Le document que je retranscris ici, est un court mémoire que je vais remettre le 13 avril 2021 à Mme Frédérique Dumas, députée (ex LRM) qui porte un intérêt particulier sur le financement public des médias. Accompagné de Redwane du Service Public Libre (ex Gilets Jaunes Constituants), nous rencontrerons la députée à sa permanence parlementaire. Nous la remercions pour l'attention qu'elle accepte de porter à nos sollicitations. Nous espérons que ce document sera lu par d'autres députés...
A l’attention de Mme Frédérique Dumas et Béatrice Piron, ainsi qu’à l’ensemble de la représentation parlementaire du
peuple français.
C’est dans le cadre des investigations menées par la députée
Frédérique Dumas à l’encontre de France Télévisions s’agissant
d’un contrat passé avec la société « Air productions »
pour un montant de 100 millions d’euros, que j’ai découvert
votre intérêt sur la question des médias. Plus encore, j’ai pu
constater que dès l’année 2017, vous aviez rédigé un « avis »
en collaboration avec la députée Béatrice Piron quant à la
politique de financement en matière de culture. C’est à ce titre
que je me permets de vous interpeller au travers de ce document.
Présentation
En liminaire, je tiens à signifier que je n’ai aucune relation
d’intérêt avec un quelconque média privé ou public, ni toute
autre puissance financière, étrangère ou gouvernementale. Je crois
cependant être tout à fait représentatif d’une grande part de la
population ne cachant plus sa défiance vis-à-vis des grands médias
audiovisuels privés et publics, mais aussi une contestation
populaire dont les revendications politiques permanentes et
intangibles sont :
1) La destitution d’Emmanuel Macron et la révocation de son
gouvernement. De façon plus globale, nous souhaitons un
assainissement de nos institutions, par l’éviction d’une grande
part de notre « représentation » politique en passant
par certains membres de la haute fonction publique, de la
magistrature ainsi que d’autres grands corps d’État.
2) La restauration pleine et entière de notre indépendance
nationale par la sortie de l’UE, l’euro et l’OTAN, et pourquoi
pas d’un certain nombre de traités préjudiciables à nos intérêts
nationaux.
3) L’instauration d’une constituante populaire et pleinement
participative, et pour le moins, l’introduction de garde-fous
démocratiques au sein de notre Constitution permettant au peuple de
s’autosaisir par référendum en toute indépendance de sa
représentation politique (y compris parlementaire) pour légiférer
ou abroger des lois en toutes matières, ainsi que révoquer si
nécessaire et dans certaines conditions, tout élu ou mandataire du
peuple s’étant rendu coupable d’un crime de lèse-nation
(corruption, trahison, détournement de fonds publics, etc.).
Bien sûr, nous sommes capables de certains consensus sur des sujets
plus socio-économiques ou géopolitiques, mais nous considérons bel
et bien que la Démocratie et la Souveraineté effective du peuple
sur son territoire ainsi que sur ses lois et sa représentation, sont les moyens politiques de débattre et légitimer des
réformes, quels que soient leurs champs d’application respectifs.
Tout juste pourrais-je signifier que globalement, nous considérons
qu’il est du devoir de l’État de réguler l’économie,
indépendamment des intérêts financiers ou particuliers que cela
pourrait ennuyer.
Les gens que je représente ne sont pas structurés en « partis
politiques ». Une très petite part d’entre eux milite
néanmoins pour différentes formations politiques partageant peu ou
prou les revendications explicitées plus haut. L’essentiel de
notre dissidence est tout à fait informel et constitue ce que l’on
peut appeler une « nébuleuse ». J’estime cette
dernière forte de 2 à 3 millions de personnes très interconnectées
sur les réseaux sociaux. À des degrés moindres, les partis
politiques tels que le « Rassemblement National »
ou « La France Insoumise », partagent en partie
nos aspirations, sans toutefois être capables d’assumer nos
radicalités ni notre désintérêt pour leurs guerres idéologiques
stériles. Nous ne sommes pas des extrémistes de gauche ou de
droite, nous sommes davantage des démocrates radicaux. Ce qui
signifie malgré tout que notre dissidence a une influence qui porte
bien au-delà d’elle-même, depuis les maillons les plus structurés
et médiatisés de la « contestation » populaire, jusqu’à
ces 70 % de Français qui soutenaient « les Gilets
Jaunes » aux premiers jours du mouvement.
