mardi 7 novembre 2017

Pensez Printemps !

Le 8 janvier dernier, dans un discours de campagne aussi insipide que verbeux, Emmanuel Macrotte nous invitait à "penser printemps" illustrant par là le vide politique de ses ambitions pour la France, mais aussi le mépris affiché pour le peuple français. Ce dernier devant désormais se contenter de slogans plutôt que d'analyses et propositions politiques sérieuses lors des échéances électorales.

Inutile de revenir sur l'élu des banksters et de la petite bourgeoisie médiatique, nous savons - du moins je prends le postulat que mon lectorat ne verse pas dans la crédulité politique - que la France est aujourd'hui dirigée par un usurpateur qui n'a de légitimité que celle conférée par une minorité d'abrutis ayant succombé à une propagande digne de Goebbels, lorsque ce n'était pas des intérêts de classe qu'elle défendait par son vote.

Je précise ici que je n'ai strictement aucun souci à considérer qu'un très grand nombre de Français sont plus que des adversaires idéologiques ou politiques, mais carrément des traîtres ou des ignares à qui l'on devrait retirer le droit de vote. Je suis de ceux qui considèrent que l'esprit civique et le droit de vote qui lui est corrélé, suppose un minimum d'intérêt et d'éducation pour la politique, en plus d'un certain patriotisme que l'on voudra plus pragmatique que porté vers un chauvinisme que je réprouve. Evidemment, au vu de l'extrême médiocrité du système éducatif et du journalisme français, il est vrai que la tâche n'est pas facilitée pour qui voudrait s'informer et comprendre certaines règles primaires de la démocratie ou de l'économie. Il est tout aussi vrai que lorsque une fraction importante de la population donne dix heures de sa journée à travailler et s'immerger dans les bouchons ou les transports en commun, il reste peu de place pour se cultiver sincèrement sur les questions politiques. Enfin je conçois que la curiosité soit très inégalement répartie dans la population française, alors que l'apathie et l'immédiateté des plaisirs matériels ou artificiels, auront toujours plus de succès que l'enrichissement de son esprit par une culture générale et politique suffisante afin de rester armé intellectuellement face à ceux qui bâtissent leur ordre totalitaire contre nous.

Si la crasse intellectuelle, la félonie ou l'esprit d'abandon caractérise une si grande fraction de la population française, il n'y a donc aucune raison de s'en remettre au peuple tout entier pour espérer un quelconque changement politique en France. Effectivement, il paraîtrait tellement plus sage politiquement de chercher le consensus et le respect du plus grand nombre. Certains osent se présenter ainsi en "rassembleurs" dans le vain espoir d'attirer à eux le plus grand nombre d'électeurs possibles, mais c'est justement par cette propension à ne vouloir chagriner personne et lisser autant sa communication que ses propositions politiques, que finalement, on se refuse à affronter l'ennemi sérieusement, y compris lorsque celui-ci est incarné par un citoyen lambda soutenant la vision orwellienne défendue par l'oligarchie, soit le banal électeur sans responsabilité directe sur les politiques publiques menées jusque là.

En tant que révolutionnaire qui assume complètement cette étiquette quelque peu grandiloquente, je refuse pleinement de lisser mon discours tant dans le fond que les formes. Au contraire, j'ai toujours considéré qu'il faut se montrer extrêmement féroce avec nos adversaires, ne leur témoigner ni respect, ni bienséance, et bien leur faire comprendre qu'en d'autres époques, ils auraient été tondus, fusillés ou décapités pour leurs seuls propos hostiles à la souveraineté de la nation. Je suis de ceux qui considèrent qu'il faut harceler députés, magistrats, ministres et hauts-fonctionnaires lorsque les ennemis ont une place au chaud dans nos institutions républicaines.  Il faut les effrayer de toutes les façons possibles, sauf celles qui peuvent nous porter préjudice personnellement devant un juge. La langue française est suffisamment riche et subtile pour que l'on puisse invectiver et mettre en garde un salopard, sans pour autant verser dans des menaces de mort totalement stupides. Pourtant, je suis le premier à déplorer la lâcheté et la perfidie de notre oligarchie, lui permettant de nous imposer sa tyrannie sans avoir à recourir à la force pour nous contraindre. C'est une guerre molle et subreptice contre le peuple qui nous est livrée. J'aurais préféré naître à une époque où prendre les armes pour faire sauter le caisson d'un collabo, était considéré comme un acte de résistance tout à fait légitime et nécessaire. Nous ne jouissons pas de cette possibilité, alors nous devons nous battre avec les armes dont nous disposons.

Nous sommes assez nombreux pour mener à bien une révolution.

Depuis des années, je ne change pas de discours à ce sujet. Une révolution est TOUJOURS le fait d'une minorité agissante... et implacable.

Comment voulez-vous qu'un peuple tout entier, que ce soit dans l'histoire ou un pays différent, puisse collectivement et unanimement se mobiliser contre sa propre tyrannie ? Plus les révolutions passées ont de l'ancienneté, moins il y avait de facilités pour le peuple concerné quant à perfectionner son niveau d'instruction politique et jouir des moyens de communication les plus modernes pour tisser des réseaux militants réactifs et solidaires. Par ailleurs, il serait profondément injuste de croire que les ferments de la soumission du peuple français à sa propre tyrannie, soient une spécificité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Bien au contraire, l'humanité est à l'image de notre peuple. Une très grande part, même lorsqu'elle a accès à toute une foison d'ouvrages politiques, philosophiques ou historiques, se refusera toujours de s'éduquer. La majorité des êtres humains sont paresseux et portés sur les plaisirs immédiats ou simplement leurs intérêts propres. Au point que l'on pourrait douter qu'il soit pertinent d'introduire la démocratie à la suite d'une révolution face à autant d'individualisme et de désintérêt social et civique pour la cause de son propre peuple chez la majorité de nos contemporains. Pourtant, c'est bien la Démocratie qui est la réelle forge du civisme, puisqu'elle est une invitation constante faite à tous les citoyens d'une même patrie, à participer directement à l'élaboration des lois propre à assurer leur bonheur.

Pourtant, on ne peut introduire la démocratie que par une dictature éclairée. Celle qui sera assumée par des révolutionnaires ayant conduit avec succès leur insurrection. Cette dernière étant donc forcément le fait d'une minorité agissante, il revient aux insurgés de se reconnaître en premier lieu. Une révolution étant en premier lieu la volonté inexpugnable de destituer un chef d'Etat et son gouvernement, n'est pas révolutionnaire qui reconnaît la légitimité et la légalité d'une tyrannie. C'est un premier point. Cela suppose par ailleurs, de pouvoir justifier, ne serait-ce que par des faits et du droit, ce qui rend illégitime une autorité politique à gouverner. Vient ensuite la question plus idéologique. Pour ce qui concerne le cas particulier de la France, il s'agit pour notre peuple de mettre un terme au péril de notre désunion et de la dissolution de notre pays dans une technocratie européenne, qui aspire à devenir un immense Etat. Rappelons qu'au sortir de la seconde guerre mondiale, les idéologues de ce projet étaient déjà parfaitement en place, et on les trouvait déjà pour certains dans le Gouvernement de Vichy. Jean Monnet fricotait avec des intérêts américains favorables à la création des Etats-Unis d'Europe que Churchill promouvait dans son discours de Zurich, le 19 Septembre 1946 en se gardant bien d'y inclure le Royaume-Uni.

Déjà on finançait le monstre à venir ainsi que les idéologues européens fermement décidés à annihiler l'auto-détermination des peuples sur le sous-continent. Aujourd'hui, le projet est si bien avancé, que Macrotte n'hésite plus à parler d'une défense européenne. Voulez-vous que la France cède les clés de son arsenal nucléaire à l'Allemagne ou la Pologne ? Envisagez-vous l'idée que la France partage ses secrets militaires les plus précieux avec d'autres gouvernements en Europe ? Souhaitez-vous que nos soldats saluent le drapeau européen avant d'aller se faire massacrer par les armées russes dans la prochaine guerre mondiale à venir ?

Si votre culture géopolitique suffit à vous scandaliser des propositions du président-marketing (mais vrai félon) actuellement aux manettes, alors vous faîtes partie des nôtres. Si pour vous, recouvrer notre indépendance et notre souveraineté nationale est le pré-requis indispensable pour nous acheminer vers la démocratie et une diplomatie de paix, vous êtes clairement un camarade que je salue et reconnais, cela indépendamment de vos idéaux politiques propres. Et sachez que nous sommes des Millions au bas mot si l'on tient seulement compte des votes pour des partis politiques présentés comme "populistes" ou "souverainistes". Si l'on se veut plus sélectif sur le niveau d'éducation politique, nous restons tout de même plusieurs centaines de milliers de dissidents, encartés ou non, votants ou non. Ce qui est plus que nécessaire pour une insurrection menée à bien, puisque nous avons besoin de quelques milliers de personnes seulement pour commencer.

A l'inverse, si vous vous estimez europhile, que vous vous revendiquez hostile à l'unité du peuple français et favorable au démantèlement de la France dans la soupe européïste, vous êtes un collabo. 

