lundi 12 avril 2021

Vertige

Ridicules ! C'est ce que nous sommes. De petites choses ridicules ! Des poussières dans une immensité sans fin qui nous nous prenons au sérieux. De la bouillie de quarks et gluons qu'une force mystérieuse a bien voulu animer d'un esprit. De la poussière d'étoile qui s'agite en vain et ne trouve d'autre sens au miracle de sa propre existence, qu'en courant derrière des artifices que nous nous inventons ici-bas. Le temps d'une pulsation de Bételgeuse, et nous voici tous morts et fossilisés. Il y a des fous qui rêvent de gouverner le monde, et l'univers tout entier se rit de leurs prétentions. Ce minuscule cailloux bleu est habité par des fous, je vous dis ! 

C'est à n'y rien comprendre ! Dieu vit son rêve éveillé au-travers de nos âmes incarnées, et nous ne sommes même pas conscients d'être le réceptacle de ses songes. Nous avons créé l'argent, concept improbable qui ne nourrit pas son Homme et qui ne sauvera jamais quiconque de sa destinée finale, et cela obsède pourtant la presque totalité de l'humanité. Croquer dans la chair acidulée d'un fruit, s'enivrer du trouble d'un sentiment amoureux, pisser la bite au vent et humer les arômes d'une fleur de jasmin, voila ce qui devrait être notre seule vérité. Nous sommes si éphémères, si fragiles, si improbables...

Ce qui nous paraît tangible ne se nourrit que de l'insignifiance. Qui est donc ce dingue qui prétend nous imposer ses quatre volontés à l'égal d'un enfant capricieux ? Et pourquoi lui accordons-nous une quelconque attention ? Le voila qui nous dit : "portez tous une muselière, ainsi j'en ai décidé", et des millions de fourmis angoissées lui obéissent alors ! Moi, je regarde le ciel et me dis que sans doute, demain je serais déjà mort. Alors à quoi bon écouter ce fou qui trépigne ? Ai-je seulement le luxe de l'éternité pour me défaire du droit de respirer ? Non, n'en déplaise au troupeau de zombies et de délateurs, nul tyran n'aura jamais prise sur ma vie. Je n'ai pas le temps, je ne suis que poussière, et chaque jour m'est compté ! S'il faut faire Société, ce doit être uniquement pour forger des Hommes libres ! Si ce n'est le cas, je vous laisse vous soumettre à quelques sociopathes que quelques millions d'entre nous peuvent tout à fait emporter dans la tombe dès demain. Je ne vous suivrais pas dans ce projet. Je suis fils de Gaïa, elle-même enfantée d'une nébuleuse qui passait par là. L'univers, notre géniteur à tous, lui ne nous a jamais rien demandé. Mais cet idiot encravaté qui chaque matin dépose son étron quotidien dans un quelconque cabinet élyséen, lui, se prétend au dessus de la mêlée. Quelle vanité !

Mais regardez les étoiles ! Ne vous susurrent-elles pas que le Miracle interdit toute servilité ? Qu'il faut vivre et aimer autant que l'on peut avant de mourir ? Que notre jardin si fragile mérite d'être cultivé ? Pourquoi courbes-tu l'échine ? Que fais-tu enfermé entre ces quatre murs de béton ? Au nom de quoi ta liberté d'aller et venir se négocie sur un bout de papier ? Es-tu fou toi aussi ? Projette-toi en songe à quelques encablures de Jupiter, et regarde ce minuscule point bleu qui scintille en direction du Soleil. Le vois-tu ? Cette particule de lumière au milieu de millions d'autres, c'est nous ! Fais encore un petit bon jusqu'à notre plus proche voisine stellaire, et tous ceux que tu as un jour connu et aimé ont déjà laissé place à une nouvelle humanité. Cela fait désormais des dizaines de milliers d'années qu'ils ont disparu. D'ailleurs, notre si petite planète, tu ne la perçois déjà plus. Pousse le voyage jusque dans les bras d'Andromède, et alors que tu embrasseras du regard l'univers tout entier, tu te surprendras à regretter ce minuscule cailloux bleu où des herbes folles poussaient et où le sourire d'une femme avait allumé en toi le plus immense des brasiers. C'est alors que tu te rappelleras. Qui était ce fou déjà, qui se croyait au-dessus de tout et tirait plaisir à faire tourner en rond une parcelle d'humanité ? Et pourquoi donc y avait-il des gens pour lui obéir ? De là où tu te trouves, est-ce que tout cela a du sens ? 

Puisque tu ressens enfin le vertige d'une telle incongruité, reviens parmi nous maintenant. Fais tes adieux à Andromède, présente une dernière fois tes hommages à Proxima, excuse-toi auprès de Saturne de point vouloir t'attarder, reviens sur ce cailloux bleu y respirer un grand bol d'air. Tu n'as pas touché le sol qu'un goéland plane en toute majesté au-dessus du monde. Regarde toutes ces fleurs qui colorent ce plancher des vaches sur lequel tu retombes doucement ! Regarde cette femme ! Comme tu la trouves si belle, si grâcieuse, si touchante ! Tu le sens ce cœur qui bat la chamade ? Le sens-tu ton sang qui se réchauffe ? Regarde, elle se trouve aux côtés de millions d'autres Humains ivres de colère qui assiègent tout Paris ! On crie, on chante, on se bat et l'on meurt aussi ! Mais putain, qu'est-ce que l'on vit ! Tout reprend sens. Te voila arrachant ta muselière, étreignant celle qui te trouble. Un hélicoptère s'envole vers les cieux avec à son bord un tyran terrifié. Il ne reviendra plus, le peuple a gagné ! Oui, voila quelque chose qui a du sens. Désormais nous serons libres, et toi plus que les autres encore. Tu as goûté au vertige de l'immensité. Tu as compris enfin pourquoi TU ES.  




samedi 10 avril 2021

Puisqu'une députée accepte de nous écouter....

Le document que je retranscris ici, est un court mémoire que je vais remettre le 13 avril 2021 à Mme Frédérique Dumas, députée (ex LRM) qui porte un intérêt particulier sur le financement public des médias. Accompagné de Redwane du Service Public Libre (ex Gilets Jaunes Constituants), nous rencontrerons la députée à sa permanence parlementaire. Nous la remercions pour l'attention qu'elle accepte de porter à nos sollicitations. Nous espérons que ce document sera lu par d'autres députés...

A l’attention de Mme Frédérique Dumas et Béatrice Piron, ainsi qu’à l’ensemble de la représentation parlementaire du peuple français.

C’est dans le cadre des investigations menées par la députée Frédérique Dumas à l’encontre de France Télévisions s’agissant d’un contrat passé avec la société « Air productions » pour un montant de 100 millions d’euros, que j’ai découvert votre intérêt sur la question des médias. Plus encore, j’ai pu constater que dès l’année 2017, vous aviez rédigé un « avis » en collaboration avec la députée Béatrice Piron quant à la politique de financement en matière de culture. C’est à ce titre que je me permets de vous interpeller au travers de ce document.

Présentation

En liminaire, je tiens à signifier que je n’ai aucune relation d’intérêt avec un quelconque média privé ou public, ni toute autre puissance financière, étrangère ou gouvernementale. Je crois cependant être tout à fait représentatif d’une grande part de la population ne cachant plus sa défiance vis-à-vis des grands médias audiovisuels privés et publics, mais aussi une contestation populaire dont les revendications politiques permanentes et intangibles sont :

1) La destitution d’Emmanuel Macron et la révocation de son gouvernement. De façon plus globale, nous souhaitons un assainissement de nos institutions, par l’éviction d’une grande part de notre « représentation » politique en passant par certains membres de la haute fonction publique, de la magistrature ainsi que d’autres grands corps d’État.

2) La restauration pleine et entière de notre indépendance nationale par la sortie de l’UE, l’euro et l’OTAN, et pourquoi pas d’un certain nombre de traités préjudiciables à nos intérêts nationaux.

3) L’instauration d’une constituante populaire et pleinement participative, et pour le moins, l’introduction de garde-fous démocratiques au sein de notre Constitution permettant au peuple de s’autosaisir par référendum en toute indépendance de sa représentation politique (y compris parlementaire) pour légiférer ou abroger des lois en toutes matières, ainsi que révoquer si nécessaire et dans certaines conditions, tout élu ou mandataire du peuple s’étant rendu coupable d’un crime de lèse-nation (corruption, trahison, détournement de fonds publics, etc.).

Bien sûr, nous sommes capables de certains consensus sur des sujets plus socio-économiques ou géopolitiques, mais nous considérons bel et bien que la Démocratie et la Souveraineté effective du peuple sur son territoire ainsi que sur ses lois et sa représentation, sont les moyens politiques de débattre et légitimer des réformes, quels que soient leurs champs d’application respectifs. Tout juste pourrais-je signifier que globalement, nous considérons qu’il est du devoir de l’État de réguler l’économie, indépendamment des intérêts financiers ou particuliers que cela pourrait ennuyer.

Les gens que je représente ne sont pas structurés en « partis politiques ». Une très petite part d’entre eux milite néanmoins pour différentes formations politiques partageant peu ou prou les revendications explicitées plus haut. L’essentiel de notre dissidence est tout à fait informel et constitue ce que l’on peut appeler une « nébuleuse ». J’estime cette dernière forte de 2 à 3 millions de personnes très interconnectées sur les réseaux sociaux. À des degrés moindres, les partis politiques tels que le « Rassemblement National » ou « La France Insoumise », partagent en partie nos aspirations, sans toutefois être capables d’assumer nos radicalités ni notre désintérêt pour leurs guerres idéologiques stériles. Nous ne sommes pas des extrémistes de gauche ou de droite, nous sommes davantage des démocrates radicaux. Ce qui signifie malgré tout que notre dissidence a une influence qui porte bien au-delà d’elle-même, depuis les maillons les plus structurés et médiatisés de la « contestation » populaire, jusqu’à ces 70 % de Français qui soutenaient « les Gilets Jaunes » aux premiers jours du mouvement.

