vendredi 11 janvier 2019

Lettre ouverte aux journalistes (bis) de la part d'un Gilet Jaune

Le mouvement des Gilets Jaunes a eu le mérite de mettre en lumière, particulièrement vis-à-vis des premiers concernés qui cultivaient jusque là un entre-soi réconfortant, la fracture qui existe entre les Français et nos grands médias publics et privés. Ce schisme n'est pas une nouveauté et les journalistes eux-mêmes, s'appuient très souvent (avec raison) sur les enquêtes du Cevipof, pour en relater l'amer constat. Ainsi, si seulement 12 % des Français disent faire confiance aux partis politiques, c'est à peine mieux pour la presse, puisque 25 % de nos compatriotes s'estiment satisfaits du traitement de l'information en France. Plus surprenant (et les Gilets Jaunes devraient en tenir compte), la Police Nationale obtient 70 % de capital confiance, l'Armée 77 % et les Hôpitaux plafonnent à 81 %.

Cependant, les journalistes autant que les Gilets Jaunes (du moins leurs représentants médiatisés), expliquent le phénomène, non pas en considérant le temps long d'une exaspération nationale n'ayant pas attendu les premiers actes du soulèvement pour que ce désamour apparaisse dans toute son intensité, mais en laissant à entendre que la "haine" des Gilets Jaunes contre les grands médias, serait liée au traitement éditorial de l'insurrection. Les uns accusent les grands médias d'occulter les violences policières, de présenter les Gilets Jaunes comme des populistes sans revendications claires ou encore de minorer les chiffres de la mobilisation, les autres se bornent à répéter les accusations des premier pour y donner un droit de réponse, souvent pertinent du reste.

Mais le problème de fond, c'est à dire celui dont ne souhaitent pas vraiment parler les journalistes et qui n'est pas plus évoqué par des porte-paroles des Gilets Jaunes qui le plus souvent communiquent sur la dynamique du Mouvement que sur une analyse réellement soutenue de la question médiatique : c'est bien le régime de censure, de propagande et de maccarthysme qui règne depuis plus de deux décennies en France. 

Or, pour évoquer ces problèmes, il faut utiliser des exemples pertinents, objectifs et ne souffrant d'aucune contestation possible. Par exemple, pour évoquer la censure, il suffit simplement d'évoquer le désintérêt des grands médias pour de "petites" formations politiques (nous citerons ici l'UPR ; le PARDEM ; le PRCF et S&P) qui ont le mauvais goût de dénoncer tambour battant notre appartenance à l'U.E et l'euro, l'OTAN, l'ordo-libéralisme doctrinaire de nos politicards et hauts-fonctionnaires, les guerres illégales menées par la France, etc, etc...

A l'inverse, le grand parti ultra libéral et européïste français (LRPSMODEMUDI devenu LRM aujourd'hui), jouit d'une médiatisation tonitruante depuis des décennies. Un soutien clair, ostensible et prosélyte de la part d'une pelletée de journalistes qui mélangent militantisme politique et... journalisme.

Lorsque l'on pose la question aux journalistes sur cette "pensée unique" dans les grands médias, la plupart s'inscrit en faux. Aucun ne pense avoir été recruté précisément parce que ses opinions politiques rassuraient leur direction ; tous pensent faire du bon travail ; rares sont ceux qui évoquent des pressions (en tout cas dans les médias privés) ; très peu concèdent qu'un mépris de classe et une sociologie "bobo-parisienne" est le premier ressort de la médiocrité de la presse française. Lorsqu'on évoque avec eux le fait que la durée d'une campagne électorale selon les critères définis par le Code Électoral, est d'une vingtaine de jours, et qu'il n'est pas possible pour de "petits candidats" de rattraper des heures de temps d'antenne accordées sur plusieurs années durant, à de "grands candidats", une moue gênée en découle. Mais qu'on se rassure, les journalistes respectent la loi. Et justement, et c'est bien cela le problème ! Ils ne respectent pas la logique, le sens de l'éthique ou encore le concept d'équité (n'ayant rien à voir avec celui développé par Jean-Jacques Urvoas), ils respectent une loi sur le temps d'antenne extrêmement profitable à l'oligarchie, extrêmement nuisible à la diversité d'opinions et pour le moins, à des élections que l'on voudra libres et non faussées.

Les journalistes concèdent à la rigueur (mais pas plus) que le temps de l'actualité nuit réellement à la qualité de leur travail. Pas de délai suffisant pour investiguer et apporter des éclairages, approfondissements et nuances, car une actualité en chasse une autre et il n'est pas question de creuser les sujets. Pourtant, dans la presse écrite (et grassement subventionnée), le temps de l'approfondissement est permis. Ainsi, l'Obs, l'Express, le Monde et Libération ont accordé entre 2015 et 2017 plus de 8000 articles dont le sujet principal était Emmanuel Macron. C'est dire si le sujet a été approfondi ! Aucun autre candidat à la présidentielle, et encore moins les "petits", n'a jouit d'un tel matraquage médiatique. Libération n'a d'ailleurs pas pu s'empêcher à la veille du scrutin du second tour, de concocter une Une qui ne souffrait pas d'ambiguïté : " Faites ce que vous voulez, mais votez Macron". Je rappelle que ce journal, second le plus subventionné de France après "Aujourd'hui en France" a perçu  près de 6,4 Millions d'euros d'aides payées par les impôts des Français en 2016, y compris ceux qui ne tenaient pas du tout à voter pour Emmanuel Macron.