Mais il ne suffit pas de nous reconnaître idéologiquement pour initier une révolution. Encore faut-il la faire concrètement. Et une insurrection populaire doit être pleinement considérée comme une opération militaire conduite par des civils. Plus choquant encore pour nos esprits si bercés à la bien-pensance, une révolution réussie n'est pas autre chose qu'un putsch citoyen. Nous sommes en dehors du temps électoral, en dehors des règles constitutionnelles, en dehors de toute volonté d'être soutenus par la majorité du peuple. Un révolutionnaire se moque complètement de ces abstractions. La fin justifie les moyens. Si le peuple était sage, éduqué et votait pour son propre intérêt, la révolution serait inutile. Puisque ce n'est pas le cas, la révolution est donc une action politique de dernier recours conduite par la dissidence éclairée d'un pays, menée sans l'assentiment de la nation et en faveur de son émancipation. Personne aujourd'hui n'ose contester la légitimité de la révolution française, car le fait politique précède la légalité des normes introduites depuis lors, en France. Les épisodes révolutionnaires se légitiment par la loi toujours après coup. Que ce soit pour faire approuver un gouvernement transitoire, produire les purges politiques essentielles ou introduire les réformes exigées par les insurgés. On fera remarquer à ce titre que De Gaulle était lui-même un habile révolutionnaire (heureusement assisté par l'excellent juriste René Cassin) lorsqu'il rédigea l'ordonnance du 9 Août 1944 sur le rétablissement de la légalité républicaine, et qu'il légitimait ainsi sa prise de pouvoir qui ne répondait d'aucun processus électif particulier. Par ailleurs, il faisait du gouvernement de Vichy, une entité illégale ayant usurpé le pouvoir :

"Les actes de l'autorité de fait se disant « gouvernement de l'État français » dont la nullité n'est pas expressément constatée dans la présente ordonnance [...] continueront à recevoir provisoirement application".

Ainsi, il est essentiel qu'un révolutionnaire reste ferme dans ses convictions, et ne doute jamais de la légitimité du gouvernement qu'il contribuera à instituer, pas plus que de la capacité juridique de ce dernier à se faire reconnaître comme la seule autorité légitime. La prééminence du fait politique prévaut sur tous les débats en légalité constitutionnelle. Si rien ne s'oppose à ce qu'un révolutionnaire joue le jeu des élections en tant que votant et/ou candidat, cela doit être considéré comme un épiphénomène n'était en rien une fin en soi. L'élection n'a pas été remportée ? Qu'à cela ne tienne camarade, la lutte se poursuit dans la rue !

Et c'est là le point qui m'oppose avec la majorité de mes contemporains, y compris parmi les plus éduqués politiquement. La Rue est bien le lieu où se prend le pouvoir par la contrainte. Ni les réseaux sociaux, ni le jeu électoral, pas plus que la pédagogie populaire s'inscrivent dans la logique révolutionnaire. Qui se moque de ceux qui se mobilisent dans de grandes manifestations pour faire plier un gouvernement, voire entraîner sa destitution, fait montre d'une terrible arrogance et d'une incompréhension du fait militaire qu'est une insurrection.

Bien entendu, je ne parle pas ici d'une opération armée visant à supprimer ou faire arrêter les félons décriés. Quand j'utilise les termes "militaire" ou "opération", c'est bien pour traduire avec le plus de pertinence que possible la nature même de l'insurrection. Et pour être complet, je me dois d'ajouter le terme "planification". Aucun chef militaire n'envoie ses hommes sur une bataille, sans avoir méthodiquement planifié les moyens et la stratégie de l'offensive à mener.

Ainsi, non seulement les revendications doivent se limiter à celles que j'ai précisé plus haut pour les manifestants, mais ces derniers doivent en outre faire preuve d'une discipline exemplaire et occuper uniquement des sites stratégiques. En outre, l'effet de masse autant que la durabilité des actions menées est un point essentiel pour concourir au succès de l'insurrection.

Ainsi, en considérant les aspects contemporains du système politico-médiatique qui nous asservit, il est nécessaire de cibler précisément le talon d'Achille de l'oligarchie. Comment une petite armée de bourgeois félons, corrompus et arrogants parvient-elle à se hisser à des fonctions politiques prestigieuses, si ce n'est par le matraquage médiatique qui leur est largement favorable ?

En posant cette question, je réponds d'emblée à celle du choix porté sur les sites stratégiques à occuper. Il est inutile de brailler entre deux grandes places publiques dans un cortège se bornant à faire valoir son opposition aux politiques menées par nos maîtres. Il s'agit ici d'exiger la destitution du chef de l'Etat face aux studios des grands médias publics et privés. Mieux encore, il ne faut surtout pas qu'une telle opération soit conduite pour une journée avant que chacun revienne chez soi. Je rappelle que nous parlons d'une opération militaire et que l'objectif est la réussite du combat. Nous devons donc assiéger les sites visés, soit revenir le lendemain, le surlendemain, et les jours suivants jusqu'à ce que la mobilisation prenne de l'ampleur au point de dépasser les capacités du gouvernement à se maintenir, ne serait-ce que par les jappements indignés de ses plus fidèles chiens de garde. Il ne s'agit donc pas de braver directement l'oligarchie politique, mais de d'abord submerger son armée de communicants payés avec nos impôts ou des recettes publicitaires. Il s'agit d'inquiéter très sérieusement les "journalopes" qui doivent chaque jour que Dieu fait, avoir une boule aux ventre chaque fois qu'ils pénètrent ou sortent de leur lieu de travail. Ces larbins qui peuvent s'appeler Patrick Cohen, Jean-Michel Apathie, Christophe Barbier, Nicolas Demorand et tant d'autres noms encore, doivent absolument être terrorisés par la masse des insurgés assiégeant les stations de radio où ils s'expriment. Leur apparition doit conduire à des huées et sifflets des foules en colère. Leur censure ou leur diabolisation d'un mouvement impossible à occulter depuis l’avènement d'internet, doit conduire à toujours plus de pression des masses, jusque la digue médiatique cède.

Et ensuite ?

Puisque je défends cette nécessité insurrectionnelle depuis des années, que je tisse mes réseaux et médite les aspects opérationnels de la question, il y a la fois ce que je peux révéler et ce qui doit rester à notre discrétion. "Notre", car je ne suis pas seul à planifier cette insurrection qui vient.

Sur le plan de la mobilisation donc, rien de particulier à cacher. Bien au contraire, je peux même dire que toute manifestation sera déclarée en préfecture, et que nous serons en outre particulièrement vigilants sur l'esprit bon enfant de l'événement, jusqu'à faire expulser s'il le faut, les trolls qui voudraient pourrir nos rassemblements par des comportements violents d'une façon ou d'une autre.

Sur ce qui ne peut être qu'évoqué sans rentrer dans les détails, précisons d'emblée certains aspects importants d'une telle mobilisation :

1) Seuls les corps régaliens sont à même de ne plus reconnaître l'autorité d'un chef d'Etat (qui est aussi chef des armées). La grande muette n'a pas à signifier quelle autorité politique est la plus légitime pour la superviser, elle ne peut que se borner à acter ce qui est. Si un chef d'Etat, du fait d'une contestation sociale constante, de mouvements de grève continus, et de soutiens politiques et médiatiques allant en s'effondrant ; n'est plus en mesure de gouverner le pays, l'Etat-Major se doit simplement d'acter les fragilités que cela suscite pour l'institution dont il a la charge d'assurer les missions, et ne plus reconnaître l'autorité du président contesté. Il ne s'agit donc pas de désobéir - sauf si le gouvernement devait exiger des militaires des mesures répressives contre des manifestants pacifiques occupant tout à fait légalement l'espace public (d'où l'intérêt de déclarer en préfecture) - ni même de reconnaître un nouveau chef des armées, mais se borner à considérer que le président en exercice a perdu toute autorité puisqu'il ne peut plus gouverner normalement. A ce titre, des relations existent déjà entre la Société civile et l'Armée, et nous approfondirons encore et toujours ce dialogue au fur et à mesure des événements. Les gentils bisounours qui voient en l'Armée une institution à bannir en seront pour leurs frais, AUCUNE révolution n'est possible sans le soutien direct ou indirect des citoyens armés de la nation. Ce sont eux qui disposent de la force de contrainte politique supérieure à n'importe quel civil se pensant indétrônable. Pour résumer l'idée : Ben Ali a pu gouverner la Tunisie jusqu'à ce que les militaires lui donnent quelques minutes pour faire ses valises et s'en aller. Pourquoi ? Parce qu'on n’aboie aucun ordre à qui braque un fusil entre vos deux yeux. L'Armée est à ce titre le premier de tous les pouvoirs, même si elle est censée rester loyale aux institutions politiques de son pays. Cela jusqu'à ce que des circonstances particulières lui impose de faire valoir son autorité propre pour trancher une crise politique majeure dans un pays. Par extension, il faut aussi entendre que les forces de police, bien que disposant d'un pouvoir de contrainte inférieur à celui des armées, répondent tout de même des mêmes responsabilités que les militaires dans un épisode révolutionnaire. D'où l'intérêt donc de ne pas se confronter à la police, mais bien au contraire, de nous montrer à minima indifférents aux forces déployées, voire chercher à fraterniser pour obtenir leur soutien. 

2) Le premier jour, nous ne serons sans doute que quelques milliers, et le site assiégé sera la Maison de la Radio. Les journalistes refuseront de nous laisser exprimer nos revendications, et l'on peut même considérer que tout sera fait pour nous censurer sur plusieurs jours. Mais cela ne tiendra pas longtemps pour les raisons suivantes :

- Nous aurons fait parvenir des communiqués de presse à tous les médias, avec nos revendications. Il y aura tout de même des journalistes pour s'intéresser à une mobilisation de plusieurs milliers de personnes chaque jour devant la Maison de la Radio. Ce qui aura pour effet de créer une difficulté éthique supplémentaire pour les journalistes assiégés à qui nous réclamerons du temps d'antenne.

