lundi 28 juin 2021

Procès d'Emmanuel Macron - Affaire Alstom : PARTIE IV/IV

Seconde réquisition ici

RÉPONSE A LA TRAHISON

Le Juge : Merci Mme/M. Le procureur, je vais donc laisser Maître […] conclure sa plaidoirie pour défendre l’honneur de M. Macron, avant de proposer à votre souveraine assemblée, de rendre son verdict. Maître […], c’est à vous !

L’avocat de la défense :

Madame, monsieur le Juge, mesdames, messieurs les jurés, je compte ici vous livrer un argument juridique qui se suffirait à lui-même pour invalider les accusations du ministère public en haute trahison. Il est signifié page 41 rapport de la « Commission d’enquête chargée d’examiner les décisions de l’État en matière de politique industrielle » que :


La co-entreprise nucléaire « GEAST » et les garanties relatives au nucléaire civil GEAST regroupe les activités de deux des filiales d’Alstom : Alstom Power System et Alstom Power Services. GE détient 50 % +2 voix des droits de vote de GEAST, et 80 % du capital social de GEAST. Alstom détient le reste.

Si elle est dirigée opérationnellement par GE, la moitié au moins des membres de son conseil d’administration est français, ainsi que son directeur général et son directeur technique. Un des membres du conseil d’administration est nommé par l’État. L’État dispose d’une action spécifique (golden share) lui conférant un droit de véto pour toute décision qui affecterait l’intégrité et la continuité de l’offre industrielle de GEAST autour de l’îlot conventionnel.

Afin de préserver encore davantage l’activité stratégique du nucléaire civil, des accords de pérennité ont été conclus en 2014 et leur application est suivie de près par un comité de pilotage regroupant GEAST, Alstom et l’État : l’accord-cadre signé entre l’État, GE, Alstom et EDF prévoit la poursuite, le renouvellement ou la mise en place de contrats de longue durée entre EDF et GE pour l’ensemble des activités nécessaires au maintien en condition opérationnelle du parc nucléaire d’EDF. Il est complété par un accord de licence qui concède à une société dédiée, propriété à 100 % de l’État français, une licence sur les droits de propriété intellectuelle existants et à venir d’Alstom. L’État aura donc la faculté d’accorder une licence à EDF pour lui permettre d’assurer la maintenance des centrales en cas de défaillance de GE

Que nous dit en substance cet extrait du rapport de la Commission d’enquête animé par M. Marleix ? En premier lieu, que les accords contractés entre le gouvernement et General Electric, prévoient que le conseil d’administration œuvrant sur les entités qui ont été cédées au groupe américain, se doit non seulement de rester à 50 % français. Dans ce conseil d’administration, il y a au moins un représentant de l’État français. Mais ce n’est pas tout ! Une autre clause, prévoit que l’État français détient une action en or sur la branche de désormais General Electric, qui fabrique les turbines et équipements dédiés à notre industrie nucléaire civile et militaire. Cela signifie qu’à tout moment, même en tant qu’actionnaire minoritaire, l’État peut s’opposer à des décisions de General Electric qui pourraient affecter nos intérêts stratégiques. Mais ce n’est pas tout ! Une autre clause encore, permet à l’État de rester propriétaire intégralement sur les brevets concernant les technologies les plus sensibles qu’Alstom cède à General Electric.

Ce ne sont sans doute pas les mêmes clauses qui régissent un conflit entre le groupe Volkswagen et l’État français depuis janvier 2021, mais lorsque la multinationale a fait savoir qu’elle envisageait des suppressions d’emploi sur son site de St Nazaire qui fabrique les moteurs diesel de secours équipant nos sous-marins, Bruno Lemaire et Florence Parly, respectivement ministres de l’économie et de la défense, ont rappelé à l’ordre Volkswagen sur les engagements contractuels qui avaient été signés pour maintenir la production de ces équipements en France. Cela ne signifie pas que l’État s’impose d’être l’actionnaire majoritaire de ce site industriel. Mais que l’État s’autorise un droit de regard et le cas échéant, peut faire jouer des clauses permettant d’obliger un industriel à maintenir sa production en France.

C’est d’ailleurs ce qu’a parfaitement expliqué David Azema à la Commission d’enquête animée par M. Marleix :

« Parmi toutes les entreprises françaises remarquables, que ce soit au titre de l’emploi dans notre pays, de la recherche et développement, ou du caractère stratégique de leurs productions, seule une petite poignée compte l’État parmi ses actionnaires. Et même si l’État n’est pas au capital de ces entreprises, des questions de politique industrielle peuvent s’y poser : l’État n’était pas au capital d’Alstom avant que ne soit annoncée l’opération de General Electric (GE). Toutes ces entreprises n’ont pas l’État à leur capital, et pourtant, ce sont des objets de politique industrielle potentiels. Il n’y a pas de corrélation entre l’intérêt stratégique d’une entreprise, la nécessité éventuelle de la protéger, et la présence ou non de l’État au capital. […]

La puissance publique dispose de moyens beaucoup plus simples d’influer sur la stratégie des entreprises. Pratiquement aucune entreprise stratégique américaine n’a l’État à son capital. Faut-il en conclure que les États-Unis ne savent pas défendre leurs intérêts stratégiques ou leur politique industrielle ? C’est exactement l’inverse. Et c’est aussi le cas d’autres grandes puissances industrielles : en Allemagne, l’État fédéral n’entre au capital des entreprises publiques qu’avec énormément de précautions, même si beaucoup d’institutions de moindre rang le font. Il a d’ailleurs été assez difficile de convaincre l’État fédéral allemand d’entrer au capital d’Airbus au moment où Daimler en est sorti ; il était beaucoup plus naturel pour le gouvernement allemand de considérer que Daimler portait les intérêts allemands au sein d’Airbus, et il ne lui paraissait pas nécessaire d’en être directement actionnaire. D’ailleurs, l’État allemand n’est pas actionnaire direct, mais par l’intermédiaire de sa caisse des dépôts, la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW). Troisième exemple, le Japon, notoirement connu pour avoir une stratégie et une politique industrielle : le gouvernement japonais n’a pas de participation dans les entreprises. Ces comparaisons internationales montrent que de nombreux outils autres que l’actionnariat direct peuvent être utilisés pour déployer une politique industrielle ».

Et M. Azema de lister au final les outils qui permettent à l’État de conserver un contrôle réel sur son industrie stratégique à moindre frais et sans interférer avec les nécessités d’entreprise :

1) Réduire au maximum le nombre de représentants de l’État impliqués dans la veille et la négociation entre les représentants d’industries stratégiques et l’État. Cela afin d’éviter des fuites d’informations sensibles, mais aussi les contradictions, redondances inutiles et l’illisibilité de l’action publique sur nos industries les plus sensibles.

2) Assurer la continuité de la commande publique sur le temps long, obligeant les industries que nous souhaitons conserver sur notre sol, à maintenir leur production de facto.

3) Enfin et nous en venons à ce qui a été précisément fait pour Alstom : s’assurer que des contraintes réglementaires et juridiques s’imposent aux entreprises les plus stratégiques. C’est bien ici que nous pouvons voir l’État dégainer ses munitions les plus décisives en cas de litige comme c’est le cas actuellement avec le groupe Volkswagen.

Si messieurs Macron, Hollande et tant d’autres responsables gouvernementaux avaient eu en tête de trahir la France, pourquoi se sont-ils assurés que la vente d’Alstom Energie à General Electric, soit assortie de clauses juridiques très contraignantes et qui engagent le groupe américain à maintenir la production des équipements nécessaires à notre industrie nucléaire et militaire ?

Je viens ici de prouver que non seulement, sur le plan factuel, M. Macron comme le reste du pouvoir exécutif de l’époque, s’est assuré que l’État maintienne un contrôle réel sur la production industrielle la plus sensible de la part d’Alstom cédée à General Electric, mais en outre, puisque ces clauses garde-fous pour l’État ont été rédigées par la puissance publique et signées par les parties contractantes, il n’y a aucun élément d’intentionnalité à faire valoir justifiant le crime de trahison. Je pourrais m’arrêter ici sur ce volet si sensible de la discussion judiciaire, mais puisque le ministère public s’est arrangé pour se montrer démesurément long dans l’espoir de nous faire adopter son point de vue, je compte bien répondre de façon tout aussi exhaustive aux réquisitions du procureur.

Le ministère public a en effet rappelé que l’article 151-3 du Code monétaire et financier oblige le ministre de l’économie à autoriser ou non les investissements étrangers dans une entreprise en France, si cette dernière est active dans la recherche, la production d’armes, de munitions et substances explosives, ou que ses activités peuvent porter atteinte à la sécurité publique ou aux intérêts de la défense nationale. Et c’est précisément ce qui fut fait ! Le ministre de l’économie a joué son rôle en publiant un décret non seulement pour s’armer juridiquement dans sa négociation, mais a respecté l’article 151-3 du Code monétaire et financier, en imposant des clauses protectrices de nos intérêts nationaux auprès de General Electric. La loi en ce sens a été parfaitement respectée dans sa lettre par le gouvernement.

Mme/M le Procureur de la République est revenu ensuite sur la stratégie de défense dite « tous azimuts » en omettant de signifier qu’elle n’a aucun caractère réglementaire. Cette doctrine de défense était tout à fait compréhensible à une époque où la France développait sa technologie nucléaire, tout en cherchant une position d’équilibre avec les grandes puissances de ce monde. Mais aujourd’hui, peut-on décemment dire que cette doctrine de défense qui vise à considérer que chaque pays est un potentiel ennemi, a encore du sens ? Nous sommes dans l’OTAN ce qui signifie que nos alliés, que cela heurte ou non certains esprits chagrin, sont les États-Unis d’Amérique. Je vous ferais remarquer que des pays européens ne disposant pas de l’arme nucléaire, bénéficient de la protection des USA sans qu’il leur soit nécessaire d’entretenir une coûteuse technologie grévant leur budget y compris en matière de défense. Sachant que l’arme nucléaire n’a plus de raison d’être utilisée un jour, puisqu’il en résulterait une destruction mutuelle des parties en conflit. On peut même dire qu’un pays qui ne dispose pas de cet armement n’a pas de raison de s’inquiéter qu’on fasse usage d’une telle technologie contre lui. Nous reprochons aux USA d’avoir exporté la démocratie au Vietnam, en Irak, en Afghanistan ou en Syrie. Aucun de ces pays n’est une puissance nucléaire. De fait, les Américains n’avaient pas d’autre choix moral que de faire usage de moyens militaires plus conventionnels, pour affronter ces nations. Et vous savez quoi ? Les Vietnamiens sont tout de même parvenus à épuiser moralement et financièrement les USA au point que l’Armée américaine n’a pas eu d’autre choix que de se retirer.