Alors puisque je sais qu'un certain nombre de journalistes consultent ma propre page facebook régulièrement, qu'ils cherchent d'ailleurs à y dénicher la petite phrase sulfureuse permettant d'occulter des centaines de publications autrement plus "consensuelles" pour ensuite me godwiniser et me prêter des opinions ou relations que je n'ai pas, je vais supposer que ce même billet aura une chance d'être lu par quelques-uns d'entre eux. Et je ne répéterai par une seconde fois mes récriminations, ni la proposition finale qui en découlera :

Si bien entendu, la majorité des journalistes essaye et pense faire du bon boulot, cela ne dit rien de la ligne éditoriale des mass médias pour lesquels vous travaillez, ni des thématiques que vous censurez ou traitez avec un biais idéologique manifeste. Le désamour entre les Français et les Médias cessera lorsque pour commencer, vos salles de rédaction seront peuplées de journalistes radicalement opposés dans leurs opinions, non pas sur le clivage "gauche-droite" mais bien sur les questions plus sérieuses que sont l'U.E, l'euro, la paix et la guerre, l'économie ou encore la question migratoire. En fait, à tous sujets, il n'est plus supportable de lire ou entendre des journalistes répéter en perroquet une même information, pour la commenter, souvent avec le même point de vue "bobo". Par ailleurs, une question d'intérêt général ne se débat pas en fonction d'un clivage abscons et quasi inexistant chez les Français, mais bien à partir d'une réflexion critique sur le sujet en lui-même.

En second lieu, et cela est aussi un message adressé à certains Gilets Jaunes : il est inutile de nous renvoyer à notre comportement de consommateur de l'information en soulignant la diversité d'offres existante à ce sujet. Quand des Millions de Français (qu'un certain Charles de Gaulle appelaient aussi "veaux") regardent quotidiennement les mêmes grands médias audiovisuels, et seront amenés à voter en fonction des commentaires d'une presse aux ordres, il n'est pas question d'ignorer cette immense majorité asservie à ses écrans de télévision. C'est à cette portion énorme du peuple que les Gilets Jaunes souhaitent s'adresser, et pour cela, c'est bien par l'entremise des grands médias publics et privés qu'il faut nécessairement passer. Or si ces mêmes grands médias nous vendent Macron comme un jeune premier "élu démocratiquement" ; une Union européenne indépassable qu'il ne faudrait surtout pas remettre en cause (voire oser vouloir la démanteler) ; des "guerres justes" contre de vilains dictateurs en Libye ou en Syrie qu'il faudrait soutenir ; etc, etc... c'est que le problème de fond n'est toujours pas réglé. Il devient urgent et vital pour le peuple français d'accéder à de l'information géopolitique et économique qui soit SÉRIEUSE ! Nous sommes peut-être des veaux, mais certainement pas des abrutis. Informez donc le peuple sans recourir aux points de vue de Jacques Attali ou Alain Mink, et ayez la gentillesse de mettre à la porte les Apathie, Demorand, Cohen, Barbier, Elkrief, etc... qui créent des crises d'urticaire à tous les Français qui les entendent débiter leur haine (bien réelle) du peuple.

Par ailleurs, s'il est nécessaire que la diversité d'opinions se traduise dans le SÉRIEUX des sujets traités, cela va aussi de pair avec le respect qui est dû aux personnalités politiques ayant jusque là subit une censure honteuse et des calomnies perpétuelles pour les discréditer. Il ne s'agit pas seulement d'accorder du temps d'antenne à des "petits" partis politiques et leurs porte-paroles pour offrir un autre son de cloche intellectuel aux Français, mais aussi de vous intéresser à des personnalités qui émergent sur Internet comme Etienne Chouard, Michel Drac, Franck Lepage, etc... Quand on prétend pompeusement représenter "l'opinion publique", il est assez étrange d'ignorer qu'une bonne part de l'opinion publique, s'intéresse à des notoriétés que l'on entend jamais ou presque dans les grands médias français.

Il va de soi que les quelques actionnaires qui se partagent la quasi totalité de la presse en France, doivent être évincés. Bien sur, aucun d'entre eux ne fait pression sur vous directement. Mais indirectement, si. Par votre recrutement, par le choix de votre direction éditoriale, par le biais de votre auto-censure. Je vous propose d'ailleurs un excellent sujet qui aura le mérite de mettre en exergue ce dernier point : Si vous travaillez dans un grand média privé (par exemple BFM), pourquoi ne pas évoquer l'intérêt d'évincer les grands actionnaires du capital des grands médias ? Qui défend cette position ? Est-ce envisageable ? Que pensez du statut de coopératives pour les grands médias privés ? Faut-il imaginer une presse totalement publique ? Pourquoi de grandes fortunes prennent le contrôle des grands médias ? Par mercantilisme ? Par désir d'offrir une information de qualité et pluraliste aux Français ???

S'il vous semble compliqué d'aborder un tel sujet à BFM comme ailleurs, ce n'est pas parce que M. Drahi vous pressurise, mais bien parce que vous savez d'emblée ce sujet comme trop sensible. Voici un exemple simple d'auto-censure.

Enfin, reste la question des médias publics, et mon opinion est assez tranchée sur ces derniers. Ce sont les pires (oui, même BFM fait du bon boulot à côté de France Télévisions ou France Inter), et le problème ne sera réglé qu'en remplaçant une partie du personnel journalistique. En outre, il faudra réformer totalement la loi sur la Liberté de la presse du 29 Juillet 1881, certaines lois du Code Électoral, porter reconnaissance du IVème pouvoir et à la Charte de Munich dans la Constitution, réformer totalement le CSA ou l'abolir. Dans le premier cas, il s'agirait de le rendre indépendant du pouvoir exécutif, le transformer en Cour pouvant prononcer des peines en cas de violation du code de déontologie et d'éthique des journalistes, et s'assurer que des citoyens tirés au sort, des journalistes et magistrats puissent en assurer la composition et les arbitrages. Enfin, il ne serait pas inutile de revoir totalement les modalités d'attribution de la carte de presse à l'ère des blogs spécialisés et du journalisme non rémunéré.

Dans tous les cas, il est urgent que de véritables assises de la presse, réunissent citoyens et journalistes afin de débattre des solutions pouvant améliorer significativement la ligne éditoriale, la qualité des programmes et du traitement de l'information, ainsi que l’interaction entre les journalistes et les usagers de l'information. Beaucoup de Gilets Jaunes partout en France m'en parlent et appellent ces assises de leurs vœux.

