouffrais dans le métro pour rejoindre la place de la Nation. Là-bas je retrouvais pratiquement tout le noyau dur des irréductibles, et qu'ils me pardonnent de ne pas énumérer tous leurs prénoms, alors que j'espère qu'ils seront un jour gravés sur une stèle en mémoire pour ce qu'ils auront fait. Car à part nous, personne d'autre n'étaient là pour leur demander leur sentiment s'agissant de l'Union européenne et du dumping social promu par cette institution. Nous fûmes une quinzaine d'irréductibles à œuvrer en ce sens, loin des écrans de ceux qui s'indignent sur des photos d'enfants morts et des traités iniques.

Et ces discussions furent intéressantes. Une éleveuse de poulets de batterie plutôt bien informée sur la façon que nos « représentants » avaient d'appliquer les normes européennes, m'expliquait que ce qui avait valeur de recommandations dans certains textes de Bruxelles, devenaient obligation en France. Les eurocrates Français sont à ce point zélés qu'ils vont bien au-delà de la lettre et l'esprit des directives et règlements européens. Le résultat étant que les agriculteurs et éleveurs ne cessaient pas d'emprunter pour mettre continuellement leurs exploitations aux nouvelles normes nationales qui se succèdent sans cesse.

Parfois, les autorités Françaises pouvaient par principe de précaution, verser dans des interdictions totalement irrationnelles. Ainsi, reprenait l'éleveuse, un pesticide qui était dédié à un ravageur du colza, était interdit en France, du fait que l'AFSA soupçonnait ce produit d'être cancérigène. Cependant, il semble que les autres États-membres de l'U.E ne partagent pas le même point de vue puisqu'il est autorisé dans leur pays et que les études tendent à démontrer qu'il n'est pas aussi cancérigène que le prétendent les autorités Françaises (ce dont je doute).

La solution de remplacement était un autre pesticide autorisé, mais qui demandait trois pulvérisations au lieu d'une seule, ce qui signifiait plus de produit chimique dans la nature, plus de carburant brûlé pour le tracteur, et plus de temps perdu pour l'exploitant.

Quand je lui demandais si l'insecte avait un prédateur naturel, elle me rétorqua que non, ce dont je continue aussi de douter. J'embrayais sur la possibilité qu'en dehors de l'U.E, nous pourrions tout à fait garantir que la production des matières premières agricoles pouvait rester constante, mais que l'on pouvait aisément doubler voir quadrupler le nombre d'exploitants en France pour se partager cette production, et garantir des prix élevés d'achat permettant à tous les agriculteurs et éleveurs de vivre dignement tout en améliorant considérablement la qualité de leur travail. Et c'est sur ce postulat qui ne tient rien d'autre qu'à un peu de volontarisme politique, que la totalité des agriculteurs avec qui j'ai discuté, faisaient preuve d'une apathie consternante.

Leur raisonnement s'appuie sur l'idée que la faiblesse des prix n'est imputable qu'au prix proposés par les centrales d'achat des supermarchés, les marges prises par les intermédiaires qui se contentent d'acheter la marchandise et la revendre aux centrales d'achat, et enfin au fait que le consommateur final n'a ni le pouvoir d'achat, ni même le désir de payer le véritable coût d'une agriculture de qualité.