J’évoque ici le terme « dissidence » à dessein. Une dissidence est par définition ostracisée, marginalisée et diffamée si nécessaire par un ordre politico-médiatique régnant. Monsieur Mélenchon et madame Le Pen, ne peuvent ainsi prétendre au statut de « dissident », puisqu’ils n’ont aucune difficulté particulière à exister politiquement et médiatiquement. Ils sont même d’une très grande utilité pour l’oligarchie au pouvoir. Ils ne souhaitent nullement sortir de l’UE et de l’euro, mais jouent de la « popote électorale » en dénonçant les aberrations économiques et démocratiques que nous imposent ces institutions ; leurs vues économiques sont globalement convergentes car régulatrices, voire keynésiennes, mais puisqu’il est de bon ton de diviser cette frange majoritaire de l’électorat qui ne se revendique ni mondialiste, ni européiste, ni « libérale », le « Rassemblement National » et la « France Insoumise » entretiennent des clivages stériles sur des considérations sociétales et morales dont l’intérêt est mineur face à des enjeux démocratiques, économiques et géopolitiques.

Si vous avez le sentiment que la dissidence que je décris porte des revendications récurrentes chez les « Gilets Jaunes », indépendamment de vos opinions propres sur ces sujets, vous conviendrez qu’outre le climat socio-économique dégradé et le sentiment justifié de la population d’être méprisée par les représentants des plus hautes instances de l’État, il y a aussi une chape de plomb médiatique qui pèse sur des questions politiques déterminantes pour la nation. Être ou ne pas être dans l’UE et l’euro, ça n’est pas un débat politique de même envergure qu’autoriser ou non le mariage entre personnes de même sexe. L’introduction d’une procédure de référendum d’initiative citoyenne dans la Constitution suppose des enjeux démocratiques bien plus profonds qu’une réforme n’affectant que le mode d’exercice d’un quelconque mandat représentatif. Assumer intellectuellement le fait de vouloir révoquer un chef d’État n’est pas une considération politique anodine. Dans toute démocratie qui se respecte, la remise en cause de la légitimité même d’une représentation politique à gouverner, est un droit absolu et salutaire pour le peuple.

Si j’évoque cet univers intellectuel, politique et populaire que j’incarne avec des millions de mes concitoyens, c’est précisément parce qu’il n’a pas droit de cité dans les grands médias audiovisuels publics, pas plus que dans la presse écrite subventionnée. Vous conviendrez que ces sujets ne sont pas davantage débattus au parlement. Et sans nul doute, vous vous opposez radicalement à notre désir de rétablissement plein et entier de la souveraineté nationale, pourtant érigée en principe cardinal de la démocratie dans le titre premier de notre Constitution. Nous sommes d’ailleurs la nation qui a formalisé jusque dans le droit international le principe d’autodétermination des peuples. Principe que notre caste politique (qui n’en a pas le droit) renie, là où tant d’autres peuples aspirent à leur propre indépendance.

Dans ce cadre, et puisque nous avons le sentiment que le fait de défendre des principes constitutionnels intangibles et de façon plus générale l’établissement de la démocratie (qui ne peut être strictement représentative sauf à vouloir dénaturer sa définition même), les plus déterminés dans nos réseaux se sont résolus à assiéger chaque premier samedi du mois l’ensemble de nos grands médias publics et privés pour leur opposer un rapport de force citoyen. Nous n’étions qu’une dizaine au premier jour, nous sommes désormais plusieurs centaines voire plusieurs milliers de personnes à revenir constamment désormais. Notre progression en termes de mobilisation est constante et nous sommes résolus à atteindre la masse critique nous permettant de nous faire entendre. Bien évidemment, vous n’aurez jamais entendu parler de nos manifestations sous les fenêtres des grands médias, même lors de nos plus grosses mobilisations, car il est hors de question pour les journalistes et leurs directeurs éditoriaux (et actionnaires) de se remettre en cause publiquement. Pas plus qu’exposer au grand jour nos griefs (qualifiés sur le plan pénal) contre Emmanuel Macron et certains de ses ministres ou laisser des citoyens faire de la pédagogie sur le droit constitutionnel, la philosophie politique, la monnaie et la démocratie à leurs téléspectateurs.

Il y a donc un très grave problème de liberté d’expression en général en France, et plus spécifiquement de diversité des opinions dans les grands médias (qu’ils soient publics ou privés).

Le déclin intellectuel, moral, éthique et politique des grands médias.

Le problème est davantage humain, mais aussi institutionnel. En premier lieu, les universités telles que « Science-Po », l’ENA, l’ENS ainsi que les écoles de journalisme sont à l’origine du déclin culturel et philosophique du monde intellectuel, politique et médiatique français. Le recrutement d’enseignants dont le conformisme politique est saisissant, induit que certaines thématiques ne seront pas ou très mal traitées face à des élèves trop jeunes encore pour disposer du bagage culturel et intellectuel nécessaire à l’exercice critique. Je rappelle d’ailleurs que bien avant que de jeunes gens se retrouvent à l’université, nos enfants subissent une propagande obscène en faveur de l’Union européenne dès l’école primaire. En témoignent les « drapeaux européens » (que nous avons plaisir à décrocher régulièrement) qui surplombent les frontons des écoles, collèges et lycées publics. Comment les jeunes citoyens pourraient-ils comprendre les enjeux de souveraineté lorsqu’ils pénètrent chaque jour dans un établissement scolaire sous une bannière non seulement illégitime mais qui de plus n’a aucune valeur juridique ou constitutionnelle en France ? Ou lorsque les enseignants sont tenus de faire la promotion de cette institution dans le cadre des programmes scolaires ?

Donc, de jeunes gens qui s’orientent vers des études de sciences politiques ou de journalisme rentrent à l’université avec des conditionnements idéologiques (très représentatifs des orientations politiques des couches sociales les plus aisées) que l’État lui-même impose par des procédés marketing (le drapeau européen) ou programmatiques. Ils se retrouvent face à des enseignants qui poursuivront cette propagande, et c’est ce qui explique que la majorité de nos journalistes, hauts fonctionnaires et politiciens, soient acquis à une idéologie mortifère qui n’est nullement partagée par la majorité de la population. Deux événements peuvent en témoigner : le référendum perdu par les européistes en 2005 (et violé par la suite) ou encore la déclaration d’Emmanuel Macron à la BBC en janvier 2019, sur le fait que si la France organisait un référendum en vue de sortir de l’UE, « les Français voteraient probablement » dans le même sens que nos amis britanniques. Ce qui signifie du reste que notre oligarchie (dont M. Macron n’est qu’un maillon) est tout à fait consciente des aspirations politiques de la majorité du peuple, mais se garde bien de lui rendre la possibilité de s’autodéterminer en ce sens.

Pour en revenir plus spécifiquement à la question du déclin intellectuel et déontologique de nos journalistes, nous avons noté que la majorité d’entre eux ignore ce qu’est « la Charte de Munich ». Cela signifie donc que les écoles de journalisme ne semblent même plus s’assurer que les notions éthiques et déontologiques encadrant une telle activité soient enseignées. 

Autre facteur de la ruine intellectuelle et du conformisme permanent dans nos médias : le recrutement lui-même des journalistes dans les services politiques de ces derniers. Car à défaut d’un haut niveau de déontologie personnelle des journalistes qui comprendraient que leurs opinions propres sont sans intérêt pour les citoyens qu’il s’agit d’informer, un autre parti pris aurait pu être de s’assurer du recrutement des journalistes sur des critères d’opinions cette fois-ci. Mais dans le sens d’une diversité politique réelle à faire valoir. Ça n’est pas le cas. Bien au contraire, nous avons le sentiment que tant pour le service public de l’information que pour nos grands médias privés, il s’agisse de recruter des journalistes tout à fait conformes à la doxa. Et d’ailleurs, si un quelconque journaliste du service public décidait d’accorder la parole à des gens qui accusent M. Macron d’être un criminel, ou encore qui tienne à expliquer la nécessité absolue de sortir de l’UE et l’euro, ou même de réchauffer nos relations avec la Russie alors qu’il faudrait les refroidir avec l’Allemagne ou les USA, quelles en seraient les conséquences ? La première serait tout simplement qu’un directeur éditorial empêcherait sans nul doute que de tels débats extrêmement préjudiciables à la majorité de notre représentation politique, puissent avoir droit de cité sur les grandes ondes. À défaut, il est fort probable que ce journaliste serait placardisé pour avoir osé mettre en lumière les grands sujets tabous pour une représentation politique qui nomme les directeurs des grands médias publics et votent les budgets de ces derniers. Rappelons que la concurrence à l’emploi pour exercer une activité de journaliste est très forte en France. Lorsqu’il s’agit de payer son loyer et ses factures, n’importe qui est prêt à faire des concessions avec son intégrité morale et intellectuelle.

Face à la propagande, l’essor de la contestation sur internet

L’essor d’internet, média qui permet aux citoyens d’être émetteurs de leurs propres opinions sur l’espace public, mais aussi leur permettant de choisir les canaux d’information qui les intéressent, a réellement débuté en 2005, à l’occasion de la propagande tonitruante qui a été véhiculée en faveur de la ratification du Traité Constitutionnel Européen. Face au peu d’espace médiatique qui était accordé aux opposants ou pour le moins, aux « éléments de langage » visant à discréditer ces derniers constamment, des leaders d’opinion et nouveaux médias jusque là inconnus ont émergé progressivement. Bien entendu, la majorité des Français (et c’est encore le cas aujourd’hui), malgré les signaux d’alarme répétés par les enquêtes du CEVIPOF chaque année, continue de « s’informer » via le mainstream médiatique et ne connaît pas nécessairement les personnalités ou médias web alternatifs leur permettant d’accéder à des analyses très différentes (et autrement plus profondes) que ce que leur télévision ânonne continuellement. Car c’est un fait, les grands médias publics se désintéressent des débats politiques qui agitent la toile mais aussi des penseurs qui bénéficient d’une audience bien supérieure sur internet, à la plupart des « experts » et politiciens qu’ils invitent régulièrement. Pourtant, le rejet du T.C.E à plus de 55 % des voix aurait dû les alerter sur le fait qu’un glissement idéologique s’opérait et qu’à terme, toute une génération de Français allait finir par lâcher totalement prise avec notre représentation politico-médiatique. La maturité de cet essor de la contestation sur internet, a pu être observée à l’aune de la crise des « Gilets Jaunes ». Ces derniers étaient d’abord interconnectés sur les réseaux sociaux avant même de déferler dans les rues.