- Notre mobilisation qui se voudra disciplinée, pacifique, parfaitement déclarée, sera aussi excessivement relayée sur les réseaux sociaux. La dissidence - si ce n'est le 14 Juillet 2015 - ne s'est jamais réellement mobilisée de façon massive, et il faudrait remonter à Mai 68 pour évoquer l'occupation de la Maison de la Radio par des foules en colère. Cela signifie que ceux qui doutaient du succès de notre mobilisation, qui se réservaient la possibilité de nous rejoindre plus tard, et plus encore ceux qui ignoraient même l'organisation de ce siège citoyen, seront très tentés de faire acte de présence à leur tour, durant les journées suivantes. Surtout si au lieu des scènes de confrontation entre des cagoulés et la police, c'est un esprit bon enfant voire festif qui est présenté. Au fur et à mesure que la mobilisation gagnera en puissance, il deviendra nécessaire pour les journalistes du groupe Radio France, de nous donner la parole plutôt que de nous ignorer. Non seulement car leur crédibilité serait en jeu s'ils devaient être pratiquement les seuls journalistes à ignorer notre mobilisation (alors que nous serons sous leurs fenêtres), mais aussi pour tenter d'éviter qu'un siège pacifique et bon enfant, devienne avec le temps un mouvement de plus en plus guidé par une colère noire et difficile à canaliser. La dimension psychologique est essentielle à comprendre dans ce rapport de force.

Nous aurons alors l'occasion de pouvoir nous exprimer dans les médias pour exprimer nos revendications, mais pas seulement. Notre objectif sera d'obtenir l'allocation d'un temps d'antenne suffisant sur le service public de l'information, pour pouvoir informer correctement nos concitoyens sur les trahisons en cours et les réalités économiques et démocratiques auxquelles nous sommes assujettis. Je m'exprimerai pour nous tous mais ne serai pas le seul. D'autres personnalités bien connues de nos réseaux, auront l'occasion d'animer cette pédagogie populaire et réagir aux questions des journalistes, voire à leur tour leur poser les questions qui fâchent. J'assume ici de citer Philippe Pascot et Grégory Tabibian qui sont enthousiastes à nous aider dans ce rapport de force.

Enfin, viendra la nécessité de proposer un gouvernement de transition, puisque nous revendiquerons vouloir destituer Emmanuel Macrotte et les traîtres qui siègent au Gouvernement, et nous proposerons des noms pour chaque ministère. Des assemblées populaires seront instituées sur le lieu même du siège citoyen, pour que des décisions soient arrêtées en un temps à la fois assez long pour parlementer, et à la fois assez court pour définir des ministrables à proposer. Cependant, nous ne chercherons pas à sortir de l'ordre constitutionnel. En cas de vacance du président de la République, l'article 7 de la Constitution précise que c'est le président du Sénat qui assume provisoirement la charge du chef de l'Etat (jusqu'à ce qu'une nouvelle élection soit organisée). Ce que nous imposerons, c'est notre gouvernement et les mesures de rétablissement de l'Etat et de notre souveraineté nationale. L'importance du Gouvernement plébiscité est ici cruciale. Je suis à même de proposer seul des noms pour chaque ministère, et je sais que les noms proposés pourraient rassurer la dissidence de notre pays quant aux perspectives politiques incarnées par ces personnalités. Je préfère ici rester vague sur cette dernière nécessité (la première au final si nous faisions montre d'un peu d'organisation), mais sachez que proposer un gouvernement complet aux Français, sera bien plus sur pour les rassurer sur nos intentions, que leur soumettre un dictateur unique inconnu d'eux, et qui ne répondrait même pas de l'ordre constitutionnel. Sachez par ailleurs, que l'écrasante majorité des Français attendent que "quelque chose se passe". Nous serons bel et bien soutenus par une très grande partie du peuple le moment venu. Une autre partie sera vaguement inquiète mais ne marquera aucune opposition. Une dernière partie, celle des bourgeois qui ont toujours soutenu fiévreusement l'oligarchie, nous sera hostile, mais totalement dépassée par les événements et marginalisée. 

La Révolution est donc bien une oeuvre collective, qui se matérialise essentiellement sur l'espace public, et exigeant des méthodes à proprement parlé militaires pour faire advenir un nouvel ordre social et démocratique. Elle engage chacun d'entre nous, c'est à dire ceux qui sont déjà éveillés politiquement et en ont assez d'attendre un hypothétique grand soir électoral. Le pétrole va bientôt manquer, la guerre est à nos portes et la France est menacée de disparaître. L'attentisme est la forme la plus insidieuse du suicide d'une nation.

Aussi, je vous convie à répondre à notre appel, et à nous rejoindre à partir du Jeudi 10 Mai 2018 devant la Maison de la Radio (un cortège débutera sans doute depuis la place de la Bourse, face aux bureaux de l'Agence France Presse) et à partager le plus massivement que possible ce rendez-vous à tous vos contacts. Puisque Macrotte nous invitait à "penser printemps", peut-être devrions nous le prendre au mot, et aller au-delà de ses espérances.


Dans l'espoir que ce texte aura à la fois une vertu pédagogique à même de déconditionner certains esprits sur le fait révolutionnaire, autant qu'il saurait mobiliser le plus grand nombre, sachez que vous pouvez toujours compter sur mon engagement à vos côtés pour rétablir notre auto-détermination en France.

Sylvain Baron

vendredi 1 septembre 2017

Des nouvelles, un appel à soutien, une vie qui redémarre...


Durant six années d'activisme politique (et depuis bien plus longtemps encore diront mes plus proches), j'ai toujours été soumis à un problème de fierté mal placée avec la générosité d'autrui en général, et vis à vis de l'argent en particulier.

Conditionnement que je n'ai jamais réglé, et pourtant alors que d'une façon ou d'une autre, j'ai toujours reçu de l'aide discrète et sincère de beaucoup de gens, je ne sais toujours pas "recevoir" sans me sentir extrêmement mal à l'aise. Je me sens dans ces cas là, "corrompu" et soumis au devoir impérieux de rendre. En outre, ma difficulté à me projeter sur le long terme du point de vue de ma vie propre tout en me sentant dépassé par mon investissement militant cumulé, me rend au final toujours moins sociable même avec ceux qui m'aident à ma tâche, me soutiennent, m'apprécient. J'ai trop souvent besoin de me renfermer, ce qui n'est pas bon sur le temps long. 



Ainsi, dans ces circonstances, la pénurie monétaire est devenu un véritable tiraillement alors que je me veux incorruptible à toutes les tentations à mon propre profit. Je sais votre générosité pour beaucoup de ceux qui suivent mes péripéties depuis quelques années. Mais je n'arrive pas à me sentir simplement heureux en recevant, car je me tracasse continuellement de ce qu'il faudrait rendre en retour alors que je n'ai plus beaucoup d'énergie et de ressources pour m'en montrer digne. C'est pourtant plus fort que moi, je suis en froid avec l'argent et la générosité en général, et cela n'a plus grand chose à voir avec un désir éthique "d'incorruptibilité" ou d'indépendance, mais c'est quelque chose de plus profond que je ne me suis jamais expliqué. En tout cas, cela ne m'aide pas, pas plus que ça n'aide les initiatives collectives dans lesquelles je suis inscrit, puisque de ma propre sérénité, dépend aussi ma puissance de travail...


C'est la raison pour laquelle chaque fois que j'ai fait appel à la générosité de tous, cela a toujours strictement servi le financement d'actions militantes concrètes qui nécessitaient un minimum de moyens pour être lancées. Et je puis vous assurer que nous avons dépensé bien plus encore que ce que nous avons reçu dans tous les projets que nous avons mené jusque là (Poil à Gratter ! ; Révolte Monétaire ; Les Décrocheurs ; Citoyens Debout ; réinformons-nous.fr ; les manifs, etc).

Cela a toujours été bancal, mais justement parce que je me refuse obstinément à faire de la promo régulière (ce qui m'a été parfois et à juste titre reproché), et même user de quelques codes marketing qui sont pourtant efficients quand bien exploités. Je ne m'y résous pas car j'ai horreur de demander et paraître. Ce sont les tabous les plus puissants dans ma propre psyché... Je ne désire toujours pas faire de politique, comme certains m'y encouragent. Je suis juste un révolutionnaire, c'est un cran en dessous ou au-dessus dans les ambitions, en fonction de ce que chacun entrevoit ou mystifie dans un tel processus insurrectionnel.


Aujourd'hui est une nouvelle étape dans ma vie, car j'ai décidé de me retirer au vert. Fondamentalement, louer un terrain agricole ne coûte rien, et je peux assumer seul un projet d'agro-foresterie, de maraîchage bio et d'élevage de volailles (voire un rucher en plus). Cependant, étant trop investi associativement depuis des années, je ne pourrais pas lâcher un combat plus grand que ma propre cause. Il me tient pourtant à cœur que de disposer d'un havre de paix pour cultiver la terre et ne plus me poser de questions sur la garantie d'un toit. Je compte ainsi me donner une année à d'avantage penser à ma propre pomme qu'à toutes nécessités militantes, même si certains projets resteront dans les tuyaux pour l'année 2018 (Siège de la Maison de la Radio et activités judiciaires des Décrocheurs entre autres).