C'est pourtant sur ce dernier point que repose le prix « des marchés », qu'importe les intermédiaires et distributeurs finaux en action. La question du pouvoir d'achat mais aussi des priorités budgétaires des consommateurs finaux peut être influencé par des décisions politiques multiples :
  • La première serait évidemment de sortir des traités européens et de l'OMC pour reprendre le contrôle total sur les flux de marchandises aux frontières et encourager ou décourager fiscalement et réglementairement les importations et exportations en fonction des intérêts de la France concernant notre indépendance alimentaire.
  • La seconde serait de veiller à ce qu'un organisme composé essentiellement d'agriculteurs et éleveurs, à partir des normes les plus élevées en matière environnementale, sociale et sanitaire, établissent eux-mêmes les cours des matières premières agricoles produites en France. Ce qui signifierait, que ce ne serait plus les clients des agriculteurs qui décideraient du prix, mais bien les exploitants agricoles eux-mêmes.
  • La question du pouvoir d'achat se règle en grande partie par un taux d'emploi très élevé qui mécaniquement, provoque la hausse continue des salaires. Or, un Commissariat au plan développant de grands chantiers d'avenir comme ce fut le cas durant les 30 glorieuses, doublé d'une politique monétaire légèrement inflationniste, peut en grande partie régler le problème de chômage de masse, et intrinsèquement de pouvoir d'achat.
  • Enfin la fiscalité interne, en particulier le principe de TVA sociale et environnementale, peut permettre d'orienter nos priorités de consommation. Un produit sain essentiel à nos besoins physiologiques essentiels, efficient écologiquement, fabriqué localement peut se voir absout de TVA, là où un produit n'étant ni essentiel à nos nécessités de survie et de dignité, plus encore s'il est conçus loin de son lieu d'achat et ne répond pas à toutes les normes les plus élevées que nous pouvons concevoir en matière de lutte contre la prédation contre l'environnement et les droits sociaux des travailleurs Français comme étrangers, peut voir les prélèvements de l’État se renforcer très fortement. La T.V.A étant le principal poste de recettes du budget de la Nation, elle peut être aussi le meilleur vecteur à même d'orienter notre consommation.
Mais il est vrai que la majorité des agriculteurs travaillent plus de 50 heures par semaine, et ce n'est certainement pas Xavier Beulin qui défendra des positions syndicales ou de politique générale qui seront favorables aux intérêts des agriculteurs. Ce qui fait que nos agriculteurs semblent peu informés sur l'économie, la monnaie et d'autres paramètres plus géopolitiques. Cependant, je note qu'un bon tiers des agriculteurs avec qui j'ai pu discuter, m'ont spontanément parlé du projet TAFTA qu'ils craignent à juste titre. Ce qui reste un bon signe que notre travail d'alerte porte ses fruits progressivement et que les consciences s'éveillent. Cela malgré le fait que la majorité d'entre eux pensent que l'on peut « changer d'Europe », là où l'article 48 du Traité sur l'Union européenne édicte exactement ce qui rend la chose illusoire. Il faut en effet obtenir l'unanimité de 28 pays très différents pour modifier en profondeur la teneur des traités, ce qui est évidemment impossible. Mais là encore, pas d'étude de la littérature juridique européenne dans les délégations départementales de la FNSEA pour désendoctriner les esprits.

Ce qui était perceptible, c'était donc une connaissance profondément technique et normative que les agriculteurs et éleveurs ont de leur métier, mais une difficulté à appréhender que leur niveau de vie et la qualité de leur travail, dépend en grande partie d'une situation économique et géopolitique générale maîtrisée et régulée par l’État. Tous s'accordaient à dire que les revendications floues et misérabilistes de la direction de la FNSEA, ne pourraient que maintenir le statut-co, jusqu'à les obliger à revenir à nouveau sitôt que les quelques centimes grattés sur le prix de leur production, n'auraient plus aucun effet. La revendication qui me choquera le plus et entendue à l'Assemblée Nationale, sera celle de dédommager les agriculteurs subissant les mesures de rétorsion douanières de la Russie, du fait des sanctions votées par la France contre ce pays. J'avais alors envie de hurler qu'il suffisait de mettre un terme aux sanctions pour que nos agriculteurs retrouvent le droit d'exporter en Russie, plutôt qu'exiger des compensations pour une politique qui détruisait leurs propres débouchés commerciaux. Cette revendication misérabiliste me scandalisait par ailleurs, car elle créditait François Hollande d'avoir raison de se montrer agressif vis à vis de la Russie, sans tenir compte des considérations militaires en jeu.

Je termine ce billet sur une déception. Lorsque je suis parti rejoindre les agriculteurs, place de la Nation, j'avais en tête les opérations de déversement de lisier sur des façades de préfecture ou devant des supermarchés. Je me disais qu'à minima, brûler un torchon de l'Union européenne leur ferait plaisir pour le symbole que cela peut susciter. J'étais ainsi venu avec un gigantesque drapeau de deux mètres sur trois décroché à Créteil quelques mois plus tôt.

Aucun des agriculteurs que j'interpellerais pour leur proposer de souiller un peu ce symbole, ne voudra laisser son esprit de résistance l'emporter. D'ailleurs, une fois la prise de parole de Xavier Beulin terminée, quelques responsables de la FNSEA demanderont aux agriculteurs de rentrer bien gentiment chez eux et de ne pas faire de vagues.

Plus de 48 heures de route pour les conducteurs des tracteurs, cela pour se rassembler quelques heures sur Paris et repartir, si cela n'est pas une trahison de la part des organisateurs de l'événement, qu'est-ce donc ? D'autant que nombres d'agriculteurs étaient prêts à engager leurs véhicules dans un cortège qui les conduirait à l'Assemblée Nationale. Et autant les forces de l'ordre que les politiciens savent qu'il n'est pas possible d'empêcher de tels engins de poursuivre leur progression lorsque les agriculteurs sont décidés d'agir. Pourtant, nos agriculteurs repartiront, et je suppose que nous les reverrons dans quelques mois à nouveau...


jeudi 27 août 2015

Cher François, nous espérons ta neutralisation


Cher François,

Le 25 Août dernier à l'occasion de ta rencontre avec les Ambassadeurs Français, tu n'as rien trouvé de mieux que lâcher un nouveau postillon dont tu as le secret, en évoquant la nécessité de "neutraliser" l'actuel président légitime de la République Syrienne. Tu as même ajouté que tu continuerais à soutenir "l'opposition nationale Syrienne" que tu jugerais "modérée".