Aujourd’hui, de nombreux médias de réinformation existent sur internet. Par exemple, pour la presse écrite, peut-on citer « La lettre A » ou « Le Grand Soir », tandis que pour le format audiovisuel, « Le fil d’actu » ; « Le média pour tous » et dernièrement « Blast » se partagent une grande part de l’audience web sur des sujets qui ne seront pas ou très mal traités par les grands médias publics et privés. Cependant, les moyens financiers de ces derniers restent infimes. Par ailleurs, comme signifié plus haut, la majorité des Français a une attitude passive et bien peu critique face à l’information. Très peu ont la curiosité d’effectuer des recherches sur certaines thématiques pouvant les amener à découvrir des penseurs et médias différents. Seule la dissidence sait où chercher ses informations. Ajoutons par ailleurs que les grands médias publics et privés ont les moyens financiers de payer leur référencement sur les moteurs de recherche, de telle façon que les premières occurrences qui sont présentées à un internaute sur un sujet spécifique, seront le plus souvent des articles issus de la presse subventionnée.

De fait, la majorité de la population reste ignorante de toutes ces alternatives politico-médiatiques issues du web. S’il est de bon ton pour l’oligarchie de discréditer l’information dissidente sur le web en mettant en lumière quelques sites complotistes, les grands médias eux-mêmes avec le plein soutien du gouvernement et des GAFAMs, se sont octroyé le ministère de la vérité. Ainsi, le journal « Le Monde », mais aussi « Libération », reçoivent des subsides pour « vérifier » des informations circulant sur internet et accorder les bons et mauvais points. La pratique de la censure explose aussi sur les réseaux sociaux, de même que nous avons observé que les algorithmes de ces derniers ont évolué de façon à réduire l’exposition des publications et penseurs politiques en dissidence avec la doxa ambiante. Il n’y a donc pas lieu de considérer qu’Internet représente un contre-pouvoir suffisamment puissant à opposer aux grands médias publics et privés.

Ajoutons que certaines lois aussi mal rédigées que profondément attentatoires à la liberté d’expression, sont utilisées à des fins politiques contre des mal-pensants qui auraient la mauvaise idée d’aborder des thématiques plus polémiques. Ainsi, la loi sur « l’incitation à la haine » est utilisée très régulièrement pour faire condamner des personnes exposant des problèmes de communautarisme ou d’ingérence étrangère dans notre appareil d’État. Cette loi est, j’insiste, particulièrement mal rédigée, inutile et utilisée essentiellement à des fins politiques. Si, par exemple, je devais vous signifier un propos particulièrement xénophobe contre les Esquimaux, en tant que destinataire du propos, vous seriez sans doute choquée, mais certainement pas « contaminée » par ma propre xénophobie. Si l’on m’interdit en revanche de dire tout le mal que je pense des Esquimaux, qui pourra me répondre que j’ai tort ? Et en quoi le fait de me condamner pour un propos xénophobe, sera de nature à éteindre mes propres préjugés ? Une condamnation judiciaire ne serait-t-elle pas au contraire de nature à me radicaliser là où la liberté d’expression la plus extensible, y compris s’agissant « des propos qui heurtent ou dérangent », permet à tout un chacun de se confronter à la réaction morale et intellectuelle de ses adversaires ? Si vous ne pouvez pas vous-même m’interroger sur mes propres préjugés et y répondre, comment dans ce cas peut-on espérer lutter efficacement contre la montée de toutes les formes de xénophobie ? Des personnes dont je réprouve pourtant le discours se sont vues condamnées par la justice à des peines de prison ferme pour des écrits ou propos heurtant la bien-pensance, alors que lorsque de célèbres journalistes et éditorialistes pratiquaient la propagande de guerre contre la Syrie ou la Libye, ils n’ont jamais été inquiétés. Pourtant, le droit international public comme les lois relatives à la presse et le Code pénal, condamnent la propagande de guerre. Internet n’est donc plus l'espace de liberté qu'il a pu être à ses débuts. Le champ de la liberté d’expression se réduit d'année en année sur ce média, et la loi Avia vient encore confirmer cet état de fait.

Quelques propositions pour garantir la diversité des opinions dans les grands médias.

Les données du CSA, mais aussi la consultation des Unes de la presse subventionnée, permettent de se faire une idée du très haut niveau d’influence politique que peuvent avoir les médias sur les résultats des scrutins. M. Macron, que personne ne connaissait et qui incarnait pourtant un courant idéologique repoussoir pour la majorité des Français, a été élu moyennant force propagande de tous les grands médias. Nier cette influence et la capacité des Français à voter contre leurs intérêts ou opinions du fait de l’ingénierie sociale pratiquée à leur encontre, c’est courir au désastre social et démocratique définitif. « Le Rassemblement National » est désormais constamment utilisé comme épouvantail médiatique pour faire gagner le candidat souhaité par des intérêts d’argent. Ces derniers ont tout à fait compris que la majorité des Français refuse la marginalisation et le rejet social du fait de leurs opinions. Ils préféreront la plupart du temps se ranger à une logique conformiste – quand bien même ils la réprouvent intellectuellement – pour garantir en apparence pour le moins, leur bonne morale politique. Ces pratiques journalistiques permanentes au sein de nos grands médias publics et privés, doivent cesser. De même que la censure des opposants ou courants d’idées gênants pour les cercles de pouvoir, ne peut plus se poursuivre, sauf à vouloir forger une insurrection violente. Les Français sont suffisamment dégoûtés par leurs politiciens et journalistes pour que l’abstention et les mouvements sociaux de plus en plus violents en soient la conséquence. Quelques mesures simples, mais radicales, peuvent pourtant améliorer considérablement les choses :

1) Porter reconnaissance dans la Constitution du pouvoir médiatique et y introduire de facto la Charte de Munich comme garde-fou éthique et déontologique imposé à tous les journalistes.

2) Transformer le CSA en Cour Supérieure de l’Audiovisuel et du Numérique (CSAN). Veiller à ce que seul le Parlement puisse nommer les magistrats et sans que l’exécutif puisse soumettre ses propositions. Établir un conseil pouvant être sollicité par les citoyens, qui soit constitué de journalistes et d’un jury de citoyens tirés au sort pour instruire et juger les dossiers reçus. Veiller à ce que cette nouvelle institution dispose d’un pouvoir de contrainte réelle.

3) Mettre un terme aux subventions à la presse politique. Imposer la diversité des opinions au sein de Radio France et France Télévisions, que ce soit dans le recrutement des journalistes ou la ligne éditoriale elle-même. Garantir que les mécanismes de saisine du médiateur de chaque grand média public pour dénoncer le fait que telle personnalité politique ou opinion soit sous-représentée, oblige ces derniers à apporter une amélioration éditoriale. Cela avant même de devoir faire saisine du CSAN en dernier recours

4) Empêcher les grands médias privés d’être assujettis à des actionnaires majoritaires fortunés. Obliger les grands médias privés à adopter un statut de coopérative de journalistes. Faciliter l’entrée du grand public au capital des grands médias privés.

5) Imposer aux grandes écoles de sciences politiques et de journalisme un enseignement contradictoire et tenant compte de toutes les sensibilités (pas seulement européistes, libérales ou mondialistes).

6) Dans l’attente (et dans l’urgence), produire une consultation des Français s’agissant des opinions et personnalités qu’ils considèrent censurées, maltraitées ou minorées par les grands médias, exiger du service public qu’il rende des comptes et réponde concrètement à ses propres manquements.

Je vous ferai grâce d’autres propositions et je vous laisse le loisir de méditer les nécessités et difficultés qu’imposeraient de telles réformes. Sans pouvoir prétendre qu’elles seraient de nature à régler tous les problèmes relatifs à la presse, ces quelques propositions seraient néanmoins salutaires pour restaurer un débat public qui soit digne, sérieux et réellement contradictoire sur les grands sujets politiques affectant la vie de la nation.

Dans l’espoir que ce document aura une influence positive dans vos propres travaux parlementaires, veuillez accepter Mesdames et Messieurs les Députés, mes meilleures salutations.

Sylvain Baron

Gilet Jaune et auteur de l’essai« Révolte ! » aux éditions Ka’

(Avec le soutien de Paloma)



mercredi 20 janvier 2021

Harangue à la gauche

Quelques-uns parmi vous me connaissent, et en général, ce ne sont pas les moins militants. Depuis dix années que j'ai sombré à mon tour dans le bouillon politique, j'ai appris à prendre les coups comme à les rendre. Car aussi assujettis à une même oligarchie que nous soyons tous, personne ne se fait de cadeaux dans nos cercles si restreints. On me reproche quelques réflexions ou propos choquant les belles âmes, autant que ma facilité à frayer avec tous les courants politiques. De même que je peux me montrer d'une arrogance incommensurable, et pourtant, je suis capable de m'adoucir lorsque je constate être agressif inutilement. 

Disons que je vous dois toutes mes outrances, puisque je n'ai cessé d'être l'un de vos meilleurs croquemitaines durant des années. Il est vrai aussi que je ne passe rien idéologiquement à ceux que j'appelle les "gauchistes", c'est à dire ceux que Lénine dénonçait déjà en son temps. Et je continuerais de ne pas admettre leurs considérations séditieuses, communautaristes et parfaitement angéliques sur les sujétions géopolitiques et économiques qui pèsent sur notre pays. Je me bats pour restaurer l'indépendance et la souveraineté de la nation et quand bien même certains peuvent être assez stupides et/ou idéologisés pour refuser d'admettre que cette position ne répond nullement d'une adhésion à des sentiments droitiers, je sais tout de même qu'un très grand nombre de sympathisants de "gauche" ont pour leur part bien compris que vouloir sortir de l'U.E ne dit rien de nos convictions particulières. Si ce n'est l'exigence de faire respecter le principe d'auto-détermination des peuples, et pour le moins, celle du nôtre propre.