Je compte aussi me forcer à apprendre un peu à recevoir, puisque j'ai toujours fais ainsi avec mes propres conditionnements : les braver pour avancer. Cela a marché sur certains traits de ma personnalité, peut-être que cela pourrait marcher à nouveau, même si j'en doute. Quoi qu'il arrive, il me faut me sentir dépassé par un élan de générosité pour accepter le fait qu'on ne puisse pas toujours tout rendre, et qu'il faut bien que je me fasse une raison avec ce que je qualifie trop facilement d'éthique pour glisser sous le tapis ce tabou intime qui me hante depuis tellement d'années. Je suis conscient de mes irrationalités, mais je ne parviens pas forcément à m'affranchir aisément de toutes.

Aussi, je me décide à lancer ce jour une cagnotte en ligne afin que ceux qui souhaiteraient m'aider à redémarrer puissent y contribuer à leur modeste mesure. Cagnotte que je clôturerai sous trois semaines.

Que la générosité qui en découle me permette de récolter quelques centaines ou quelques milliers d'euros, cet argent ne sera pas utilisé pour une cause militante, mais bien en vue de faciliter mon installation, voire devenir directement propriétaire de mon "chez moi" si cela m'est rendu possible (on peut trouver quelques larges surfaces agricoles à la vente pour quelques milliers d'euros).

Par désir de tranquillité, je ne compte pas faire connaître l'emplacement du terrain que je choisirai pour me lancer dans cette nouvelle vie, en revanche, mes plus fidèles compagnons de lutte connaîtront l'adresse, et cet éco-lieu aura vocation à devenir dans l'avenir, un point de rendez-vous pour les activistes les plus investis. De la même façon que si je parviens à obtenir une surface de vie et d'exploitation suffisamment vaste, j'ouvrirais une part du terrain exploité à d'autres personnes subissant une situation financière similaire à celle que je connais, engagées dans un certain militantisme, et cherchant elles-aussi une vie plus en harmonie avec la nature pour reprendre pied avec elles-mêmes. Je serais très sélectif lorsque le moment sera venu (un terrain agricole, c'est de l'entretien et je ne compte pas cohabiter avec des gens désagréables ou inactifs), mais je considère comme évident de partager à son tour ce que l'on reçoit. Par ailleurs une présence humaine constante sur un tel espace et un minimum de vie collective sera toujours plus avantageux que rester seul dans mon coin.

Mes préoccupations les plus urgentes seront en premier lieu d'investir dans une caravane d'occasion pour disposer d'un toit, qu'importe que le confort soit rudimentaire. Régler ce que je dois en quittant mon domicile actuel, acquérir du matériel, quelques premiers animaux, définir une stratégie d'exploitation vivrière et commerciale pour la surface occupée, commencer à mettre en oeuvre mon indépendance énergétique et en eau potable, commencer à préparer et aménager la terre. Je n'ai aucun montant en tête, je composerai avec ce que je recevrai. Si de façon extraordinaire, je devais obtenir plus que nécessaire pour démarrer, la majeure partie du restant à dépenser sera employée à mes activités militantes, l'autre contribuera à mon désendettement personnel. Durant les premiers mois d'installation, je serais pratiquement invisible sur la toile.

Plus je récolterais d'argent, plus vite je m'affranchirais de ces premières étapes qui sont évidemment coûteuses sachant que je ne dispose que d'un RSA comme moyen de subsistance. Je ne crois pas utile de proposer aux critiques habituels de ne pas en rajouter une couche quant à ma démarche, puisque cela me coûte suffisamment que de me confronter à mes propres rigueurs intellectuelles. Demander à des trolls, un tant soit peu de compréhension et de respect vis à vis d'une situation sociale et morale que j'expérimente est de toute façon, toujours vain.

J'espère simplement que la plupart d'entre vous préféreront m'encourager dans ce changement d'environnement, et que cela n'amoindrira pas la confiance que vous me portez pour certains depuis des années. Je ne change pas d'idéaux, ni de morale sur ma façon de faire, j'essaye juste de donner un cadre sécurisant et serein à ma vie, il est aujourd'hui grand temps. Cela m'est infiniment nécessaire pour continuer la lutte avec d'avantage de vigueur dans les années futures.
Vous pouvez participer à cette cagnotte sur le lien suivant :


Avec mes remerciements pour tous ceux qui m'ont soutenu, aidé, encouragé d'une façon ou d'une autre. Je sais à quel point je peux me montrer ingrat de silence avec tous ceux qui ont toujours adopté une certaine bienveillance à mon égard. Je regrette d'être le révolutionnaire le moins chaleureux et stable qui soit, puisque nous sommes si peu nombreux à défendre cette logique politique. J'espère qu'au printemps prochain, certaines évolutions se ressentiront en moi, ayant de quoi susciter quelques sourires rassurés, ne serait-ce que parmi les miens.

Avec mes amitiés résistantes à tous,

Sylvain Baron

lundi 31 juillet 2017

La main invisible d'une finance sans noms et sans visages

C'est en cherchant l'évasion de l'esprit dans les sciences, que l'on se trouve parfois frappé par une information recueillie, et qui prend un sens tout à fait équivoque dans des débats politiques très prégnants de notre société.

J'écoutais donc le mathématicien Etienne Ghys tenir une conférence sur certains outils statistiques, lorsque pour illustrer les recherches conduites par Carl Friedrich Gauss et Pierre-Simon de Laplace sur ce sujet, il fit appel à la citation suivante pour conclure sur la loi des probabilités que ces géants du XVIIIème Siècle, déblayaient :

"La valeur scientifique de la théorie des probabilités tient en ceci :

Un grand nombre de phénomènes aléatoires dans leur action collective créent un phénomène qui n'a plus rien d'aléatoire".


Je n'ai alors pu m'empêcher de penser à cette doctrine économique implacable à laquelle nombre d'européens sont complètement enferrés par traités, consistant à énoncer comme une loi infaillible, que la main invisible du marché est en elle-même auto-régulatrice.

Cette pensée héritée d'Adam Smith et qui trouve pourtant ses nuances (ou contradictions) dans son essai sur "la recherche de la nature et des causes de la richesse des nations" a été érigée en dogme par les libéraux qui y trouvent ainsi une absolution académique et un encouragement philosophique à leurs comportements prédateurs. Pourtant, si l'on s'en tient même au paragraphe d'où cette citation est extraite, la conclusion que dresse Adam Smith sur cette main invisible du marché prend toutes les formes d'un avertissement :

"Chaque individu tâche, le plus qu'il peut, premièrement d'employer son capital à faire valoir l'industrie nationale, et deuxièmement de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. 

A la vérité, son intention, en général, n'est pas en cela de servir l'intérêt public, et il ne sait même pas jusqu'à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l'industrie nationale à celui de l'industrie étrangère, il ne pense qu'à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. 

Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler. Je n'ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n'est pas très commune parmi les marchands, et qu'il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir. »

Effectivement, on ne guérit pas les comportements égoïstes par des longs discours, mais par des lois qui réglementent le commerce, par le contrôle du peuple sur sa monnaie et son taux de change, et une fiscalité privilégiant les monopoles nationaux que n'appréciait guère Adam Smith, tout comme les libéraux d'aujourd'hui.

Ceux d'aujourd'hui en particulier, leur préfèrent les monopoles supra-nationaux. C'est encore la meilleure façon de s'abriter des lois des peuples, voire leur dicter celles qui leur sont les plus favorables. Monsanto et Goldmans Sachs sont des acteurs si anonymes et bienveillants du "marché" contrairement au méchant Etat. Comment imaginer une quelconque loi qui puisse réguler voire entraver leurs activités ? Au fou !

Il faut cependant se replacer dans le contexte du XVIIIème siècle pour comprendre la pensée du quasi inventeur du "libéralisme". Quand Adam Smith écrivait :

"Chaque individu tâche, le plus qu'il peut, premièrement d'employer son capital à faire valoir l'industrie nationale, et deuxièmement de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société"

; il faisait valoir à la fois un préjugé "bisounours" sur les ressorts mentaux qui prévalent à nos comportements de commerce, autant qu'une réalité de fond s'agissant des choix motivant la majorité des transactions de son époque.

D'une part Adam Smith était Anglais, et les Sujets de sa Majesté ont beaucoup de défauts cultivés depuis plusieurs siècles, mais pas celui de manquer de fibre patriotique. Je crains que cette fibre soit plus inégalement partagée en France que ce soit à l'époque de la Révolution Française qui est plus contemporaine de l'auteur ou que ce soit en notre ère plus actuelle. Il n'y a donc aucun conditionnement autre que celui du pouvoir d'achat qui détermine le comportement de la majorité des consommateurs, cela hier comme aujourd'hui, particulièrement quand les nations sont appauvries volontairement par leurs dirigeants. 

Du reste, en son époque, les économies étaient fortement nationales malgré des relations de commerce importantes avec le reste du monde. Les lignes téléphoniques n'existaient pas encore, les navires de commerce étaient beaucoup plus soumis aux aléas naturels et à la piraterie qu'aujourd'hui, et bien que les lettres de change permettaient déjà les règlements internationaux, les risques étaient plus importants et les délais sensiblement plus longs. De fait, quand Adam Smith rédige l'essai qui enfantera tous les totalitarismes bourgeois bien malgré lui, les régulations sur les importations qu'il dénonce, représentaient effectivement un frein pour l'innovation et les gains de productivité à rechercher, car elles s'additionnaient à une contrainte technologique déjà forte. La première régulation intrinsèque au commerce international d'alors, était l'addition des risques et des délais inhérents à la distance de transport. La motivation était donc plus forte de chercher directement sur le territoire national les biens et services souhaités par un acteur économique local. Cette régulation géographique n'existe plus aujourd'hui du fait de notre environnement technologique actuel, accélérant et sécurisant prodigieusement les flux de capitaux et de marchandises. Notons tout de même qu'à cette époque, Adam Smith observait déjà que : 

"En gênant, par de forts droits [de douane] ou par une prohibition absolue, l'importation des sortes de marchandises qui peuvent être produites dans le pays, on assure plus ou moins à l'industrie nationale qui s'emploie à les produire, un monopole dans le marché intérieur.