Voila un pays qui est à feu et à sang du fait, entre autre, de ton soutien à cette "opposition" que tu juges "modérée" depuis que tu souilles de ta présence la plus haute institution de la République Française, et il semble qu'aucune remise en question ne vienne traverser ton esprit.

A la rigueur, de tels propos ne dérangeraient guère le citoyen que je suis, si tu étais un ivrogne braillant sa vision de la géopolitique dans un bar sordide, mais il se trouve que tu occupes de fait des fonctions qui t'imposent d'incarner les intérêts de la France, et je commence à être las de me dire qu'aucun Haut Fonctionnaire de notre corps diplomatique, ne vienne pas t'expliquer quelques rudiments de communication à connaître, lorsqu'il s'agit de parler au nom du peuple Français tout entier. Aussi, j'en viens à espérer qu'il arrivera une bonne âme sur cette planète pour te "neutraliser", cela par n'importe quel moyen.

Depuis le régime de Vichy, jamais la France n'avait connu un tel niveau de médiocrité et de prostitution à des intérêts étrangers au plus haut sommet de l'Etat. Faut-il te rappeler que Pierre Laval a terminé sa carrière fusillé pour ses crimes de haute trahison pour que tu prennes conscience de l'avenir qui sera le tiens si tu insistes à détruire par chaque bout, tout ce qui fait la grandeur de la France ?

Certes, pour le moment, les sans-couilles qui sont aux plus hautes responsabilités dans les instances militaires, judiciaires et administratives de la France savent pertinemment qu'il devient une urgence vitale pour notre Nation que de te "neutraliser", mais n'attendent que trop que les "sans-dents" aillent au casse-pipe à leur place pour t'évincer. Et je t'accorde que les "sans-dents" que nous sommes, manquons encore clairement d'unité pour que cela puisse s'organiser dans les plus brefs délais. Mais vois-tu François, pour chaque postillon que tu craches, pour chaque trahison nouvelle que tu fomentes, tu élèves le curseur de notre colère. Et moi qui suis en immersion totale dans ce peuple que tu méprises depuis les lustres de la République, je peux t'assurer que la colère atteint un degré tel, qu'il n'y a désormais pratiquement plus aucun espoir que l'insurrection que nous appelons de nos vœux pour te "neutraliser", puisse s'épargner de toutes les violences possibles à ton égard lorsque nous serons enfin aux portes de l'Elysée.

Je suis de ceux qui préfèrent de loin que tu sois destitué, puis jugé par un Tribunal d'exception, car  la permanence de l'Etat de droit est la seule voie qui puisse permettre à notre pays de maintenir sa cohésion. Mais je reconnais que si un jour l'on devait voir ta gueule de despote sanguinaire se balader au bout d'une pique dans les rues de Paris, je serais de ceux qui exulteraient une joie immense de constater ta neutralisation effective et définitive, ne serait-ce qu'en pensant à tous ces civils Syriens morts dans les mêmes conditions, du fait de ton soutien à cette opposition à Bashar Al Assad que tu oses dire "modérée"

Il n'existe pas de "droit d'ingérence" dans les traités internationaux. En revanche, la propagande de guerre et la déstabilisation d'Etats tiers sont bien des crimes. Tout comme les intelligences avec des puissances étrangères, et crois bien que nous saurons te le rappeler le Grand Soir venu.

Dans l'attente, je tiens à te rappeler que sur les 193 Etats-membres de l'ONU, seuls 12 ont apporté une reconnaissance officielle de cette "opposition" que tu dis "modérée". La France doit-elle se mettre en porte à faux avec la réelle "Communauté Internationale" sur la légitimité de l'actuel président de la République Syrienne ?

Certes, tu as en réelle affection tous les Etats terroristes de la planète comme les U.S.A, l'Arabie Saoudite, le Qatar ou Israël, mais encore une fois, tu as toute liberté d'être une ordure sanguinaire en cuvant un mauvais vin dans un bar glauque, mais pas dans la position qui est la tienne.

Aussi, puisque le bloc de constitutionnalité de la France prévoit dans l'article 15 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 que "la société a le droit demander compte à tout agent public de son administration", je souhaite connaître précisément et dans les moindres détails, l'ensemble des fonds publics que tu as alloué depuis ta prise de fonction, à cette "opposition" Syrienne et sur les comptes de quelles entités très exactement.