J’évoque ici le terme « dissidence » à dessein. Une
dissidence est par définition ostracisée, marginalisée et diffamée
si nécessaire par un ordre politico-médiatique régnant. Monsieur
Mélenchon et madame Le Pen, ne peuvent ainsi prétendre au statut de
« dissident », puisqu’ils n’ont aucune difficulté
particulière à exister politiquement et médiatiquement. Ils sont
même d’une très grande utilité pour l’oligarchie au pouvoir.
Ils ne souhaitent nullement sortir de l’UE et de l’euro, mais
jouent de la « popote électorale » en dénonçant
les aberrations économiques et démocratiques que nous imposent ces
institutions ; leurs vues économiques sont globalement convergentes
car régulatrices, voire keynésiennes, mais puisqu’il est de bon
ton de diviser cette frange majoritaire de l’électorat qui ne se
revendique ni mondialiste, ni européiste, ni « libérale »,
le « Rassemblement National » et la « France
Insoumise » entretiennent des clivages stériles sur des
considérations sociétales et morales dont l’intérêt est mineur
face à des enjeux démocratiques, économiques et géopolitiques.
Si vous avez le sentiment que la dissidence que je décris porte des
revendications récurrentes chez les « Gilets Jaunes »,
indépendamment de vos opinions propres sur ces sujets, vous
conviendrez qu’outre le climat socio-économique dégradé et le
sentiment justifié de la population d’être méprisée par les
représentants des plus hautes instances de l’État, il y a aussi
une chape de plomb médiatique qui pèse sur des questions politiques
déterminantes pour la nation. Être ou ne pas être dans l’UE et
l’euro, ça n’est pas un débat politique de même envergure
qu’autoriser ou non le mariage entre personnes de même sexe.
L’introduction d’une procédure de référendum d’initiative
citoyenne dans la Constitution suppose des enjeux démocratiques bien
plus profonds qu’une réforme n’affectant que le mode d’exercice
d’un quelconque mandat représentatif. Assumer intellectuellement
le fait de vouloir révoquer un chef d’État n’est pas une
considération politique anodine. Dans toute démocratie qui se
respecte, la remise en cause de la légitimité même d’une
représentation politique à gouverner, est un droit absolu et
salutaire pour le peuple.
Si j’évoque cet univers intellectuel, politique et populaire que
j’incarne avec des millions de mes concitoyens, c’est précisément
parce qu’il n’a pas droit de cité dans les grands médias
audiovisuels publics, pas plus que dans la presse écrite
subventionnée. Vous conviendrez que ces sujets ne sont pas davantage
débattus au parlement. Et sans nul doute, vous vous opposez
radicalement à notre désir de rétablissement plein et entier de la
souveraineté nationale, pourtant érigée en principe cardinal de la
démocratie dans le titre premier de notre Constitution. Nous sommes
d’ailleurs la nation qui a formalisé jusque dans le droit
international le principe d’autodétermination des peuples.
Principe que notre caste politique (qui n’en a pas le droit) renie,
là où tant d’autres peuples aspirent à leur propre indépendance.
Dans ce cadre, et puisque nous avons le sentiment que le fait de
défendre des principes constitutionnels intangibles et de façon
plus générale l’établissement de la démocratie (qui ne peut
être strictement représentative sauf à vouloir dénaturer sa
définition même), les plus déterminés dans nos réseaux se sont
résolus à assiéger chaque premier samedi du mois l’ensemble de
nos grands médias publics et privés pour leur opposer un rapport de
force citoyen. Nous n’étions qu’une dizaine au premier jour,
nous sommes désormais plusieurs centaines voire plusieurs milliers
de personnes à revenir constamment désormais. Notre progression en
termes de mobilisation est constante et nous sommes résolus à
atteindre la masse critique nous permettant de nous faire entendre.