Bien sûr, Emmanuel Macron mise sur le pourrissement du mouvement du fait que les Gilets Jaunes n'agissent pas de façon disciplinée et stratégique pour renverser le Gouvernement. Et peut-être que cette volonté de mettre à l'épreuve notre motivation permettra à Macron de s'en sortir provisoirement, jusqu'à un prochain soulèvement du peuple. Mais si rien ne change sur le plan médiatique très rapidement et cela de façon durable, n'en doutez pas, la prochaine phase insurrectionnelle risque d'être encore plus violente, pour ne pas dire sanglante, et les journalistes seront considérés avec le même ressentiment que les politicards qu'ils promeuvent constamment.

Ne prenez plus de haut le peuple, doutez de vos opinions politiques car généralement, vous ne maîtrisez pas vos sujets et ne comprenez rien au droit, à la monnaie ou à l'économie. Je mets d'ailleurs au défi chacun d'entre vous de soutenir un échange sur ces questions relevant de la marche de l'Etat avec moi. Éclairez nous sur la réalité de l'offre politique et intellectuelle existante en France, plutôt que faire propagande pour les mêmes gredins. Oubliez les joies du "story telling" et des slogans anxiogènes. Les Français n'ont plus peur de vos incantations ! Pour votre part, il serait temps que vous vous inquiétez de la rage de notre peuple à votre endroit. Je suis de mon côté un type excessivement pacifique, et je sais être clairement minoritaire sur ce point de vue chez les Gilets Jaunes.

Préférez-vous vous entretenir avec des gens "courtois" et constructifs dans leurs échanges, ou avec des citoyens totalement enragés qui auront besoin d'exulter leur colère sur le premier journaliste venu ?

Acceptez mon offre, car avec 25 % d'opinions qui vous sont favorables, les solutions que vous méditerez dans votre entre-soi coorporatif réconfortant, ne vous seront d'aucun secours pour la suite...

Bien cordialement,

Sylvain Baron








mercredi 9 janvier 2019

Gilets Jaunes : L'Histoire va t'elle s'accélérer ?

Depuis le 17 Novembre dernier, un formidable soulèvement populaire s'est opéré en France. Ce qui est appelé mouvement des "Gilets Jaunes" du fait d'un signe de ralliement, ne dit pas grand chose des ressorts civiques de cette insurrection. D'une part, elle est d'emblée et sans contexte le réveil du patriotisme dans nos campagnes. Dans les ronds-points où les cortèges urbains, fleurissent les drapeaux tricolores, et entonnées sont la Marseillaise et le Chant des Partisans. 

Car si Paris est peuplée de bourgeois maudissant notre peuple, son Histoire et ses frontières, nos provinces quant à elles, sont hantées par ces petites gens qui ont de la famille et des amis partout en France, et qui restent attachés à la Terre, conservent des valeurs sensibles sur ce qui fonde notre Société, et ne supportent plus de constater qu'une oligarchie se permette de les mépriser ostensiblement, alors que cette dernière se comporte en parasite politique, social et financier pour notre patrie. Lorsque l'on fait les poches des français, le minimum de décence, serait de faire montre d'un tant soit peu d'humilité.

Tel n'est pas le cas pour Emmanuel Macron, employé servile d'Henry de Castries, Angela Merkel, ainsi que les intérêts étatiques et financiers défendus par l'agent d'influence (ou espion au sens de l'article 411-1 du code pénal) Jacques Attali.

Nous pourrions en vérité allonger la liste des sphères d'influence qui ont permis à Emmanuel Macron d'usurper le pouvoir, au moyen du financement d'une campagne marketing tonitruante et en usant de l'enthousiasme imbécile des chiens de garde du mainstream médiatique. Le "Story Telling" s'est merveilleusement bien déroulé. La censure et la calomnie des opposants aussi, Emmanuel Macron a donc bien évidemment été "élu" comme du reste, ses prédécesseurs Hollande et Sarkozy. Sauf qu'aujourd'hui, le peuple qui ne votait plus, votait blanc, ou votait mal a clairement décidé de mettre fin au grand cirque parisien.

Les véritables parasites responsables de l'anémie économique, financière et sociale de la France sont bien représentés par une caste d'irresponsables politiques, de médiacrates et de hauts fonctionnaires, qui trop idéologisés et indolents pour être capables de prendre des décisions ou défendre des opinions répondant de l'intérêt national, s'emploient au contraire à défaire l'Etat bout par bout, en privatisant ou en fermant des pans entiers de services publics ; en transférant la souveraineté de notre peuple à des entités étrangères ne répondant d'aucun suffrage ; en livrant enfin jusque le commandement de notre armée à l'Allemagne et à l'OTAN, tout en renonçant au contrôle de notre industrie fournissant les pièces et munitions nécessaires à l'indépendance militaire de la France.  Si les institutions existent, l'Etat est nu de sa force, de toute volonté politique relevant de l'intérêt général, de toute vision à 50 ans pour assurer les grands enjeux du Siècle, et même de toute aspiration à ce que la France existasse encore dans ce "Nouvel Ordre Mondial" dont certains fous se répandent.

Le mouvement des "Gilets Jaunes" est spontané, anarchique dans ses formes, patriote et social dans ses ambitions, révolutionnaire dans ses revendications, ainsi que dans sa dynamique et son étendue. Cependant, comme toutes les révolutions, le commencement de celle que nous vivons est encore largement la démonstration d'un bordel sans nom, où les plus passionnés et/ou les moins compétents, se retrouvent bien souvent propulsés organisateurs de rassemblements, alors que ce genre d'opérations de force, exige un minimum de sens des responsabilités (au sens de la sécurité des personnes) et de vision stratégique. Troubler la circulation publique plus d'une journée n'est pas la meilleure méthode pour obtenir le soutien du peuple. De même que manifester de façon chaotique en se confrontant aux forces de l'ordre, n'est pas ce qui permettra de renverser l'oligarchie. A la fin de la journée, à part faire le décompte des blessés et entendre les grands médias seriner que les "Gilets Jaunes" sont des gens violents, nous n'obtenons rien de ces marches de défiance, car elles ne menacent nullement les personnes et institutions les plus sensibles.