Ainsi, la prohibition d'importer ou du bétail en vie, ou des viandes salées de l'étranger, assure aux nourrisseurs de bestiaux, en Angleterre, le monopole du marché intérieur pour la viande de boucherie. Les droits élevés mis sur l'importation du blé, lesquels, dans les temps d'une abondance moyenne, équivalent à une prohibition, donnent un pareil avantage aux producteurs de cette denrée. La prohibition d'importer des lainages étrangers est également favorable à nos fabricants de lainages. La fabrique de soieries, quoiqu'elle travaille sur des matières tirées de l'étranger, vient d'obtenir dernièrement le même avantage".

Il ajoute, et j'attire l'attention de ceux qui cherchent à enrayer le chômage de masse :

"Il n'y a pas de doute que ce monopole dans le marché intérieur ne donne souvent un grand encouragement à l'espèce particulière d'industrie qui en jouit, et que souvent il ne tourne vers ce genre d'emploi une portion du travail et des capitaux du pays, plus grande que celle qui y aurait été employée sans cela".

Il est vrai que si l'on imagine souvent la condition sociale des ouvriers et paysans durant le Moyen-Age ou la Renaissance comme nécessairement plus précaire que ce qui a prévalu à partir du début de l'ère industrielle, la réalité serait sans doute plus nuancée. Par économie de temps, je ne divergerais pas plus sur ce sentier, mais remarquons qu'Adam Smith note qu'on employait volontiers "trop" de ressources humaines et de capitaux pour produire certaines marchandises. Dès lors qu'un marché national obtient en quantité et en qualité les produits dont il a besoin, tout ce qui risque d'être "gaspillé" en ressources humaines et capitalistiques, aura nécessairement une portée sociale satisfaisante. Cela puisque la monnaie circule d'une part (et c'est son unique rôle, fondamentalement) et qu'il y a plus d'emplois que nécessaires de proposés. Ce qui signifie à la fois un déclin de la pauvreté de masse et un temps de travail mieux réparti pour les employés. 

Si telle était notre volonté politique, nous pourrions réduire à presque rien les réglementations et tarifications douanières sur les marchandises que nous ne pouvons produire directement et qui sont essentielles à notre vitalité économique et sociale, tout en nous montrant plus drastiques vis à vis de toutes sortes de produits d'importation qui d'une part entretiennent un différentiel de niveau de vie entre les nations du fait que l'abolition ou la réduction des régulations douanières n'est pas conditionnée à des nivellements sociaux et écologiques en contrepartie ; et du fait d'une autre part, que l'intérêt d'Etat pour toutes les nations, c'est l'auto-suffisance alimentaire et industrielle à conquérir ou maintenir tant pour garantir le plein emploi, que la sûreté sociale et militaire du pays. Voila pourquoi l'économie touche de près les intérêts fondamentaux de la nation, et que le peuple a son mot à dire sur les lois qui régulent ou dérégulent le marché. Et cela transcende complètement les intérêts particuliers des producteurs ou commerçants. C'est aussi pour la même raison que le commerce et la monnaie doivent rester sous contrôle politique de la nation.

Le libre échange et l'abolition progressive du rôle de l'Etat dans la direction économique du pays, sont fondés sur des préjugés, laissant à croire que la somme de nos intérêts individuels, créent de facto une harmonie économique et par conséquent sociale, du fait des ajustements continuellement opérés par les producteurs et commerçants pour performer en terme de productivité, ce qui déboucherait sur l’accroissement de leur activité en l'absence d'"entraves" et créerait se faisant, des emplois grâce aux plus-values obtenues. A ces acteurs économiques de "la main invisible du marché", s'ajoute la volonté supposée naturellement sociale et bienveillante des consommateurs. Et pour cette raison, il serait essentiel de disjoindre l'Etat de l'économie en général, continuent d'exiger en cœur les émissaires du MEDEF et de Goldman Sachs.

Chacun des acteurs économiques (consommateurs, producteurs, négociants, commerçants), correspond à N facteur de probabilités d'une action micro-économique efficiente pour l'économie générale. C'est ce qui est supposé en entretenant l'idée que la somme des intérêts privés conduit à des équilibres économiques rationnels par une auto-régulation du marché. Cependant, le système économique et monétaire mondial n'étant ni incitatif dans les comportements, ni en lui-même générateur d'une conscience sociale pour chacun des individus, la somme de cette action collective dans un "marché libre et non faussé" débouche sur un résultat qui n'a strictement rien de rationnel si l'on juge l'intensité de la misère sociale et des gaspillages produits par cette doctrine totalitaire.

Ce que nous constatons en terme de pauvreté, de montée du totalitarisme en Europe, de guerres de pillage au Moyen-Orient et en Afrique, c'est le résultat d'un grand nombre de phénomènes que l'on a volontairement rendu aléatoires et qui entraînent des comportements prédateurs toujours croissants. Le libéralisme, et plus fondamentalement la doctrine du libre échange, n'apportent strictement aucun progrès social que ce soit dans les faits largement constatés en plusieurs décennies dans notre propre pays ou même dans la solidité philosophique et empirique de la théorie économique défendue par notre oligarchie politico-médiatique. 

Le déclin de la France et des pays du Sud de l'Europe, n'est pas lié à autre chose que l'arbitraire des prédateurs financiers pouvant faire voyager leurs capitaux quand et où bon leur semble, n'ayant de compte à rendre à personne, ni à s’assujettir à aucune réglementation ou taxe de nature à décourager leurs comportements les plus néfastes. C'est à dessein, qu'ils ne sont pas soumis à la suprématie de l'intérêt social du peuple sur les régulations politiques à opérer sur le "marché". Un Etat, un peuple, une famille, un être humain ne sont pas "un marché", encore moins des "marchandises" et n'ont pas à se soumettre à une somme d'intérêts particuliers inclus dans le dit-"marché". Empêcher les peuples de naviguer à vue et de se projeter dans le temps, c'est aussi façonner des comportements irrationnels, au-delà même des effets délétères de l'économie sur leur propre pouvoir d'achat. 

Si le peuple français ne récupère pas sa pleine souveraineté politique sur ses relations de commerce et sa monnaie, il restera soumis à N facteurs aléatoires existant dans le monde, qui combinés, ont pour résultante la désindustrialisation de son pays, l'effondrement de notre paysannerie, le chômage de masse et la misère sociale avec toute la part de violence qu'elle induit.

A l'exact inverse, si notre peuple reprend le plein contrôle de sa boite à outils macro-économique, nous recouvrerons toute la puissance politique nécessaire permettant de contraindre tous les agents économiques les plus irrationnels à beaucoup plus de sagesse s'ils tiennent à poursuivre leur activité, voire ne pas faire échouer leur cupidité jusque dans la cellule d'une prison.

Et quand on évoque des régulations purement monétaires et commerciales, nous ne parlons pas ici d'être nécessairement dans une économie dite "communiste". Jusqu'en 1983 en France, ces régulations existaient pour l'essentiel d'entre elles. Ce fut aussi la même année où l'on actait la fin des 30 Glorieuses commencées dix ans plus tôt, avec les premières dérégulations monétaires ainsi que le premier choc pétrolier opérés durant la même année 1973. Ces trois décennies bénies où l'Etat investissait directement dans son industrie d'avenir (le nucléaire, le rail, l'aéronautique, les télécommunications, etc), régulait son commerce international par voie monétaire, fiscale et réglementaire, et où l'on pouvait "dire merde à un patron" et se faire embaucher par celui d'en face avec un meilleur salaire encore, tout cela, nous refusons obstinément de le restaurer par nos votes ou la Révolution avec les adaptations liées à notre temps. Tous les Français de ma génération ayant discuté avec leurs grands parents, peuvent témoigner que nous avons connu le plein emploi, et que le plan Marshall et la reconstruction d'après guerre, ne suffisaient pas à expliquer le dynamisme de notre économie sous l'aura de Charles de Gaulle.

Il n'y a pourtant qu'une seule explication. Elle est affreusement simple : le peuple, quand bien même par la voie de sa représentation nationale, avait le plein contrôle de sa monnaie et de ses relations de commerce avec l'étranger.

Ces pans de souveraineté qui ont été retirés au peuple, peuvent être compris comme transférés au "Monde de la Finance", puisque ce n'est même plus l'Etat qui édicte ses lois bancaires nationales et sa réglementation économique générale : ce sont les banquiers eux-mêmes. 

Au-travers des accords de Bâle sur la politique monétaire, au-travers du lobbying et la corruption sur les institutions européennes afin d'obtenir des traités abolissant tout droit de contrainte des Etats sur le commerce et la monnaie, ainsi que des réglementations favorables aux industriels et rentiers en général, par le biais de directives et règlements approuvés dans un parlement européen fantoche et concoctés par des Commissaires dégoulinant de conflits d'intérêts manifestes et sans aucune légitimité élective.