Et puisqu'il m'est permis de t'évoquer quelques obligations constitutionnelles qui s'imposent à ton administration, je tiens à te rappeler que l'article 14 de la Constitution de 1946 dispose que "la République Française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple".

Dans l'attente de ta réponse à ma question concernant les fonds alloués avec nos impôts à "l'opposition syrienne" je te souhaite les pires calamités que puisse éprouver un homme, eu égard à celles que tu imposes à des millions de civils dans différents pays du Monde par tes agissements.

Avec tout mon mépris,

Sylvain Baron

dimanche 23 août 2015

L'antériorité ne prédispose pas de l'avenir

Je ne crois pas pouvoir revendiquer être le plus sage de chacun d'entre nous, mais je constate quelque chose qui n'en finit pas de m'étonner au-travers de nombreuses discussions, et me laissant à penser que le logos est bien malmené face au pathos chez nombre de nos concitoyens.

En effet, pour chaque pensée positive ou constructiviste que je peux émettre tant sur la question de l'insurrection ou des formes que pourraient prendre la démocratie dans l'avenir, on m'objecte très souvent des propos renvoyant aux vicissitudes actuelles. 

Untel dira : "les influences d'argent ont le pouvoir, donc nous ne pouvons pas prendre le pouvoir"
Un autre dira : "Il faut du tirage au sort partout, le système électoral ne promeut que les oligarchies"

Ce sont des arguments récurrents (pour ne pas dire constants) qui encore une fois, sont supposés former une objection à des propos qui :

- éludent l'influence des intérêts privés ou étrangers sur nos institutions, puisqu'il s'agit de parler d'insurrection. 

Que peut le pouvoir de l'argent face au pouvoir des masses ? Absolument rien, même le plus rôdé des C.R.S pourrait en témoigner : il y a un seuil de foules contre lequel il est strictement impossible de maintenir l'ordre, quand bien même un Ministre aboierait à un préfet de trouver une solution.

- éludent la forme actuelle des institutions, puisqu'il s'agit de les repenser complètement. 

Comment peut-on dire par exemple que l'élection doit être évincée totalement des différents modes de désignation de nos mandataires, si l'on considère qu'il faudra que le référendum d'initiative populaire et révocatoire soit un droit acquis dans notre prochaine constitution ? Dans un tel cas, l'élection perd beaucoup de ses contraintes connues actuelles (non pas toutes), et retrouve sa pertinence à partir d'un cadre parfaitement réfléchi et en fonction de certains mandats.

Nous pourrions évoquer aussi les lois déjà écrites, les traités auxquels nous sommes assujettis, les révolutions passées rattrapées par des influences d'argent et nombre d'autres sujets qui, dès lors qu'ils sont conscientisés comme "systémiques", sont considérés comme inamovibles.

C'est pourtant le propre des civilisations (et pour le moins une vieille habitude Française) que d'envoyer valdinguer ce qui durant quelques décennies semblait inamovible, pour générer des progrès sociaux et démocratiques brutalement et toujours rapidement.

Ce qui existait avant ou du moins, ce qui est actuellement, ne peut donc en aucun cas être considéré comme ce qui sera dans l'avenir. Dès lors, à quoi bon s'enfermer dans ce qui est ou ce qui a été, puisque nous pensons et dessinons un futur tout autre ? J'en arrive même à trouver plus agréable de partager des discussions avec des gens avec qui je suis en profond désaccord, mais qui pour autant ne se réfèrent jamais au passé ou au temps présent pour imaginer les avenirs possibles, sauf lorsqu'ils y trouvent des leçons utiles pour construire une pensée positive.

Car les objections consistant à réduire l'arborescence des futurs possibles à des schémas déjà usités témoignent à mon sens de ressorts de la psyché bien plus que de l'analyse politique réelle. En verrouillant l'avenir aux desseins de notre oligarchie mondialiste, ou encore aux dysfonctionnements actuels ou passés tant des révolutions que de la salubrité de nos institutions, c'est un sentiment individuel et presque charnel qui parle, non une certaine logique d'esprit se moquant de nos états d'âme.

L'on pourrait parler d'apathie, de défaitisme, voir d'une pensée morbide. Certes, cet interlocuteur pourra être tout à fait renseigné sur les réalités géopolitiques, économiques ou institutionnelles qui nous asservissent mais il ne proposera pas de solutions immédiates et plus pérennes qui en découlent. Enfin si, mais je n'appelle pas cela une solution, mais là encore une marque du pathos : 

L'insurrection violente.