Un autre marqueur bien identifié de cette Révolution, est l'inertie des corps intermédiaires à se prononcer. Si nombre de fonctionnaires et militaires soutiennent le soulèvement des "Gilets Jaunes", ils se sentent impuissants à désobéir à des consignes politiques sur lesquelles ils ont le sentiment de n'avoir aucune prise. Les policiers ignorent que la Loi Anicet le Pors, supérieure dans la hiérarchie des normes à leur code de déontologie, abolit le "devoir de réserve" pour tous les fonctionnaires, et que l'on soit magistrat, agent administratif ou adjudant dans un régiment d'infanterie, personne n'entend que le droit de résistance est bel et bien supérieur à toutes lois et décisions aussi arbitraires que contraires à l'intérêt national, appliquées par une tyrannie en exercice.

Il est vrai aussi, qu'un certain nombre de meneurs chez les Gilets Jaunes, n'aide pas à réhabiliter le lien entre les corps constitués et la nation. En prétendant que nous sommes "apolitiques" plutôt que "transpartisans", discours s'inscrivant dans une idéologie nihiliste et même destructrice des institutions, ils réussissent par le pathos (très communicatif) qu'ils véhiculent, à dessaisir du bon sens certains insurgés parmi les plus radicaux. A quelques années de nous pourtant, une Révolution un peu similaire à la notre, a eu lieu en Tunisie. Or les tunisiens sont des gens aussi bien éduqués que les Français, ils étaient déjà habitués à un minimum de confort de vie, et étaient très interconnectés par les réseaux sociaux. A la différence de nous, il leur a suffit d'un mois pour renverser Ben Ali, avec le soutien de leur armée. L'avantage sans doute des armées de conscription, bien plus connectées au peuple que les armées de métier. Pour notre part, nous célébrerons bientôt notre troisième mois de lutte, sans que Macron n'ait été pressurisé par notre Etat-Major Militaire.

Il me semble donc à ce stade, devoir rappeler quelques principes opérationnels et politiques que je promeus depuis un certain nombre d'années, et permettant d'accélérer le cours de l'Histoire :

Sur le plan opérationnel :

- Nous devons prendre le contrôle des grands médias, du parlement, et devons obtenir le soutien de l'Armée, en adressant un message ostensible de notre détresse, devant les régiments et bases militaires du territoire.

- Tout ce qui est organisé dans les centres villes, doit être déclaré en préfecture. 

- Le siège pacifique est préféré aux cortèges sauvages. Des délégations doivent négocier l'obtention de certaines revendications lorsqu'ils assiègent des institutions. Qu'elles portent sur l'éviction de cadres administratifs ou élus politiques, ou sur le fonctionnement de l'institution elle-même.

- Les casseurs ne doivent pas être tolérés, l'auto-discipline est notre seule façon de servir l'intérêt collectif.

Sur le plan politique :

- L'article 7 de la constitution précise qu'en cas de vacance de la présidence de la République, le président du Sénat (actuellement Gérard Larcher) assure la continuité du mandat, et somme le gouvernement d'organiser une élection présidentielle anticipée. Si l'on considère que l'éviction du chef d'Etat, va de pair avec son Gouvernement, alors les insurgés ayant réussi leur épreuve de force politique, sont légitimes à imposer leur propre Gouvernement pour assurer la transition. C'est ce que nous devrons imposer tant au Peuple tout entier qu'aux institutions. En respectant la Constitution, et en jouant de ses silences, il est possible d'assurer une transition de trois mois, où moult référendums et réformes politiques pourront être mis en oeuvre, au profit de la nation.

- Il ne s'agit donc pas de perdre du temps sur la litanie des revendications sociales et démocratiques que nous pouvons porter, et encore moins nous attarder à en définir les normes pratiques et théoriques, mais bien de réclamer de certaines "élites populaires", qu'elles deviennent nos animateurs et exécutants futurs, pour engager la refondation de notre contrat social. Pour le moins, l'Armée ne s'adresse pas à une aussi grande abstraction qu'est "le peuple", ni même à de quelconques assemblées représentatives, mais bien à des interlocuteurs physiques, peu nombreux et responsables devant la nation. Il nous faut donc un Ministre de la Défense rapidement, et lui associer un Ministre des Affaires Etrangères.  Je vous propose d'emblée quatre noms vers lesquels vous pouvez aisément trouver des renseignements et allocutions sur internet : Régis Chamagne, Alain Chouet, Pierre Conesa, Caroline Galacteros.

Vous pouvez aussi proposer d'autres personnalités. Mais songez que de tels mandats ministériels exigent de véritables compétences et une vision géostratégique aussi pacifique, bienveillante que favorable aux intérêts biens compris du peuple français. Si l'on souhaite une autre attitude diplomatique avec la Russie, le Moyen-Orient et l'Afrique, encore faut il se fier à des personnes qui promeuvent une diplomatie de paix et d'équilibre, et leur donner mandat ensuite, de porter des projets traduisant la générosité et la dimension internationaliste de notre peuple.

Il en ira de même pour des mandats ministériels comme l'Economie (où je plébisciterais Jacques Sapir), l'Industrie (Jean-Marc Jancovici), l'Agriculture (Claude et Lydia Bourguignon), la Justice (Philippe Pascot), l'Intérieur (Alexandre Langlois), l'Instruction Publique (Franck Lepage), la Culture (Alexandre Astier), la Santé (Irène Frachon) ou d'autres mandats comme le Secrétariat d'Etat à la Constituante (où je nommerais Etienne Chouard évidemment).

Bien évidemment, les personnes citées sont inconnues du grand public, et sans doute même pour partie, de l'essentiel de mon lectorat. Néanmoins, je me dis convaincu de l'intégrité, du désintéressement, de la compétence et de la volonté de ces gens à améliorer le monde, pour le moins au niveau de la France pour commencer.