Pour notre propre part, puisqu’avec des adversaires historiques comme l’Allemagne et dans une moindre mesure le Royaume-Uni, nous sommes désormais engagés dans l’OTAN, nous n’avons même plus de raison de nous inquiéter d’un potentiel conflit futur avec ces nations. Alors que la Russie qui occupe tout de même une vaste part du continent eurasien, pourrait vouloir un jour poursuivre cette extension jusqu’à l’extrémité occidentale du continent. Alors que rien ne laisse à penser que les USA pour leur part, aient un quelconque intérêt à s’établir sur le continent européen. On peut effectivement condamner leur agressivité avec un certain nombre de pays producteurs de pétrole qui ont préféré entretenir une attitude de défiance face à l’impérialisme américain, mais nous ne sommes pas concernés d’une part, ni même honnêtement plus respectueux du droit international public que les USA en la matière. La France ne produisant pas de pétrole et étant officiellement partenaire des USA, les dirigeants américains chercheront toujours des moyens de nous tordre le bras sur quelques affaires de commerce, mais n’ont pas d’intérêt à nous envahir. De leur côté, la Russie et la Chine ne pouvant que tenir compte du parapluie américain sur les États-membres de l’OTAN, se garderont bien d’adopter une attitude offensive à notre égard. Alors oui, cette logique de bloc occidental contre un bloc russo-chinois, n’aide pas nécessairement à réchauffer nos relations avec les adversaires désignés par les Américains comme devant être aussi les nôtres. Mais les circonstances de l’Histoire ont fait que nos ennemis potentiels ne sont nullement tous les pays du monde, mais quelques pays en particulier. La stratégie de défense tous azimuts peut avoir du sens pour un pays comme la Suisse qui est restée indépendante de toute alliance militaire. Mais tel n’est pas le cas pour la France. Nous pouvons partager quelques secrets et technologies militaires avec les USA sans que cela nuise à la paix. Il n’y a aucune raison de penser qu’une hyperpuissance militaire puisse un jour vouloir les utiliser contre nous. Et les USA ne nous ont jamais attendu pour développer leurs propres turbines. Les dirigeants américains ne cessent de pousser leurs alliés européens à investir plus fortement dans leur propre armement. Ce qui signifie que chaque fois que la France s’équipe d’un nouveau sous-marin ou d’un nouveau type de missile, cela contente nos alliés. Ils ne souhaitent pas nous opposer des contraintes mais bien au contraire, se tiendront toujours prêts à nous aider en ce sens. General Electric donc, ne cherchera jamais à nuire à nos intérêts de défense, mais bien au contraire, à s’en faire le partenaire industriel résolu. Quant au fait que les Américains puissent connaître les propriétés acoustiques de nos sous-marin ou leur vitesse, en quoi est-ce gênant ? Toutes les oreilles d’or qui opèrent dans des sous-marin, savent reconnaître la nature des vaisseaux qu’ils croisent. Les Russes savent reconnaître le bruit d’un sous-marin français ou américain et inversement. Ce n’est pas tant la signature acoustique d’un navire qu’il s’agirait de camoufler. C’est davantage le fait de ne pas se faire entendre tout court sous l’océan qui compte.

RÉPONSE AU PACTE DE CORRUPTION

Madame/Monsieur le Procureur a aussi souhaité donner une bien maigre substance à son discours, en nous dressant la liste des personnes qui gravitaient autour de M. Macron et ses premiers soutiens dans la haute fonction publique ainsi que le monde des affaires. Oui son parti a obtenu le soutien de généreux donateurs qui lui ont fait confiance, car ne vous en déplaise messieurs dames : les riches ont aussi des convictions politiques. C’est donc leur droit le plus strict, et cela dans le respect des limites fixées par la loi, de contribuer au financement du parti politique de leur choix. On voudrait entendre que M. Macron était lui-même responsable ou co-responsable de la campagne de recherches de donations. Mais les courriels qu’a mentionnés le Procureur de la République témoignent bien que les équipes de campagne ont perçu une irrégularité du fait d’un généreux donateur un peu trop exalté, et se sont arrangés pour diviser la somme que souhaitait verser le militant en question, en deux chèques différents pour rester dans le cadre de la loi.

Un autre mail encore, cette fois-ci envoyé par Cédric O, le 31 août 2016 à d’autres coordinateurs de la levée de fonds. La dernière phrase de cet extrait est tout à fait saisissante :

La validation [des encaissements] porte uniquement sur les chèques supérieurs à 500€ ; elle se terminera à la cessation des fonctions de ministre d’Emmanuel ; La liste des noms des donateurs ayant effectué un chèque > à 500 € est transmise une fois par semaine via EM pour vérification (absence de conflits d’intérêt notamment).

Un autre échange de courriel témoigne du souci scrupuleux des équipes d’Emmanuel Macron, quant à la régularité du financement de leur campagne électorale, y compris sur les conflits d’intérêts. Ce mail daté du 15 septembre 2016 de la part d’Emmanuel Miquel à Alexis Kholer et Julien Denormandie, pour établir un processus de validation des donations :

L’idée est de simplifier ce processus compte tenu de l’évolution des fonctions d’EM, avec une validation ex post (i.e. une fois les sommes encaissées et non plus ex ante) sur la liste des donateurs ayant réalisé des dons > 1.5k€, afin de s’assurer néanmoins (i) de l’absence éventuelle de conflit d’intérêt (incompatibles avec les fonctions passées d’EM) et (ii) du caractère recommandable du donateur.

Et visiblement, les partenaires de la République en Marche, notamment le Crédit Agricole dont l’une des agences parisiennes où l’association avait établi son compte, n’hésitaient pas à assurer la veille sur la régularité des versements. En témoigne ce courriel de Cédric Boutier, conseiller au Crédit agricole, qui fera parvenir ce message d’alerte le 29 mars 2017 à Cédric O :

Nous nous interrogeons sur les mouvements reçus ci-dessous provenant visiblement de sociétés étrangères. Pour mémoire le financement de compte de parti est interdit pour des personnes morales sauf des partis ou associations politiques.

On entend ici et là que des partis politiques plus ou moins confidentiels ou d’autres plus médiatisés, mais aux accents populistes, ne trouveraient pas la visibilité et les armes financières nécessaires pour rivaliser avec les grands partis. Emmanuel Macron a fondé un grand parti ! C’est indéniable ! Sur les 380.000 personnes ayant accepté de communiquer leur mail sur le site internet du parti « La République en Marche », les estimations publiées par le journal « Le Monde », font état de 71.000 personnes ayant pris le temps de lire les statuts. Le 1er mars 2017, soit un mois avant le premier tour de la présidentielle, Cédric O adressait un mail aux équipes de campagne dont l’extrait suivant permet de donner une idée assez objective de l’engagement que suscitait « La République en Marche » à ses débuts :

« Le fait que nous communiquions peu sur nos besoins financiers, compte-tenu des montants à lever, nourrit les suspicions et les rumeurs négatives sur le financement du mouvement, alors que nous n’avons pas de tabou et prônons la transparence :  Or, la majorité des personnes n’ont pas confiance dans le financement et considèrent que seul les « grands donateurs » sont importants (« 7500 pour voir EM ») ;  Objectif : communiquer différemment sur la levée de fonds (casser l’image « CAC40 »), ce qui nous permettra de limiter les fausses rumeurs et d’avoir des éléments de riposte. ) Un besoin d’engagement / de vote : Tous les dons sont clés (il n’y a pas de « petits » dons), en termes de communication mais aussi d’engagement – et donc de vote. Le don via le site internet est au cœur de la levée de fonds puisqu’il draine 80% des donateurs. 1/3 des donateurs donnent moins de 30€, 2/3 moins de 60€. Le don médian est de 50€. Nous avons à fin janvier ~180,000 adhérents, pour ~20,000 donateurs, soit un taux de transformation limité à c.10%

Emmanuel Macron a su fédérer autour de lui des gens qui exercent traditionnellement des responsabilités importantes et ont l’habitude de manier des grands chiffres et de comprendre ce que le commun des mortels ne pourra jamais se projeter mentalement. Emmanuel Macron fait partie de l’élite de la nation. On n’accorde pas sa confiance à des profanes dans les milieux professionnels où à exercé ses talents Emmanuel Macron. Croyez-vous que « Jojo le Gilet Jaune » soit capable d’administrer l’État face à un haut-fonctionnaire ayant eu à traiter des dossiers pesant des milliards d’euros, tant dans sa vie professionnelle que politique ? Pardonnez-moi de vouloir ramener chacun à des réalités objectives, mais tout le monde n’a pas la capacité de tenir les rênes de l’État. Et pour arriver à de tels niveaux de pouvoir, il faut non seulement faire ses preuves dans son cursus universitaire, mais aussi être capable de séduire des gens plus brillants et expérimentés que vous, pour espérer atteindre les sommets. Ce qui signifie des amitiés opportunes ou plus étroites entre personnes certes ne connaissant pas de difficultés matérielles pour la plupart, mais oserais-je rappeler que l’article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme prohibe les discriminations fondées sur la fortune des gens ? Si les partis populistes ou plus radicaux manquent de relations dans les arcanes du pouvoir financier et des grands corps de l’État, c’est sans doute que les propos de leurs représentants ne séduisent pas vraiment ceux qui ont réellement de l’influence. Que ce soit sur les valeurs ou propositions politiques qu’ils portent. Vous comprenez bien que lorsqu’on est habitué à brasser des grands chiffres et des dossiers complexes, la démagogie ne puisse satisfaire aux prétentions intellectuelles des gens de pouvoir. Alors que reproche-t-on à Emmanuel Macron ? D’avoir parmi ses relations des gens riches et capables d’influencer des décisions publiques ? Mais si les personnes qui prétendent incarner une opposition plus populaire aux élites de la nation, devaient jouir de la sympathie d’autant de personnes fortunées qu’il n’y en a eu pour soutenir la République en Marche, est-ce que ces grands défenseurs de sa majesté le peuple se montreraient aussi suspicieux qu’ils le sont aujourd’hui sur les moyens financiers et l’influence équivalente qu’ils pourraient obtenir de leurs propres soutiens ? Et que nous diraient-ils si à leur tour, on les soumettait à la question ? La même chose que nous : qu’ils auraient respecté la Loi, et que s’ils obtenaient le soutien inconditionnel d’un grand nombre de personnes fortunées, c’est sans doute parce que leurs qualités relationnelles et leurs propositions politiques sont capables de satisfaire leurs généreux donateurs. Là où des esprits tristes veulent voir de la corruption systémique, il n’y a en réalité que des histoires d’amitié et d’affinités politiques, ce qui est une bonne nouvelle pour la Démocratie ! Oui, les riches s’intéressent à la politique ! Les pauvres beaucoup moins, c’est manifeste, mais c’est bien la preuve que tout le monde ne peut pas prétendre ni-même ne souhaiterait gouverner la France.

Il n’y pas eu de volonté de corruption, bien au contraire. La majorité des soutiens d’Emmanuel Macron n’ont pas gravité de près ou de loin avec l’affaire Alstom. Faisons-nous fi de leur propre engagement ? Quant aux scrupules de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, elle est tout à fait transparente et disponible sur le site Wikileaks. Le procureur n’est pas le seul à avoir étudié ces échanges. Chacun pourra constater que toutes les personnes impliquées dans la collecte de fonds pour la campagne électorale d’Emmanuel Macron, ont tout fait pour s’assurer de la conformité de leurs opérations avec les règles du Code électoral. On peut reprocher beaucoup de choses à Emmanuel Macron et ses soutiens sur le plan politique, mais sur le plan juridique, ses équipes et lui-même soignent les détails et sont précautionneux. Le pacte de corruption tel que décrit par M. Marleix et le Procureur de la République est du point de vue du droit, une gigantesque farce !

DISCOURS SUR LE LIBÉRALISME ET LA MONDIALISATION

Alors au final, que reproche t-on vraiment à Emmanuel Macron et qui n’a rien à faire dans un tribunal ? C’est tout simplement les opinions politiques qu’il incarne. Nous avons vu tout à l’heure que s’agissant des intérêts fondamentaux de la nation, le décret publié et les clauses qui ont été négociées dans le contrat de cession, ont été respectés pour l’essentiel. Peut-être pas sur les emplois attendus, mais s’agissant des intérêts stratégiques, General Electric n’est pas propriétaire de la licence s’agissant de la turbine Arabelle, et elle n’aura pas d’autre choix que de répondre aux commandes de l’État qui aura les moyens juridiques de la contraindre à honorer ses engagements.

Son choix politique a été de soutenir cette opération comme bien d’autres cessions d’actifs afin d’externaliser une partie de la production. C’est le cas sur les fusils d’assaut et munitions, mais aussi sur d’autres coeurs stratégiques de l’industrie française. Emmanuel Macron est aussi quelqu’un qui veut déréglementer au maximum le Code du travail et privatiser la Sécurité sociale. Il croit fermement en l’Union européenne, sa fibre patriotique n’est pas sujette à exaltation, c’est entendu. Mais il a été élu pour ces opinions politiques parfaitement connues pour un grand nombre de Français d’une certaine classe de revenus. C’est bien parce que le peuple a fait défaut pour défendre ses propres opinions – semble-t-il – contraires à celles d’Emmanuel Macron, que ce dernier a été élu. Oserais-je le rappeler ?

Toujours est-il que tous les intervenants que la Commission Marleix a entendus, c’est à dire des avocats, des banquiers et cabinets de conseil, ont tous signifié que l’État était celui que l’on devait craindre pour faire aboutir une opération. Qu’il valait mieux dans ce sens composer avec l’intérêt public défendu par les gouvernements, plutôt que faire échouer un deal.

