Le
mensonge initial
Il
est une citation de l’Abbé Sieyès, éminence de la Révolution
française de 1789, que l’on ne retrouve jamais dans les manuels
scolaires. Et pour cause :
« Les
citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent
renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté
particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France
ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État
démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est
pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), ne peut
parler, ne peut agir que par ses représentants ».
En
une formulation lapidaire, Sieyès abolissait ici toutes nos
illusions : la France n’est pas et n’a jamais été une
démocratie. Elle est un « État représentatif »,
ce qui est tout autre chose. Mais représentatif de quoi, ou plutôt
de QUI, au juste ? De la cause du peuple ? Ou plus
certainement, d’autres intérêts ?
Nous
n’aurons pas assez de lignes pour nous plonger dans l’histoire de
la démocratie en France ou plutôt dans celle de son absence. Il
nous faudrait remonter jusqu’aux origines antiques de ce mot, soit
l’association des termes « demos » (peuple) et
« kratos » (pouvoir) et parcourir son évolution
jusqu’à nos jours. Ayons au moins une attitude positive sur la
question et observons que depuis Montesquieu (qui défendait la
séparation des pouvoirs), jusqu’à notre période contemporaine,
nous sommes parvenus à constituer quelques-uns des fondements de la
démocratie sans pour autant l’avoir instituée directement. Nos
voisins suisses en sont néanmoins les plus proches. Il est en effet
possible pour le peuple helvétique de se prononcer directement sur
les questions qui le préoccupent et d’imposer sa volonté
politique à sa représentation. La démocratie suisse n’est
pourtant pas imperméable à ses propres aliénations. Mais pour le
moins, le peuple helvétique jouit d’un certain contrôle sur sa
destinée ainsi que sur sa représentation politique. Ce qui n’est
point le cas en France. Alors de quoi disposons-nous ?
Des
fondations de papier
D’un
État de droit. Violemment mis à mal par nos « représentants »,
certes, mais au
sein duquel
les Français sont théoriquement égaux devant de mêmes lois. Sur
le plan constitutionnel, nous jouissons de la Souveraineté
nationale, qui
selon la pensée gaullienne, « se
confond exactement avec la démocratie ».
En pratique, elle a été totalement abolie sur l’autel de « la
construction européenne ». Nous
n’avons plus aucune souveraineté à
revendiquer en matière économique,
monétaire, budgétaire ainsi
que
sur l’essentiel de nos politiques publiques. Tout se décide à
Bruxelles par de hauts fonctionnaires allemands, suédois ou lettons
qui
sont bien loin d’être des révolutionnaires exaltés par la
Démocratie et plus encore par le respect des nations.
Que
nous reste-t-il d’autre ? La
déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dispose
dans son article 11 que : « La
libre communication des pensées et des opinions est un des droits
les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler,
écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette
liberté dans les cas déterminés par la loi ». Nous
verrons que « l’abus » de cette Liberté est une notion
extensive là où la nécessité d’en
dresser les limites
par la Loi est une formalité de moins en moins nécessaire.
Heureusement,
il nous reste les « partis politiques ». Garants du pluralisme des
opinions et de la représentativité politique des idées qui
traversent le «
temps de cerveau disponible »
de la nation, ils souffrent néanmoins, avec les médias, d'un
déficit de légitimité auprès des Français, comme en témoignent
les enquêtes du CEVIPOF.
Pour la bonne et simple raison que les médias dominants n’accordent
la parole qu’à un même entre-soi politique qui, de l’extrême
droite à l’extrême gauche en passant par l’extrême centre, a
le bon goût de faire consensus sur tout ce qui relève de la
Souveraineté de la France (ou plutôt de
son
abolition progressive
et
consentie)
tout en maintenant nos divisions sur des polémiques stériles. Si
l’extrême centre (Renaissance / PS / LR / MoDem,
etc) est incarné par une bourgeoisie pleine de morgue contre la
Souveraineté nationale et
résolument européiste, notons qu'il ne fait pas davantage partie du
programme de l'extrême gauche ni de l'extrême droite (La France
insoumise et le Rassemblement national) de sortir la France du carcan
de l'Union européenne.
On dénonce volontiers son emprise sur nos intérêts nationaux pour
la forme mais, jamais, ô grand jamais, l’on s’aviserait de
promettre au peuple que nous nous libérerons des griffes de
Bruxelles !