Encore faut-il pour cela, accepter que le peuple français existasse et ait le droit d'exister encore. C'est sur ce point de fracture que je m'oppose à une partie d'entre vous. Et tout comme la majorité des Français, j'en suis fermement convaincu, je continuerai dans le temps long de ne rien concéder à cette idéologie mortifère visant à démolir tous nos liens et nous ostraciser sur des critères de sexe, de couleur de peau, de religion ou de préférences sexuelles, lorsque ce n'est pas notre tour de taille qui devrait justifier que l'on rejoigne une tribu particulière. C'est peut-être un principe furieusement égalitaire, mais je crois au mérite de chacun. J'ai grandi dans une famille pour partie africaine, dans une banlieue dortoir où j'étais moi-même une minorité visible, et j'ai donc vu des racailles de toutes couleurs de peau, comme des gens merveilleux ou d'une extrême simplicité. Mon regard sur les gens ne pourra jamais être aliéné par un préjugé xénophobe, car je me fie toujours à des individualités. Derrière chacune de nos carapaces, il y a un esprit et le plus souvent une relative bienveillance. Pour une petite minorité de gens, qu'ils soient vêtus par de grands couturiers ou qu'ils soient adeptes de rodéos sauvages dans nos quartiers, il n'y a que volonté de nuire et profiter d'autrui. Une Société juste et soucieuse de son contrat social peut endiguer l'essentiel de telles dérives humaines, et c'est ce qu'il nous reviendra de bâtir dans le futur. Mais dans l'attente, il n'est plus tolérable de fermer les yeux sur la criminalité qui sévit tant en haut lieu que sur les petites gens. Nous sommes les victimes des politiciens. Mais les victimes des crimes et délits plus "ordinaires" sont constamment négligées. S'il vous semble choquant de ma part que je trouve abjecte toute hystérie médiatique ou marche blanche concernant des racailles ayant succombé lors de leur interpellation, soyez au clair avec votre conscience politique : la majorité des Français pense comme moi. Cela peut susciter de l'inconfort mental pour vous, mais il y a des "causes" sur lesquelles la gauche est totalement incapable de ramener la majorité des Français à elle-même. Est-ce que cela signifie que je ne trouve pas moins révoltant lorsqu'un Gilet Jaune se fait éborgner au flashball ou lorsqu'une charge policière  conduit des personnes à se jeter dans les eaux tourbillonnantes de la Loire à Nantes ? Comme la majorité des Français, je suis totalement scandalisé par ces actes et considère qu'ils doivent trouver une réponse très sévère de la Justice. Avoir plus d'empathie pour des honnêtes gens que pour des sociopathes ayant finalement tout fait pour terminer brutalement leur vie, c'est un sentiment normal et largement partagé. Pas une conviction réactionnaire. Il en va de même sur le fait que nous sommes naturellement conditionnés à disposer de plus d'empathie pour les gens qui nous sont proches sur de très nombreux critères socioculturels voire ethniques, que nous ne pourrions l'être pour des gens qui nous sont éloignés. Si un avion rempli de Français, quelles que soient d'ailleurs leurs propres distinctions apparentes entre eux, devait s'écraser quelque part : nous ressentirions tous une vague émotion en notre fort intérieur. Un sentiment d'empathie. L'idée que cela aurait pu être nous. Mais si un même avion d'une compagnie africaine et chargé de Togolais pour majeure partie, devait s'écraser bien loin de notre pays, ce drame nous horrifierait tout autant, mais notre empathie serait autrement moindre. Ce n'est pas du racisme, de la discrimination ou même une forme de mépris, c'est une constante anthropologique. Nous l'exerçons quotidiennement au sein d'une famille, et chacun sait qu'il pourrait bien prendre des risques avec sa propre vie pour secourir sa femme, son enfant, une sœur ou un parent. Nous serions en revanche nettement plus calculateurs avec nos chances de survie, si secourir un strict inconnu devait s'avérer périlleux. J'exprime ici des considérations volontairement extrêmes sur cette constante sociale indépassable, pour espérer en faire saisir les nuances. Vouloir fracturer en permanence la Société en micro-tribus de causes ou en promouvant l'immigration permanente, c'est en réalité un comportement anti-social extrêmement dangereux si l'on mesure les conséquences criminelles ou politiques que cela entraine depuis déjà trop longtemps. 

Le peuple ne peut résister à toutes ses oppressions en étant départi de son unité. La Solidarité ne se forge pas en fracturant la population, mais au contraire en garantissant à chacun que nous sommes tous égaux devant la loi autant que sur nos droits. L'égalité face au droit s'oppose par nature aux lois particulières pour des groupes de personnes, sauf lorsqu'il s'agit de palier à des vulnérabilités physiologiques et psychiques. L'homosexualité, la couleur de sa peau, son sexe ou encore sa nationalité, ne sont pas la condition ipso facto d'une vulnérabilité sociale ou physiologique. Cela ne signifie pas que nos distinctions sociales ne nourrissent pas elles-mêmes des problèmes humains, mais ce n'est pas en prêchant l'ostracisation des uns et autres, que l'on améliorera la Société. Ni en criminalisant la pensée du reste. C'est au contraire en discutant avec les personnes nourrissant différents préjugés, que l'on a une chance d'en réduire pour le moins l'ampleur. Et d'ailleurs comment expliquer que ma mère blanche, ayant parfois des propos ouvertement racistes, n'en soit pas moins mariée à un homme d'origine africaine et musulman de surcroît ? Comment expliquer que mon père tenant lui aussi ouvertement des propos "racistes", n'en soit pas moins marié à une femme kabyle qui d'ailleurs, n'est pas plus pondérée que lui pour évoquer certains repères culturels qui l'agacent. "L'assimilation" n'est pas affaire d'origine ethnique, mais de repères culturels communs. Certains militants de gauche, savent que dans les cortèges nous conduisant au devant des grands médias, on y voit toutes les couleurs de peau et même toutes les opinions politiques. Tous ces gens qui viennent se sentent pleinement Français et défendent comme ils le peuvent leur patrie. La plupart sont nés en France, la majorité, si ce n'est tous, seront inhumés sur le sol français. Notre destinée étant commune et l'Histoire véhiculant par elle-même dans notre inconscient collectif des repères culturels singuliers (et pour le moins une langue commune), toute personne en paix avec son identité propre, n'a aucun conflit intime à l'idée de défendre sa patrie. Certains sauront plus attachés que d'autres à la France, peut-être par romantisme ou intérêt plus profond pour notre histoire, et cela est nécessaire à notre unité. D'autres chercheront à échapper aux conditionnements et constructions intellectuelles propres à leur environnement, et ils sont tout aussi utiles à notre pays. Ils nous obligent à plus d'élévation, plus de transcendance, plus d'intérêt pour ce qui n'est pas nous.

Mais il n'est pas normal de vouloir déconstruire sa propre patrie en vertu de ses propres déconditionnements philosophiques. Il y a autour de soi un peuple tout entier. Nul ne partage nécessairement vos convictions, et pour tout dire, consultons les Français par référendum pour savoir s'ils veulent voir leur pays aboli et le résultat sera sans appel : il n'y aura pas 5 % d'entre nous pour voter l'annihilation de notre patrie. C'est à ce titre qu'il faut se soucier des autres. Dans mes considérations politiques les plus "extravagantes", je sais parfaitement que fonder un nouveau Royaume est un champ de réflexion tout à fait marginal. De fait, si rien ne m'empêche d'écrire à ce sujet, dans un effort de compromis avec d'autres militants que moi, je n'imagine même pas suggérer cette idée à quiconque dans des revendications communes. Je distingue mes réflexions économiques, sociales et institutionnelles de ce qui peut nous fédérer objectivement : la Démocratie.

Si elle est notre plus ardent projet, alors nos disputes se règleront bien plus par l'esprit de consensus. Le peuple se repolitisera plus fortement. Chacun aura sa chance pour proposer une loi et la défendre. Et toutes nos déconvenues politiques, auront au moins la légitimité du suffrage du peuple tout entier. 

Il me semble que quiconque se prétend "antifasciste" ne peut décemment pas se dire hostile à la démocratie. Et pour le moins à la liberté d'expression, y compris "les propos qui heurtent ou qui dérangent". C'est une nécessité absolue en démocratie. Je suis né à une époque où des gens comme Pierre Desproges et Coluche, n'y allaient pas de main morte sur l'humour "discriminant". Et cela faisait rire tout le monde sans exception. De même, lorsque la génération des Inconnus ou d'Elie et Dieudo utilisaient tous les préjugés de notre Société pour mieux susciter nos rires. Si je ne partage pas les conceptions mercantiles de ce dernier personnage, je considère que c'est son devoir d'humoriste de nous parler de sujets sérieux et sensibles, avec une drôlerie féroce. C'est une façon de prendre de la hauteur de vue sur un problème, et d'accepter aussi de regarder certaines réalités en face. Qui peut contester qu'à l'égal des USA, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne, l'Etat d'Israël veille à placer ses propres agents d'influence au sein de notre appareil d'Etat ?