Ce sont en effet bien souvent ceux qui restent en cycle fermé sur les aspects sombres de notre histoire ou de notre actualité, qui appellent le plus souvent à la révolte violente. On envoie la raison à la poubelle, et l'on se sent prêt à mourir du point de vue charnel comme si le corps devait être en adéquation avec un esprit souffrant lui-même d'une petite mort. En effet, l'insurrection violente comme motivation suppose que son promoteur tienne compte qu'il pourrait lui-même être sacrifié dans un bain de sang. C'est un désir individuel qui exclut la réflexion collective. La majorité d'entre nous ne souhaitons pas mourir ou être blessé(e) dans des affrontements violents avec la maréchaussée, et les idées insurrectionnelles qui en découlent, tiennent souvent compte de cette logique de survie, mais aussi de respect de l'intégrité corporelle de l'autre. Car les défenseurs d'une quelconque action visant à nuire au Système, sont co-responsables de leurs agissements et de leur organisation, et ont tendance à veiller les uns sur les autres par nécessité autant que par fraternité dans leur combat collectif. Voila pourquoi celui qui défend l'insurrection violente est non seulement dans le pathos à mes yeux, mais aussi profondément individualiste puisqu'il refuse d'inclure dans sa réponse, la responsabilité de son propos et de ses actes face à la collectivité. Il n'en a cure, seul le sang des salauds ou le sien propre s'écoule dans son esprit, au point de jeter un voile écarlate sur ce qui devrait être le fil conducteur d'une résistance pacifique et organisée :

La Raison

C'est ainsi une forme d'incohérence d'esprit à mes yeux que se référer constamment à des désastres démocratiques et sociaux passés ou actuels pour justifier l'inertie mortifère d'une situation donnée, puisqu'il s'agit justement d'épurer notre mental de ces réalités pour imaginer les solutions rationnelles qui en découlent. L'imagination est avec la curiosité la plus puissante des armes de l'esprit humain. Imaginer, c'est créer de toute pièce à partir de peu d'éléments existants, un monde parfait et provisoirement immatérialisé. C'est anticiper et créer ce qui devra advenir. Bien sûr, notre imagination doit se confronter à des contraintes particulières pour dissocier ce qui relève de l'utopie de ce qui est réalisable objectivement. Mais c'est justement par ce que la situation politique dans notre pays est excessivement dégradée que même en tenant compte de ces contraintes, notre imagination peut nous permettre de créer ce qui aurait relevé de l'utopie pour nos aïeux ayant vécu il y a moins de deux siècles.

Par exemple, aurait-on pu imaginer il y a deux cent ans, que l'on parlerait de revenu universel, de démocratie participative, ou d'une volonté de co-existence harmonieuse entre l'homme et la nature en ce début de nouveau millénaire ? Au début du XIXème siècle, où un tout petit nombre de Français avaient le droit de vote, où l'on travaillait plus de dix heures par jour, où la traite négrière comme le travail des enfants étaient conscientisés comme "systémiques", nous pouvons raisonnablement supposer que les animateurs des luttes sociales et démocratiques de l'époque, n'espéraient même pas aboutir à ce que nous connaissons actuellement comme modèle social et institutionnel. Cela alors même que notre génération considère le système actuel comme obsolète et profondément anti-démocratique. 

Ainsi, il y a deux façons de se référer à l'histoire. Soit nous tenons compte uniquement des actes manqués pour justifier l'impossibilité de changer le système - sinon par la violence - soit nous tenons compte des progrès obtenus dans la douleur certes, mais qui ont parfois changé intégralement la nature de notre système social et démocratique.

Et il n'y a strictement aucune raison objective qui devrait nous laisser croire que notre génération serait condamnée à l'inertie et l'asservissement car empêtrée dans des normes "systémiques" et gouvernée par des personnes qui nous sembleraient inamovibles. Rien n'est plus faux. Nous sommes précisément une génération qui du fait des grandes mutations technologiques et sociétales intervenues durant les trente dernières années - cela sur un terreau politique et social excessivement dégradé - a toutes les chances comme toutes celles ayant connu des situations analogues, de renverser la table brutalement et définitivement.

La question n'est donc plus de savoir quand cela interviendra-t-il, mais comment nous pouvons garder le contrôle sur ce qui adviendra nécessairement ? Cela afin de ne pas laisser des intérêts étrangers ou privés, s’immiscer dans notre prochaine révolution justement.

L'antériorité ne prédispose pas de l'avenir, mais nous permet juste de tenir compte des écueils à ne pas renouveler, et des raisons cycliques qui doivent nous rendre confiants sur le fait que nous allons bien reprendre notre destinée en main.