Une
dissidence censurée
Les
médias dominants, disions-nous, n’accordent leurs micros ou
colonnes qu’aux représentants de ces partis, tous d’accord entre
eux pour nous maintenir enfermés dans les traités européens. Or,
si en vertu de ces traités, nous n’avons plus aucun contrôle sur
notre politique monétaire, douanière et budgétaire, il va de soi
que toutes les belles promesses électorales en matière économique
n’engagent que les sots qui y croient. D’autres forces
politiques, à dessein presque totalement censurées par les grands
médias, font le serment de sortir la France de l’Union européenne
mais aussi de rétablir une diplomatie de paix et instaurer des
politiques publiques favorables à la défense de nos intérêts
nationaux. Nous pouvons les citer : l’Union
Populaire Républicaine de François Asselineau, République
Souveraine de Georges Kuzmanovic, Les Patriotes de Florian
Philippot, le Pôle de Renaissance Communiste Français
de Georges Gastaud, le Parti de la Démondialisation de
Jacques Nikonoff, Solidarité & Progrès de Jacques
Cheminade et les Ruches de Juan Branco. Nous n’incluons pas
ici d’autres formations et collectifs politiques plus confidentiels
qui promeuvent la sortie de la France de l’Union européenne et de
l’OTAN, mais aussi l’établissement du référendum d’initiative
citoyenne dans notre constitution ainsi que, plus généralement, une
relance keynésienne de notre économie. Observons toutefois qu’il
existe bel et bien une dissidence politique en France qui est très
hostile à nos pertes sempiternelles de souveraineté sur l’autel
de Bruxelles. Une dissidence parfaitement ostracisée médiatiquement
alors qu’elle atteint des niveaux de visibilité sur internet
qu’aucun Gabriel Attal ou Édouard
Philippe ne pourra jamais espérer obtenir sur les réseaux sociaux.
Ceux que l’on nous présente comme présidentiables ou
« populaires » dans les sondages ne sont certainement pas
ceux que les 70 % de Français qui soutenaient « les
Gilets Jaunes » en 2018 souhaitent voir arriver au pouvoir.
Or, si les Français - du moins cette majorité apathique qui se
désintéresse de la politique - sont soumis à un état d’ignorance
sur les alternatives existantes par les grands médias eux-mêmes, il
va de soi que les votes de « protestation » divisés vers
les fausses oppositions que sont le RN et la France Insoumise
(médiatisés) ne pourront jamais rivaliser avec l’unité de
l’extrême centre. Quant à ces millions de Français déjà plus
érudits politiquement grâce à l’apport d’internet, leurs
champions restant imperturbablement censurés par les grands médias
publics et privés du pays, il va de soi qu’à moins de renouveler
une expérience « Gilets Jaunes » qui entreprenne de
prendre le contrôle des grands médias, jamais leur cause comme
leurs promesses électorales ne seront entendues du peuple, et pour
le moins des maires qui ont ce pouvoir civique déterminant
d’accorder des parrainages aux candidats à l’élection
présidentielle.
Alors
que nous reste-t-il ? Sans doute le droit de résistance à
l’oppression sanctuarisé par l’article 2 de la Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais l’on fera remarquer
que ce droit ne peut être revendiqué qu’à posteriori, lorsqu’une
révolution a conduit à l’éviction d’un régime contesté mais
pas à priori. Rappelons-nous comment furent traités « les
Gilets Jaunes » par le pouvoir exécutif et médiatique
pour nous en convaincre.
Une
démolition en règle des rares garde-fous démocratiques
Les
belles âmes conformistes s’indigneront que l’on puisse ainsi
remettre en cause le merveilleux système soi-disant « démocratique »
de la France. Mais nous pouvons pourtant rentrer dans le détail en
ce qui concerne les lois profondément liberticides et
antidémocratiques qui ont été adoptées depuis plusieurs
décennies. Commençons
par marteler que notre enfermement dans l’Union européenne abolit
de fait la souveraineté nationale et, par
conséquent,
toute possibilité de démocratie en France. La France est dirigée
de l’étranger par des intérêts prédateurs avec la pleine
collaboration de nos « représentants »
actuels.