Meyer Habib, ne peut il pas être qualifié d'espion au sens de l'article 411-1 du Code pénal ? La judaïté d'une personne est-elle un critère objectif pour nous intéresser aux intérêts qu'elle sert ? Est-ce que tous les Français de confession juive, partagent les positions du CRIF que ce soit sur des axiomes politiques français, ou sur son positionnement quant à la Palestine ? Ne peut-on pas parler de certains problèmes avec un peu de hauteur de vue ? Faut-il toujours ramener à de "l'antisémitisme" le fait d'alerter sur des problèmes de corruption et de manœuvres étrangères hostiles à nos intérêts nationaux ? Peut-on méditer cela à l'aune de l'influence que peuvent avoir certains pays occidentaux, contre nos propres intérêts nationaux eux-aussi ? Le dépeçage d'Alstom au bénéfice des américains, la récupération de secrets militaires à la France opérée sous la présidence de Guy Mollet (SFIO) en 1956 et ayant permis à Israël de fabriquer son propre armement atomique, l'Allemagne qui obtient de Macron le scandaleux traité d'Aix la Chapelle, outre s'accaparer des pans entiers de notre industrie stratégique. La liste serait longue si l'on devait égrainer tout le machiavélisme des dirigeants occidentaux. Ils passent leurs temps à manœuvrer les uns contre les autres, et la France est une cible privilégiée pour chacun d'entre eux. Parce que nous nous renions !

Que le peuple redevienne souverain, et tous les dirigeants de ce monde, qu'ils soient à la tête d'un Etat ou d'un empire financier, seront anxieux de nos propres résolutions. Et nous sommes l'un des rares pays qui peut encore se permettre de faire respecter ses options politiques intérieures et extérieures. Sauf si nous décidons de perdre conscience de notre propre puissance économique et militaire. Il ne s'agit pas d'être agressif avec le reste du monde, bien au contraire, mais simplement de savoir "poser ses couilles sur la table" pour obtenir du respect.  

Les ardentes féministes s'agaceront ici de ne pas me voir choisir "les ovaires" dans ma formulation ou de ne pas féminiser le mot "patrie", mais pardonnez moi de vouloir utiliser des termes faisant appel à notre sens commun de l'entendement des choses.  Le Commun, est-ce un mot appelé à disparaître à force de nous diviser en multiples tribus ? 

Beaucoup d'entre vous me reprochez mon côté irrévérencieux à votre endroit. Mais ça n'est que de bonne guerre. Imaginez-vous, militant ordinaire au nom d'une juste cause, vous voila sali un jour par l'auteur anonyme d'un texte sur un site internet (antifa évidemment). Vous vous en foutez, vous vous dites que le gars se tape un délire sur votre gueule alors que vous le connaissez pas, c'est sans conséquence. Erreur ! Ca n'était que le début. Les appels à ratonade suivront parmi tous les textes paranoïdes que j'aurais à lire à mon propre sujet. Les gens qui me connaissent ne comprennent pas, je suis l'antithèse d'un rageux d'extrême droite. Ca ne m'empêche pas de porter certaines radicalités que je n'aurais nulle raison de méditer, si la France se portait aussi bien que la Suisse ou la Norvège. Admettons que certains problèmes exigeront beaucoup de radicalité pour être traités. C'est lorsqu'on a traité à la cortisone une inflammation, que l'on peut ensuite assouplir la médication d'une personne malade. Et il y a beaucoup de souffrances à endiguer. Peut-on se permettre le luxe des discours convenus et mesurettes indolores pour la nation ? Et cela aliène la possibilité de travailler avec des gens de "gauche" sur des opérations militantes communes. Pour une raison toute bête : à gauche, on est extrêmement soucieux de son image. Il est hors de question d'être "suspecté" d'avoir des affinités ou simples proximités de travail pour certaines personnes. Y'a une petite liste ! Si t'es dedans, ou si tu t'en rapproches, tu seras condamné(e) à la mort sociale et à la désapprobation collective. Du coup, des cocos bien vénères et des chavistes exaltés pour renvoyer chier les belles âmes, y'en a plus beaucoup dans vos rangs. Voila comment se meurt à petit feu "la gauche".  Si nous ne renversons pas le poudré auparavant, il est de toute façon certain que le résultat électoral de votre déjà proclamé candidat Jean-Luc Mélenchon pour 2022, sera une magistrale gamelle. La gauche, et je sais aussi soutenir là-dessus l'avis majoritaire de la population, est totalement déconnectée de la réalité sociale et politique des Français. Et la majorité des Gilets Jaunes n'oubliera pas les crachats d'une représentation politique et syndicale sur le mouvement à ses débuts, avant de constater des infiltrations aussi assumées que sans vergogne de la part de semeurs de zizanie dans les cortèges. Et que dire de cette accusation qui continue de peser sur les personnes qui défendent notre Souveraineté, de "maréchalistes" ? De même que nous n'oublions pas les risettes à Marseille ou le repas avec Macron qui a vu le grand "opposant" de gauche, échapper miraculeusement à une contamination au méchant Covid dans un dîner à 8 ? Si vous pensez le peuple sans mémoire, alors ne cherchez pas plus loin l'explication de votre déconnexion avec la réalité. L'entre-soi idéologique, n'est nullement représentatif de l'opinion générale. Et on ne gagne pas plus une élection que les cœurs en s'ostracisant soi-même du reste du peuple. Je ne prétends pas ici mieux le représenter que quiconque, mais au moins je défends sa cause, en me gardant bien de lui reconnaître des idéaux qui sont les seuls miens. La démocratie n'est pas nécessairement un désir ardent partagé par la majorité de notre peuple. Autrement, comment consentirait-il à une dictature sanitaire ? Mais elle reste un objectif d'intérêt général et fortement émancipateur. Cela n'élude pas les questions sociales ou écologiques à régler, mais nous avons encore du temps pour mettre tout cela à la table des discussions.

Le vrai problème entre nous à régler, c'est le respect mutuel au combat contre l'oligarchie. Et si possible la synergie militante. Nous avons besoin de soulever les foules avec toutes les forces vives de la nation, et nos divisions sont d'autant plus inacceptables au moment où il y a péril en la demeure. Le gouvernement nous mène une authentique guerre de classe, et si aucun canal de discussion n'est ouvert entre différents réseaux militants du fait des préjugés de chacun, nous allons tous perdre !

Voila les quelques considérations opérationnelles que je porte avec mes camarades :

1) Nos mobilisations ne peuvent intervenir que devant des lieux de pouvoir (Médias, Parlement, Banque de France, ministères, Conseil d'Etat, etc)

2) Les mobilisations populaires et déclarées en préfecture, doivent proscrire toutes les attitudes provocatrices à l'égard de la maréchaussée qui pourraient insécuriser les manifestants. Aucune milice politique n'est autorisée à faire la chasse à de quelconques malpensants dans les cortèges. Nos mobilisations populaires doivent garantir à chacun un sentiment de sécurité réel.

3) Les revendications doivent rester la destitution de Macron, l'introduction du RIC législatif et révocatoire dans notre constitution et le Frexit d'une façon ou d'une autre. Rien n'empêche d'étendre ensuite "la liste du père Noël" en fonction des lieux assiégés ou du débat public du moment, mais gare aux causes particulières sources de toutes les divisions.

Quelques-uns parmi vous, se proposent d'ouvrir les discussions. Ils ne vous représentent pas tous, mais ils ont le mérite de rompre avec l'entre-soi réconfortant. Et ces discussions militantes auront bel et bien lieu, car c'est nécessaire si l'on souhaite se comprendre et développer des synergies de travail qui profitent au peuple. C'est la raison même de ce texte et si je devais en signifier sa conclusion ici :

Que cessent les haines stériles contre les malpensants ! Que l'on se mette au travail malgré nos divergences.  Que les prêcheurs d'entre-soi et les sectaires soient marginalisés jusque dans vos propres rangs. Ce sont ces derniers qui ruinent la gauche depuis bien trop longtemps ! Il appartiendra à chacun d'admettre que l'on ne peut espérer aucun changement en négligeant - si ce n'est en méprisant - l'opinion générale. Le déni de réalité n'a toujours qu'une seule et unique conséquence : la défaite. Les Gilets Jaunes ne peuvent être assimilés à la gauche. Ils incarnent essentiellement les plus basses couches sociales du peuple. Ne cherchez pas à leur imposer vos méthodes et convictions idéologiques. Ecoutez ces gens. Ecoutez-les vraiment ! Ils ne souhaitent pas autre chose que reprendre le contrôle de leur pays et voir leur dignité réhabilitée. Ils ne sortent pas dans les rues pour soutenir l'immigration clandestine ou prendre position pour l'écriture inclusive. Ils sont dans la rue pour chasser Macron et sa clique du pouvoir, et restituer l'Etat au peuple. Est-ce si dérangeant que de respecter leurs revendications ? 

lundi 28 décembre 2020

La Société illibérale de la Macronie

Depuis quelques années, il est un terme qui revient régulièrement dans le champ médiatique, visant à discréditer quiconque ne pense pas en vertu de la doxa ambiante. Le libéralisme étant érigé en doctrine économique allant de soi, tout en se gardant bien de préciser qu'absolument rien dans l'ordre juridique actuel qui s'impose à la France, n'a quelque chose à voir avec le libéralisme.

Commençons d'abord avec les traités européens, paraît-il d'essence libérale alors qu'ils provoquent constamment des distorsions de concurrence manifestes entre les Etats. Ces traités INTERDISENT (un verbe philosophiquement très libéral, n'est-il pas ?) aux Etats-membres de réguler aux frontières les entrées et sorties de capitaux ; d'apposer des restrictions douanières, fiscales, quantitatives ou règlementaires sur les flux de marchandises ou d'avoir le contrôle sur leur propre monnaie. L'UE OBLIGE par ailleurs (encore un terme excessivement libéral) les Etats-membres à placer sur le même plan les services et entreprises publiques dont leur vocation n'est nullement mercantile, avec le "marché" (sous-entendu les grands monopoles privés). Nous parlons ici des articles 101 à 109 du TFUE pour les plus curieux. La conséquence logique de ces normes délirantes, c'est la privatisation constante de nos services et entreprises publiques. Actuellement, ce sont nos barrages hydro-électriques qui doivent être cédés au privé dans l'agenda européen. La Commission européenne l'exige et l'impose. Je ne vais pas évoquer ici les milliers de pages de règlementation européenne visant à standardiser les produits et services, jusqu'à finalement compromettre l'innovation.