Bien évidemment, vous n’aurez jamais entendu parler de nos
manifestations sous les fenêtres des grands médias, même lors de
nos plus grosses mobilisations, car il est hors de question pour les
journalistes et leurs directeurs éditoriaux (et actionnaires) de se
remettre en cause publiquement. Pas plus qu’exposer au grand jour
nos griefs (qualifiés sur le plan pénal) contre Emmanuel Macron et
certains de ses ministres ou laisser des citoyens faire de la
pédagogie sur le droit constitutionnel, la philosophie politique, la
monnaie et la démocratie à leurs téléspectateurs.
Il y a donc un très grave problème de liberté d’expression en
général en France, et plus spécifiquement de diversité des
opinions dans les grands médias (qu’ils soient publics ou privés).
Le déclin intellectuel, moral, éthique et politique des grands
médias.
Le problème est davantage humain, mais aussi institutionnel. En
premier lieu, les universités telles que « Science-Po »,
l’ENA, l’ENS ainsi que les écoles de journalisme sont à
l’origine du déclin culturel et philosophique du monde
intellectuel, politique et médiatique français. Le recrutement
d’enseignants dont le conformisme politique est saisissant, induit
que certaines thématiques ne seront pas ou très mal traitées face
à des élèves trop jeunes encore pour disposer du bagage culturel
et intellectuel nécessaire à l’exercice critique. Je rappelle
d’ailleurs que bien avant que de jeunes gens se retrouvent à
l’université, nos enfants subissent une propagande obscène en
faveur de l’Union européenne dès l’école primaire. En
témoignent les « drapeaux européens » (que nous
avons plaisir à décrocher régulièrement) qui surplombent les
frontons des écoles, collèges et lycées publics. Comment les
jeunes citoyens pourraient-ils comprendre les enjeux de souveraineté
lorsqu’ils pénètrent chaque jour dans un établissement scolaire
sous une bannière non seulement illégitime mais qui de plus n’a
aucune valeur juridique ou constitutionnelle en France ? Ou lorsque
les enseignants sont tenus de faire la promotion de cette institution
dans le cadre des programmes scolaires ?
Donc, de jeunes gens qui s’orientent vers des études de sciences
politiques ou de journalisme rentrent à l’université avec des
conditionnements idéologiques (très représentatifs des
orientations politiques des couches sociales les plus aisées) que
l’État lui-même impose par des procédés marketing (le drapeau
européen) ou programmatiques. Ils se retrouvent face à des
enseignants qui poursuivront cette propagande, et c’est ce qui
explique que la majorité de nos journalistes, hauts fonctionnaires
et politiciens, soient acquis à une idéologie mortifère qui n’est
nullement partagée par la majorité de la population. Deux
événements peuvent en témoigner : le référendum perdu par
les européistes en 2005 (et violé par la suite) ou encore la
déclaration d’Emmanuel Macron à la BBC en janvier 2019, sur le
fait que si la France organisait un référendum en vue de sortir de
l’UE, « les Français voteraient probablement »
dans le même sens que nos amis britanniques. Ce qui signifie du
reste que notre oligarchie (dont M. Macron n’est qu’un maillon)
est tout à fait consciente des aspirations politiques de la majorité
du peuple, mais se garde bien de lui rendre la possibilité de
s’autodéterminer en ce sens.
Pour en revenir plus spécifiquement à la question du déclin
intellectuel et déontologique de nos journalistes, nous avons noté
que la majorité d’entre eux ignore ce qu’est « la Charte
de Munich ». Cela signifie donc que les écoles de journalisme
ne semblent même plus s’assurer que les notions éthiques et
déontologiques encadrant une telle activité soient enseignées.