Selon
cette analyse, il s'agit d'une véritable trahison. En livrant notre
pays à une puissance étrangère dite «
supranationale »,
ils n'ont même pas l'excuse que pouvaient invoquer Pétain ou Laval
: celle d'agir sous la contrainte d'une occupation militaire. Aucune
armée étrangère ne nous impose aujourd'hui d'appliquer une
politique décidée hors de nos frontières et, pourtant, nos
représentants nous soumettent volontairement aux intérêts de
Bruxelles mais aussi, plus largement, à ceux de Berlin, Washington
et Tel-Aviv.
Bruxelles
et Berlin nous imposant leur politique économique par le droit
européen là où Tel-Aviv et Washington nous imposent leur politique
étrangère par d’autres jeux d’influence (pour ne pas dire
d’ingérences).
Mais
notre oligarchie régnante n’est toutefois pas avare en matière
d’atteintes aux Droits de l’Homme et plus largement, à notre
Constitution. Ainsi, Jean-Jacques Urvoas, député socialiste sous la
présidence
de François Hollande a donné les premiers coups de boutoir
les
plus significatifs contre la représentativité politique avec la loi
relative à l'équité du temps de parole, laquelle prévoit que les
partis ayant obtenu les meilleurs résultats lors des précédentes
élections disposent d'un temps d'antenne supérieur à celui des
formations cherchant à se faire connaître durant les campagnes
électorales.
Il
est également à l'origine de la publication du nom des maires
accordant leur parrainage à un candidat à l'élection
présidentielle. Cette publicité est susceptible d'inciter certains
élus à la prudence qui, plutôt que d'assumer pleinement leur
responsabilité civique au nom du pluralisme des opinions, peuvent
craindre les dissensions locales que pourrait susciter la
présentation d'un candidat.
Notons que jusqu’en 1976, seuls cent parrainages étaient
nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle.
Ajoutons que lorsqu’en 2012, une réforme fut proposée visant à
instaurer
un
« parrainage citoyen » à partir d’une pétition
rassemblant 150 000 Français plutôt que réserver
ce pouvoir de présentation d’un candidat aux seuls maires,
conseillers généraux et sénateurs, nos
« représentants »
y ont vu un danger certain s’agissant
de
leur carriérisme politique. Le parrainage a ceci
d’avantageux
que les grands partis bénéficiant de nombreux élus
locaux,
peuvent « bourrer l’urne » du Conseil constitutionnel
en faveur de leurs
candidats,
tandis
que les formations peu représentées localement, peineront à
satisfaire cette exigence.
Si seuls les citoyens ordinaires avaient le pouvoir de présenter un
candidat, est-on bien certain que notre « représentation »
politique serait similaire à celle que nous connaissons
aujourd’hui ?
Le
totalitarisme décomplexé
C’est
cependant sous le mandat d’Emmanuel Macron que les lois les plus
liberticides et antidémocratiques ont été adoptées. Bien souvent
- mais pas toujours – en application de directives émanant de
Bruxelles. Ainsi, un premier ballon d’essai a été lancé en 2019
par la députée macroniste Laetitia Avia visant à créer une loi
contre la haine sur internet. Sous couvert de lutter contre le
racisme, le texte avait pour but évident de scléroser le débat
politique sur internet et protéger nos chers élus des
récriminations parfois (et légitimement) virulentes des citoyens.
Cette première tentative n’ayant que partiellement abouti, le
couvert a été remis en 2024 avec une loi contre le
cyber-harcèlement ainsi que les discours de haine en ligne (dans le
cadre de la loi « pour la confiance dans l’économie
numérique ») avec les mêmes objectifs initiaux visant à
constituer un rempart pour nos représentants quant à devoir
supporter les récriminations et la mal-pensance de leurs concitoyens
sur certains sujets politiques. Il a été, par ailleurs, donné le
pouvoir à l’ARCOM de sanctionner des hébergeurs et éditeurs de
sites internet qui ne retireraient pas des contenus « litigieux »
ou refuseraient de suspendre le compte de leurs auteurs sur simple
dénonciation. Ces textes sont en réalité une transposition dans le
droit français du Digital Services Act (DSA)
émanant de la Commission européenne où, sous couvert d’assurer
la protection de personnes vulnérables de réelles malveillances en
ligne, il s’agit surtout de brider la contestation sociale et
politique sur internet.