C'est pour cette raison que je m'insurge contre le défaitisme ambiant de gens qui sont contre-révolutionnaires bien malgré eux, et que je manifeste une confiance forte sur notre capacité à tout changer pour le mieux. Mais cela nous impose de nous en remettre à la raison, tant sur les nécessités insurrectionnelles (donc organisationnelles et pour des dates proches) que sur nos réflexions plus intellectuelles sur la meilleure façon de pérenniser un futur système social et démocratique espéré.

Il revient à chacun de considérer ainsi comment sont structurés ses propres réseaux militants, et d'accorder un crédit nettement supérieur à qui formulera des propositions claires et dénuées de défaitisme, de celui qui nous invitera à le rejoindre dans sa petite mort...

C'est ainsi que des personnes partageant un état d'esprit similaire au mien, ont tendance à se reconnaître et fraterniser plus aisément pour organiser nos luttes. Nous n'avons plus de temps à perdre !  


dimanche 16 août 2015

Le Jubilé des peuples

Le mot jubilé vient de l'hébreu יוֹבֵל (yôbēl), terme dont la signification est incertaine. On considère généralement qu'il désigne un bélier puisque dans la Bible, une corne de bélier (šôpar) est utilisée comme une trompette pour annoncer l'année du jubilé. 

Le terme est rendu en latin par jubilæus (de jubilare, « se réjouir ») dans la Vulgate de Jérôme de Stridon. 

Cette année-là est une année de libération générale, les terres aliénées ou gagées devaient être rendues, les dettes remises et les esclaves libérés. 

Le Lévitique(25:8–13) déclare ainsi :
« Tu compteras sept semaines d'années, sept fois sept ans, c'est-à-dire le temps de sept semaines d'années, quarante-neuf ans. Le septième mois, le dixième jour du mois tu feras retentir l'appel de la trompe ; le jour des Expiations vous sonnerez de la trompe dans tout le pays. Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l'affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé (יוֹבֵל) : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. 
L'expulsion des Juifs de Palestine a interrompu les comptes historiques, et à la question de savoir quelle serait la prochaine année du Jubilé, le Rabin Baruch S. Davidson conclue dans un article par la réponse suivante :


Nous attendons avec impatience le jour où Dieu apportera toute notre nation à notre patrie, y compris les dix tribus «perdues» et nous observerons l'année du Jubilé, ainsi que tant d'autres mitsvot que nous sommes incapables d'exercer jusqu'à ce que jour attendu.

En clair, pas de réponse chez les autorités religieuses juives, l'enregistrement du décompte des cycles s'est perdu dans l'exode vers l'Europe.

Les catholiques selon Wikipédia, considéraient le Jubilé comme une année sainte au bout de cinquante années de pénitence jusqu'au début de la Renaissance. Le dernier Jubilé selon le Vatican date de l'année 2000, mais disons qu'en 2015, nous pourrions fêter au moins un événement :

La politique de la chaise vide de De Gaulle face aux tentatives de fédéralisation de la C.E.E d'alors. C'était le 6 juillet 1965. Si je vous accorde que nous avons un peu de retard par rapport à l'appel qui va être lancé ici,  ce que l'on devra retenir comme idée globale du Jubilé, c'est une fin de cycle d'environ un demi-siècle, conduisant à l'affranchissement de notre dette et plus globalement de l'euro et l'Union européenne.

Je vous appelle au nom de cette exigence sociale et démocratique, à vous rassembler et marcher le Samedi 10 Octobre 2015 à Paris, pour porter les revendications qui vont suivre. Elles seront ajustables en fonction de ce que des économistes eurolucides voudront bien nous conseiller. Mais puisque nous parlons de nous affranchir de la dette, il faut bien que nous soyons conscients qu'il faudra intervenir sur la monnaie à la Source de son émission. :

Je vous propose rien de moins qu'un grand emprunt populaire de 1.110.000.000 de Francs non convertibles, directement émis par le Trésor Français, sous forme d'obligations de 30.000 Francs (en euro constants) versées aux 37 Millions de contribuables Français (toutes les personnes en âge de travailler ou à la retraite), qui ne pourront être dépensés que sur le territoire Français pour soit :

- Annihiler des crédits privés ainsi que toutes factures ou loyers en retard

- Investir dans des projets associatifs ou entrepreneuriaux

- S'offrir un voyage, un bateau, payer des études, consommer (en mieux pour les plus responsables d'entre nous)

Au bout de six mois, ces 30.000 Francs non convertibles se déprécieront de 10 % chaque mois par une rétro-cession à la Banque de France de ce taux d'intérêt sur le capital non dépensé. Ce Franc fonctionnera en vérité comme beaucoup de monnaies locales :