Nous n'avons plus le contrôle de notre économie, et pire encore, nous laissons une cohorte de vieillards, de bourgeois et de Français sous-éduqués mais sensibles à tous les artifices marketing, maintenir électoralement jusque dans les plus hautes institutions politiques du pays, les pires traîtres et collaborateurs que la France ait enfanté. 

Le déclin industriel, agricole et social se poursuivra durant ce quinquennat, c'est une absolue certitude. Il ne peut être renversé qu'en renversant Macron lui-même, ainsi que toute la petite oligarchie ayant creusé son trou au parlement, dans la haute administration et jusqu'au sein-même de l'autorité judiciaire. Tous ces gens sont à la fois les idéologues, les larbins complices, et les bourreaux du peuple. Et il ne suffira pas de renverser les félons de la République. Il faudra aussi renverser la table à l'OMC et au Conseil Européen. Sortir de l'euro et du TFUE immédiatement comme mesure d'urgence au rétablissement de la vitalité économique et sociale française, mais aussi menacer de sortir de l'OMC, voire du FMI, si les dogmes en matière de coopération internationale par le commerce et l'investissement, ne sont pas totalement revus pour ne pas dire abattus.

Les Français sont tout à fait enclins à inscrire exclusivement dans leurs pratiques sociales,  les principes de commerce équitable et de production dite "bio" ou "responsable" du point de vue environnemental. Mais en laissant le "Marché" souverain par l'absence de normes contraignantes visant à lui imposer des modes de production et de commerce qui satisfassent le corps social, il s'institue en réalité un marché de classe :

Le plus haut niveau de qualité de service ou de production reviendra à celle ou celui qui a le pouvoir d'achat à même de financer cette qualité. 

La qualité la plus médiocre des biens et services reviendra aux plus déclassés incapables de consommer exclusivement voire même épisodiquement des produits "bio", ou issus du "commerce équitable" et plus encore "made in France"

Une tomate bio, c'est une attention humaine constante sur la qualité du cultivar et de son environnement immédiat, et c'est ce qui garantit ses qualités nutritives et son goût. C'est aussi une tomate qui sera consommée au plus près du producteur. On devrait même retirer le label "bio" à tout produit ayant voyagé plus de 200 km entre le producteur et le consommateur. 

Comment peut-on considérer dès lors qu'il soit acceptable et "rationnel" d'importer des tomates sans goût, cultivées en Andalousie sous serre et en vidant la précieuse nappe phréatique locale, cueillies encore vertes par des ouvriers agricoles gagnant moitié moins que les ouvriers français ; cela comme s'il était une totale imbécillité économique et politique de nous montrer plus exigeants avec la qualité de nos aliments ? 

Que peut dès lors faire un producteur de tomates "bio" en France contre un marché aussi dérégulé qu'ouvertement faussé ? Rien, si ce n'est être assuré qu'il y aura toujours assez de bourgeois au-delà d'une classe moyenne en voie de paupérisation, pour que sa production soit écoulée. Mais le consommateur pauvre, lui, n'a pas les moyens d'envisager la qualité pour son alimentation. Tandis que le producteur "bio", philosophiquement voudrait nourrir le monde entiers de produits sains, et coopérer pour cela avec des millions de petits producteurs de son pays, plutôt que se soumettre aux intérêts d'un petit nombre d'agro-industriels portant un regard strictement capitalistique à leur activité, et disposant de l'essentiel du foncier agricole en France.

Le consommateur pauvre pour sa part, face à son impuissance politique et monétaire, choisira la tomate importée d'Espagne, et c'est donc son potentiel emploi d'ouvrier agricole chez un maraîcher en France, qu'il annihilera se faisant. La pauvreté est croissante car elle engendre elle-même dans la faible valorisation de ses comportements de consommation, le nivellement social et écologique par le bas. Rendez riches tous les pauvres du monde, et ils deviendront les consommateurs les plus vertueux au point que le bio deviendrait la seule norme admissible, comme cela serait le cas avec le commerce équitable. Et encore, l'on constate bien que c'est dans l'hyper-classe financière, que l'on rencontre les comportements les plus prédateurs. Ce qui démontre bien que peut importe par quel préjugé nous souhaitons aborder la question purement humaine de nos comportements, il est de l'ordre du bon sens et de la raison d'anticiper les actions les plus viles et hostiles à l'intérêt social du peuple, par des lois qui n'empêchent nullement le commerce et l'investissement, mais en circonscrivent les abus.

Aussi, refuser depuis des décennies non seulement de criminaliser les montages financiers les plus spéculatifs, de donner les moyens à la Justice de punir au portefeuille les évadés fiscaux, mais pire encore, cet acharnement à démonter tous les mécanismes qui prévenaient en eux-mêmes la majorité des abus constatés aujourd'hui, c'est une véritable trahison.

Car la finalité concrète de cette doctrine économique imposée au peuple, ce sont des morts sous les ponts, des suicidés et de la violence sociale allant toujours croissant. Et ce ne sont pas les bourgeois qui subissent cette violence, mais les pauvres eux-mêmes.

Voila pourquoi la génération politique de Macron se permet d'être arrogante. Ce sont des gens riches, ne fréquentant que des cercles issus de leur classe sociale, et tout à fait imperméables à la violence sociale qu'ils génèrent. Ils ont toujours été à l'abri de cette misère, ne la comprennent pas, et sont même persuadés que les pauvres sont trop stupides pour savoir créer eux-mêmes leurs chances pour rentrer dans leur cercle.

A aucun moment ils n'envisagent que créer ses chances, suppose des partenaires commerciaux à mobiliser à partir de rien, la confiance d'un banquier sur un concept qui peut être très novateur et risqué et un niveau de vie suffisant pour assumer toute la phase de construction et de solidification de son projet entrepreneurial. Ce qui représente souvent plusieurs années pour un individu, où malgré le désintérêt des banquiers et des partenaires commerciaux sollicités et la pesanteur administrative et fiscale sur son activité, il faudra serrer les dents et rester motivé jusqu'au bout.

Combien d'individus en France ont selon M. Macron, les dispositions psychiques et financières à la fois pour innover et entreprendre, et surtout maintenir leur projet dans le temps face à la somme de toutes ces contraintes édictées plus haut ? Quant aux autres, c'est à dire l'écrasante majorité du peuple, que sont-ils ? Des "rien" ? Des "sans-dents" pour paraphraser son parrain politique ? Et dans ce cas qu'en fait-on ?

Si les libéraux avaient réellement souhaité faire la démonstration du comportement préjugé bienveillant de la majorité des acteurs économiques conduisrait de facto à ce que les progrès industriels et technologiques soient eux-mêmes facteurs de progrès sociaux, il leur suffisait de s'assurer que dans un tel modèle, tous les consommateurs de la planète (et pour le moins de notre pays), puissent s'aligner sur le niveau de vie d'un Français gagnant 1500 € en province, cela au moyen d'un revenu universel proportionné. Cela aurait permis qu'à minima, tout le monde puisse accéder à des produits de grande qualité, jusqu'à rendre ces derniers de plus en plus concurrentiels face à des produits industriels plus médiocres ou dont le lieu de production est trop éloigné au point de rendre le prix du transport trop prohibitif dans le coût final. 

Dans un univers fortement libéral, ce qui doit coûter de l'argent à l'opérateur économique et en faire gagner à l'Etat, ce sont les flux de la marchandises et de capitaux. Les gains de productivité sont à chercher en dehors de ces régulations indispensables pour garantir un minimum d'équité entre les nations dans leurs coopérations. Et gageons que si un univers libéral enchanté devait correspondre à une nation d'entrepreneurs, un revenu universel qui fasse concurrence au salaire minimum serait alors un cadre indépassable pour assurer cette liberté d'entreprendre sans entraves. Un entrepreneur doit être libre de son temps pour lancer son activité, et jouir d'une réelle sécurité financière. Un salarié pour sa part, vend son temps de travail à un employeur pour garantir sa sécurité financière. Ce sont deux comportements très différents. La majorité des entreprises qui n'ont pas et ne seront jamais créées, ne doivent rien à un manque de créativité et d'ambition d'une très grande partie de la population, mais doivent tout à la contrainte de survie de cette dernière. Travailler pour avoir un toit au-dessus de la tête et quelque chose à manger le soir suppose de mettre ses ambitions et sa créativité de côté.

Je ne crois pas M. Macron et sa majorité parlementaire totalement inféodée, capables de redonner au peuple le plein contrôle de sa politique commerciale et monétaire. Bien au contraire, la volonté est d'aggraver nos pertes de souveraineté, en témoigne le dépeçage par des fonds étrangers de notre industrie militaire, et la volonté d'européïser notre dispositif de défense.

Quand décision est prise de retirer à un peuple son indépendance jusqu'au sein même de son organe militaire, soit le cœur nucléaire de l'Etat, croyez vous que des traités économiques portant autorité politique au "Marché" soient le soucis de ces félons ? L'ambition est claire, constatée, circonstanciée, étayée par des années de violation du titre premier de la Constitution française par les "élites" politiques : nos dirigeants sont apatrides, haïssent notre pays, notre peuple, et nous livrent à tous les intérêts hostiles. Ils détruisent méthodiquement et pièce par pièce un pays tout entier pour en construire un plus grand.

On accuse ceux qui veulent simplement restaurer la souveraineté du peuple français en son pays d'être des "nationalistes". Mais c'est faire fi du nationalisme encore plus dégueulasse et totalitaire véhiculé par les européïstes. Eux rêvent pour leur part d'un Etat factice à dimension européenne, et ils le bâtissent sans notre consentement. Déconstruire la France en contraignant par la censure ou la diffamation toutes les oppositions, et faire de notre futur ex-pays, une région composite d'un Empire européen pensé par des Allemands et des Américains pour leurs propres intérêts nationaux, voila le projet.