C’est David Azema lui-même qui se disait favorable à ce qu’une clarification soit produite entre ce qu’est un réel établissement public, c’est-à-dire totalement financé par l’impôt, et ce qu’est une entreprise stratégique mais bien privée, dont l’État peut rester ou non en dehors du capital, car ce dernier dispose de leviers juridiques ainsi que les moyens coercitifs d’imposer ses clauses de sauvegarde.

Dans ce cadre, le fait qu’Emmanuel Macron soit un libéral qui promeut la mondialisation des échanges, ce n’est pas un crime, mais une opinion et même un engagement politique auprès de ses électeurs. Tout juste retenons que ce sont les gens qui ont négocié cette affaire au profit des deux entreprises selon leurs dires, qui relèvent que la volonté politique de nos dirigeants, détermine totalement le succès ou non – et pour le moins contraintes qui s’imposeront – sur un deal.

Les vrais libéraux vous diront qu’ils souhaitent juste des règles claires et respectées dans le droit entourant le commerce, et que l’État se cantonne à ses prérogatives régaliennes, là où le marché peut satisfaire à des besoins directement. Ils ne promeuvent pas tous l’Union européenne et certains sont même vigoureusement hostiles à l’euro, dont les taux de change ne correspondent pas aux fondamentaux économiques des pays qui utilisent cette monnaie. Les libéraux aiment la clarté et la vérité des prix. Ils détestent la triche sur la valeur de la monnaie ou d’une entreprise à qui l’on interdit de faire faillite, quand bien même on parlerait de « banque systémique ». Le libéralisme n’est pas le capitalisme de connivence, ni le libre échange sans régulations aux frontières bien comprises ; le libéralisme est davantage une philosophie politique et économique qui se veut libertaire. Elle est paradoxalement soucieuse que les règles soient les mêmes pour tout le monde et donc respectées aussi bien pour les petits que les gros acteurs du marché, mais elles veut réduire ces dernières de façon importante, pour encourager les initiatives entrepreneuriales et permettre à chacun de s’émanciper. Elle remet par les conditionnements fussent-ils nationaux, les préjugés et les mythes face à la rigueur de l’analyse scientifique ou économétrique. C’est une philosophie de la raison et de la liberté. En tant qu’avocat, il me semble aisé de disculper Emmanuel Macron des charges dont on l’incrimine. En tant que citoyen ayant une affinité libérale et même patriotique, je puis vous signifier que cet homme n’est pas libéral et je lui reproche d’avoir au contraire sclérosé toujours plus la Société. Mais c’est dans les urnes que je le sanctionnerais politiquement, pas dans un tribunal.

ACTE III – LE JUGEMENT

Le Juge :

Mesdames et Messieurs les Jurés, il vous a été donné d’assister à un procès que vous n’aurez jamais l’occasion de voir cité dans la presse, du fait d’enquêtes entreprises par des juridictions officielles. Les avocats de la partie publique comme de la défense ont été remarquables pour définir les enjeux de la discussion, et qu’il me soit permis de relever ici que si l’on comprend le sens profond de la discussion à laquelle nous avons assisté, on pourrait dès lors remettre en question notre adhésion à l’UE, l’OTAN et bien d’autres instances supranationales puisque ces traités altèrent déjà notre souveraineté sur des domaines régaliens de l’État. Dans ces conditions, condamner Emmanuel Macron pour crime de trahison au sens de l’article 411-6 du Code pénal, c’est aussi créer une jurisprudence qui pourrait valoir la prison pour un très grand nombre de personnes, et remettre en cause un très grand nombre de traités et transactions financières qui s’exécutent quotidiennement. C’est donc aussi un procès politique, en tant que Juge, je me dois de rester lucide sur la question. Cependant, des lois ont bel et bien été invoquées, et il est vrai que pour le moins sur son volet financier, l’affaire avait bel et bien été dénoncée avec des accusations graves dans le rapport d’enquête de la Commission parlementaire d’Olivier Marleix. Les responsabilités d’Emmanuel Macron sont évidentes du fait de sa position de ministre de l’économie à l’époque des faits. Cependant, est-ce un acte politique et commercial qu’il doit être possible de réaliser, parfois au profit de la France contre toute attente, ou est-ce un crime de trahison ? Chacun doit juger en conscience et avec recul. Que l’on juge Emmanuel Macron coupable de trahison ou non coupable, dans les deux cas, l’intime conviction de chaque membre du jury a des conséquences signifiantes sur la gestion du bien public.

Avec mes remerciements à Paloma pour son aide aux corrections, ainsi qu'aux avocats et juristes ayant contrôlé mon travail sur les lois invoquées..

samedi 26 juin 2021

Les si douces "valeurs" d'Eva, journaliste à France Inter

Eva a des "valeurs" et c'est avec beaucoup de courage qu'elle les défend au sein de Radio France en tant que journaliste. A ses yeux, ces valeurs sont totalement fongibles avec celles de la République. Non pas que la République soit une personne physique disposant d'un code moral à faire valoir, mais elle reste incarnée par des responsables politiques qui finalement portent les valeurs d'Eva. 

Elle déplore que les Européens puissent avoir des divergences sur certains dossiers et considère qu'il faudrait pour résoudre ce problème, encore "plus d'Europe". Elle n'a jamais lu les traités européens ni la constitution et ne comprend pas grand chose à la géopolitique ou l'économie mais elle en est certaine : "les valeurs de l'Europe" sont fongibles avec celles de la République et par conséquent avec les siennes propres. Elle est tout de même indignée par les positionnements bien peu "LGBT friendly" de la Hongrie ou encore de la Pologne. Mais elle a son idée pour changer cela. Elle va rédiger une chronique aux petits ognons contre Viktor Orban et Mateusz Morawiecki, dirigeants respectifs de chacun des pays concernés. Car Eva est très sensible à "la cause" LGBT tout comme elle se dit féministe convaincue. Elle est tout aussi sensible à la cause des migrants clandestins. Elle déplore ainsi que l'extrême-droite, malgré ses chroniques tour à tour enflammées ou railleuses sur France Inter, ne cesse de progresser en France. En 2017, Eva avait voté pour Emmanuel Macron tant au premier qu'au second tour. Elle trouve l'homme brillant, moderne et puis il restait le parti le plus sûr pour faire barrage à l'extrême droite. Elle n'a jamais regretté son choix, pas même lorsqu'elle a constaté la répression brutale qu'il a exercé contre les Gilets Jaunes. Sur ce dernier point, Eva est mitigée. 

Elle aime les Gilets Jaunes qui aiment l'Europe, les migrants et la cause LGBT, mais beaucoup moins ceux qui revendiquent ouvertement leur volonté de destituer Macron, sortir de l'UE et l'euro et introduire le référendum d'initiative citoyenne dans la constitution. Ils ont des accents populistes voire empruntant largement aux idées d'extrême droite. Elle a d'ailleurs rédigé quelques chroniques contre ces derniers pour dénoncer "le complotisme" et "le repli sur soi" qui les caractérisent. 

Eva vit dans un coquet appartement dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Chaque matin, c'est toujours le même rituel : elle a programmé la veille son radio-réveil pour qu'il entonne (grince) à sept heures précise une chanson de Vianney, artiste dont elle est littéralement fan. Elle regarde alors amoureusement son petit ami, Léo, un garçon si sensible, adresser le même rictus habituel sitôt que les premiers gémissements de vache crevée de Vianney se font entendre dans la pièce. Cela l'amuse toujours. La voila qui bondit hors du lit pour se doucher rapidement en prenant soin de ne pas mouiller ses cheveux. Elle macule ensuite son visage de produits cosmétiques certifiés "bio". Les flacons sont en plastique, mais puisque le fabriquant précise que c'est "bio", elle n'a pas de raison d'en douter. Quelques croquettes vidées dans l'écuelle du chat qui vient se frotter contre ses jambes, une caresse sur le crâne du félidé, la voila qui s'habille en vitesse, prend ses clés et disparaît dans la fourmilière parisienne. 

De son côté, Hassan a d'autres rituels matinaux. Lui commence par des ablutions et psalmodie des prières en arabe, sitôt réveillé. L'association "Humains sans frontières" lui a permis de trouver une chambre d'hôtel moyennant des subventions publiques qu'elle sollicite chaque année auprès de la mairie de Paris ou au Conseil Régional. Il est entré illégalement sur le territoire, mais là aussi, l'association qui le soutient a fait les démarches nécessaires auprès de la préfecture pour qu'on lui accorde un statut de réfugié politique. Le dossier est toujours en cours d'instruction parmi des centaines de milliers d'autres qui s'empilent. Dans l'attente, il a le droit de rester sur le territoire. Hassan méprise les blancs. Il trouve que ces gens n'ont aucune valeur morale et il considère que les Françaises sont des putains. Elles se fardent de vêtements qui mettent en évidence la peau nue de leurs jambes ou de leur ventre pour mieux signifier aux hommes qu'elles sont disposées à la bagatelle. Bien sûr, les bénévoles de l'association "Humains sans frontières" sont des blancs eux-aussi, mais il trouve ces gens idiots. Ils n'ont même pas remarqué qu'il avait en horreur la culture dégénérée de l'Occident. Ils ne lui ont même pas posé de questions sur son itinérance en Lybie avec les factions islamistes dans lesquelles il a combattu. Hassan est très inspiré par les prêches d'imams rigoristes et est convaincu d'être un bon musulman lui-même. Il traine le plus souvent avec d'autres clandestins ayant peu ou prou eu le même parcours que lui. Sa haine des blancs croît chaque jour un peu plus. Ces Françaises si court-vêtues l'excitent sexuellement et il n'aime pas cela. Et puis les us et coutumes de ce peuple sont vraiment sataniques. La veille encore, une manifestation LGBT a croisé son chemin. Il a vu des gens aux cheveux roses et verts se dandiner dans des positions plus que suggestives. Il a vu des hommes s'embrasser sur la bouche. D'autres se grimer en femmes. Dans son pays, jamais on ne permettrait cela. Hassan n'est pas très "LGBT friendly" il est vrai. Il réprime régulièrement des pulsions de meurtre. Il a déjà égorgé des hommes en Lybie mais puisque c'était la volonté d'Allah ou tout du moins une logique de guerre... Le goût du sang est en lui et il considère que la mort est de toute façon le châtiment juste pour les mécréants. Le voila qui ère aujourd'hui dans Paris et il est d'une humeur exécrable...

Eva a pour sa part des pensées beaucoup plus légères en tête. Bien que son bras gauche soit encore endolori par le vaccin Pfizer qu'en citoyenne consciencieuse, elle a tenu a se faire inoculer, elle se dit qu'elle pourra entrainer Léo prochainement au concert de Vianney. Il est si gentil, il ne pourra pas refuser de l'accompagner. Et puis mille idées la traversent quant à la prochaine chronique qu'elle va rédiger sur la souffrance des noirs transgenre, du fait qu'à leur couleur de peau suscitant déjà tant de racisme, ils cumulent la double peine de "la transphobie". Seul problème : les noirs transgenre ne sont pas légions et elle a beaucoup de mal à trouver quelqu'un pour lui apporter un témoignage confortant l'article qu'elle souhaite rédiger. Qu'importe, Eva est une créative, elle saura trouver les mots justes pour émouvoir toute la bobocratie parisienne et peut-être même sensibiliser ces Français qui semblent se désintéresser de ce genre de questions. Toute à ses réflexions, elle remonte la rue Caulaincourt en direction de sa station de métro. Elle ne perçoit pas immédiatement l'homme pourtant particulièrement agité qui, de l'autre côté de la chaussée, invective une passante. 