- Il sera adossé à l'euro en terme de valeur (et il mettra un terme à cette prison des peuples)
- C'est une monnaie fondante (sa valeur se déprécie avec le temps)
- Il n'intéressera que les échanges dans son territoire de circulation (ce Franc ne peut être dépensé qu'en France)

L'objectif est d'abord social :

15 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté de l'INSEE. Toute la génération ayant entre 20 et 55 ans (en moyenne) encaisse un déclin économique constant, avec plus de cinq Millions de chômeurs, 1,6 Millions de Smicards et toute une classe moyenne qui étouffe sous l'inflation du prix de l'immobilier, de l'énergie et de la fiscalité. La misère sociale jette à la rue des centaines de personnes chaque jour. Nous devons offrir une respiration sociale immédiatement et relancer l'économie Française sans délais ! Nous avons connu les 30 glorieuses lorsque la France était Souveraine sur sa monnaie, nous savons comment recommencer, mais cela nécessite "un reboot" pour bien démarrer.


Du jour au lendemain, nous pouvons voir apparaître sur la base d'une simple Ordonnance du président de la République, 30.000 Frcs au crédit sur notre compte courant. Nous pourrons les dépenser comme nous le souhaiterons à l'exclusion des investissements boursiers ou dans l'épargne. C'est une monnaie fondante, elle doit être dépensée le plus rapidement que possible.

Il y aura donc un choc de consommation, et cela aura un effet immédiat sur la création d'emplois. Je préfère laisser un économiste estimer cela, mais je suis certain qu'envisager le Million d'emplois créés en moins d'une année ne serait pas un chiffre farfelu. 

Les bilans bancaires et comptables de nombre d'entreprises et institutions de l'Etat seraient assainis. En effet, on me reprochera peut-être ma candeur, mais je pense que la majorité des Français s'émanciperaient de crédits à la consommation ou immobiliers restant à rembourser, de dettes de logement, d'énergie, de factures d'eau en retard, des procès verbaux en souffrance, pour se débarrasser en premier lieu d'une épée de Damoclès qui pèse certes sur leur budget, mais surtout sur leur moral. Etre endetté n'est pas une situation qui favorise notre sérénité au quotidien.

Il y aurait aussi un effet évident sur la création d'entreprises. 30.000 Frcs constitue un capital de départ confortable pour la majorité des entrepreneurs souhaitant se lancer avec un minimum de puissance de feu. 

Certes, nous pourrions reprocher qu'il poussera à une consommation de gaspillage pour beaucoup d'entre nous, mais incidemment, c'est aussi ce qui nourrira le reboot économique dans un premier temps. Et dans ce cadre, il faut aussi que ce Franc non convertible puisse être investi dans nos entreprises nationales (et à renationaliser) à travers des actions populaires et des projets industriels d'avenir pour la France. 

L'autre reproche que des économistes plus pointus feront, sera qu'un emprunt pesant l'équivalent de la moitié du P.I.B de la France, alourdirait notre dette de 2000 Milliards d'euros à plus de 3000 Milliards de Francs. Mais les mêmes économistes se satisfont aujourd'hui des centaines de Milliards d'euros versés à flux constants dans l'usine à gaz bancaire et euromaniaque, sans que cela ne règle quoi que ce soit à la misère sociale, tout en nuisant profondément à la démocratie en Europe.

On peut arguer qu'il y a des trillons d'euros que le peuple Français a versé depuis plus de cinquante années, pour servir des intérêts privés et étrangers, mais jamais celui des peuples, et pour le moins le notre. Notre économie s'est elle littéralement effondrée de ces trillons d'euros perdus durant des années ? Absolument pas. La France est la sixième économie Mondiale, la troisième puissance nucléaire au Monde, le second contributeur européen de l'Union européenne, et un Empire monétaire en Afrique avec le Franc CFA. Il faut regarder notre pays pour ce qu'il est : 

Nous sommes une véritable puissance économique et militaire mondiale, gouvernée par des des mafieux et des incapables. Mais aussi malmené économiquement et diplomatiquement qu'est le vieux Royaume de France, il est impossible d'écraser financièrement le poids lourd que nous sommes dans l'économie mondiale. Pas même avec 1000 Milliards de dette supplémentaire, qui ne posera pas de grandes difficultés quant à être remboursée par l'ensemble d'entre nous.


Nous en remboursons 2000 Milliards actuellement pour satisfaire les Banksters et les eurocrates, nous aurons bien l'occasion d'auditer ces 2000 Milliards là dans un futur proche, tout en garantissant le remboursement des 1100 Milliards empruntés et injectés dans l'économie réelle selon la théorie de l'hélicoptère.