Autre facteur de la ruine intellectuelle et du conformisme permanent
dans nos médias : le recrutement lui-même des journalistes
dans les services politiques de ces derniers. Car à défaut d’un
haut niveau de déontologie personnelle des journalistes qui
comprendraient que leurs opinions propres sont sans intérêt pour
les citoyens qu’il s’agit d’informer, un autre parti pris
aurait pu être de s’assurer du recrutement des journalistes sur
des critères d’opinions cette fois-ci. Mais dans le sens d’une
diversité politique réelle à faire valoir. Ça n’est pas le cas.
Bien au contraire, nous avons le sentiment que tant pour le service
public de l’information que pour nos grands médias privés, il
s’agisse de recruter des journalistes tout à fait conformes à la
doxa. Et d’ailleurs, si un quelconque journaliste du service public
décidait d’accorder la parole à des gens qui accusent M. Macron
d’être un criminel, ou encore qui tienne à expliquer la nécessité
absolue de sortir de l’UE et l’euro, ou même de réchauffer nos
relations avec la Russie alors qu’il faudrait les refroidir avec
l’Allemagne ou les USA, quelles en seraient les conséquences ?
La première serait tout simplement qu’un directeur éditorial
empêcherait sans nul doute que de tels débats extrêmement
préjudiciables à la majorité de notre représentation politique,
puissent avoir droit de cité sur les grandes ondes. À défaut, il
est fort probable que ce journaliste serait placardisé pour avoir
osé mettre en lumière les grands sujets tabous pour une
représentation politique qui nomme les directeurs des grands médias
publics et votent les budgets de ces derniers. Rappelons que la
concurrence à l’emploi pour exercer une activité de journaliste
est très forte en France. Lorsqu’il s’agit de payer son loyer et
ses factures, n’importe qui est prêt à faire des concessions avec
son intégrité morale et intellectuelle.
Face à la propagande, l’essor de la contestation sur internet
L’essor d’internet, média qui permet aux citoyens d’être
émetteurs de leurs propres opinions sur l’espace public, mais
aussi leur permettant de choisir les canaux d’information qui les
intéressent, a réellement débuté en 2005, à l’occasion de la
propagande tonitruante qui a été véhiculée en faveur de la
ratification du Traité Constitutionnel Européen. Face au peu
d’espace médiatique qui était accordé aux opposants ou pour le
moins, aux « éléments de langage » visant à
discréditer ces derniers constamment, des leaders d’opinion et
nouveaux médias jusque là inconnus ont émergé progressivement.
Bien entendu, la majorité des Français (et c’est encore le cas
aujourd’hui), malgré les signaux d’alarme répétés par les
enquêtes du CEVIPOF chaque année, continue de « s’informer »
via le mainstream médiatique et ne connaît pas nécessairement les
personnalités ou médias web alternatifs leur permettant d’accéder
à des analyses très différentes (et autrement plus profondes) que
ce que leur télévision ânonne continuellement. Car c’est un
fait, les grands médias publics se désintéressent des débats
politiques qui agitent la toile mais aussi des penseurs qui
bénéficient d’une audience bien supérieure sur internet, à la
plupart des « experts » et politiciens qu’ils
invitent régulièrement. Pourtant, le rejet du T.C.E à plus de 55 %
des voix aurait dû les alerter sur le fait qu’un glissement
idéologique s’opérait et qu’à terme, toute une génération de
Français allait finir par lâcher totalement prise avec notre
représentation politico-médiatique. La maturité de cet essor de la
contestation sur internet, a pu être observée à l’aune de la
crise des « Gilets Jaunes ». Ces derniers étaient
d’abord interconnectés sur les réseaux sociaux avant même de
déferler dans les rues.
Aujourd’hui, de nombreux médias de réinformation existent sur
internet. Par exemple, pour la presse écrite, peut-on citer « La
lettre A » ou « Le Grand Soir », tandis que pour le
format audiovisuel, « Le fil d’actu » ; « Le
média pour tous » et dernièrement « Blast » se
partagent une grande part de l’audience web sur des sujets qui ne
seront pas ou très mal traités par les grands médias publics et
privés. Cependant, les moyens financiers de ces derniers restent
infimes. Par ailleurs, comme signifié plus haut, la majorité des
Français a une attitude passive et bien peu critique face à
l’information. Très peu ont la curiosité d’effectuer des
recherches sur certaines thématiques pouvant les amener à découvrir
des penseurs et médias différents. Seule la dissidence sait où
chercher ses informations. Ajoutons par ailleurs que les grands
médias publics et privés ont les moyens financiers de payer leur
référencement sur les moteurs de recherche, de telle façon que les
premières occurrences qui sont présentées à un internaute sur un
sujet spécifique, seront le plus souvent des articles issus de la
presse subventionnée.