Nous
n’évoquerons pas les mesures de confinement durant la crise du
Covid-19 avec son lot d’obligations farfelues de boire son café
debout, de se signer des attestations s’autorisant à promener son
chien ou se faire insérer un écouvillon dans le nez pour obtenir
« un pass sanitaire ». Nous avions alors sombré dans le
plus pur délire totalitaire enfreignant rien de moins que le
consentement éclairé des citoyens à tout geste médical sur leur
corps ou le droit d’aller et venir à sa guise que même George
Orwell n’aurait pas envisagé dans son célèbre roman « 1984 ».
Nous avons même vu des journalistes donner doctement des leçons de
médecine à des professeurs et docteurs en biologie moléculaire, en
virologie ou en épidémiologie qui n’avaient pas le bon goût de
verser dans le narratif anxiogène délivré par les médias et notre
représentation politique. On arguera que d’autres médecins et
universitaires ont approuvé les atteintes à nos libertés
fondamentales devant les caméras de télévision mais s’est-on
seulement posé la question de leurs conflits d’intérêts avec
certains laboratoires pharmaceutiques ?
Dernièrement,
c’est « le
bouclier européen pour la résilience démocratique »
qui s’est invité dans notre arsenal législatif. Sous couvert de
nous protéger « d’ingérences étrangères » et de
« manipulation de l’information », le texte vise en
réalité à donner un plus large pouvoir à la Commission européenne
et aux
pouvoirs exécutifs nationaux quant
à censurer
des opinions divergentes sur internet voire littéralement pratiquer
des ingérences (bien
réelles celles-ci)
en vue de faire
annuler des élections comme ce fut le cas en
Roumanie en 2024 (notamment sur pression de l’ambassadeur français,
Nicolas
Warnery,
à Bucarest). Ainsi, expliquait-on à l’époque que le candidat
Călin
Georgescu
qui avait remporté le premier tour des élections présidentielles
de son pays grâce à sa popularité sur les réseaux sociaux était
compromis avec la Russie. Les enquêtes qui ont suivi ont largement
démontré que cet argument était totalement faux, qu’aucune
ingérence particulière émanant de la Russie n’avait été
constatée mais le mal était fait. Un candidat « anti-Système »,
alors en passe de remporter une élection présidentielle (et sortir
son pays de l’UE au demeurant) s’est vu débouté du droit de
concourir au second tour de l’élection. Au
final, les seules ingérences qui eurent court contre la sincérité
et l’intégrité du scrutin en Roumanie, à cette époque, furent
bien
celle de l’Union européenne et de nos dirigeants politiques
nationaux.
En
France, c’est désormais une loi visant à lutter contre les
ingérences étrangères dans le débat électoral qui permettrait à
toute autorité d’obtenir un référé visant à censurer ou
bloquer le compte d’un usager d’internet qui, par exemple,
pourrait expliquer qu’il voit un intérêt stratégique à
restaurer nos bonnes relations avec la Russie et cesser de livrer des
armes à l’Ukraine. Le Sénateur Laurent Lafon, lors d’un rapport
sur « les zones grises de l’information » a même été
plus loin en proposant de créer le concept de « l’ingérence
intérieure » pour ne plus avoir à se justifier s’agissant
d’ingérences étrangères limitées ou inexistantes. Sachant que,
malgré le discours ambiant, le rapport produit par VIGINUM sur cette
problématique n’a jamais fait état d’ingérences massives,
graves et répétées de la part de la Russie contre la France mais a
plutôt pointé l’activisme israélien en la matière. Le sujet
devenait donc un peu plus sensible car il y a des ingérences dont il
est préférable de ne pas trop les mettre en lumière. Surtout au
moment où une députée, Caroline Yadan, que l’on peut ouvertement
qualifier d’agent d’influence israélien, cherche à faire
adopter une loi visant à réprimer tout discours critique contre le
sionisme et plus largement contre toute dénonciation du génocide en
cours contre les Palestiniens voire soutenant la résistance légitime
de ceux qui s’opposent à ces crimes contre l’humanité. Dans ce
cadre, pourquoi prendre le risque de pointer du doigt des ingérences
russes bien maigres (sinon inventées) dans une campagne électorale
là où il est plus simple de directement établir une police de la
pensée à l’encontre de certains courants d’opinions. Ainsi, M.