Vous pouvez avoir de meilleures idées quant aux personnalités à nommer à ces ministères, et je vous encourage même à ouvrir des scrutins pour cela, que ce soit sur les réseaux sociaux, ou dans les salles municipales utilisées à ces fins. Il nous faut des interlocuteurs à faire connaître aux institutions, et des mandataires fiables pour assurer la transition. Nous pourrons alors prendre le temps de parler de politique. Dans le moment présent, Emmanuel Macron et son gouvernement ne sont toujours pas renversés, et nous n'orientons toujours pas nos mobilisations, vers les institutions les plus pertinentes. Il est temps d'accélérer cette Révolution, et j'espère que ces quelques mots et suggestions, sauront être perçus comme un encouragement à dépasser les mystifications et contradictions qui nous contraignent à l'impuissance.



mercredi 12 décembre 2018

Force et fragilités de la Révolution des Gilets Jaunes

Voila désormais près d'un mois que le Mouvement des Gilets Jaunes a débuté en France. Malgré le froid, la pluie, les difficultés, les relations parfois tendues avec la police, les blessés et les morts, rien ne semble pouvoir altérer la détermination de cette partie du peuple entrée en insurrection.

Le gouvernement, jamais avare d'un propos infantilisant ou d'une communication pleine de fiel à l'égard du peuple, n'en reste pas moins profondément inquiet par les événements. Car la situation est inédite depuis 1968, voire 1934 si l'on se cherche une référence historique plus adéquate. En 1968 en effet, ce fut d'abord la révolte des bobos, d'une jeunesse qui ne supportait plus un certain nombre de conservatismes qui sclérosaient quelque peu la Société. Néanmoins, les insurgés de l'époque ne parvinrent pas à renverser le Général de Gaulle. Cependant, les soixante-huitards gagnèrent autrement la bataille, avec une purge qui s'opéra jusqu'au sein de la Maison de la Radio, à une époque où Radio France restait le média le plus écouté des Français. Voila comment l'idéologie libérale et anti-France s'est immiscée progressivement dans le ron-ron médiatique ambiant.

En 1934, c'est une révolte autrement plus populaire qui bien que débutée par les réseaux d'extrême droite de l'époque, a pourtant fait converger à elle des millions d'ouvriers y compris dans les partis et syndicats les plus à gauche, ce qui entraîna la chute du gouvernement Camille Chautemps le 27 Janvier de la même année, et posera les fondations du Front Populaire deux années plus tard.

Aujourd'hui à la veille de l'année 2019, l'insurrection en cours ne nécessite pas de grandes analyses sociologiques et politiques. C'est en premier lieu la France des provinces qui se mobilise. D'ailleurs, certains observateurs malicieux ou cherchant à susciter la polémique, remarquent que ce ne sont pas les banlieues qui se soulèvent, et que décidément, il y'a beaucoup trop de "blancs" parmi les Gilets Jaunes. La réalité reste tout de même à nuancer, c'est d'avantage les Français en paix avec leur unité nationale et leur citoyenneté qui se révoltent. Cela indépendamment des origines et repères cultuels de chacun. Certes il y'a des électeurs du FN, mais il y'a aussi des électeurs de la France Insoumise, des syndiqués (beaucoup), des gens émanant de l'extrême gauche comme de la droite conservatrice, et surtout une très forte majorité de gens qui ne se reconnaissent aucun attachement partisan particulier. Certains ânonnent que le mouvement est apolitique (jusqu'à vouloir interdire les autres de discuter de politique), mais c'est évidemment un mensonge. Le mouvement est transpartisan, ce qui ne l'empêche pas d'être profondément politique. 

En clair, ce sont les masses dépolitisées qui sont actuellement en train d'occuper les ronds points et remonter par vague chaque Samedi dans les grandes villes et en particulier sur la Capitale, dans l'espoir d'un renversement politique complet à faire advenir. Et le peuple est lucide, terriblement lucide, quand bien même il se trouvera toujours des journalistes ou intellectuels pour laisser à entendre que les Gilets Jaunes soient des idiots. En effet, dans tous les cortèges et rassemblements sur l'intégralité du territoire français, quelle revendication est la plus souvent scandée par le peuple ?

"Macron démission !"

Il faut comprendre ici tout ce que signifie une telle revendication. D'abord, la charge symbolique. Si Macron devait être destitué ou poussé à la démission, ce serait vécu comme une immense victoire par les insurgés et la démonstration qu'ils ne se sont pas battus pour rien. Une réelle fierté et fraternité nationale en découlerait assurément. Il y'aurait un peuple en liesse partout dans les rues. Je ne crains pas de m'avancer sur une telle prévision.

Vient ensuite la réelle logique politique sous-jacente, et c'est en cela que les Gilets Jaunes sont lucides. Ils ont en effet bien compris que ce n'est pas M. Macron, ni son gouvernement qui opéreront tous les changements que nous pourrions espérer. Que l'on envisage des progrès substantiels sur la Démocratie comme la proposition d'introduire dans la Constitution le référendum d'initiative citoyenne, ou que l'on exige des mesures économiques et sociales qui soient clairement favorables au peuple et réellement significatives dans leurs effets. Non décidément, jamais Emmanuel Macron pas plus qu'Edouard Philippe, tous deux inféodés à des intérêts prédateurs, ne se soumettront aux revendications des Gilets Jaunes. Raison pour laquelle ces derniers vont à la racine du problème : il faut impérativement renverser ces gens, car aucun progrès ne pourra être envisagé avec de tels félons au pouvoir.

Ce qu'en revanche, la majorité des Gilets Jaunes ignore, c'est qu'il y'a aussi des raisons pénales de renverser Emmanuel Macron et une partie de son gouvernement. Les ayant déjà exposé dans un autre billet, je n'y reviendrai pas ici.

L'entrisme, la lâcheté, la servitude volontaire.

"Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner". 

Discours de la Servitude Volontaire, Etienne de la Boétie.

Si les revendications sociales et celle portant sur la destitution d'Emmanuel Macron restent les plus exposées par les Gilets Jaunes depuis le 17 Novembre dernier, depuis peu, les militants qui travaillent à la promotion du RIC en France, permettent à la fois une avancée dans le débat intellectuel sur les revendications, autant qu'ils semblent inconscients des reculs qu'ils peuvent susciter. En effet, ces derniers ignorant superbement les revendications depuis le départ scandées par les Gilets Jaunes,  tentent de faire entendre à ces derniers qu'il faudrait discuter avec le Gouvernement et Emmanuel Macron dans l'espoir insensé qu'ils acceptent avec l'aval du parlement, d'introduire dans la Constitution un texte qui serait extrêmement préjudiciable à l'oligarchie. En clair, exit la revendication de destitution de Macron, ce qui est une trahison ! Quand on tente de comprendre cette absence de logique dans le déroulement du processus révolutionnaire, on se rend compte que cette branche plus éduquée des Gilets Jaunes, est aussi nettement plus lâche (et j'insiste lourdement sur ce terme) car paniquée à l'idée de ne pas savoir ce qui adviendrait après le renversement de Macron. 