Hassan n'est que pure colère. Il bout littéralement. Encore une de ces putains court-vêtues qui passe sans même le regarder alors qu'il lui intime l'ordre de se couvrir. Il ne compte plus les femmes aux tenues similaires qu'il a croisé depuis qu'il a quitté sa chambre d'hôtel. Un mélange d'excitation sexuelle et de haine indicible l'étreint totalement. Il monte en pression et ne cesse de caresser le manche du couteau qu'il porte constamment sur lui dans la poche de son caftan. Il n'est que rage à l'état pur et pourtant, entre deux agressions verbales sur des passantes, il psalmodie des versets du Coran et promet à Allah le miséricordieux qu'il se chargera lui-même du châtiment de tous ces mécréants aux mœurs si dégénérées. A nouveau une femme le croise. Son décolleté est saillant, ses longues jambes dénudées jusqu'à mi-cuisse captent le regard d'Hassan. Il bande ferme, il voudrait la violer sur le champ. Il sait que ces choses ne se font pas en France. Qu'importe, puisque cette catin excite volontairement les hommes par son accoutrement, elle ne mérite que la mort. Sa main se sert sur le manche de son couteau. Il ne lui adresse pas un mot. Juste un regard empli de haine pendant que sa lame s'enfonce lentement dans le ventre de cette putain. Elle hurle. Il retire son couteau et frappe à nouveau, beaucoup plus vite et par deux fois. Elle s'effondre incrédule, comprenant qu'elle va mourir sans raison, là sur ce trottoir. Des gens crient autour d'elle. Hassan lui a franchit le Rubicon. Ses dernières entraves mentales ont cédé, il regarde tout autour de lui. Ses yeux se figent sur Eva.

Tout s'est passé si rapidement. De l'autre côté de la rue, à moins de dix mètres seulement d'où elle se trouve : elle a vu cette jeune femme s'effondrer et cet homme fardé à l'orientale qui tenait un couteau ensanglanté. La stupeur est partagée avec le désir soudain de filmer l'événement qu'elle n'aura pas le loisir de réprimer. Lentement, le visage de l'homme s'est tourné dans sa direction. Et soudain, le voila qui court à toute vitesse vers elle. Encore une seconde de tétanie le temps d'assimiler l'ensemble des informations qui se bousculent dans son esprit. Cette seconde exacte qui décide de votre potentielle survie ou non lorsqu'il n'y a rien d'autre à faire que fuir au plus vite. Il est désormais presque sur elle lorsque, enfin, le cerveau reptilien d'Eva prend en charge sa conscience figée. Eva court, elle hurle et entend les pas du meurtrier juste derrière elle. Elle sent, terrorisée, la main de celui-ci agripper son épaule. Elle allonge mécaniquement la foulée. Mais la main la retient si bien que son élan n'a d'autre effet que la faire basculer en arrière cela juste au moment où une douleur immense se fait sentir dans son dos. "Mon dieu, il me tue", parvient-elle à penser. Le sang chaud s'écoule en geyser sur son chemisier. Elle a si mal que courir est désormais un effort inenvisageable. Elle se sent attirée en arrière par son bourreau. Elle est tout contre lui désormais et sent son souffle chaud sur sa nuque. Sur le côté, le couteau, la main qui le tient et l'avant-bras qui précède le tout, apparaissent dans son champ de vision. La lame se pose sur sa gorge et déjà l'entaille douloureusement. Au fur et à mesure qu'elle sent ses chairs, ses muscles et sa carotide céder sous la pression de la lame, elle se rend compte que ses hurlements ne sont que gargouillis. Sa terreur terminale sera silencieuse. Elle ne comprend pas pourquoi. Elle n'a même pas le temps de faire ses adieux à qui que ce soit. Des larmes coulent sur ses joues. Elle meurt...

Cette histoire est bien évidemment fictive. Non pas sur la barbarie quotidienne qui alimente la rubrique des faits divers en France. Non pas que le groupe Radio France ne soit pas effectivement devenu le temple de la bobocratie parisienne à qui l'on distribuerait volontiers de généreuses claques pour se soulager un peu. Mais fort heureusement, les lois statistiques restent favorables aux militants qui sévissent au sein de la Maison de la Radio. Leurs chances d'être affectés directement par cette barbarie quotidienne sont tout simplement proches du zéro. De fait, Eva continuera d'écouler des jours heureux, loin de la misère du peuple dont elle se fout littéralement. Sa détresse sociale, sécuritaire et même identitaire la désintéresse au plus haut point. Elle ne se sent pas concernée. Elle continuera de dénoncer le très sérieux péril incarné par l'extrême droite tout en se faisant la digne chevaleresse défendant l'UE et le clandestin. Elle s'indignera que cette même barbarie commise par des ressortissants étrangers puisse susciter la colère de la majorité des Français et de leurs attentes politiques extrêmement fermes en conséquence. Eva continuera d'alimenter avec légèreté ses chroniques qui n'intéresseront qu'une fraction infinitésimale de la population et c'est d'ailleurs bien tout ce qu'on lui souhaite. 

Cette histoire est donc en apparence sans morale ou leçon de choses à adresser. Elle témoigne simplement que nous, les affreux malpensants, ressentons une empathie profonde pour Eva au moment où une "chance pour la France" s'autorise à la saigner par pure haine, autre mot pour qualifier le racisme anti-blanc qui existe bel et bien sur notre territoire. Ne lui en déplaise. Pourtant, au quotidien, nous sommes des millions à détester Eva et tout ce qu'elle représente. Mais si on la tue, nous sommes les premiers à être horrifiés par sa souffrance et sa mort inacceptable à nos yeux. "L'effet Charlie" sans doute. Ou juste une explication sur ce qui lie par delà ses plus puissantes divisions politiques, un peuple tout entier. Ce sentiment de colère qui nous habite si l'un des nôtres, quel qu'il soit, devait être victime de la barbarie. Cette colère qui d'ordinaire pour les "journalistes" de Radio France n'est que le propre de "l'extrême-droite". Eva, toujours pleine de bons sentiments reste froide face à la violence subie par des milliers de gens chaque année. Son attention se porte sur ceux qui la dénoncent, afin qu'elle puisse dénoncer ces derniers à son tour. Les victimes ne sont rien d'autre qu'une information non essentielle. L'indignation populaire ainsi que celle d'une partie de l'échiquier politique : c'est sur ce sujet qu'il faudra s'attarder. Le fait que nos prisons soient remplies de bourreaux ordinaires dont les origines étrangères sont sans équivoque, cela ne suscitera jamais sa propre analyse "journalistique". Le fait que des femmes et des hommes meurent bel et bien de cette barbarie ne sera jamais de nature à l'émouvoir.  Cette terreur de la mort qui frappe sans crier gare, elle ne se la représente pas. Cette colère sur le fait que ces morts étaient pourtant évitables si son idéologie n'était pas matraquée par elle-même, ses collègues "journalistes" payés par nos impôts, légiférée par les traîtres au pouvoir, supportée par les syndicats, les gauchistes ou même une part du patronat qui se réjouit de cette immigration massive confortant ses vues antisociales et de profits corrélés, Eva y est insensible. Et pourtant, elle est si pleine de bons sentiments. 

Il n'y a aucune morale à en tirer, j'insiste. Ni rien d'ignoble à souhaiter. Juste constater ce qui est. Eva répand une idéologie de mort, mais elle y survivra. 

vendredi 14 mai 2021

Adresse à tous nos officiers militaires


Le document que je transpose ici sur mon blog, devait être adressé en février dernier à tous les chefs de corps des bases et régiments militaires de France directement par des citoyens. Pour différentes raisons, cela n'a pu se faire mais une opération similaire se prépare. La lettre qui sera adressée aux chefs de corps sera globalement similaires dans son contenu, quoi qu'actualisée au vu du contexte du moment. Dans l'attente, ses contributeurs n'ont pas un mot à changer ou à retirer de ce texte, qui appelle nos armées à une salutaire réaction contre notre oligarchie. 

A l'ensemble des officiers militaires français,

Nous vous adressons ce message comme nous le faisons auprès de tous les officiers militaires qu’il nous est possible de contacter. Nous souhaitons vous faire part de notre volonté de mettre un terme à plus de quarante années de reniement démocratique, social, diplomatique et militaire de la France.

Nous ne prétendons pas être en capacité de consulter les Français avec les pleins moyens de l’État pour légitimer le fait que nous agissions avec la conscience aiguë de servir le peuple et plus largement la France dans tout ce que nous entreprenons. Les préjugés ayant la vie dure, nous tenons à d’emblée vous faire savoir que nous ne sommes ni un groupuscule anarchiste pas plus qu’un groupement idéologique particulier. Nous avons conscience des réalités présentes et de la nécessité d’État à faire perdurer. C'est pour cette raison même que nous veillons à concourir à la défaisance d’une représentation politique que nous considérons illégitime et extrêmement malveillante contre nos intérêts nationaux.

Il faudrait des centaines de pages pour récapituler les trahisons subies par le peuple ces dernières décennies. Nous prendrons cependant bien soin de restreindre notre réquisitoire à des considérations qui doivent légitimement vous intéresser au premier chef en tant que militaire au service de la France. Cependant, il convient de repréciser le cadre général qui définissait jusque-là la mission de nos armées, en commençant par un bref retour sur l’année 1966 où le Général de Gaulle avertissait nos alliés de l’époque, que la France se retirait du commandement intégré de l’OTAN. Situation qui nous permettait de conserver un lien avec les Etats-membres de ce traité, sans toutefois nous obliger à nous inscrire dans des conflits nuisibles aux intérêts bien compris de la France, ni nous astreindre à développer des armes et munitions en vertu de normes réglementaires prédéfinies par une puissance étrangère. Rappelons à ce stade que les plus grands conflits militaires dans lesquels la France s’est enlisée, ont toujours été des guerres opposant des coalitions d’État, là où la très indépendante Suisse a toujours su se ménager une relative tranquillité militaire et diplomatique durant les derniers siècles. Ce pays n’est ni dans l’UE, ni dans l’OTAN. Durant les deux dernières guerres mondiales, la Suisse est restée très sagement neutre et indéfectiblement indépendante. La fédération helvétique reste à ce jour l’État le plus démocratique et serein sur son économie contrairement à tous les États enfermés dans l’Union européenne. Ce que nos médias se gardent bien de rappeler.

En 1968, le Général de Gaulle précisait définitivement son intransigeance sur le caractère sacré de notre indépendance nationale, cela en édictant que de sa préservation en toutes circonstances, découlait pour notre armée la garantie de n’agir que dans l’intérêt de la nation, sauf si notre secours est réclamé par un pays tiers et que le parlement autorise le déploiement de nos troupes et matériels en ce sens.

Aussi lorsque le premier Président de la Vème République, le 27 janvier 1968 devant les membres de l’institut des hautes études militaires de Paris, expliquait que notre dissuasion nucléaire devait être comprise comme une stratégie de défense « tout azimuts », il considérait bien que ce type d’armement s’inscrivait dans une stratégie plus globale concernant l’usage qui est fait de nos moyens militaires :

« Je voudrais profiter de mon passage ici pour traiter de la stratégie qu’on a dit tout azimuts, dont on a parlé ces derniers temps. Nous faisons oui, un armement atomique. C’est un armement complètement nouveau, qui implique une refonte militaire et une refonte de puissance, sans comparaison avec tout ce que l’on a pu connaître auparavant. C’est une affaire de longue haleine. On ne le fait pas pour demain, mais pour des générations, dans un système de défense et de dissuasion complètement nouveau. Et dans ce long espace de temps, qui peut dire ce que sera l’évolution du Monde ? Dans 20 ans, qui gouvernera les États-Unis et avec quel système ? Qui gouvernera l’URSS ? L’Allemagne ? Le Japon ? … et la Chine ? Qui peut dire ce qui se passera en Amérique du Sud et en Afrique ? Personne sans aucun doute. En fonction de toutes ces incertitudes, nous faisons notre armement nucléaire. Et ce n’est pas la première fois dans notre histoire qu’il en est ainsi ! Vauban, en son époque, a fortifié toutes les frontières de la France, les Pyrénées, les Alpes, nos ports et même la Belgique. Nous sommes allés partout, nous avons fait la guerre partout, nous sommes entrés à Madrid, Berlin et Moscou. Nous avons fait la guerre en Europe, en Orient, en Amérique, en Asie. Il n’y a pas de raison que cette stratégie qui de tout temps nous a protégé contre tout, ne se perpétue pas. Par définition même, notre armement atomique doit être tout azimuts. Il faut que vous le sachiez, que vous le voyiez et que vos études et votre état d’esprit s’y habituent ».