Lafon de s’interroger, de façon rhétorique, durant la
présentation de ce rapport à la presse par la formule suivante :
"Que
se passerait-il en effet si une personnalité, un courant de pensée,
un parti politique, disposant de moyens financiers conséquents,
décidaient de les mettre au service d'un projet politique en
utilisant les réseaux sociaux comme une arme ? Sommes-nous prémunis
de tout risque d'ingérence intérieure ?"
Le
fait du prince
Manifestement,
nos « représentants »
sont obsédés par le
contrôle de toute forme de contestation politique sur certains
sujets. Et nous allons voir ici qu’ils ne s’embarrassent même
plus du cadre restrictif de la Loi pour stigmatiser discriminer ou
embastiller des mal-pensants. Désormais, ces atteintes à la Liberté
d’expression relèvent du fait du prince. Ainsi, a-t-on parlé de
l’arrêté d’expulsion délivré par le Ministre de l’Intérieur,
Laurent Nunez, contre la journaliste russe Xenia
Federova
accusée de « porter atteinte aux intérêts
fondamentaux de l’État ». Sa présence sur le territoire
national (et plus encore ses opinions) constitueraient « une
menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ;
que par suite, il y a lieu de prononcer en urgence absolue son
expulsion du territoire national en application de l’article L.
631-1 du CESEDA afin de faire cesser au plus vite ces prises de
position qui ont pour effet de déstabiliser le corps social ».
Notons
que les juristes du ministère de l’intérieur ont été
particulièrement inventifs avec le droit puisque s’il existe bien
dans l’article 410-1 du Code pénal le crime d’atteinte aux
intérêts fondamentaux de la Nation, celui-ci, d’une part, évoque
bien la Nation et non l’État (sous-entendu, ceux qui le dirigent)
et, par ailleurs, ne fait nullement mention de propos, discours ou
contenus écrits qui soient susceptibles, à eux-seuls, de porter
atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.
Ajoutons
que si les informations et opinions délivrées par une journaliste
russe plutôt prudente dans ses affirmations font peser « une
menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public »,
il faudrait tout de même justifier en quoi une rare voix russe dans
le débat public concernant le conflit en Ukraine, serait de nature à
créer un péril sérieux et actuel pour la bonne marche de nos
institutions ? Comble du totalitarisme ambiant, cet arrêté
(qui n’est donc pas le fruit d’une décision judiciaire mais
strictement administrative) prive la journaliste de l’accès à ses
revenus en France - ses comptes sont gelés - l’empêchant de
pouvoir honorer ses factures, ses impôts ou son loyer ou simplement
subvenir à ses besoins élémentaires en nourriture et produits
d’hygiène en France. Ce qui constitue une atteinte délibérée à
son droit à la dignité.
En
réalité, ce
n’est pas un ballon d’essai. Si d’autres personnalités russes
subissent de même mesures discriminatoires émanant de l’Union
européenne, ils ne sont pas les seuls. Nathalie Yamb (activiste
panafricaine)
et Jacques Baud, tous deux citoyens helvétiques, sont aussi frappés
par
des
mesures administratives similaires.
Pourtant, aucun tribunal n’a prononcé une quelconque décision
condamnant un abus de leur part quant à la Liberté d’expression.
Ce même arsenal administratif a aussi été employé contre un
Français vivant en Russie (mais revenant régulièrement sur le
territoire national) : Xavier Moreau. Il n’est pas censé
pouvoir utiliser ses comptes en France ni se
déplacer sur le territoire de l’Union européenne (donc sur
le territoire français
par voie de conséquence) alors que cet ancien officier militaire qui
ne cache, certes, pas ses opinions pro-russes, n’a lui aussi jamais
été condamné par un tribunal sur un quelconque abus de sa liberté
d’expression. Comme l’analysait fort justement le très sérieux
géopolitologue Jacques Baud (ancien officier de renseignement pour
l’État suisse), ses propres
analyses
très factuelles sur le conflit ukrainien agacent manifestement en
haut lieu, mais la véritable cible était bel et bien Xavier Moreau.
La Suisse ne faisant pas partie de l’Union européenne, sa
nationalité helvétique permet
à Jacques Baud
de rentrer en son pays à
sa guise
- il réside à Bruxelles - s’il le souhaite. Mais lorsque c’est
un citoyen français (par ailleurs récemment élu conseiller
des Français de l'étranger pour la circonscription de Russie)
qui subit de telles atteintes à ses libertés fondamentales par le
gouvernement de sa propre patrie, n’y a-t-il pas une volonté de
nous habituer à ce que des personnes, y compris des Français,
puissent subir de telles atteintes à leurs droits fondamentaux par
le fait du prince ?