Les Gilets Jaunes qui manifestent et ne disposent pas nécessairement de cette culture politique, notamment sur la Démocratie, n'ont  pour leur part aucunement peur. Ils savent que rien ne peut être pire qu'un gouvernement félon, et qu'un succès révolutionnaire conduisant au renversement d'Emmanuel Macron, aboutirait nécessairement à de grands progrès politiques et sociaux au profit du peuple. A ce titre, les espoirs des militants du RIC sont douchés par la réalité de terrain. On continue sur les ronds points et dans la rue de gueuler "Macron Démission" et le RIC ne peut que s'ajouter aux revendications actuelles, et non les supplanter toutes. A bons entendeurs, salut !

L'inexpérience des animateurs de la Révolution.

Comme dans tout processus révolutionnaire, des têtes émergent notamment par le prisme des réseaux sociaux, situation qui restait encore inédite en France jusque là, mais qu'ont parfaitement connu les Tunisiens quelques années plus tôt. Des bloggueurs, youtubeurs et militants inondent la toile de leurs publications adressant leurs commentaires et conseils sur la situation. Malheureusement, aucune de ces notoriétés du web ne jouit d'une éducation politique suffisamment consistante pour comprendre ce qui se joue exactement à l'heure actuelle. Que ce soit sur le plan de la stratégie opérationnelle ou l'organisation locale et nationale du mouvement, les Gilets Jaunes accumulent des retards et des erreurs dans leur façon de s'organiser et pressuriser le gouvernement. Et c'est bien ce qui peut conduire au délitement du mouvement. Car nous approchons les fêtes de Noël et de la St Sylvestre, et bien évidemment, les Français lassés de ne rien obtenir et ayant à cœur de revenir vers leurs familles, risqueront bien de ne plus ressortir dans les rues une fois l'année 2019 démarrée. Emmanuel Macron le sait, les Gilets Jaunes le savent, mais quand bien même avec quelques camarades, j'ai tenté de faire entendre notre appel à occuper les grands médias parisiens et le parlement, les meilleurs relais d'opinion se taisent pour le moment, bien qu'ils soient informés de cette proposition. Ce qui signifie que les Gilets Jaunes n'occupent toujours pas les institutions les plus sensibles pour remporter la guerre de l'information et pousser le parlement à voter la destitution d'Emmanuel Macron. Ainsi, Samedi 15 Décembre prochain sera sans doute le jour de vérité. Car si de nombreux Français sont prêts à renouveler encore leurs efforts sur la capitale, ces derniers devront nécessairement aboutir à un succès d'étape qui soit suffisamment important pour remotiver les troupes.

La délicate question des porte-paroles.

Une autre fragilité est la dimension anarchique du mouvement. Si la majorité des Gilets Jaunes comprend qu'il est nécessaire de disposer d'un certain nombre d'interlocuteurs à présenter aux institutions, personne ne peut revendiquer une quelconque légitimité ou un vote démocratique pour ce faire. De fait, l'Armée et la Police Nationale, comme les ambassades étrangères, ne savent pas avec qui parler. Ce qui est une difficulté réelle sachant qu'une Révolution se termine toujours (dans ses aspects les plus concrets) lorsque l'Armée prend fait et cause pour le peuple, et ne reconnaît plus la légitimité du commandement à un chef d'Etat contesté. Nous devons pouvoir adresser un message à l'Armée et en sommes encore incapables. Bien que progressivement au niveau local, les insurgés s'organisent pour se nommer des référents, beaucoup oublient en premier lieu de rédiger et voter les mandats de ces animateurs locaux afin d'éviter des renversements constants au gré de mini putschs lors des Assemblées Générales. En outre, parmi les Gilets Jaunes, certains sont totalement engoncés dans leurs abstractions. Ils ne s'intéressent pas aux institutions, à la marche de l'Etat et sont tellement frileux à l'idée que nous soyons représentés, qu'ils se refusent (avec beaucoup de prosélytisme) à participer à une véritable structuration du mouvement. A ce point dégoûtés (et à juste titre) par nos "élites" politiques, ils jettent le bébé de la représentation nationale ou locale, avec l'eau du bain. Ils oublient néanmoins que la majorité des gens sont bienveillants et pas nécessairement corruptibles. Ils éludent le fait que si Macron est destitué, c'est le président du Sénat qui reprendra la main. Ils sont incapables d'imaginer qu'un gouvernement provisoire, à l'égal de ce que fut le Conseil National de la Résistance au sortir de la guerre 39-45, puisse tout à fait reprendre la main pour organiser à la fois des élections présidentielles anticipées, moult référendums attendus du peuple et de grandes réformes sociales et économiques favorables à la nation, au moyen de décrets-lois. Pour ces nihilistes rejetant violemment toute discussion politique, les intellectuels, experts, lanceurs d'alerte, personnalités politiques alternatives, etc, quand bien même ces gens défendent depuis des années le bien commun de façon désintéressée et cela loin de toute exposition médiatique, ces gens-là donc, sont nécessairement des salauds et des traîtres en puissance. Et qu'importe qu'à l'observation froide, il soit manifeste que nous disposions d'une intelligentsia politique parfaitement intègre et visionnaire en France. Les Gilets Jaunes ne la connaissent pas pour l'écrasante majorité d'entre eux, et c'est un problème.