Or, même les libéraux les plus sérieux comme par exemple Charles Gave, savent parfaitement que l'UE n'est en rien libérale, et que l'Etat ne se gère nullement comme une entreprise ni ne rend les mêmes services à des citoyens (et non des clients) . Certes, les libéraux considèrent que l'on doit restreindre le champ des compétences de l'Etat à ses missions régaliennes pour l'essentiel, mais ils savent pertinemment que ce n'est pas "le marché" qui, de bon cœur, financera les premiers secours, le système de soin, d'éducation des enfants ou acceptera de distribuer des allocations diverses et variées à des ménages précaires ou réduits à la dépendance pour des raisons d'âge, de handicap, etc.

Chacun son rôle. Le marché lorsqu'il ne connaît aucune entrave particulière, répond normalement des lois de l'offre et la demande. Si l'on prend l'exemple d'un producteur de lait, ce dernier est sensé pouvoir vivre librement de sa production, sans entraves ni subventions. Or, nos agriculteurs subissent les deux :

1) Le taux de change de l'euro et l'absence de politique douanière nationale, placent nos producteurs dans une situation intenable face à des producteurs étrangers qui ont des coûts en terme de main-d'œuvre (les salaires), de réglementation ou de fiscalité, autrement moindres qu'en France. Ce qui permet aux industriels de négocier le prix du litre de lait à la baisse en arguant qu'ils peuvent importer à plus vil prix la même matière première au sein du "marché unique".

2) S'il n'y a rien de scandaleux à que les entrepreneurs puissent disposer d'une aide publique à l'installation ou à l'équipement, ces subventions n'ont nullement vocation à se pérenniser. Autrement, cela signifie que l'Etat entretient la survivance d'entreprises zombies qui auraient dû disparaître depuis longtemps face à une concurrence qui peut s'affranchir de telles subventions. 

Une Société libérale ne génère aucune distorsion de concurrence par une doctrine libre-échangiste, morbide et totalement déconnectée des réalités économiques propres à chaque pays, ni ne subventionne des agriculteurs, des organes de presse ou des banques dites "too big to fail". Cette dernière expression visant à consacrer l'impunité d'un certain milieu financier, est profondément "illibérale". Les libéraux lui préfèrent la doctrine du "marche ou crève". Si une banque du fait de ses investissements moribonds, a un bilan comptable indiquant clairement son état de faillite (un peu comme c'est le cas pour la Deutsch Bank en ce moment-même), cette banque doit crever. Ni plus, ni moins. C'est cela la réelle loi du marché.

L'exemple le plus agressif entre les valeurs prônées et la réalité de la politique de Macron, peut se retrouver dans sa gestion calamiteuse de "l'épidémie" de Covid21. Une maladie dont le taux de mortalité (c'est à dire rapporté à la population toute entière) est inférieur à 0,6 % et dont ce dernier est essentiellement marqué chez les personnes âgées et malades, ne justifie nullement des mesures qui restreignent les libertés fondamentales. Qu'elles soient civiques ou économiques. D'ailleurs, notons qu'aucune loi ne précise un taux de létalité ou de mortalité minimum avant que l'Etat puisse soustraire aux médecins, la gestion au quotidien d'une épidémie quelconque. Rien n'est cadré en ce sens, et donc toute décision politique à ce sujet est profondément arbitraire. Elle est le fait du prince, nullement d'un Etat de droit qui se respecte. Un gouvernement libéral en resterait à sa doctrine du "marche ou crève" tant que les proportions en terme de santé publique, ne seraient pas de nature à provoquer une chute de la démographie ou des ennuis économiques sérieux pouvant mettre en péril la nation.

Or, à quoi assiste-t-on précisément ? Un pathogène infectieux parmi tant d'autres, est CO-responsable pour 99 % de personnes très âgées et déjà malades, de leur décès. Bien sur on trouvera toujours ce triste exemple d'une personne jeune et en bonne santé qui n'y a pas réchappé. Mais cela ne traduit nullement la réalité générale des chiffres. Rien de nouveau donc, quand on sait qu'on ne meurt jamais réellement de "vieillesse", mais justement d'une infection respiratoire, d'un arrêt cardiaque, d'un cancer ou d'une toute autre pathologie liée au grand âge. Dès lors que la majorité des personnes âgées se portent bien et qu'elles répondent parfaitement des traitements prescrits par leur médecin lorsqu'elles subissent une infection liée au coronavirus, il n'y a absolument rien d'anormal par rapport aux années précédentes vis-à-vis de tous les germes infectieux. Une légère surmortalité même pondérée de la croissance démographique annuelle, est un phénomène cyclique que l'on peut aisément observer sur certaines années particulières. En 2017, la Grippe a été particulièrement virulente. La canicule de 2003 a généré plus de 20.000 morts. Mon grand-père est mort pour sa part d'une pneumonie, soit d'une infection respiratoire, comme près d'un tiers de nos anciens passés de vie à trépas. En clair, il n'y a que le narratif politico-médiatique pour nous faire croire que le coronavirus constituerait un péril d'envergure pour la nation. Alors que rien de ce que nous observons tant sur les chiffres que tout simplement dans notre quotidien, ne démontre une seule bonne raison de s'inquiéter et s'astreindre à des mesures liberticides. Je porterais un discours tout autre, si nous parlions d'un pathogène ayant un temps d'incubation relativement long (ce qui n'est pas le cas du coronavirus), qui serait extrêmement virulent y compris avec des gens jeunes et en bonne santé, et cela pour l'écrasante majorité des personnes contaminées. Un virus qui n'est pas fichu de générer des symptômes pour plus de la moitié de ses hôtes, qui se traite parfaitement avec de la cortisone et de l'oxygène pour les cas les plus sévères, et ne pouvant pas mieux faire qu'être CO-responsable de la mortalité naturelle d'une partie de nos anciens, c'est une maladie bégnine, ordinaire, qui ne se démarque nullement d'un nombre incalculable de pathogènes ayant une "dangerosité" similaire. Près d'un tiers de la population est porteuse saine du bacille de Kock, s'en soucie-t-on ? Nous sommes 80 % de porteurs sains du virus Herpès à l'origine de la mononucléose. Ce virus est rarement agressif, mais lorsque la charge virale est suffisante et le terreau propice, il peut amener jusqu'à la tombe de jeunes gens. Dans notre gorge, quantité de streptocoques responsables de nombreuses infections respiratoires, s'y nichent constamment. S'en soucie-t-on ? Nous sommes près de la moitié des Français à être porteurs sains du staphylocoque doré, responsable notamment des méningites foudroyantes. Qui s'en inquiète ?

Non seulement le modèle économique de la France, n'est certainement pas libéral à tous les égards, mais nous pouvons désormais dire sans sourciller, que nous vivons dans un régime totalitaire. Les vrais libéraux (au plan philosophique du terme), s'étranglent en constatant toutes les atteintes graves et répétées contre nos libertés fondamentales. Il est d'ailleurs risible (si cela n'était pas si inquiétant sur le fond), de constater que François Bayrou qui s'est toujours proclamé "libéral", évoque avec indolence sa motivation à ce que l'on restreigne définitivement les libertés individuelles à toute personne qui refuserait de se vacciner. Le discours serait tout à fait admissible pour un despote complètement fou d'un Etat totalitaire quelconque, mais il a de quoi nous glacer le sang en France ! Il est tout aussi notable de constater qu'un homme qui ne cache nullement sa haine de la France en soutenant mordicus la destruction de notre pays au sein de l'UE, qui a toujours été hostile à toutes les régulations aux frontières, la nationalisation d'entreprises stratégiques et la planification industrielle, puisse avoir été nommé au seul poste où il ne pouvait que nuire : le Commissariat au Plan. Rétablir cette institution pour finalement y placer un individu dont les ferments idéologiques l'amèneront à faire le contraire exact de la mission qui lui est dévolu, c'est à la fois un exercice de com coutumier de nos politiciens autant que la nomination d'un incendiaire s'imposant de brûler toutes les perspectives industrielles d'avenir pour notre pays.

Sous le mandat du Général de Gaulle, le Commissariat au Plan élaborait un plan de route à 50 ans. Nos centrales nucléaires, le TGV, le Concorde et bien d'autres technologies où la France a performé et le peut d'ailleurs encore, cela exigeait des investissements publics sur des entreprises contrôlées par l'Etat, et qui répondaient d'un cahier des charges en terme de recherche et développement très ambitieux. Pour autant, est-ce qu'à cette époque, la Société était-elle moins libérale qu'aujourd'hui ? Assurément non ! Toutes ces normes européennes règlementant la vie courante n'existaient pratiquement pas. Les producteurs et industriels ne subissaient pas de distorsion de concurrence avec la main d'œuvre étrangère. Ils pouvaient donc payer correctement leurs ouvriers, recruter constamment et innover sans contrainte. Et bien que nous ayons eu à subir des épidémies durant les 30 glorieuses tout comme c'est le cas aujourd'hui, jamais il ne fut question d'emmerder la population et les acteurs économiques pour retarder la mort de quelques vieux, alors que cette constante de la vie est inéluctable pour tout un chacun. Est-ce que la fièvre de Hong-Kong a donné lieu à toute cette hystérie politico-médiatique ? Absolument pas. Il n'y avait nullement péril en la demeure comme aujourd'hui, en revanche, l'on faisait confiance en notre système de soin pour accompagner ce qui n'est qu'un phénomène naturel, cyclique et sans réelles conséquences lorsqu'on parle à l'échelle d'une nation. Ce n'est pas une épidémie de Peste ou du virus Ebola que nous subissons ! Où est passé la raison critique des Français ?

Adopter des mesures liberticides en jouant sur les bons sentiments, le pathos ou les peurs primaires des gens, ce n'est nullement agir pour le bien public, et encore moins dans le fil droit des valeurs libérales qui sont par nature, excessivement libertaires. 

Alors comment pourrait-on définir l'idéologie défendue par la Macronie ? 