Des
prisonniers politiques et de troublants suicides.
On
pourrait croire que le régime macronien aurait franchi toutes les
limites mais il n’en est rien. Le 21 novembre 2025, Anna Novikova
et Vincent Perfetti, tous deux membres de l’association SOS Donbass
qui achemine régulièrement de l’aide humanitaire aux civils
situés sur des territoires ukrainiens sous contrôle russe, ont été
placés en détention provisoire. Ils sont accusés « d’intelligence
avec une puissance étrangère », c’est à dire de trahison
et d’espionnage. Bien entendu, la presse française reprend à son
compte ce narratif tout en éludant les nombreux témoignages qui
s’étonnent que des activistes bien connus des réseaux dits
« souverainistes » soient jetés en prison sur de tels
motifs. En effet, ces deux personnes ont toujours été transparentes
sur leurs activités et prudentes sur le plan juridique et
administratif. Anna Novikova est une Franco-Russe bien insérée en
France. Elle maîtrise la langue française, a fondé une famille et
travaille dans le sud de la France. Vincent Perfetti est de son côté
totalement Français. C’est un homme calme et sérieux, lui aussi
père de famille et comme pour Xavier Moreau, c’est aussi lui la
réelle cible symbolique du pouvoir de cet acharnement judiciaire.
Car il n’y a pas d’ambiguïté sur sa nationalité. Là où le
gouvernement, en toute impunité, sans même que le parlement soit
consulté, endette l’État français pour octroyer des milliards
d’euros à l’Ukraine et déshabille nos arsenaux pour lui livrer
des armes de guerre (faits pourtant réprimés de 30 ans de prison
dans l’article 411-3 du Code pénal), la Justice assimile une
assistance humanitaire à de « la trahison ». Sans doute
parce qu’il n’est pas de bon ton de soutenir le point de vue de
la Russie dans ce conflit et, pour le moins, les populations ayant
subi les bombardements et exactions du régime ukrainien dans le
Donbass depuis 2014. Cela ne colle pas avec « le narratif »
visant à justifier les provocations aussi bellicistes que
dangereuses contre la Russie de notre gouvernement (avec bien sûr le
concours de nos grands médias). Que l’on retienne désormais la
leçon : des opinions et actes parfaitement licites sur le plan
du droit, peuvent néanmoins amener des Français à être
embastillés sur des motifs parfaitement fallacieux. Il y a désormais
les opinions et actions militantes ou humanitaires autorisées et il
y a celles qui dérangent le Régime.
En
réalité, les exemples ne manquent pour témoigner des reculs
démocratiques avec le plein soutien de l’ordre judiciaire.
Rappelons-nous que la campagne électorale de François Fillon en
2017 a été démolie par des petits juges soudain capables
d’instruire une enquête et rendre une condamnation dans des délais
limités, cela pour une insipide affaire de costume, alors que le
candidat Macron tant promu par les médias, accusé d’avoir
facilité dans des conditions troubles la vente d’Alstom Énergie
(qui détenait les brevets sur la fabrication de la turbine Arabelle)
à General Electric, n’a jamais été inquiété par la Justice.
Quand bien même le député Olivier Marleix (aujourd’hui
« suicidé » comme c’est le cas pour le
géopolitologue Eric Dénécé) avait qualifié cette opération de
« pacte de corruption », aucun magistrat n’a songé à
investiguer sur cette affaire où nos intérêts stratégiques
étaient clairement affectés. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen
qui est sous les fourches caudines d’une instance judiciaire
restant aveugle aux actes illicites de la Macronie dans le seul et
unique but de saborder sa campagne électorale. Il est vrai qu’être
accusé de détournement de bien public durant une campagne
électorale, cela fait mauvais genre. Un autre candidat à la
présidentielle (celui-ci délibérément censuré par les médias),
François Asselineau avait été accusé par deux personnes, il y a
quelques années, de harcèlement sexuel. Il pensait être
définitivement mis hors de cause vis-à-vis de la Justice depuis que
le dossier avait été classé sans suites et que les poursuites
avaient été abandonnées par l’un des plaignants tandis qu’un
autre était malheureusement décédé d’un accident de voiture.