Si depuis des années j'appelle à la Révolution, c'est pour signifier que même pour rétablir notre souveraineté économique en France, il faudra nécessairement épurer nos institutions des collabos et des traîtres qui y sévissent. Que l'on juge ma pensée comme trop radicale ou extrême ne lui retire pas son bon sens et sa raison d'être au regard de l'Histoire.

J'encourage tous ceux qui auront été capables de boire jusqu'à la lie ce diagnostic autant que cet avertissement, et y trouver effectivement un peu de bon sens, à aller jusqu'au bout de leur désir de balayer les années douloureuses en nous rejoignant du 8 au 11 Septembre prochain devant la Maison de la Radio à Paris. Cela afin de réclamer des comptes sur le régime de propagande entretenu depuis plus de deux décennies, mais aussi pour exiger la tenue d'un référendum au printemps prochain introduisant dans la constitution une procédure de référendum d'initiative populaire indépendante de l'aval du parlement ou du gouvernement. Le quatrième alinéa de l'article 11 de notre Constitution, rend caduque toute initiative populaire de la loi par le faisceau de contraintes qu'il oppose, en particulier sur le fait qu'elle nécessite l'initiative d'un cinquième du parlement qui soit favorable à une pétition du dixième du corps électoral (4,5 Millions de Français) pour, par exemple, sortir la France de l'U.E et l'euro ou destituer Emmanuel Macron.

Croyez-vous cela crédible ?

Dès lors que nous aurons accès au droit de légiférer à tous sujets, indépendamment de l'avis des institutions représentatives et avec un pouvoir contraignant sur ces dernières, nous n'aurons plus jamais de raisons de manifester. Notre représentation se saura légitime car révocable, et les Français pourront décider de leurs relations à l'Union européenne ainsi qu'aux autres institutions internationales de façon générale. Dans l'attente, il faut pour cela que le débat politique sous-jacent soit autorisé d'Antenne. C'est à ce titre que je compte sur votre mobilisation, pour que les intellectuels, politiques, associatifs et artistes qui défendent la cause du peuple puissent enfin être entendus, et que les mensonges économiques ou géopolitiques entretenus par la bande à Joffrin et Cohen soient démystifiés. Notre servilité découle de notre consentement à être abêtis par des médias vendus. Refusons cela.

Je compte sur votre courage et votre inquiétude pour l'avenir, mêlés.

Sylvain Baron



jeudi 20 juillet 2017

De l'autorité légitime.

Le président Emmanuel Macron débute donc son mandat, en défiant l'institution militaire et en cherchant à lui imposer son "autorité"

Mais il témoigne ici qu'il ne mesure pas la différence entre commandement militaire qui lui est conféré par la Constitution - ce qui est relativement neutre - de ce qui relève de l'autorité légitime. Il convient ici d'aborder quelques aspects de la question, pour ne pas laisser d'impressions erronées sur ses fondements.

L'autoritarisme des chefaillons ne peut en effet être confondu avec l'autorité naturelle des grands Hommes.

Toute personne revendiquant ostensiblement son autorité sur les corps régaliens de l'Etat, explicite en vérité qu'il n'en a aucune. L'autorité ne se revendique pas, ne se justifie pas, elle est le résultat silencieux mais tacite d'un consentement. Aucune disposition constitutionnelle ne légitime l'autorité humaine et politique sur un peuple en arme. Le distinguo doit être opéré, et c'est d'ailleurs ce qui fut fait à la Libération le 9 Août 1944 par le général De Gaulle, et pourrait être renouvelé afin de clôturer le mandat du chefaillon Macron.

Rappelons que plus près de nous, il y eut deux autres moments où l'Armée Française, chercha à rétablir d'une façon ou d'une autre la puissance de l'Etat face au politique.

La première fois en 1958 lorsqu'elle fit pression sur le parlement pour installer De Gaulle au mandat de président du Conseil, la seconde fois en 1961 pour se rebeller sur la question de l'Algérie. Contrairement à toutes nos ex-colonies, il y avait un fort sentiment d'attachement et d'interconnexions familiales avec l'Algérie française pour beaucoup de nos concitoyens de l'époque, et c'est ce qui explique pourquoi la séparation s'est faite dans la douleur, et s'est accompagnée d'un schisme profond ayant altéré la discipline militaire tant au sein même de l'institution que face au politique.

Si ces périodes de crises sont considérées comme dangereuses pour la démocratie par les bien-pensants qui jouissent du droit d'exposition médiatique, la réalité est tout autre l'essentiel du temps.

Depuis l'Antiquité, l'on sait que la plèbe romaine préférait accorder sa confiance aux chefs militaires pour assurer la Justice, plutôt qu'en laisser le total contrôle aux puissants sénateurs. La plupart d'entre eux était tout aussi hostile aux intérêts du peuple que ne le sont nos parlementaires d'aujourd'hui. Cette reconnaissance instinctive de l'autorité militaire comme supérieure à celle de la représentation politique, découle d'une raison historique : tout citoyen romain pouvait échapper à l'impôt et au paiement de ses dettes, en s'engageant dans l'armée. La dimension civique de l'institution était déjà pleinement consacrée. Les lois de Lucius Sartunius et Caïus Glaucia en - 100 avant Jésus-Christ, retirèrent même aux sénateurs (généralement créanciers de la plèbe) leur droit de siéger dans les tribunaux, au profit des chevaliers. L'Armée était alors déjà une institution qui garantissait l’élévation au mérite, et non pas sur la fortune. Le citoyen romain qui revenait à la vie civile, était donc respecté pour avoir survécu et voyagé dans des contrées hostiles, mais aussi parce que même devenu un soldat, officier ou général reconnu pour ses faits d'armes, il restait pour grande partie issu de la plèbe et donc plus en phase avec les intérêts du peuple.

Après 2000 ans d'histoire gallo-romaine, de féodalité franque et de construction lente du pré carré de l'Etat, ce lien entre l'armée et la nation ne souffre toujours pas de contestation. La nation étant en substance : le peuple disposant de la souveraineté politique sur les institutions créées sur son propre territoire. Un peuple qui ne dispose pas de son droit à l'auto-détermination comme les Kurdes ou Palestiniens, n'est pas une nation. C'est un peuple soumis à tous les arbitraires.  Pour qu'un peuple existe, et puisse définir le territoire où il compte exercer sa souveraineté politique - en général sur la base d'une communauté de langue et donc de compréhension mutuelle - il lui faut être en capacité d'une part de repousser toute manœuvre militaire hostile sur son territoire revendiqué, mais aussi disposer du contrôle sur sa propre représentation politique. C'est pour cela que depuis la tribu jusqu'à la nation, le peuple s'arme pour se défendre tant des autres que d'une partie de lui-même. Et c'est aussi pour cette raison que la représentation militaire du peuple, reste instinctivement considérée comme la plus légitime à exercer son autorité, y compris sur le politique lorsque c'est nécessaire. Le glaive tranche tous les débats.

Comme il est parfois nécessaire d'illustrer une idée par son exagération pour mieux appréhender sa subtilité dans son quotidien, je nous propose un petit détour sur un exemple apocalyptique permettant d'anticiper ce qui adviendrait si la France devait subir une crise majeure. Admettons directement une guerre, comme ce qui est advenu en 1939, mais cette fois-ci, nous n'avons plus de pétrole, nous avons plusieurs villes rayées de la carte, le parlement a été détruit, le gouvernement est vacant, plus de la moitié de la population a été décimée par la faim ou les bombardements et nous sommes au premier jour de la paix.

D'une part, toutes les technologies et moyens de garantir leur alimentation en énergie ne seront pas réduits à néant sous prétexte d'une guerre majeure. Dans les campagnes et certaines villes, on aura été plus épargné ou solidaire. Ceux qui avaient un poste dans la fonction publique ou l'armée, auront continué même sans solde ou traitement, de faire fonctionner les institutions autant que faire se peut. Les gens disposant d'un savoir-faire, auront continué d'exercer celui-ci et seront même en situation de le valoriser après le conflit. Et c'est l'armée, qui en dernier recours, si le politique n'est plus en capacité d'exercer l'intendance, qui organisera la logistique pour ravitailler les populations, rétablir les institutions en souffrance, et l'état de droit si nécessaire. Même sans police disponible, le renégat d'un scénario à la Mad Max reconnaîtra lui-même l'autorité de l'Etat qu'il défie, s'il se trouve face à un soldat en uniforme. La police n'étant qu'une division juridique opérée sur la part légalement armée du peuple, pour assurer sa sûreté intérieure uniquement.

En clair, quand Max Weber explique que l'Etat jouit du monopole de la violence légitime à son propre profit, il ne témoigne que d'une autorité qui est consentie par les civils aux forces armées qu'ils nourrissent de leur propre chair, et qui en dernier recours, ont une extension politique et de justice. S'il faut passer par l'épée le traître que l'on rend responsable de l'effondrement de l'Etat et des millions de morts qui en ont auront découlé, il ne se trouvera aucun citoyen ou sujet pour contester le général qui prendra cette responsabilité. Le plus souvent et cela depuis Napoléon, l'Armée se borne à faire pression sans être sanglante. 