De fait, la majorité de la population reste ignorante de toutes ces
alternatives politico-médiatiques issues du web. S’il est de bon
ton pour l’oligarchie de discréditer l’information dissidente
sur le web en mettant en lumière quelques sites complotistes, les
grands médias eux-mêmes avec le plein soutien du gouvernement et
des GAFAMs, se sont octroyé le ministère de la vérité. Ainsi, le
journal « Le Monde », mais aussi « Libération »,
reçoivent des subsides pour « vérifier » des informations
circulant sur internet et accorder les bons et mauvais points. La
pratique de la censure explose aussi sur les réseaux sociaux, de
même que nous avons observé que les algorithmes de ces derniers ont
évolué de façon à réduire l’exposition des publications et
penseurs politiques en dissidence avec la doxa ambiante. Il n’y a
donc pas lieu de considérer qu’Internet représente un
contre-pouvoir suffisamment puissant à opposer aux grands médias
publics et privés.
Ajoutons que certaines lois aussi mal rédigées que profondément
attentatoires à la liberté d’expression, sont utilisées à des
fins politiques contre des mal-pensants qui auraient la mauvaise idée
d’aborder des thématiques plus polémiques. Ainsi, la loi sur
« l’incitation à la haine » est utilisée très
régulièrement pour faire condamner des personnes exposant des
problèmes de communautarisme ou d’ingérence étrangère dans
notre appareil d’État. Cette loi est, j’insiste,
particulièrement mal rédigée, inutile et utilisée essentiellement
à des fins politiques. Si, par exemple, je devais vous signifier un
propos particulièrement xénophobe contre les Esquimaux, en tant que
destinataire du propos, vous seriez sans doute choquée, mais
certainement pas « contaminée » par ma propre
xénophobie. Si l’on m’interdit en revanche de dire tout le mal
que je pense des Esquimaux, qui pourra me répondre que j’ai tort ?
Et en quoi le fait de me condamner pour un propos xénophobe, sera de
nature à éteindre mes propres préjugés ? Une condamnation
judiciaire ne serait-t-elle pas au contraire de nature à me
radicaliser là où la liberté d’expression la plus extensible, y
compris s’agissant « des propos qui heurtent ou
dérangent », permet à tout un chacun de se confronter à
la réaction morale et intellectuelle de ses adversaires ? Si
vous ne pouvez pas vous-même m’interroger sur mes propres préjugés
et y répondre, comment dans ce cas peut-on espérer lutter
efficacement contre la montée de toutes les formes de xénophobie ?
Des personnes dont je réprouve pourtant le discours se sont vues
condamnées par la justice à des peines de prison ferme pour des
écrits ou propos heurtant la bien-pensance, alors que lorsque de
célèbres journalistes et éditorialistes pratiquaient la propagande
de guerre contre la Syrie ou la Libye, ils n’ont jamais été
inquiétés. Pourtant, le droit international public comme les lois
relatives à la presse et le Code pénal, condamnent la propagande de
guerre. Internet n’est donc plus l'espace de liberté qu'il a pu
être à ses débuts. Le champ de la liberté d’expression se
réduit d'année en année sur ce média, et la loi Avia vient encore
confirmer cet état de fait.
Quelques propositions pour garantir la diversité des opinions
dans les grands médias.