Mais, manifestement, alors que l’enquête avait abouti à cette
décision de classement et qu’il n’y a plus de partie civile
constituée, un procureur a tout de même décidé de faire appel et
relancer ainsi le harcèlement judiciaire contre M. Asselineau. Là
encore, la volonté affichée reste de saboter la campagne électorale
de ce « frexiteur » bien connu et largement soutenu de la
dissidence française.
Conclusion
Des
campagnes de harcèlement judiciaire, des gens que l’on emprisonne
et d’autres qui se « suicident » alors qu’ils sont
plein de vitalité (mais aussi de prudence dans la défense de leurs
opinions politiques), voilà qui devrait normalement alarmer toute
personne désirant que ses enfants puissent grandir dans un pays qui
respectera leur liberté d’expression.
Bien
entendu cette fraction du corps électoral qui soutient l’extrême
centre et la démolition de la France sur l’autel de l’Union
européenne, pourrait arguer qu’elle ne se sent pas concernée par
ce glissement totalitaire du régime politique actuel. Les
va-t-en-guerre contre la Russie (qui bien souvent, ignorent la genèse
du conflit en Ukraine mais aussi quels sont nos intérêts
stratégiques avec ce pays) se féliciteront même de cette
répression tous azimuts contre des opposants à ce bellicisme
ambiant. Mais cela est un tort de leur part. Car les outils
juridiques et administratifs comme les pratiques les plus douteuses
utilisées par l’État français pour neutraliser des dissidents
politiques pourraient un jour se retourner contre les européïstes
eux-mêmes.
« A
vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables
les révolutions violentes » expliquait un certain John
Fitzgerald Kennedy.
Or,
si des intellectuels et responsables politiques prônant la sortie de
la France de l’UE, l’assainissement de sa diplomatie et
l’instauration de nouveaux gardes-fous démocratiques dans notre
constitution comme le référendum d’initiative citoyenne, restent
censurés par les grands médias et privés de parrainages par les
maires pour prétendre à la candidature suprême, il va de soi que
la crise de légitimité du régime politique actuel ne pourra plus
se résoudre par des voies régulières et pacifiques. Internet a
permis à la dissidence politique française de constituer ses
propres canaux de réinformation face à la censure et la propagande
des grands médias mais aussi de s’organiser politiquement. Et l’on
ne parle pas ici de quelques centaines de Français qui graviteraient
dans d’obscurs groupuscules. L’on évoque un phénomène
politique qui rassemble des millions de personnes qui auraient toutes
les bonnes raisons du monde de considérer qu’une révolution
violente s’avère désormais nécessaire pour défaire l’oligarchie
régnante.
Et
que l’on donne les moyens légaux
et pacifiques
à ces gens de remporter le pouvoir par le jeu électoral ou qu’on
les pousse à faire saisine de leur droit à l’insurrection, tôt
ou tard, cette lame de fond politique finira par prendre le pouvoir
en France. Pas seulement parce que ce mouvement politique qui se fait
le défenseur de notre souveraineté et de la démocratie agglomère
toujours plus de Français derrière lui, mais aussi parce que tout
indique que nous vivons une fin de règne de l’extrême centre. La
meilleure preuve étant que cette mouvance idéologique très hostile
à nos intérêts nationaux se radicalise au fur et à mesure qu’elle
observe que sa propagande reste sans effet dans la conscience des
Français. Cela
sans
évoquer les millions de « boomers » votant
habituellement pour l’extrême centre qui, démographie oblige,
finissent finissent
par disparaître
dans la tombe, là où de jeunes générations plus habituées à
s’informer sur internet auront tendance à voter pour des partis
populistes ou dissidents. Nos « représentants »
en sont parfaitement conscients et sont effrayés à l’idée de
perdre ce pouvoir auquel ils s’accrochaient depuis plusieurs
décennies. À
raison !
Car
nul doute que la volonté de purger un système corrompu de ses
éléments les plus malveillants accompagnera cette transition
politique. Or, si les belles âmes qui se disent « pro-européennes »
ou favorables à la guerre contre la Russie continuent de se réjouir
ou feindre d’ignorer les graves atteintes à la Liberté
d’expression, la tentation de retourner toutes les formes de
persécution subies par la dissidence française durant des années
contre cette part déclinante de l’électorat, n’en sera que plus
grande.