A l’heur où nous sommes les obligés des États-Unis d’Amérique et d’une autre façon, ceux de l’Allemagne, nous vous demandons si vous avez le sentiment que notre indépendance nationale autant que notre stratégie de défense dite « tout azimuts » est bel et bien respectée par notre représentation politique ?

Puisqu’il semble que la trahison soit devenue un acte aussi ordinaire et acceptable, il nous semble toutefois que dresser une liste non exhaustive des forfaitures et renoncements de nos dirigeants, pourrait peut-être éclairer sur l’abandon de notre pays qui est en cours. Le même type d’abandon qui avait prévalu lorsque le parlement capitulait face à l’Allemagne en 1940 et remettait les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Nous ne prendrons appui que sur des questions militaires et diplomatiques les plus récentes pour en témoigner, tout en notant que le seul fait même d’être sous la tutelle de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, est en soi un ensemble d'atteintes considérables et intolérables à notre souveraineté ainsi qu’à notre indépendance nationale.

Le 5 Juin 2014, un article du journal « Le Monde » nous alertait que M. Obama, président d’une puissance paraît-il « alliée » de la France, souhaitait que nous suspendions (annulions) la vente de navires de type "Mistral" à la Russie. Outre les énormes capitaux engagés dans ce contrat, les milliers d’emplois dont il était question, ou encore les considérations diplomatiques sous-jacentes, cette vente avait été négociée moyennant des transferts technologiques, notamment sur des équipements radars dont la France avait la seule maîtrise technologique. Cette vente sera donc annulée par M. Hollande, ce qui outre porter gravement atteinte à nos relations diplomatiques avec une puissance alliée de deux guerres – et parfaitement fiable et utile à nos intérêts soit dit en passant – a permis à cette dernière de finalement jouir de l’acquisition de brevets et données qui ne pouvaient être concédés par la France que sous condition que la transaction soit honorée par les deux parties. A-t-on entendu un seul responsable militaire de haut rang s’indigner de la situation ? Sommes-nous les vassaux des Américains ou sommes-nous souverains sur nos affaires diplomatiques, militaires et commerciales ? N’y a-t-il pas des intérêts fondamentaux que nous nous devons de préserver ?

Poursuivons, avec la guerre subie par la Syrie. D’abord rappelons que nombre de terroristes ayant tué des centaines de nos compatriotes sur notre territoire se sont AGUERRIS EN SYRIE. Ce qui n’a pas empêché François Hollande, mais aussi par l’entremise du Secrétariat Général de Défense et de Sécurité Nationale, son Ministre des Finances de l’époque Emmanuel Macron, d’autoriser la livraison d’armes de guerre à des « rebelles » qui combattaient le gouvernement légitime syrien. M. Fabius, alors Ministre des Affaires étrangères, n’hésitait pas à dire à l’époque que le front Al Nosra faisait « du bon boulot » en Syrie. Nous nous permettons d’insister et le rappeler : des citoyens français ont été tués sur notre sol par des combattants que la France a soutenus et armés en Syrie. Cela relève du financement du terrorisme d’une part au sens de l’article 421-2-2 du Code Pénal, mais aussi purement et simplement de la haute trahison ! Y a-t-il eu un officier de haut rang pour s’indigner de ces « prises de décisions » par des politiciens félons ? Non, la grande muette est restée imperturbablement silencieuse. Y compris lorsque M. Hollande, puis plus tard M. Macron, en réponse à de pseudo-attentats chimiques attribués au gouvernement syrien sans même que des autorités internationales aient eu le temps d’investiguer et rendre un rapport d’enquête établissant de telles conclusions, ont engagé nos forces navales et aériennes dans une série de bombardements sur le territoire syrien. Non seulement ces opérations militaires violaient expressément notre constitution, mais aussi l'article 2 de la Charte de l’ONU ou encore l'article 8 bis des Statuts de Rome sur l’établissement de la Cour pénale internationale, qui dispose que :

Aux fins du présent statut, on entend par « crime d'agression », la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’un acte d’agression qui, par sa nature, sa gravité et son ampleur, constitue une violation manifeste de la Charte des Nations Unies

Ajoutons sur cette affaire calamiteuse, que nombre de nos missiles ont été interceptées par les défenses anti-aériennes syrienne et russe. Etait-il nécessaire que la Russie puisse confirmer être capable d’abattre nos missiles en plein vol, ou du strict point de vue tactique, il aurait été plus sage qu’elle continue d’ignorer nos vulnérabilités dans ce domaine ? Quand des politiciens pour des raisons idéologiques, électoralistes ou d’asservissement à des intérêts étrangers, fragilisent notre armée de toutes les façons possibles, il devrait être une réaction immunitaire de nos soldats et officiers que de rappeler qui détient réellement le monopole de la violence légitime en France. Et ce ne sont certainement pas quelques bourgeois encravatés qui assujettissent notre peuple depuis quelques salons parisiens, qui détiennent et exercent concrètement ce pouvoir des armes.

Poursuivons encore, car nous nous rapprochons de l’objet et de la conclusion de ce courrier. Malgré les incantations angéliques de nos politiciens, il n’y a pas, il n’y a jamais eu, et IL N’Y AURA JAMAIS « d’amitié franco-allemande ». Les Américains comme les Allemands ont des considérations parfaitement anglo-saxonnes quant au regard qu'ils portent sur la France. Du fait que nous représentons une puissance diplomatique et économique pouvant contrarier leurs propres desseins sur le monde, il s’agit pour l'Allemagne et pour les États-Unis de nous affaiblir par des prises de contrôle de notre outil industriel stratégique (Nexter, Alstom, etc), ou encore en jouant de la propension à trahir de nos politiciens s’agissant des alignements diplomatiques attendus. D’ores et déjà, veuillez expliquer aux sous-mariniers français qu’en cas de conflit futur avec les USA, les données relatives au bruit de cavitation et à la vitesse de nos SNA et SNLE ne sont plus inconnus des Américains. Pensez-vous que nous sommes condamnés à rester les vassaux des Américains pour les prochains millénaires à venir, ou il paraît plus sensé pour un militaire de considérer que les menaces peuvent survenir de partout ? Comme si ces vulnérabilités n’étaient point suffisantes, depuis le 22 Janvier 2020, nous avons cédé à l’Allemagne des pans entiers de notre indépendance militaire et diplomatique. Cela en acceptant que nos politiques extérieures soient subordonnées aux considérations allemandes en vertu du Traité d’Aix la Chapelle ; en leur octroyant gratuitement une place conjointe au Conseil de Sécurité de l’ONU ; et acceptant que des ministres allemands puissent venir directement au sein même des plus hautes instances de l’État, participer à des réunions ministérielles concernant nos propres affaires intérieures. Depuis la collaboration sous le Régime de Vichy, jamais nous n’avions été aussi loin dans notre asservissement à l’Allemagne !

Cette dernière d’ailleurs, ne cache désormais plus sa volonté de voir la France partager son outil de dissuasion nucléaire avec elle, et M. Macron, tel « un cabri », n’a pu s’empêcher de faire un discours le 7 février dernier à l’École de guerre à Paris, avalisant cette requête allemande portée par le député Johann Wadephul :

« Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective »

Combien d’officiers ont rappelé au TRAÎTRE Emmanuel Macron, que la stratégie de défense de la France, et en particulier sur le plan nucléaire, est « tout azimuts » et que nous avons eu par le passé suffisamment de guerres avec l’Allemagne, pour qu’il n’y ait absolument rien à négocier à ce sujet ?

Nous ne fabriquons plus nos fusils et munitions et sommes totalement dépendants d’une production industrielle délocalisée hors de France, pour fournir à nos armées les moyens matériels d’assurer leurs missions. Mais en cas de conflit ouvert au sein même de l’espace européen où le jeu des alliances serait renversé, croyez-vous qu’il serait encore temps de se poser la question de restaurer notre indépendance industrielle et technologique ? Non, il sera bien évidemment trop tard. On n’ouvre pas des usines sur un claquement de doigt. Gouverner, c’est prévoir dit l’adage. Et ceux qui usurpent leurs fonctions au sein même de l’appareil d’État, n’ont nullement ce principe conducteur dans leur logique de gestion du pays. Si ce n’est pour négocier avec des pays tiers la cession de nos actifs les plus stratégiques.

Or, puisque aucun d’entre nous pas plus que le reste de nos compatriotes, ne souhaite que la France subisse un jour une nouvelle guerre, et pire encore, qu’elle soit dans l’incapacité de compter sur ses propres ressources au point de nous conduire sur les sentiers d’une défaite largement prévisible, nous exigeons de l’ensemble de nos officiers qu’ils cessent de se taire face à cette situation gravissime. L’unique moyen de nous préserver de la guerre outre une diplomatie de paix, c’est encore et toujours le fait de disposer de la puissance nécessaire pour réfréner toutes volonté belliciste de n’importe quel État-tiers sur notre pays.

Il vous apparaîtra sans doute étrange que vous soyez saisis par des citoyens qui dans leurs aspirations premières, souhaitent instaurer une réelle démocratie en France, notamment par la rédaction et le vote d’une nouvelle constitution. Des doux rêveurs ! Des utopistes ! Des anarchistes ! Voilà ce que l’on pourrait imaginer à notre propos. Si bien sûr notre mouvement est hétéroclite dans sa composition, nous ne nous revendiquons d’aucune idéologie politique particulière. Nous estimons simplement que si la Suisse peut se permettre le luxe d’être un État développé, bien portant économiquement, parfaitement indépendant et démocratique de surcroît, la France ne peut pas faire moins.

Nous ne prétendons pas abolir l’ensemble de nos institutions les plus essentielles ni être inconscients de la marche de l’État. Nous souhaitons juste que le citoyen qui n’a ni influence ni richesse particulière à faire valoir, puisse lui aussi disposer du droit de légiférer et voter les lois, voire révoquer nos dirigeants lorsqu’ils nous trahissent. Cela ne signifie nullement fragiliser l’État ou affaiblir notre structure diplomatique et militaire. Vous avez sans doute comme beaucoup d’entre nous des enfants à qui vous allez léguer un pays qui pourra être au choix, un régime totalitaire s’étant progressivement installé sur fond de lâcheté de la majorité du peuple mais aussi d’un très grand nombre de fonctionnaires et militaires qui avaient les moyens d’entraver les desseins politiques les plus malveillants de notre oligarchie ; ou un État démocratique et social dans lequel il fera bon vivre.

Aucun putsch n’est nécessaire pour établir une démocratie, mais il va de soi qu’aucune révolution ne peut se faire sans le soutien actif ou plus passif des armées d’un pays. C’est une règle indépassable : toutes les révolutions obligent au « Grand Soir » venu, les armées d’une nation à se prononcer. Or vous n’êtes pas sans savoir que depuis le 17 novembre 2018, la France est entrée de plein pied dans une crise politique durable et dont nous n’avons pas encore atteint le paroxysme, quand bien même la dictature sanitaire en cours a de quoi nourrir toujours plus notre colère. Viendra un jour où nous renverserons notre oligarchie. Peut-être dans le sang s’il n’est plus possible d’utiliser d’autres recours.

Nous réclamons à ce titre le soutien de nos armées envers le peuple qu’elles ont la charge de protéger. Aucun militaire n’est subordonné au gouvernement. Tous sont soumis au commandement de la nation toute entière. Et M. Macron n’est nullement légitime pour être l’intercesseur entre le peuple et nos armées. La place des traîtres à la patrie est en prison ! On les fusillait même au sortir de la seconde guerre mondiale.

Aussi cette lettre doit être comprise autant comme une mise en garde qu’un appel à prendre position. Rien ne vous empêche de transmettre un tel courrier à votre hiérarchie pour lui signifier que vous ne savez pas comment y répondre. Cette même hiérarchie qui par principe, continuera de faire remonter jusqu’à l’État-major notre requête puisque personne ne dispose du grade nécessaire pour répondre à notre mise en demeure. Ce courrier qui sera distribué aux plus grand nombre d’officiers ayant à charge d’administrer des régiments et bases militaires, ne pourra de toute façon être ignoré de l’Armée toute entière, nous y veillerons.