Sur le plan économique, indéniablement, nous avons affaire à du capitalisme de connivence. Soit l'intrication des milieux d'affaires avec l'appareil d'Etat. Les institutions sont vampirisées par des hauts-fonctionnaires pratiquant en totale impunité le pantouflage ainsi que par des politiciens promus pour leur docilité par ce petit 1% de gens très fortunés et profondément malveillants. Ajoutons qu'une idéologie supplémentaire se greffe à cette vampirisation des institutions de l'Etat et des deniers publics par ce capitalisme de connivence : la haine profonde et viscérale de la France et de notre propre peuple. Le globalisme ou mondialisme, qu'importe le nom qu'on lui donne, n'a absolument rien à voir avec de l'internationalisme, qui suppose justement des relations entre nations toujours existantes. Les milieux les plus aisés autant que la classe moyenne supérieure qui a une fâcheuse tendance à adopter le narratif des ultra-riches dans l'espoir de se surclasser, même artificiellement, au sein d'une même communauté de "valeurs" et de réussite sociale ; haïssent la France (qui leur a pourtant tout donné) et adoptent un militantisme clairement séditieux. Leur sentiment apatride n'étant manifestement pas partagé par l'écrasante majorité du peuple à qui il ne reste plus grand chose d'autre qu'un pays à défaut d'une condition sociale digne, c'est avec une réelle férocité et une ardeur pathologique, qu'ils défendent ce capitalisme de connivence, autant que la démolition de notre souveraineté nationale sur l'autel de l'UE et du mondialisme enchanté. Ils ne veulent plus de nos frontières qui régulent les prédations économiques et sanctuarisent notre indépendance nationale. Ils méprisent jusqu'à notre langue lorsqu'une certaine Christine Lagarde imposait à ses assistants de ne parler qu'en anglais au sein même du ministère dont elle avait la charge sous Sarkozy. Oui, ils méprisent notre langue lorsque même nos médias publics promeuvent des prétendus artistes qui éructent des borborygmes sur des boites à rythme, bien éloignés des chansons à texte que l'on peut entendre au détour d'une station de métro. Ils détestent notre peuple, ils veulent l'abolir à la fois par sa destructuration anthropologique, culturelle et politique sur l'autel de l'immigration organisée par ce même capitalisme de connivence, mais aussi en proclamant que désormais, nous devons penser en tant qu'Européens. 

Défendre notre singularité culturelle, notre pays, notre volonté d'exister encore pour de nombreux siècles, c'est être renvoyé à tous les extrémismes politiques, alors que la Macronie elle-même fait la démonstration qu'elle pratique le fascisme sans aucune vergogne. La censure des opposants, la répression violente des Gilets Jaunes,  les interdictions constantes de manifester, de se rassembler, de défendre son livre dans un débat public ou simplement de chanter dans une petite salle, si ça n'est pas du fascisme, qu'est-ce donc ? Interdire à des commerçants d'exercer leur métier et si ce n'est le cas, leur imposer des normes sanitaires complètement farfelues et ingérables, c'est du libéralisme sans doute ? Humilier un peuple tout entier en le confinant d'autorité, en l'obligeant à porter constamment une muselière (contre toute logique de santé publique réelle) et en laissant à entendre que nos anciens devraient être isolés et pour le moins, empêchés de pouvoir nous étreindre et nous embrasser, n'est-ce pas une forme de totalitarisme digne d'un fou à lier ? Quant aux familles déchirées parce que ce climat anxiogène alimente la paranoïa d'une partie de la population à l'idée de tomber malade, là où au contraire, une autre partie plus lucide essaye de ramener les siens à la raison critique, n'est-ce pas typiquement l'œuvre de réels sociopathes ?

Si je ne me revendique pas libéral, j'apprécie tout de même que les mots conservent leur sens. Et Macron tout comme les saltimbanques qui sont à sa botte, n'a aucune raison de se considérer comme un libéral, lui non plus. Un bon chien-chien aux intérêts de Drahi ou De Castries sans nul doute, mais il n'est pas plus que cela. De même que je ne supporte plus d'entendre ces éditocrates et prétendus journalistes jacasser dans leurs micros que la France serait un Etat démocratique, cela alors que nous subissons concrètement un totalitarisme aussi inouï qu'inédit dans ce pays. Un totalitarisme qui justifierait que l'on passe par les armes tous les responsables de ces atteintes à nos libertés et à notre souveraineté nationale. Le temps du jugement viendra tôt ou tard, et je suis certain qu'à minima, la plupart de ces gens finiront leur vie en prison. Dans l'attente, tant pour la salubrité mentale et intellectuelle de chacun, j'aimerais que l'on cesse de pratiquer l'inversion constante du sens des mots, des concepts et idéologies, voire des faits scientifiques ou historiques. Je ne supporte plus de vivre dans le cerveau d'un aliéné mental et subir tout le monde imaginaire qu'il s'est construit. Je souhaite que l'on fasse disparaître les licornes que croient chevaucher les idiots utiles de ce capitalisme de connivence, et que le monde réel redevienne l'objet de toutes nos attentions. J'appelle toujours à la Révolution. Plus que jamais, indéfectiblement et sans un seul doute sur la légitimité de celle-ci.

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Introduction au droit de résistance (extrait du livre "Révolte !")

Je ne suis en rien un homme de droit. Je ne prétends donc pas interpréter mieux qu'un avocat ou un juge les lois qui nous assujettissent. Cependant, comme la plupart des Français je sais lire et comprendre ma langue maternelle. Ce qui ne semble pas être le cas des membres du Conseil Constitutionnel qui interprètent de façon très alambiquée la Constitution et permettent que celle-ci soit constamment révisée depuis près d'un demi-siècle au moyen du congrès chaque fois qu'une loi ou un traité pourrait se mettre en porte-à-faux avec ce texte fondamental. 

En clair, le Conseil Constitutionnel nous trahit dans le sens où plutôt que de proposer au législateur de modifier les lois ou traités litigieux pour être en accord avec la Constitution (ou à défaut exiger un referendum pour autoriser une révision constitutionnelle), cette instance en charge de préserver notre ordre constitutionnel, explique à nos chers oligarques ce qu'il faudrait modifier dans la Constitution pour faire voter et ratifier leurs lois scélérates. 

Le premier chapitre de ce second livre visera donc à exposer quelques points de droit et prendre le temps de la réflexion sur un sujet aussi sensible que le droit de résistance à l'oppression.

Le droit de résistance à l’oppression, est bien la Liberté fondamentale pour les êtres humains qui a été la moins codifiée par nos hommes de loi et pour cause : elle relève du suicide politique pour nombre d’entre eux…

Si l'on veut bien éluder ce qu'en disaient déjà les philosophes de l'antiquité, du Moyen-Age ou de la Renaissance, on peut dire que le premier texte ayant une certaine valeur juridique qui mentionne le droit de résistance à l'oppression est la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique du 4 Juillet 1776 :

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future ».

La dernière phrase de cet extrait de la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique est une véritable mise en garde : elle témoigne en effet que le despotisme absolu vient rarement brutalement mais à la suite d'une succession « d'abus et d'usurpations » dont le dessein est de justement nous entraîner vers le despotisme le plus total. Il est alors un droit naturel et même un devoir de défaire le gouvernement qui se rend coupable de crimes de lèse-nation, cela par tous les moyens possibles.

C'est sans doute ce qui motivera les « premiers » Américains à établir indirectement le droit de résistance à l'oppression en 1787 sous la forme d’un article de loi constitutionnelle mais qui paraîtra très ambigu pour un Français du XXIe siècle. En effet, il s’agit du second amendement de la « Bill of right » étasunienne - loi sur les droits – qui dispose que :

« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes. »

Il faut tout d’abord s’accorder sur la sémantique et se rappeler qu’une milice signifie une armée de civils encadrés par des militaires. A la base du système républicain, on considère qu’un peuple en arme oppose directement la souveraineté qu’il détient sur son armée pour assagir voire défaire son corps politique lorsque cela s’avère nécessaire. Interdire donc le port d’arme dans les plus dangereux ghettos des USA comme l’interdire dans la très paisible Suisse, c’est attaquer le droit fondamental pour les citoyens de ces deux contrées de résister tant à une oppression étrangère, qu’à une oppression intérieure…

Mais c'est toutefois dans la déclaration des droits de l'Homme de 1789 que la consécration du droit de résistance à l'oppression apparaît clairement. Ce texte qui fait partie de notre bloc de constitutionnalité est supérieur à notre Constitution ainsi qu'à toutes nos lois. Ce qui signifie en pratique que nulle loi ne peut être votée et nulle décision de justice ne peut être rendue, si ces dernières sont de nature à violer les 17 articles de ce texte sacré. Si le droit de résistance à l'oppression est donc reconnu par notre Constitution, il nous appartient d'en connaître l'étendue comme les limites. C'est l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 qui le consacre de la façon suivante :