Les données du CSA, mais aussi la
consultation des Unes de la presse subventionnée, permettent de se
faire une idée du très haut niveau d’influence politique que
peuvent avoir les médias sur les résultats des scrutins. M. Macron,
que personne ne connaissait et qui incarnait pourtant un courant
idéologique repoussoir pour la majorité des Français, a été élu
moyennant force propagande de tous les grands médias. Nier cette
influence et la capacité des Français à voter contre leurs
intérêts ou opinions du fait de l’ingénierie sociale pratiquée
à leur encontre, c’est courir au désastre social et démocratique
définitif. « Le
Rassemblement National »
est désormais constamment utilisé comme épouvantail médiatique
pour faire gagner le candidat souhaité par des intérêts d’argent.
Ces derniers ont tout à fait compris que la majorité des Français
refuse la marginalisation et le rejet social du fait de leurs
opinions. Ils préféreront la plupart du temps se ranger à une
logique conformiste – quand bien même ils la réprouvent
intellectuellement – pour garantir en apparence pour le moins, leur
bonne morale politique. Ces pratiques journalistiques permanentes au
sein de nos grands médias publics et privés, doivent cesser. De
même que la censure des opposants ou courants d’idées gênants
pour les cercles de pouvoir, ne peut plus se poursuivre, sauf à
vouloir forger une insurrection violente. Les Français sont
suffisamment dégoûtés par leurs politiciens et journalistes pour
que l’abstention et les mouvements sociaux de plus en plus violents
en soient la conséquence. Quelques mesures simples, mais radicales,
peuvent pourtant améliorer considérablement les choses :
1) Porter reconnaissance dans la
Constitution du pouvoir médiatique et y introduire de facto la
Charte de Munich comme garde-fou éthique et déontologique imposé à
tous les journalistes.
2) Transformer le CSA en Cour
Supérieure de l’Audiovisuel et du Numérique (CSAN). Veiller à ce
que seul le Parlement puisse
nommer les magistrats et sans que l’exécutif puisse soumettre ses
propositions. Établir un conseil pouvant être sollicité par les
citoyens, qui soit constitué de journalistes et d’un jury de
citoyens tirés au sort pour instruire et juger les dossiers reçus.
Veiller à ce que cette nouvelle institution dispose d’un pouvoir
de contrainte réelle.
3) Mettre un terme aux subventions
à la presse politique. Imposer la diversité des opinions au sein de
Radio France et France Télévisions, que ce soit dans le recrutement
des journalistes ou la ligne éditoriale elle-même. Garantir que les
mécanismes de saisine du médiateur de chaque grand média public
pour dénoncer le fait que telle personnalité politique ou opinion
soit sous-représentée, oblige ces derniers à apporter une
amélioration éditoriale.
Cela avant même de devoir faire saisine du CSAN en dernier recours
4) Empêcher les grands médias
privés d’être assujettis à des actionnaires majoritaires
fortunés. Obliger les grands médias privés à adopter un statut de
coopérative de journalistes. Faciliter l’entrée du grand public
au capital des grands médias privés.
5) Imposer aux grandes écoles de
sciences politiques et de journalisme un enseignement contradictoire
et tenant compte de toutes les sensibilités (pas seulement
européistes, libérales ou mondialistes).
6) Dans l’attente (et dans
l’urgence), produire une consultation des Français s’agissant
des opinions et personnalités qu’ils considèrent censurées,
maltraitées ou minorées par les grands médias, exiger du service
public qu’il rende des comptes et réponde concrètement à ses
propres manquements.
Je vous ferai grâce d’autres
propositions et je vous laisse le loisir de méditer les nécessités
et difficultés qu’imposeraient
de telles réformes. Sans pouvoir prétendre qu’elles seraient de
nature à régler tous les problèmes relatifs à la presse, ces
quelques propositions seraient néanmoins salutaires pour restaurer
un débat public qui soit digne, sérieux et réellement
contradictoire sur les grands sujets politiques affectant la vie de
la nation.
Dans l’espoir que ce document
aura une influence positive dans vos propres travaux parlementaires,
veuillez accepter Mesdames et Messieurs les Députés,
mes meilleures salutations.
Sylvain Baron
Gilet Jaune et auteur de l’essai« Révolte ! » aux éditions Ka’
(Avec le soutien de Paloma)