Aussi nous espérons que notre adresse saura toucher votre sensibilité de soldat au service de la nation, car c’est avec toute l’expression de notre respect pour votre engagement pour la France, que nous vous la communiquons.

Dans l’espoir qu’il se trouve encore des hommes d’honneur pour savoir dire « non » lorsque les principes les plus élémentaires sont bafoués,

Sylvain Baron,

Pour l'écrasante majorité des Gilets Jaunes

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dimanche 9 mai 2021

François Lecointre ou le règne des capitulards

Cher M. Lecointre,

En date du 28 avril, vous avez annoncé que 18 officiers supérieurs seront radiés du service actif des armées, cela sans outre forme de procès, pour avoir commis le très grave crime d'avoir apposé leur signature à une tribune  publiée le 14 avril dernier sur le site personnel du capitaine de gendarmerie Jean-Pierre Fabre Bernadac. Vous précisez que chacun de ces officiers sera traduit devant un "Conseil supérieur militaire". Nous prenons bonne note que ce n'est pas une cour de justice militaire ou civile qui aura à statuer. Le "Conseil" lui-même n'ayant d'ailleurs pas de nécessité à s'entretenir avec les personnes convoquées, puisque la décision du poudré en haut lieu, est déjà prise. C'est vous-même qui le signifiez  et qui ajoutez partager cette décision :

« Au terme de cette procédure, c’est le président de la République qui signe un décret de radiation. Au-delà, je leur conteste à tous, en particulier au général Piquemal qui a déjà été radié [après avoir mené des manifestations antimigrants en 2016], le droit de prendre des engagements politiciens en mettant en avant leur grade » a-t-il ajouté, souhaitant, pour sa part, que « leur mise à la retraite d’office soit décidée ».

Mais quelle allocution attendre de plus d'un capitulard ? En janvier 2020, vous vous exprimiez sur les "coopérations industrielles" et technologiques en matière d'armement. Et voici un propos de capitulard que vous avez tenu « Nous ne pouvons faire l’économie de l’indispensable coopération avec l’Allemagne sur le plan industriel des technologies de défense ». Non seulement nous pouvons mais nous DEVONS faire l'économie d'une coopération industrielle avec l'Allemagne. Au demeurant qui vous a autorisé à tenir des propos politiques aussi misérabilistes pour la France ? N'êtes vous pas tenu en tant qu'officier d'active, de la boucler sur de telles considérations ? Sachant que de toute façon, quand bien même vous auriez votre mot à dire, vous approuveriez sans retenue notre désossement industriel au profit de l'Allemagne et de toutes les puissances étrangères paraît-il "amies" de la France. Le carriérisme et l'esprit de sédition envers notre indépendance nationale, c'était déjà une disposition d'esprit au sortir de l'école de St Cyr ? Pas étonnant que la verrue qui usurpe le pouvoir présidentiel actuellement, vous ait choisi pour remplacer le Général De Villiers. Non que je cultive une quelconque sympathie pour un homme qui n'a pas su dire non aux ingérences graves commises en Syrie par François Hollande, mais lorsqu'un chef d'Etat-major a un sursaut de dignité pour défendre l'institution militaire : il est attendu de nos officiers de haut rang qu'ils fassent esprit de corps avec leur chef. Mais qui a accepté immédiatement la fonction au moment où le Général De Villiers était remercié ? Précisément vous ! Si vous ne deviez pas obtenir le soutien de nos troupes au moment où vous seriez vous-même sur la sellette, vous comprendrez pourquoi cette solidarité n'est pas réservée qu'aux militaires du rang, mais qu'elle concerne bien l'Armée toute entière. Vous vous en êtes affranchi, vous ne méritez nullement que nos soldats fassent jouer eux-mêmes l'esprit de corps pour vous soutenir.

Bien sûr, il se serait trouvé un autre officier de haut rang suffisamment carriériste comme vous, pour ne pas savoir refuser la fonction et rappeler ainsi à M. Macron qu'on ne fait pas preuve impunément d'autoritarisme avec des gens qui ont charge de la défense de la patrie.  Mais il se trouve que vous fûtes le premier à accepter la fonction, et certainement pas pour défendre nos soldats d'active ou à la retraite, mais bien pour vous conduire en roquet de la Macronie. Nous ne vous avons d'ailleurs pas entendu hoqueter lorsque M. Macron a tenu a ratifier l'inique traité d'Aix la Chapelle. Ce n'est pas vous non plus qui avez défendu le secret-défense sur les technologies militaires françaises en matière aéronautique, mais bien Dassault qui pour ses seules vues d'entreprise, a dû ferrailler contre l'Allemagne pour ne pas abandonner à cette dernière des secrets militaires que vous ne souhaitiez nullement préserver. Vous êtes un capitulard ! Sachez que nous comptons bel et bien renverser la bande de criminels qui sévit jusqu'au sein du gouvernement et de la présidence de la République, et que vous aurez ce jour-là des comptes à rendre au peuple. Je vous rappelle que le bombardement commis avec votre assentiment en Syrie en avril 2018 peut être considéré comme un crime d'agression au sens de l'article 8 bis des Statuts de Rome sur la CPI. Je vous rappelle que votre qualité de "chef d'état-major" vous rend responsable sur le plan pénal, de tout ordre manifestement illégal que vous auriez communiqué à vos subalternes. Vous pensez-vous si à l'abri que cela de vos propres turpitudes et reniements ?

Dans l'attente, j'exige en tant que citoyen français qui paye votre solde, de ne plus vous entendre vous exprimer dans les médias, plus encore si c'est pour faire connaître votre petite et misérable opinion politique sur "l'indispensable" défroquage industriel et diplomatique auquel nous devrions consentir pour le plus grand profit d'une puissance hostile à la France. Si vous aviez le minimum d'éducation géopolitique et économique nécessaire ainsi que la profondeur historique qui ne sied pas aux capitulards, vous seriez conscient que l'Allemagne comme les USA et Israël ont des comportements parfaitement hostiles vis-à-vis de la France, sans qu'il soit nécessaire de nous déclarer une guerre ouverte pour cela. Mais l'usurpateur élyséen ne vous a certainement pas demandé d'assurer la fonction de chef d'état-major pour vos fulgurances en matière de guerre économique mais bien parce qu'il avait  été précisément informé que vous étiez un être servile, volontiers séditieux et incapable de raisonner en fonction de nos intérêts nationaux bien compris. Vous êtes sous les ordres d'un traître, il y a en ce sens un autre mot qui convient pour vous décrire. Je suppose que vous l'aurez deviné ?

Pour toutes ces raisons, ne vous permettez plus JAMAIS de donner votre avis sur les politiques industrielles et la pertinence des collaborations que peut avoir la France avec des puissances étrangères. Si vous aviez de l'honneur, vous devriez remettre votre démission au peuple pour votre outrage commis à ses armées, à l'indépendance et à l'honneur de la France. J'espère que l'écrasante majorité de nos soldats soutiendront cette autre tribune qui aurait mérité bien plus d'écho dans la presse aux ordres, et en tant que "Gilet Jaune", j'engage tous nos soldats et officiers à considérer que l'article 7 de la Constitution sur l'intérim présidentielle, reste la seule mesure de salut public que nous puissions espérer tout en garantissant la continuité d'Etat. Personne ne veut recourir au "putsch" qui d'ailleurs effraie moins la majorité du peuple que l'angoisse de rester sous le joug des mafieux qui prostituent la France à tous les intérêts prédateurs. Nous ne voulons plus être gouvernés par des traîtres à la patrie, ni par une cohorte de hauts fonctionnaires pantouflards ou par de petits généraux capitulards comme vous l'êtes indéniablement M. Lecoîntre. Vous êtes la honte de l'institution militaire ! 

Sans cordialité aucune,

Sylvain Baron


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lundi 12 avril 2021

Vertige

Ridicules ! C'est ce que nous sommes. De petites choses ridicules ! Des poussières dans une immensité sans fin qui nous nous prenons au sérieux. De la bouillie de quarks et gluons qu'une force mystérieuse a bien voulu animer d'un esprit. De la poussière d'étoile qui s'agite en vain et ne trouve d'autre sens au miracle de sa propre existence, qu'en courant derrière des artifices que nous nous inventons ici-bas. Le temps d'une pulsation de Bételgeuse, et nous voici tous morts et fossilisés. Il y a des fous qui rêvent de gouverner le monde, et l'univers tout entier se rit de leurs prétentions. Ce minuscule cailloux bleu est habité par des fous, je vous dis ! 

C'est à n'y rien comprendre ! Dieu vit son rêve éveillé au-travers de nos âmes incarnées, et nous ne sommes même pas conscients d'être le réceptacle de ses songes. Nous avons créé l'argent, concept improbable qui ne nourrit pas son Homme et qui ne sauvera jamais quiconque de sa destinée finale, et cela obsède pourtant la presque totalité de l'humanité. Croquer dans la chair acidulée d'un fruit, s'enivrer du trouble d'un sentiment amoureux, pisser la bite au vent et humer les arômes d'une fleur de jasmin, voila ce qui devrait être notre seule vérité. Nous sommes si éphémères, si fragiles, si improbables...

Ce qui nous paraît tangible ne se nourrit que de l'insignifiance. Qui est donc ce dingue qui prétend nous imposer ses quatre volontés à l'égal d'un enfant capricieux ? Et pourquoi lui accordons-nous une quelconque attention ? Le voila qui nous dit : "portez tous une muselière, ainsi j'en ai décidé", et des millions de fourmis angoissées lui obéissent alors ! Moi, je regarde le ciel et me dis que sans doute, demain je serais déjà mort. Alors à quoi bon écouter ce fou qui trépigne ? Ai-je seulement le luxe de l'éternité pour me défaire du droit de respirer ? Non, n'en déplaise au troupeau de zombies et de délateurs, nul tyran n'aura jamais prise sur ma vie. Je n'ai pas le temps, je ne suis que poussière, et chaque jour m'est compté ! S'il faut faire Société, ce doit être uniquement pour forger des Hommes libres ! Si ce n'est le cas, je vous laisse vous soumettre à quelques sociopathes que quelques millions d'entre nous peuvent tout à fait emporter dans la tombe dès demain. Je ne vous suivrais pas dans ce projet. Je suis fils de Gaïa, elle-même enfantée d'une nébuleuse qui passait par là. L'univers, notre géniteur à tous, lui ne nous a jamais rien demandé. Mais cet idiot encravaté qui chaque matin dépose son étron quotidien dans un quelconque cabinet élyséen, lui, se prétend au dessus de la mêlée. Quelle vanité !

Mais regardez les étoiles ! Ne vous susurrent-elles pas que le Miracle interdit toute servilité ? Qu'il faut vivre et aimer autant que l'on peut avant de mourir ? Que notre jardin si fragile mérite d'être cultivé ? Pourquoi courbes-tu l'échine ? Que fais-tu enfermé entre ces quatre murs de béton ? Au nom de quoi ta liberté d'aller et venir se négocie sur un bout de papier ? Es-tu fou toi aussi ? Projette-toi en songe à quelques encablures de Jupiter, et regarde ce minuscule point bleu qui scintille en direction du Soleil. Le vois-tu ? Cette particule de lumière au milieu de millions d'autres, c'est nous ! Fais encore un petit bon jusqu'à notre plus proche voisine stellaire, et tous ceux que tu as un jour connu et aimé ont déjà laissé place à une nouvelle humanité. Cela fait désormais des dizaines de milliers d'années qu'ils ont disparu. D'ailleurs, notre si petite planète, tu ne la perçois déjà plus. Pousse le voyage jusque dans les bras d'Andromède, et alors que tu embrasseras du regard l'univers tout entier, tu te surprendras à regretter ce minuscule cailloux bleu où des herbes folles poussaient et où le sourire d'une femme avait allumé en toi le plus immense des brasiers. C'est alors que tu te rappelleras. Qui était ce fou déjà, qui se croyait au-dessus de tout et tirait plaisir à faire tourner en rond une parcelle d'humanité ? Et pourquoi donc y avait-il des gens pour lui obéir ? De là où tu te trouves, est-ce que tout cela a du sens ? 