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ».
Commençons par dire qu'en 1789, si des tendances politiques existaient déjà, les partis politiques en eux-mêmes à l’aune de ce que nous connaissons aujourd'hui étaient totalement inexistants. Les rédacteurs n'avaient absolument pas en tête de céder à des partis politiques le rôle de garde-fou démocratique qu'est le droit de résistance à l'oppression. Le terme « association politique » décrit en fait la réunion de différents citoyens s'engageant pour une même cause avec à cœur de défendre l'intérêt général. Je tiens à ce que cette précision soit faite car il serait trop facile pour certains politiciens d'arguer qu'il suffit de s'engager dans une formation politique et jouer le jeu des urnes pour que l'on ne parle plus du droit de résistance à l'oppression.
Nous noterons par ailleurs que l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme de 1789, se montre peu bavard sur le droit de résistance à l'oppression. Il ne nous dit pas si ce droit peut être saisi au moyen des armes en toutes circonstances ou s'il impose des méthodes plus pacifiques en fonction d'une situation politique donnée. Enfin et plus gênant encore : il ne définit pas ce qu'est l'oppression. Il faudra attendre la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1793 pour que le droit de résistance trouve une première définition dans son article 33, quoi qu'encore très insuffisante :
« La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'Homme ».
La déclaration des droits de l'Homme de 1793 n'a malheureusement pas de portée constitutionnelle mais permet malgré tout aux étudiants en droit de se familiariser avec sa philosophie notamment s'agissant des droits de l'Homme. Ce qu'édicte ici l'article 33 de la déclaration des droits de l'Homme de 1793 est une idée simple : si un seul des droits de l'Homme est aliéné ou aboli par le législateur ou encore par le pouvoir exécutif, alors il y a oppression contre le peuple tout entier. Les droits de l'Homme étant le fondement de notre ordre juridique, les libertés qu'ils garantissent et les grands principes généraux de l'état de droit qu'ils établissent ne peuvent être altérés par la loi ou l'exécution d'une ordonnance, sans quoi il y a tout à craindre qu'une forme de tyrannie s'imposerait en violant de facto le pacte républicain. Par exemple, l'article 16 de la déclaration des droits de l'Homme de 1789 dispose que : « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution ». Cet article établit donc bien l'idée d'un ordre juridique à respecter. Si des droits comme par exemple la liberté d'expression sont abolis ou aliénés, il y a donc oppression puisqu'un droit fondamental est remis en cause. De la même façon si le pouvoir exécutif devait s'arroger les prérogatives du pouvoir judiciaire ou législatif – ce qui est malheureusement le cas en France sur bien des aspects – alors on peut dire que le peuple ne dispose plus d'institutions distinctes à même de limiter la tentation de l'arbitraire des unes des autres. Il y a donc dans ce cas l'expression d'une tyrannie qui s'installe en abolissant notre ordre juridique. Voilà pourquoi il est dit ici que « la résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme » en établissant que leur non-respect implique que nous soyons soumis au joug d'une tyrannie. L'article 34 du même texte va pour sa part un peu plus loin :
« Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé ; il y a oppression contre chaque membre, lorsque le corps social est opprimé ».
Maximilien de Robespierre qui a grandement contribué à la rédaction de la Constitution de 1793, souhaitait sans doute faire valoir qu'il suffisait qu'une personne soit opprimée en raison d'une discrimination fondée sur ses origines ethniques, religieuses ou autres, pour que l'ensemble de la Société soit opprimée. En effet, si la Société accepte qu'un seul de ses membres ne jouisse pas d'une égalité de droit avec l'ensemble de ses concitoyens, alors il y a fort à parier que des persécutions de toutes natures auront tôt fait de s'étendre à d'autres citoyens en raison d'autres distinctions sociales existantes. En fait, l'article 34 consacre le principe de fraternité de tous les citoyens face à toutes les formes d'oppressions qui peuvent survenir sur une infime partie du corps social. Il consacre aussi le principe d'égalité devant la loi de l'ensemble des citoyens français, sans laquelle il n'est point de Liberté que l'on puisse défendre ou conquérir.
Le second alinéa de l'article 34 de la déclaration des droits de l'Homme de 1793, marque l'idée que la nation toute entière peut se voir opprimée. Les trois formes les plus connues d'une oppression contre le corps social tout entier sont la trahison, le despotisme et l'agression militaire émanant d'une puissance étrangère. Le second alinéa consacre donc le principe de l'unité du peuple français et l’idée que défendre la nation toute entière revient au final à défendre chaque membre de notre Société.
L'article le plus célèbre de la déclaration des droits de l'Homme de 1793 reste cependant celui-ci :
Article 35 de la déclaration des droits de l'homme de 1793
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
La première idée importante que véhicule cet article de la déclaration des droits de l'Homme de 1793, c'est que le gouvernement n'est pas forcément constitué de gens honnêtes et ayant tous à cœur de défendre les intérêts de la nation. Il peut aussi être une association de despotes, en tout cas de personnes fort mal intentionnées ce qui n'est pas peu dire à l'aune du recul historique que nous pouvons porter sur la question. En consacrant l'idée que l'oppression peut provenir – et a même le plus de chances de provenir – directement du gouvernement, Maximilien de Robespierre nous avertissait que la première institution capable d'exercer une tyrannie méritait notre vigilance accrue et notre résistance immédiate à la moindre de ses tentations d'affaiblir les droits du peuple.
Par ailleurs, la question de la légitimité du gouvernement est abordée intrinsèquement dans l'énoncé de cet article. Cette légitimité ne tient que si le gouvernement respecte les normes démocratiques établies au profit de tous et en particulier les droits imprescriptibles et inaliénables reconnus dans les droits de l'Homme.
Mais là où le texte prend définitivement toute sa force, c'est que l'on parle d'insurrection (violente) comme étant non seulement un droit sacré, mais aussi un devoir indispensable. Si aujourd'hui la déclaration des droits de 1793 était inscrite dans notre bloc de constitutionnalité, nul doute que nos irresponsables politiques réfléchiraient à deux fois avant de nous trahir ou détricoter nos libertés premières.

Au-delà de l'aspect constitutionnel du droit de résistance à l'oppression, la France est aussi l'un des rares pays où l'on trouve jusque dans le Code pénal la consécration d'une idée simple :

Aucune norme n'est supérieure au principe de conservation qui habite chacun des Hommes, car c'est une loi naturelle qui guide l'essence même de nos actions en dépit de ce que peuvent édicter les lois. Ainsi, la légitime défense introduit ce principe de résistance à l'oppression mais à titre individuel dans le droit français. Il paraît évident que si la loi peut nous contraindre à ne jamais tuer autrui, cela vaut dès lors qu'autrui ne représente pas une menace aussi puissante qu'imminente pour notre propre intégrité physique. Mais la logique de survie n'est pas consacrée qu'au niveau de l'individu dans le droit français. Elle accepte aussi l'idée que le corps social puisse vouloir désobéir à la loi si celle-ci contrevient aux intérêts bien compris d'une communauté politique toute entière. Il y a ainsi dans le Code pénal une loi qui délimite les contours du droit de résistance à l'oppression sans le dire :

Article 122-7 du Code pénal sur l'état de nécessité :
« N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ».

Yves Mayaud, professeur de droit, explique ainsi dans un petit ouvrage sur les grands articles du Code pénal que :

"dans l'état de nécessité, la provocation à l'infraction ne vient pas d'un agresseur personnalisé, mais de circonstances ou d'un contexte défavorables, qui soumettent ceux qui y sont confrontés à un choix très cornélien : soit en subir injustement le poids, et souffrir de ce fait d'une atteinte irréparable, soit, au contraire, leur opposer une résistance, y compris par la commission d'un crime ou d'un délit, et échapper de la sorte à leurs méfaits".

C'est ainsi que l'état de nécessité a été invoqué au cours de différentes affaires. La première ayant justifié sa rédaction, était somme toute banale : un homme qui se lavait dans une rivière vit ses vêtements volés par un individu. Il ne pouvait décemment pas rentrer chez lui nu et à son tour vola des vêtements pour circonvenir à sa situation plus que délicate.

D'autres affaires trouveront aussi une décision favorable d'un juge au nom de l'état de nécessité, comme ce père de famille qui construisit illégalement une bicoque pour protéger les siens des intempéries, ou encore cette mère de famille qui vola une miche de pain pour nourrir sa progéniture. Mais l'affaire la plus intéressante où l'état de nécessité a été invoqué avec succès (avant que le jugement ne soit cassé), est celle de 49 faucheurs OGM qui étaient poursuivis pour leur action militante sur un champ de céréales en 2004. L'arrêt du 9 décembre 2005 rendu par le tribunal correctionnel d'Orléans est rédigé de la façon suivante :

« Les prévenus rapportent la preuve qu’ils ont commis l’infraction de dégradation volontaire pour répondre à l’état de nécessité » (…). Cet état de nécessité résulterait de « la diffusion incontrôlée de gènes modifiés qui constitue un danger actuel et imminent, en ce sens qu’il peut être la source d’une contamination affectant des cultures traditionnelles ou biologiques » qui en déduit que « La commission d’une infraction pénale pour remédier à la situation de danger était en l’espèce fondée au regard des enjeux en cause » rappelant par ailleurs le droit « à valeur constitutionnelle de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé pour les citoyens, ainsi qu’il a été reconnu dans la charte de l’environnement de 2004 ». 

Ce jugement était ainsi fondé sur la nécessité de circonvenir – y compris par une infraction ou un délit – à un péril écologique actuel et imminent. L’imminence du péril est d’ailleurs un concept relativement large, puisque le fait de devoir voler des vêtements pour ne pas être immédiatement exposé en tenue d’Adam devant autrui ou empêcher l’imminence d’une crise majeure telle qu’une guerre, une famine, une faillite financière ou toute autre crise pouvant déchaîner les ires populaires, rend la notion de temps excessivement relative. L’imminence d’une guerre du fait d’une situation géopolitique allant en se dégradant ne se mesure ni en minutes ni en heures mais bien en semaines voire en années. C'est pourtant la difficulté première à laquelle celui qui pratique la désobéissance civile sera confronté, cela s'il devait invoquer l'état de nécessité : il faut non seulement prouver le péril sans se référer à une considération politique particulière mais il faut en outre justifier de son actualité ou de son imminence pour légitimer son acte délictuel voire criminel. Néanmoins, cet article de loi introduit l'idée de proportion de la réponse à donner et c'est à mon sens le fond du débat juridique que l'on se devrait d'ouvrir s'agissant du droit de résistance à l'oppression. Un autre angle intéressant de cet article de loi est que l'on évoque un « bien » ou une « personne » à sauvegarder sans préciser quels peuvent être ces biens ou ces personnes. Peut-on dire par exemple qu'un bien public comme l'est un pays tout entier corresponde au genre de bien qui mériterait d'être sauvegardé au titre de l'état de nécessité ? Peut-on considérer que la personne morale qu'est la nation puisse correspondre à une personne qui mériterait d'être sauvegardée selon cette même loi ? Lorsque la loi se montre imprécise ou est totalement silencieuse, par défaut nous pouvons considérer qu'elle intègre la portée la plus large que possible au droit qu'elle établit.

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