Le fait que l'économie se relance brusquement entraîne par ailleurs de facto une plus grande collecte de l'impôt et un assainissement des montants exigibles par l'Etat de différentes dettes fiscales en souffrance. Dès la première année, c'est sans doute près de 200 Milliards d'euros (soit 10 % de l'emprunt) qui pourraient revenir dans les caisses de l'Etat directement ou indirectement. Je pense là aussi que le chiffre n'aurait rien de farfelu pour un économiste, la seule T.V.A à 20 % récupérée sur cette allocation exceptionnelle à dépenser dans l'économie réelle, témoigne empiriquement de la logique du chiffre.

Cette revendication que nous nous empruntions à nous-même de quoi nous verser 30.000 Francs sur chacun de nos comptes bancaires a donc deux motivations essentielles :

- Sortir les Français de la pauvreté au plus vite et relancer l'économie immédiatement
- Sortir la France de l'Union européenne et de l'euro, en court-circulant les règles des traités qui nous interdisent de battre monnaie librement. Une nouvelle politique de la chaise vide, mais instaurée par le peuple. 

Une autre raison me fait soutenir cette proposition et bien de mes lecteurs habituels me comprendront :

Nous avons coutume de dire que la Révolution découlera des frigos vides. C'est une façon subtile et polie d'expliquer que les Français à l'ère du consumérisme et des attaques incessantes sur notre sentiment d'identité collective, sont devenus individualistes. Ils ne se mobilisent plus pour sauver leurs intérêts sociaux et démocratiques (c'est à dire collectifs). Les Libéraux de Mai 68 ont bien réussi leur travail de sape sur notre Fraternité. 

La seule mesure politique qui pourrait finalement les mobiliser, c'est leur intérêt personnel. La monnaie étant le moyen le plus immédiat de servir les intérêts personnels de chacun, l'ensemble ne pourrait être que ravi à l'idée de tenir le Siège de Paris pour contraindre nos autorités de fait se disant "Gouvernement de la France" à circonvenir à la pénurie monétaire que le plus grand nombre d'entre nous subissons.

Mais tous ceux qui ont compris la vision de plus long terme et moins mercantile sous-jacente à cette proposition, savent qu'il s'agit avant tout de désarçonner le Cheval de Troie européïste sur notre Souveraineté Nationale, en restaurant nous même le Franc par l'intéressement pécunier de tous les citoyens à cette nécessité vitale.

Si les Français ne gagnent rien à converger vers Paris, ils ne se déplaceront pas. Je n'espère donc pas de nos premiers réseaux (les plus informés sur la nature réelle de l'U.E et la monnaie) qu'ils soient les seuls à se mobiliser, mais intéresser le plus grand nombre de Français, y compris ceux qui ne s'intéressent pas à la géopolitique et l'économie comme nombre d'entre nous.

Le chiffre de 30.000 Frcs peut être modulé et le poids global de l'emprunt national lié, peut aussi varier à la hausse comme à la baisse. Ce qui compte reste la simplicité de cette revendication, malgré les explications nécessaires édictées plus haut :

Nous exigeons que le Gouvernement ordonne à toutes les agences bancaires de France, de porter au crédit sur le compte courant de tous les Français enregistrés fiscalement, d'une très forte somme d'argent. Et tant que cette revendication ne sera pas acceptée, nous devrons rester mobilisés et maintenir la pression avec des millions de citoyens sur Paris pour la porter autant de temps que cela sera nécessaire.

Et comme seuls nos premiers réseaux seront capables d'amorcer cette Résistance, il m'apparaît non négociable d'organiser nos rassemblements et cortèges à travers un itinéraire qui ne pourra pas laisser les millions de Français ignorants de nos revendications :

Nous irons directement devant trois grands médias nationaux pour nous faire entendre du plus grand nombre, et il est une exigence que nous soyons plusieurs milliers pour être crédibles face aux journalistes. Voila donc l'itinéraire du cortège que je compte déclarer à la Préfecture de Paris :


Si nous voulons être rejoints et passer de quelques milliers de personnes à plusieurs millions de citoyens à pour faire notre Jubilé, il faut oublier les places de la Nation ou de la République. Les médias sont les seuls endroits réellement stratégiques pour que le peuple se fasse entendre. Le 14 Juillet dernier, je n'ai pas réussi à motiver un grand nombre d'entre vous à me suivre à BFM Tv, mais je n'en démords pas, c'est vers eux qu'il faut converger, que l'on pardonne mon obstination.

J'espère que vous répondrez à cet appel, il nous faut mettre un terme à cinq décennies de démolition des acquis du programme du Conseil National de la Résistance et de notre Souveraineté Nationale. Nous le pouvons, cela ne tient qu'à nous.


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Sylvain Baron