Puisque tu ressens enfin le vertige d'une telle incongruité, reviens parmi nous maintenant. Fais tes adieux à Andromède, présente une dernière fois tes hommages à Proxima, excuse-toi auprès de Saturne de point vouloir t'attarder, reviens sur ce cailloux bleu y respirer un grand bol d'air. Tu n'as pas touché le sol qu'un goéland plane en toute majesté au-dessus du monde. Regarde toutes ces fleurs qui colorent ce plancher des vaches sur lequel tu retombes doucement ! Regarde cette femme ! Comme tu la trouves si belle, si grâcieuse, si touchante ! Tu le sens ce cœur qui bat la chamade ? Le sens-tu ton sang qui se réchauffe ? Regarde, elle se trouve aux côtés de millions d'autres Humains ivres de colère qui assiègent tout Paris ! On crie, on chante, on se bat et l'on meurt aussi ! Mais putain, qu'est-ce que l'on vit ! Tout reprend sens. Te voila arrachant ta muselière, étreignant celle qui te trouble. Un hélicoptère s'envole vers les cieux avec à son bord un tyran terrifié. Il ne reviendra plus, le peuple a gagné ! Oui, voila quelque chose qui a du sens. Désormais nous serons libres, et toi plus que les autres encore. Tu as goûté au vertige de l'immensité. Tu as compris enfin pourquoi TU ES.  




samedi 10 avril 2021

Puisqu'une députée accepte de nous écouter....

Le document que je retranscris ici, est un court mémoire que je vais remettre le 13 avril 2021 à Mme Frédérique Dumas, députée (ex LRM) qui porte un intérêt particulier sur le financement public des médias. Accompagné de Redwane du Service Public Libre (ex Gilets Jaunes Constituants), nous rencontrerons la députée à sa permanence parlementaire. Nous la remercions pour l'attention qu'elle accepte de porter à nos sollicitations. Nous espérons que ce document sera lu par d'autres députés...

A l’attention de Mme Frédérique Dumas et Béatrice Piron, ainsi qu’à l’ensemble de la représentation parlementaire du peuple français.

C’est dans le cadre des investigations menées par la députée Frédérique Dumas à l’encontre de France Télévisions s’agissant d’un contrat passé avec la société « Air productions » pour un montant de 100 millions d’euros, que j’ai découvert votre intérêt sur la question des médias. Plus encore, j’ai pu constater que dès l’année 2017, vous aviez rédigé un « avis » en collaboration avec la députée Béatrice Piron quant à la politique de financement en matière de culture. C’est à ce titre que je me permets de vous interpeller au travers de ce document.

Présentation

En liminaire, je tiens à signifier que je n’ai aucune relation d’intérêt avec un quelconque média privé ou public, ni toute autre puissance financière, étrangère ou gouvernementale. Je crois cependant être tout à fait représentatif d’une grande part de la population ne cachant plus sa défiance vis-à-vis des grands médias audiovisuels privés et publics, mais aussi une contestation populaire dont les revendications politiques permanentes et intangibles sont :

1) La destitution d’Emmanuel Macron et la révocation de son gouvernement. De façon plus globale, nous souhaitons un assainissement de nos institutions, par l’éviction d’une grande part de notre « représentation » politique en passant par certains membres de la haute fonction publique, de la magistrature ainsi que d’autres grands corps d’État.

2) La restauration pleine et entière de notre indépendance nationale par la sortie de l’UE, l’euro et l’OTAN, et pourquoi pas d’un certain nombre de traités préjudiciables à nos intérêts nationaux.

3) L’instauration d’une constituante populaire et pleinement participative, et pour le moins, l’introduction de garde-fous démocratiques au sein de notre Constitution permettant au peuple de s’autosaisir par référendum en toute indépendance de sa représentation politique (y compris parlementaire) pour légiférer ou abroger des lois en toutes matières, ainsi que révoquer si nécessaire et dans certaines conditions, tout élu ou mandataire du peuple s’étant rendu coupable d’un crime de lèse-nation (corruption, trahison, détournement de fonds publics, etc.).

Bien sûr, nous sommes capables de certains consensus sur des sujets plus socio-économiques ou géopolitiques, mais nous considérons bel et bien que la Démocratie et la Souveraineté effective du peuple sur son territoire ainsi que sur ses lois et sa représentation, sont les moyens politiques de débattre et légitimer des réformes, quels que soient leurs champs d’application respectifs. Tout juste pourrais-je signifier que globalement, nous considérons qu’il est du devoir de l’État de réguler l’économie, indépendamment des intérêts financiers ou particuliers que cela pourrait ennuyer.

Les gens que je représente ne sont pas structurés en « partis politiques ». Une très petite part d’entre eux milite néanmoins pour différentes formations politiques partageant peu ou prou les revendications explicitées plus haut. L’essentiel de notre dissidence est tout à fait informel et constitue ce que l’on peut appeler une « nébuleuse ». J’estime cette dernière forte de 2 à 3 millions de personnes très interconnectées sur les réseaux sociaux. À des degrés moindres, les partis politiques tels que le « Rassemblement National » ou « La France Insoumise », partagent en partie nos aspirations, sans toutefois être capables d’assumer nos radicalités ni notre désintérêt pour leurs guerres idéologiques stériles. Nous ne sommes pas des extrémistes de gauche ou de droite, nous sommes davantage des démocrates radicaux. Ce qui signifie malgré tout que notre dissidence a une influence qui porte bien au-delà d’elle-même, depuis les maillons les plus structurés et médiatisés de la « contestation » populaire, jusqu’à ces 70 % de Français qui soutenaient « les Gilets Jaunes » aux premiers jours du mouvement.

J’évoque ici le terme « dissidence » à dessein. Une dissidence est par définition ostracisée, marginalisée et diffamée si nécessaire par un ordre politico-médiatique régnant. Monsieur Mélenchon et madame Le Pen, ne peuvent ainsi prétendre au statut de « dissident », puisqu’ils n’ont aucune difficulté particulière à exister politiquement et médiatiquement. Ils sont même d’une très grande utilité pour l’oligarchie au pouvoir. Ils ne souhaitent nullement sortir de l’UE et de l’euro, mais jouent de la « popote électorale » en dénonçant les aberrations économiques et démocratiques que nous imposent ces institutions ; leurs vues économiques sont globalement convergentes car régulatrices, voire keynésiennes, mais puisqu’il est de bon ton de diviser cette frange majoritaire de l’électorat qui ne se revendique ni mondialiste, ni européiste, ni « libérale », le « Rassemblement National » et la « France Insoumise » entretiennent des clivages stériles sur des considérations sociétales et morales dont l’intérêt est mineur face à des enjeux démocratiques, économiques et géopolitiques.

Si vous avez le sentiment que la dissidence que je décris porte des revendications récurrentes chez les « Gilets Jaunes », indépendamment de vos opinions propres sur ces sujets, vous conviendrez qu’outre le climat socio-économique dégradé et le sentiment justifié de la population d’être méprisée par les représentants des plus hautes instances de l’État, il y a aussi une chape de plomb médiatique qui pèse sur des questions politiques déterminantes pour la nation. Être ou ne pas être dans l’UE et l’euro, ça n’est pas un débat politique de même envergure qu’autoriser ou non le mariage entre personnes de même sexe. L’introduction d’une procédure de référendum d’initiative citoyenne dans la Constitution suppose des enjeux démocratiques bien plus profonds qu’une réforme n’affectant que le mode d’exercice d’un quelconque mandat représentatif. Assumer intellectuellement le fait de vouloir révoquer un chef d’État n’est pas une considération politique anodine. Dans toute démocratie qui se respecte, la remise en cause de la légitimité même d’une représentation politique à gouverner, est un droit absolu et salutaire pour le peuple.

Si j’évoque cet univers intellectuel, politique et populaire que j’incarne avec des millions de mes concitoyens, c’est précisément parce qu’il n’a pas droit de cité dans les grands médias audiovisuels publics, pas plus que dans la presse écrite subventionnée. Vous conviendrez que ces sujets ne sont pas davantage débattus au parlement. Et sans nul doute, vous vous opposez radicalement à notre désir de rétablissement plein et entier de la souveraineté nationale, pourtant érigée en principe cardinal de la démocratie dans le titre premier de notre Constitution. Nous sommes d’ailleurs la nation qui a formalisé jusque dans le droit international le principe d’autodétermination des peuples. Principe que notre caste politique (qui n’en a pas le droit) renie, là où tant d’autres peuples aspirent à leur propre indépendance.

Dans ce cadre, et puisque nous avons le sentiment que le fait de défendre des principes constitutionnels intangibles et de façon plus générale l’établissement de la démocratie (qui ne peut être strictement représentative sauf à vouloir dénaturer sa définition même), les plus déterminés dans nos réseaux se sont résolus à assiéger chaque premier samedi du mois l’ensemble de nos grands médias publics et privés pour leur opposer un rapport de force citoyen. Nous n’étions qu’une dizaine au premier jour, nous sommes désormais plusieurs centaines voire plusieurs milliers de personnes à revenir constamment désormais. Notre progression en termes de mobilisation est constante et nous sommes résolus à atteindre la masse critique nous permettant de nous faire entendre. Bien évidemment, vous n’aurez jamais entendu parler de nos manifestations sous les fenêtres des grands médias, même lors de nos plus grosses mobilisations, car il est hors de question pour les journalistes et leurs directeurs éditoriaux (et actionnaires) de se remettre en cause publiquement. Pas plus qu’exposer au grand jour nos griefs (qualifiés sur le plan pénal) contre Emmanuel Macron et certains de ses ministres ou laisser des citoyens faire de la pédagogie sur le droit constitutionnel, la philosophie politique, la monnaie et la démocratie à leurs téléspectateurs.

Il y a donc un très grave problème de liberté d’expression en général en France, et plus spécifiquement de diversité des opinions dans les grands médias (qu’ils soient publics ou privés).

Le déclin intellectuel, moral, éthique et politique des grands médias.

Le problème est davantage humain, mais aussi institutionnel. En premier lieu, les universités telles que « Science-Po », l’ENA, l’ENS ainsi que les écoles de journalisme sont à l’origine du déclin culturel et philosophique du monde intellectuel, politique et médiatique français. Le recrutement d’enseignants dont le conformisme politique est saisissant, induit que certaines thématiques ne seront pas ou très mal traitées face à des élèves trop jeunes encore pour disposer du bagage culturel et intellectuel nécessaire à l’exercice critique. Je rappelle d’ailleurs que bien avant que de jeunes gens se retrouvent à l’université, nos enfants subissent une propagande obscène en faveur de l’Union européenne dès l’école primaire. En témoignent les « drapeaux européens » (que nous avons plaisir à décrocher régulièrement) qui surplombent les frontons des écoles, collèges et lycées publics. Comment les jeunes citoyens pourraient-ils comprendre les enjeux de souveraineté lorsqu’ils pénètrent chaque jour dans un établissement scolaire sous une bannière non seulement illégitime mais qui de plus n’a aucune valeur juridique ou constitutionnelle en France ? Ou lorsque les enseignants sont tenus de faire la promotion de cette institution dans le cadre des programmes scolaires ?

Donc, de jeunes gens qui s’orientent vers des études de sciences politiques ou de journalisme rentrent à l’université avec des conditionnements idéologiques (très représentatifs des orientations politiques des couches sociales les plus aisées) que l’État lui-même impose par des procédés marketing (le drapeau européen) ou programmatiques. Ils se retrouvent face à des enseignants qui poursuivront cette propagande, et c’est ce qui explique que la majorité de nos journalistes, hauts fonctionnaires et politiciens, soient acquis à une idéologie mortifère qui n’est nullement partagée par la majorité de la population. Deux événements peuvent en témoigner : le référendum perdu par les européistes en 2005 (et violé par la suite) ou encore la déclaration d’Emmanuel Macron à la BBC en janvier 2019, sur le fait que si la France organisait un référendum en vue de sortir de l’UE, « les Français voteraient probablement » dans le même sens que nos amis britanniques. Ce qui signifie du reste que notre oligarchie (dont M. Macron n’est qu’un maillon) est tout à fait consciente des aspirations politiques de la majorité du peuple, mais se garde bien de lui rendre la possibilité de s’autodéterminer en ce sens.