L'issue

En tant que révolutionnaire consistant et intègre, il va de soi pour ma part, que nous ne parviendrons à changer totalement de cycle politique, que dès lors que nous aurons renversé Emmanuel Macron et son gouvernement. Si les médias (publics) et le parlement deviennent la cible stratégique première des Gilets Jaunes au cours des prochains jours ; que la banlieue se soulève à son tour (sans haine, sans armes et sans violence) ; que les Assemblées Générales des Gilets Jaunes se décident à inviter des intellectuels pour se faire expliquer la marche de l'Etat ; que chaque groupe se structure dans les meilleures formes et qu'enfin, nous commencions à discuter d'un gouvernement de transition à former ; alors  seulement, le peuple français gagnera sa bataille contre l'oligarchie. Nous entrerons alors dans une nouvelle ère politique qui sans nul doute conduira à la restauration de l'indépendance nationale (sortie de l'U.E, de l'euro et l'OTAN), l'institution de la Démocratie, mais aussi des mesures de planification économique, industrielle et agricole permettant de revenir au plein emploi et assurer le devoir social de l'Etat. 

L'autre issue possible est malheureusement le délitement progressif, comme ce qu'il s'est passé avec l'expérience "Nuit Debout". Dans ce cadre, Emmanuel Macron en profitera sans doute pour nous trahir encore et toujours. Notamment sur la cession de la place de la France au Conseil de Sécurité de l'ONU à l'Union européenne, ainsi que son idée folle de constituer une "armée européenne" et ouvrir notre dissuasion nucléaire à l'Allemagne. Bien évidemment, il continuera son oeuvre de privatisation de toutes nos institutions et entreprises publiques, de démolition de notre souveraineté nationale et de notre pacte social, notamment en visant à abolir la Sécurité Sociale qui a le mauvais goût pour les financiers, d'user d'un système par répartition plutôt que par capitalisation.

Peut-être qu'un sursaut populaire en ressortira à nouveau avant la fin de ce quinquennat usurpé, mais je reste très pessimiste à ce sujet.

A ce titre, je tiens ici à conclure ce billet par une mise en garde à la fois aux Gilets Jaunes et aux forces régaliennes du pays :

Nous avons le devoir collectif de restaurer notre indépendance nationale et faire cesser le dépeçage de la France sur l'autel de la finance et des volontés d'affaiblissement de notre pays par des puissances étrangères (notamment l'Allemagne, les USA, le Royaume-Uni et Israël). Si les Gilets Jaunes se doivent désormais de se montrer plus stratèges dans leur mobilisation, l'Armée pour sa part a une écrasante responsabilité qui pèse sur ses épaules. Comment accepter que nos généraux puissent tolérer les trahisons constantes d'Emmanuel Macron, ainsi que ses violations répétées du Droit International, sans mot dire ? Soldats, gendarmes et policiers, puisque votre haut commandement collabore avec un gouvernement illégitime au service des intérêts les plus hostiles à la France, vous avez le devoir de collaborer avec le peuple insurgé. Cessez d'obéir à des ordres manifestement illégaux ! Faites-vous portez pale, n'usez de la force que contre les réels provocateurs et appariteurs, mais PROTÉGEZ les manifestants résolument pacifiques. C'est votre devoir, vous êtes payés par le peuple pour cela. Quant à mes camarades qui luttent partout en France, ne lâchez rien, restez fermes sur la destitution de Macron et dans votre démarche pacifiste, et politisez vous réellement. Pas au sens des partis ou des idéologues, mais au sens d'une réelle éducation sur la monnaie, l'économie, le droit ou la géopolitique, qui sont des disciplines essentielles aux sciences politiques.

Structurez-vous. Ne laissez pas les casseurs ou les esprits s'interdisant toute réflexion ou tentative d'organisation, polluer le Mouvement. Restez courageux, l'issue est peut-être bien plus proche que chacun ne pourrait l'imaginer.

Avec ma fraternité résistante,

Sylvain Baron




mercredi 21 novembre 2018

Mouvement des Gilets Jaunes - Lettre ouverte aux Journalistes

Madame, Monsieur

Je vous informe avoir déclaré en préfecture de Paris ce jour, un rassemblement aux abords directs de la Maison de la Radio (côté quai de Seine) Samedi 24 Novembre à partir de 14 h, et un autre rassemblement, même heure, sur l'esplanade Henri de France en vis-à-vis de France Télévisions, le lendemain Dimanche 25 Novembre.

Ces rassemblements s'inscrivent dans la démarche insurrectionnelle actuellement en cours, sous l'égide du mouvement des « Gilets Jaunes ». Je ne prétends toutefois n'être ni organisateur, ni porte-parole de toute ou partie du mouvement. Néanmoins, les revendications que nous porterons seront bien celles entendues dans toutes les villes et villages de France :
  • Nous exigeons de nos parlementaires que la procédure de destitution d'Emmanuel Macron au titre de l'article 68 de la Constitution, soit mise en œuvre, sans attendre.
  • Nous souhaitons alerter l'ensemble des fonctionnaires, militaires et magistrats de France, que les décisions économiques passées et actuelles, prises par des sphères d'intérêt se disant incarner « le gouvernement » de la République, sont arrivées aux limites extrêmes de ce que le peuple français peut tolérer. A ce titre, sans avoir ici même à défendre des propositions particulières en matière de redressement économique, nous nous attachons à minima à considérer que les décideurs nous trahissent sur cette question et nous ne leur accordons plus aucune légitimité à administrer le pays.

C'est ce que nous souhaitons expliquer au peuple français quant au message des « Gilets Jaunes », en plus de rassurer sur la redirection de nos actions vers des « blocages » plus ciblés et moins perturbants pour le corps social tout entier. Le fait d'organiser de premiers rassemblements à destination des grands médias publics ou privés est ainsi un mode d'action se combinant avec d'autres « blocages » d'institutions ou infrastructures stratégiques, sur lesquelles nous souhaitons concentrer nos efforts désormais.

Puisque les grands médias publics donnent le LA sur ce qu'il nous est autorisé de penser ou non, sur ce qui est extrémiste ou non, sur les personnalités politiques et « experts » ayant droit de cité ou non, et bien évidemment sur le temps d'antenne accordé à des candidats à des mandats électoraux, il nous semble cohérent, légitime et salutaire, de faire entendre aux journalistes notre immense déception sur la Liberté de la Presse en France, et quant à l'inertie de votre corps de métier à se réformer ; garantir son indépendance et son professionnalisme ; ainsi que concourir à l'exposition la plus large et équilibrée que possible, de la réelle diversité d'opinions politiques existantes en France.