Un
célèbre arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme
dispose que « la liberté d'expression vaut
non seulement pour les idées jugées comme
inoffensives, mais aussi pour celles qui
heurtent, choquent ou inquiètent ». Sans
quoi il n’est pas de pluralisme politique possible. Il est donc de
l’intérêt de tous, quelles que soient nos opinions, que chacun
ait le droit de s’exprimer et de concourir loyalement aux suffrages
des Français. A l’aune de l’élection présidentielle qui
approche, il reste possible de donner un coup de boutoir démocratique
contre la chape de plomb qui écrase la liberté de penser de
nos concitoyens. Puisque le
pouvoir médiatico-politique refuse le droit aux « souverainistes »
de pouvoir exister politiquement dans les médias et par voie de
conséquence, espérer quelques résultats électoraux significatifs,
c’est à eux qu’il faut que nos maires, particulièrement des
petites communes, livrent leurs parrainages.
Actuellement,
trois candidats sérieux ont fait part de leur volonté d’obtenir
des parrainages pour concourir à l’élection présidentielle :
Juan Branco, Florian Philippot et François Asselineau. Ces trois
hommes qui représentent des partis politiques différents partagent
néanmoins une cause commune :
-
Sortir la France du carcan de l’Union européenne ;
-
établir le référendum d’initiative citoyenne dans la
constitution française (comme cela existe en Suisse) ;
-
pratiquer une diplomatie de paix vis-à-vis du reste du monde et
engager une relance keynésienne de l’économie française.
Chacun
de ces candidats à la présidentielle a ses singularités avec des
programmes politiques marquant peu ou prou leur différence entre
eux. Mais si tous trois devaient être aptes à candidater à
l’élection présidentielle, cela obligerait les grands médias à
leur donner la parole. En outre, cela permettrait de démarginaliser
le débat politique autour des questions de souveraineté nationale
et imposer aux candidats du « Système » de devoir
s’expliquer sur les renoncements démocratiques auxquels ils nous
avaient habitué. Par ailleurs, celles et ceux qui, à juste titre,
déploraient l’incapacité de notre dissidence politique à se
rassembler politiquement, pourront se satisfaire que trois
candidatures en faveur du « frexit » dès le premier tour
des élections présidentielles, obligerait nécessairement ces
candidats à s’entendre autour d’une candidature unique
permettant de rassembler les voix de tous en vue de faire avancer la
cause commune.
Il
n’y a donc pas de place pour les esprits de chapelle ici. S’il
faut demander à des élus locaux d’octroyer leur parrainage à des
candidatures dissidentes, rien ne dessert plus la cause de la
démocratie que rester arc-bouté dans une logique partisane. Que
vous participiez à la quête des « promesses de parrainages »
ou que vous soyez vous même un élu disposant de ce pouvoir, l’enjeu
n’est pas de défendre ses opinions particulières à propos de tel
ou tel candidat. L’enjeu est de permettre à ces trois candidats de
concourir à l’élection présidentielle afin de générer un
électrochoc médiatico-politique qui soit favorable à la
Démocratie, à la Liberté d’expression et à la Paix.
La
France est un vieux pays qui mérite d’exister et faire valoir sa
singularité civilisationnelle dans le Monde. Aimer notre pays ne
signifie pas détester le reste du monde. Le patriotisme s’entend
par le fait de vouloir défendre ses intérêts nationaux légitimes
et militer constamment en faveur de l’essor social et démocratique
de la patrie. La Liberté n’est jamais un acquis. Elle est sans
cesse un combat de tous les instants pour la faire perdurer voire la
restaurer quand celle-ci est bafouée. Par cette conclusion, nous
appelons chacun des Français à faire preuve de responsabilité
civique en faveur de notre Souveraineté nationale et de la
démocratie. Il y a désormais urgence. Nous espérons que la litanie
non exhaustive des atteintes à la Liberté d’expression, ici
relatée dans cet article, sera de nature à raviver l’esprit de
souveraineté des Français et particulièrement de nos maires qui
sont notre dernier rempart pour permettre une révolution douce par
le jeu électoral plutôt qu’une révolution violente qui devra un
jour faire fi des contraintes exercées sur le droit à
l’auto-détermination politique du peuple français.
A
bons entendeurs !