Pour en revenir plus spécifiquement à la question du déclin intellectuel et déontologique de nos journalistes, nous avons noté que la majorité d’entre eux ignore ce qu’est « la Charte de Munich ». Cela signifie donc que les écoles de journalisme ne semblent même plus s’assurer que les notions éthiques et déontologiques encadrant une telle activité soient enseignées. 

Autre facteur de la ruine intellectuelle et du conformisme permanent dans nos médias : le recrutement lui-même des journalistes dans les services politiques de ces derniers. Car à défaut d’un haut niveau de déontologie personnelle des journalistes qui comprendraient que leurs opinions propres sont sans intérêt pour les citoyens qu’il s’agit d’informer, un autre parti pris aurait pu être de s’assurer du recrutement des journalistes sur des critères d’opinions cette fois-ci. Mais dans le sens d’une diversité politique réelle à faire valoir. Ça n’est pas le cas. Bien au contraire, nous avons le sentiment que tant pour le service public de l’information que pour nos grands médias privés, il s’agisse de recruter des journalistes tout à fait conformes à la doxa. Et d’ailleurs, si un quelconque journaliste du service public décidait d’accorder la parole à des gens qui accusent M. Macron d’être un criminel, ou encore qui tienne à expliquer la nécessité absolue de sortir de l’UE et l’euro, ou même de réchauffer nos relations avec la Russie alors qu’il faudrait les refroidir avec l’Allemagne ou les USA, quelles en seraient les conséquences ? La première serait tout simplement qu’un directeur éditorial empêcherait sans nul doute que de tels débats extrêmement préjudiciables à la majorité de notre représentation politique, puissent avoir droit de cité sur les grandes ondes. À défaut, il est fort probable que ce journaliste serait placardisé pour avoir osé mettre en lumière les grands sujets tabous pour une représentation politique qui nomme les directeurs des grands médias publics et votent les budgets de ces derniers. Rappelons que la concurrence à l’emploi pour exercer une activité de journaliste est très forte en France. Lorsqu’il s’agit de payer son loyer et ses factures, n’importe qui est prêt à faire des concessions avec son intégrité morale et intellectuelle.

Face à la propagande, l’essor de la contestation sur internet

L’essor d’internet, média qui permet aux citoyens d’être émetteurs de leurs propres opinions sur l’espace public, mais aussi leur permettant de choisir les canaux d’information qui les intéressent, a réellement débuté en 2005, à l’occasion de la propagande tonitruante qui a été véhiculée en faveur de la ratification du Traité Constitutionnel Européen. Face au peu d’espace médiatique qui était accordé aux opposants ou pour le moins, aux « éléments de langage » visant à discréditer ces derniers constamment, des leaders d’opinion et nouveaux médias jusque là inconnus ont émergé progressivement. Bien entendu, la majorité des Français (et c’est encore le cas aujourd’hui), malgré les signaux d’alarme répétés par les enquêtes du CEVIPOF chaque année, continue de « s’informer » via le mainstream médiatique et ne connaît pas nécessairement les personnalités ou médias web alternatifs leur permettant d’accéder à des analyses très différentes (et autrement plus profondes) que ce que leur télévision ânonne continuellement. Car c’est un fait, les grands médias publics se désintéressent des débats politiques qui agitent la toile mais aussi des penseurs qui bénéficient d’une audience bien supérieure sur internet, à la plupart des « experts » et politiciens qu’ils invitent régulièrement. Pourtant, le rejet du T.C.E à plus de 55 % des voix aurait dû les alerter sur le fait qu’un glissement idéologique s’opérait et qu’à terme, toute une génération de Français allait finir par lâcher totalement prise avec notre représentation politico-médiatique. La maturité de cet essor de la contestation sur internet, a pu être observée à l’aune de la crise des « Gilets Jaunes ». Ces derniers étaient d’abord interconnectés sur les réseaux sociaux avant même de déferler dans les rues.

Aujourd’hui, de nombreux médias de réinformation existent sur internet. Par exemple, pour la presse écrite, peut-on citer « La lettre A » ou « Le Grand Soir », tandis que pour le format audiovisuel, « Le fil d’actu » ; « Le média pour tous » et dernièrement « Blast » se partagent une grande part de l’audience web sur des sujets qui ne seront pas ou très mal traités par les grands médias publics et privés. Cependant, les moyens financiers de ces derniers restent infimes. Par ailleurs, comme signifié plus haut, la majorité des Français a une attitude passive et bien peu critique face à l’information. Très peu ont la curiosité d’effectuer des recherches sur certaines thématiques pouvant les amener à découvrir des penseurs et médias différents. Seule la dissidence sait où chercher ses informations. Ajoutons par ailleurs que les grands médias publics et privés ont les moyens financiers de payer leur référencement sur les moteurs de recherche, de telle façon que les premières occurrences qui sont présentées à un internaute sur un sujet spécifique, seront le plus souvent des articles issus de la presse subventionnée.

De fait, la majorité de la population reste ignorante de toutes ces alternatives politico-médiatiques issues du web. S’il est de bon ton pour l’oligarchie de discréditer l’information dissidente sur le web en mettant en lumière quelques sites complotistes, les grands médias eux-mêmes avec le plein soutien du gouvernement et des GAFAMs, se sont octroyé le ministère de la vérité. Ainsi, le journal « Le Monde », mais aussi « Libération », reçoivent des subsides pour « vérifier » des informations circulant sur internet et accorder les bons et mauvais points. La pratique de la censure explose aussi sur les réseaux sociaux, de même que nous avons observé que les algorithmes de ces derniers ont évolué de façon à réduire l’exposition des publications et penseurs politiques en dissidence avec la doxa ambiante. Il n’y a donc pas lieu de considérer qu’Internet représente un contre-pouvoir suffisamment puissant à opposer aux grands médias publics et privés.

Ajoutons que certaines lois aussi mal rédigées que profondément attentatoires à la liberté d’expression, sont utilisées à des fins politiques contre des mal-pensants qui auraient la mauvaise idée d’aborder des thématiques plus polémiques. Ainsi, la loi sur « l’incitation à la haine » est utilisée très régulièrement pour faire condamner des personnes exposant des problèmes de communautarisme ou d’ingérence étrangère dans notre appareil d’État. Cette loi est, j’insiste, particulièrement mal rédigée, inutile et utilisée essentiellement à des fins politiques. Si, par exemple, je devais vous signifier un propos particulièrement xénophobe contre les Esquimaux, en tant que destinataire du propos, vous seriez sans doute choquée, mais certainement pas « contaminée » par ma propre xénophobie. Si l’on m’interdit en revanche de dire tout le mal que je pense des Esquimaux, qui pourra me répondre que j’ai tort ? Et en quoi le fait de me condamner pour un propos xénophobe, sera de nature à éteindre mes propres préjugés ? Une condamnation judiciaire ne serait-t-elle pas au contraire de nature à me radicaliser là où la liberté d’expression la plus extensible, y compris s’agissant « des propos qui heurtent ou dérangent », permet à tout un chacun de se confronter à la réaction morale et intellectuelle de ses adversaires ? Si vous ne pouvez pas vous-même m’interroger sur mes propres préjugés et y répondre, comment dans ce cas peut-on espérer lutter efficacement contre la montée de toutes les formes de xénophobie ? Des personnes dont je réprouve pourtant le discours se sont vues condamnées par la justice à des peines de prison ferme pour des écrits ou propos heurtant la bien-pensance, alors que lorsque de célèbres journalistes et éditorialistes pratiquaient la propagande de guerre contre la Syrie ou la Libye, ils n’ont jamais été inquiétés. Pourtant, le droit international public comme les lois relatives à la presse et le Code pénal, condamnent la propagande de guerre. Internet n’est donc plus l'espace de liberté qu'il a pu être à ses débuts. Le champ de la liberté d’expression se réduit d'année en année sur ce média, et la loi Avia vient encore confirmer cet état de fait.

Quelques propositions pour garantir la diversité des opinions dans les grands médias.

Les données du CSA, mais aussi la consultation des Unes de la presse subventionnée, permettent de se faire une idée du très haut niveau d’influence politique que peuvent avoir les médias sur les résultats des scrutins. M. Macron, que personne ne connaissait et qui incarnait pourtant un courant idéologique repoussoir pour la majorité des Français, a été élu moyennant force propagande de tous les grands médias. Nier cette influence et la capacité des Français à voter contre leurs intérêts ou opinions du fait de l’ingénierie sociale pratiquée à leur encontre, c’est courir au désastre social et démocratique définitif. « Le Rassemblement National » est désormais constamment utilisé comme épouvantail médiatique pour faire gagner le candidat souhaité par des intérêts d’argent. Ces derniers ont tout à fait compris que la majorité des Français refuse la marginalisation et le rejet social du fait de leurs opinions. Ils préféreront la plupart du temps se ranger à une logique conformiste – quand bien même ils la réprouvent intellectuellement – pour garantir en apparence pour le moins, leur bonne morale politique. Ces pratiques journalistiques permanentes au sein de nos grands médias publics et privés, doivent cesser. De même que la censure des opposants ou courants d’idées gênants pour les cercles de pouvoir, ne peut plus se poursuivre, sauf à vouloir forger une insurrection violente. Les Français sont suffisamment dégoûtés par leurs politiciens et journalistes pour que l’abstention et les mouvements sociaux de plus en plus violents en soient la conséquence. Quelques mesures simples, mais radicales, peuvent pourtant améliorer considérablement les choses :

1) Porter reconnaissance dans la Constitution du pouvoir médiatique et y introduire de facto la Charte de Munich comme garde-fou éthique et déontologique imposé à tous les journalistes.

2) Transformer le CSA en Cour Supérieure de l’Audiovisuel et du Numérique (CSAN). Veiller à ce que seul le Parlement puisse nommer les magistrats et sans que l’exécutif puisse soumettre ses propositions. Établir un conseil pouvant être sollicité par les citoyens, qui soit constitué de journalistes et d’un jury de citoyens tirés au sort pour instruire et juger les dossiers reçus. Veiller à ce que cette nouvelle institution dispose d’un pouvoir de contrainte réelle.

3) Mettre un terme aux subventions à la presse politique. Imposer la diversité des opinions au sein de Radio France et France Télévisions, que ce soit dans le recrutement des journalistes ou la ligne éditoriale elle-même. Garantir que les mécanismes de saisine du médiateur de chaque grand média public pour dénoncer le fait que telle personnalité politique ou opinion soit sous-représentée, oblige ces derniers à apporter une amélioration éditoriale. Cela avant même de devoir faire saisine du CSAN en dernier recours

4) Empêcher les grands médias privés d’être assujettis à des actionnaires majoritaires fortunés. Obliger les grands médias privés à adopter un statut de coopérative de journalistes. Faciliter l’entrée du grand public au capital des grands médias privés.

5) Imposer aux grandes écoles de sciences politiques et de journalisme un enseignement contradictoire et tenant compte de toutes les sensibilités (pas seulement européistes, libérales ou mondialistes).

6) Dans l’attente (et dans l’urgence), produire une consultation des Français s’agissant des opinions et personnalités qu’ils considèrent censurées, maltraitées ou minorées par les grands médias, exiger du service public qu’il rende des comptes et réponde concrètement à ses propres manquements.

Je vous ferai grâce d’autres propositions et je vous laisse le loisir de méditer les nécessités et difficultés qu’imposeraient de telles réformes. Sans pouvoir prétendre qu’elles seraient de nature à régler tous les problèmes relatifs à la presse, ces quelques propositions seraient néanmoins salutaires pour restaurer un débat public qui soit digne, sérieux et réellement contradictoire sur les grands sujets politiques affectant la vie de la nation.

Dans l’espoir que ce document aura une influence positive dans vos propres travaux parlementaires, veuillez accepter Mesdames et Messieurs les Députés, mes meilleures salutations.

Sylvain Baron

Gilet Jaune et auteur de l’essai« Révolte ! » aux éditions Ka’

(Avec le soutien de Paloma)