En Tunisie, ex colonie française, le 14 Janvier 2011, ce n'est pas la révolte populaire qui a précipité la destitution de Ben Ali, mais le fait que l'essentiel des officiers militaires ont contesté l'autorité de celui-ci jusqu'à lui suggérer de faire ses valises. Les civils n'ont pas pénétré le palais présidentiel pour chasser leur chef d'Etat. Tout s'est déroulé sur la confrontation entre quelques généraux disposant d'une réelle autorité sur leurs soldats, et la garde rapprochée du dictateur. Une fin de partie a été sifflée, l'oligarchie tunisienne a compris qu'elle n'avait plus de contrôle sur le consentement de cette partie de la nation, qui est pourtant armée au service de l'Etat. Cette dernière ne répond pas des turpitudes politiques de ceux qui prétendent représenter le peuple, mais joue au contraire un rôle essentiel dans la résistance à toutes les formes d'oppression. L'Armée tunisienne n'a pourtant pas pris le pouvoir, elle s'est bornée à créer les conditions de la vacance du chef de l'exécutif, la constitution tunisienne a fait le reste pour que s'opère la transition. L'institution militaire à bien l'observer, est un réel contre-pouvoir que les législateurs se refusent à distinguer pour tenter d'en garder le contrôle.

Face à cette contrainte purement légale, l'Armée a pour le coup une façon très latine et moderne d'opérer, et la France tout comme la vieille Carthage est indéniablement un pays qui procède d'une culture greco-romaine dans son ordre militaire et politique. A-t-on vu les révolutionnaires tunisiens s'inquiéter de ce soutien de l'Armée à leur colère ? En aucun cas, les soldats étaient eux-mêmes issus de la plèbe, et le peuple en arme commande.

Ce que M. Macron ne comprend pas lorsqu'il se permet de défier l'Armée qui conteste sa politique de démantèlement matériel et humain - et plus en profondeur l'utilisation douteuse de nos forces sur des conflits qui nous sont étrangers - c'est qu'il s'attaque se faisant à une institution qui a son propre mode de fonctionnement et sa propre représentation de l'autorité.

L'Armée ne valorise que le mérite et l'honneur pour se hisser à des responsabilités supérieures et juger les Hommes. Elle se montre exigeante avec elle-même pour satisfaire au bien être social, moral et sanitaire de ses soldats. Elle incarne dans sa forme primaire, une certaine idée de notre aspiration sociale. Elle est aussi une institution qui est intégralement incarnée par des jeunes Français qui à l'égal de tous les autres, sont plus ou moins bien informés des petites et grandes trahisons de nos élites politiques. Et il ne faut pas croire que les militaires sous prétexte d'un devoir de réserve, s'abstiennent de parler de politique en dehors de leur service. Nous sommes tous des êtres politiques. Fondamentalement. Les militaires ne font pas exception à la règle, ils jouissent d'une conscience.

Personne ne veut pourtant être le premier à défier la légitimité des mandatés de l'oligarchie financière, cela par principe de discipline. Mais l'autorité politique et militaire ne revêt cependant pas, encore une fois, d'une quelconque disposition constitutionnelle pour se maintenir dans le temps. Or, M. Macron semble parier sur l'apathie populaire et les artifices de sa communication pour établir ce qu'il croit être une "autorité", sans mesurer qu'il n'a aucun contrôle sur l'ensemble des forces d'opposition qui s'activeront durant tout son mandat à contribuer à sa chute. Il ne peut anticiper ce qui pourrait faire sens aux yeux du peuple dans les semaines et mois à venir, et générer des millions de manifestants et des usines à l'arrêt pour le forcer à la démission. Ce n'est pas parce que le peuple est léthargique depuis près de cinquante ans, qu'il ne se réveillera pas du jour au lendemain...

Dans ce cadre, avoir été assez idiot pour insulter l'institution militaire en faisant de celle-ci une variable d'ajustement budgétaire tout en déconstruisant la patrie pour la livrer à des intérêts étrangers hostiles, peut conduire à sa chute tout mégalomane aussi jupitérien et arrogant soit-il à la première insurrection civile venue.  L'Armée est en un certain sens, le juge de paix pour rétablir l'autorité de l'Etat et la paix sociale. Elle répugne à défier elle-même les roitelets illégitimes, mais si ce déficit d'autorité est acté dans la rue par la majorité du peuple, et que la capacité défensive de la France est par ailleurs jugée comme trop altérée par la chaîne de commandement, les généraux et officiers ayant l'autorité (réelle) sur des régiments sensibles, auront toute la latitude pour suggérer à l'usurpateur du commandement suprême, d'avoir l'obligeance de faire ses valises et démissionner de ses fonctions sans discuter. 

Depuis 1961, jamais plus l'Armée n'avait donné autant de signaux d'alarme sur un déficit d'autorité militaire du pouvoir politique. C'est la première fois depuis des décennies qu'un chef d'Etat-Major rend son képi, et si je m'abstiendrais de préjuger de l'action future du Général François Lecointre pour défendre les intérêts de la patrie, je regrette cependant le déshonneur paradoxalement nécessaire que cela laisse planer en ne faisant pas bloc derrière le Général Pierre De Villiers, cela par le refus discret ou ostensible de la charge.

Si aucun officier n'avait accepté de remplacer le Général de Villiers, la crise politique aurait pris une toute autre tournure, du fait d'une défiance cette fois-ci ostensible de l'ensemble des réels chefs militaires du pays. Macron aurait alors dû se soumettre à la réelle autorité de l'Armée sur des revendications bassement budgétaires, mais aussi sur le maintien d'un général au rang de chef d'état-major des armée à ses côtés, alors qu'il l'avait insulté publiquement. Ainsi, le Général Lecointre se trouve dans une position très inconfortable en assurant la continuité du haut commandement militaire de la France.

Deux signaux parmi beaucoup d'autres plus diffus dans le temps, témoignent que M. Macron sait déjà le caractère purement factice et illusoire de son "autorité".

D'une part, la haie d'honneur que les officiers du Ministère de la Défense ont organisé pour le départ du Général de Villiers. C'est une façon subtile et tout à fait fidèle à l'esprit de corps de faire passer un message politique au président de la République. D'une autre part, le fait que M. Macron s'est senti obligé de se justifier sur son autorité sur les armées pour la seconde fois le 19 Juillet 2017, sur la chaîne BFM Tv. Ce dernier a tenté d'évincer l'autorité du chef d'Etat-Major qu'il vient de nommer, sur la stratégie de défense et les moyens technologiques, humains (et par conséquent financiers) qui s'y adjoignent. M. Macron se prétend-il plus compétent que son propre chef d'Etat Major pour définir ce qui est nécessaire aux capacités opérationnelles des armées ? Dans quel régiment militaire M. Macron a t'il servi pour justifier d'une compétence supérieure sur un général d'armée quant aux besoins vitaux de celle-ci, pour assurer sa mission de défense ?

Du reste, notre dissuasion nucléaire a un coût, et il est du devoir du chef d'Etat-Major, d'informer la population dans le cadre des commissions parlementaires, si les crédits nécessaires au maintien de notre indépendance nationale sont clairement insuffisants. M. Macron oublie sciemment de rapporter qu'il est du devoir du parlement de contrôler l'action des ministres au regard des nécessités de fonctionnement de l'Etat. Concédons que lui et son équipe de campagne, n'a pas sélectionné les députés de "La République en Marche" parmi les moins opportunistes et cupides de nos concitoyens, valeurs habituelles des oligarchies naissantes ou régnantes. Il en a détruit une pour en créer une nouvelle de toute pièce, mais qui est toute aussi crasse et dévolue à ses propres intérêts particuliers que les fantômes de la précédente. Il sait obtenir (pour le moment) son consentement à son jeu de macabre destruction, mais là encore il ignore quelles pressions pourront être exercées sur les parlementaires dans l'avenir, ni des formes qu'elles prendront. M. Macron qui n'ignore pas les lois constitutionnelles en vigueur, oublie cependant que le commandement dont il dispose, ne tient qu'à la mesure que le peuple et son armée s'abstiennent de faire valoir leur union sacrée pour le renverser. Le pouvoir de n'importe quel chef d'Etat, y compris en France, est très relatif. Il ne tient que sur le consentement du peuple à son propre asservissement. Mais il y a des lignes de rupture qu'il n'est pas bon de franchir en sachant que la mémoire collective s'en nourrit pour exulter ses futures violences insurrectionnelles.   

Une autorité qui est manifeste ne se revendique pas, il ne faudra jamais cesser de le dire. Depuis la première guerre d'Irak, puis celle de Yougoslavie jusqu'à celles actuellement en cours en Afrique et au Moyen-Orient, l'armée française a du avaler toutes les couleuvres, que ce soit sur la légalité de l'usage de l'institution dans ces conflits, ou les moyens qui lui sont conférés pour les assumer. Le patriotisme qui est en outre une dimension culturelle forte dans la soldatesque et jusque dans les sphères de commandement, est une valeur constamment heurtée par les responsables politiques, tous soumis à une idéologie mondialiste et anti-France très éloignée de celle qui motive l'engagement des militaires.

Dans ce contexte de crise morale, politique et budgétaire, Macron a révélé son incompétence à mesurer son rôle d'arbitre et non de gamin capricieux,  pour garantir la solidité des institutions. Nous ne verrons pas forcément l'Armée aller plus loin dans sa grogne, mais si jamais elle trouve l'opportunité dans le cadre d'une révolte civile, de rappeler au président la relativité de son "autorité", il est probable qu'un certain nombre de généraux n'hésiteront pas à poser l'acte final de l'insurrection qui vient...