Sans que je puisse parler au nom de toutes celles et ceux qui sont inscrits dans ce qui désormais relève de plus en plus d'une Révolution, je suggère néanmoins, et cela de façon non exhaustive, une liste de personnalités qui pour un très grand nombre de français s'intéressant plus à la politique (réelle) qu'au « story-telling médiatico-politique », sont réputées faire déjà œuvre de pédagogie populaire depuis des années sur de grandes questions d'intérêt national. Ces personnalités, de façon générale bien connues des journalistes, sont très rarement invitées dans les grands médias et ne jouissent pas toujours d'une certaine neutralité dans les questions formulées. Cela afin que le peuple ignore leur existence, ou les assimile à de vilains « populistes réactionnaires et fascisants » (je vous laisse conclure par le point Godwin qui siéra). Si bien d'autres noms s'ajouteront à cette liste (non de mon propre fait, mais de celui de tous ceux qui participeront de ce plébiscite pour incarner une part de nos réflexions politiques populaires), je pense que ces quelques choix personnels, feront consensus pour une grande part d'entre nous, et pour le moins, feront autrement plus de pédagogie populaire sur la Démocratie, l'Economie et la Géopolitique, que l'écrasante majorité des personnes ayant leurs droits d'entrée dans les médias payés avec les impôts du peuple :
  • Etienne Chouard (sur la Démocratie)
  • Dominique Rousseau (sur la Démocratie)
  • Philippe Pascot (sur la Corruption des élites)
  • Franck Lepage (sur la Culture)
  • François Asselineau (Sur la Géopolitique et l'U.E)
  • Pierre Conesa et Caroline Galacteros (sur la Géopolitique)
  • Magali Pernin (sur l'U.E et les traités économiques)
  • Jacques Sapir (sur l'Economie)
  • Monique et Michel Pinçon-Charlot (sur l'Economie)
  • Jacques Cheminade et Jean-Marc Jancovici (sur l'Industrie)
  • Alexandre Langlois (sur les questions de police)
  • Benjamin Bayart et Jérémy Zimmerman (sur le numérique)
  • Michel Collon (sur les médias)
  • Claude et Lydia Bourguignon (sur l'Agriculture)
Bien sur, nous pourrions citer bien d'autres personnalités très suivies sur Internet et totalement boudées par les grands médias (y compris publics), et d'ailleurs nous le ferons, indépendamment de leurs antagonismes politiques reconnus. Nous signalons au passage que quatre formations politiques sont totalement inconnues des Français sans que nous puissions nous l'expliquer autrement qu'en interrogeant les journalistes eux-mêmes : Le PRCF ; le PARDEM ; S&P et l'UPR. Ils ont en cela de commun qu'ils dénoncent notre appartenance à l'U.E, l'euro et l'OTAN de façon très claire, très tranchée et parfaitement argumentée. Nous pensons la majorité des journalistes français très favorables à l'UE et aux thèses ordo-libérales imprimant leur doctrine contraignante par traité, et que cette partialité manifeste, altère profondément le bon exercice du service public de l'information. Nous pensons aussi que les journalistes des grandes métropoles œuvrant dans les grands médias publics et privés, sont recrutés pour leur accointances idéologiques, leur haine de classe palpable pour partie d'entre eux, (notamment certains affichant une jolie écharpe rouge ou un bel accent du Sud-Ouest) ou simplement leur docilité. Nous pensons cette catégorie relativement embourgeoisée et totalement déconnectée de la réalité de l'opinion publique, et c'est à ce titre qu'il nous semble pertinent que la dite « opinion publique » doive impérativement venir directement vers les journalistes.

Nous espérons que ce communiqué sera interprété comme un ultime avertissement autant qu'une invitation à immédiatement rééquilibrer et hisser très fortement le niveau du traitement de l'actualité politique et des courants d'opinions en France, cela au sein des grands médias publics et subventionnés (nous payons vos salaires, nous commandons), mais aussi comme une occasion exceptionnelle à saisir, pour démontrer au peuple qu'il n'est pas aussi méprisé par les journalistes qu'il le pense.

Venez à notre rencontre, personne ne vous jettera des œufs ou ne vous invectivera, pour le moins sur les rassemblements dont je suis le déclarant. Mais venez entendre le cri du peuple, y compris et surtout vis-à-vis de votre propre métier, et abordons ensemble des solutions. Promettez-nous que non seulement vous médiatiserez (très fortement) les personnalités ici citées, mais aussi celles qui seront par la suite suggérées à votre attention, une fois notre mouvement plus coordonné et structuré pour exercer le plébiscite nécessaire à ces fins.

Pour ma propre part, la seule chose utilitaire que je puisse fournir au peuple en insurrection, c'est de faire la démonstration en droit constitutionnel, pénal et international, qu'Emmanuel Macron n'est effectivement pas légitime à gouverner la France, et qu'il doit bien être destitué. Vous comprendrez que ce ne seront pas des motifs politiques qui justifieront donc que cet homme doive répondre d'un certain nombre d'accusations au sein d'une Cour pénale d'exception, qui d'une façon ou d'une autre, devra être instituée tant pour lui, que pour ses deux prédécesseurs et un certain nombre d'actuels et anciens ministres de la République.

Dans l'attente de votre réponse et comptant sur votre présence ce weekend aux abords de nos rassemblements,
Bien cordialement,

Sylvain Baron

(Gilet Jaune)

Vous pouvez reprendre et modifier ce courriel avant de le faire suivre aux mails suivants (jusqu'au 23 Novembre au soir) :

yael.goosz@radiofrance.com (France Inter)
olivier.siou@francetv.fr (France Télévisions)
sylvie.maligorne@afp.com (Agence France Presse)




vendredi 16 novembre 2018

Procès de Mickael Redondo : Une affaire si simple !

Mickaël et moi-mêmes sommes arrivés dans la ville de Mont de Marsan par le train près de trois heures avant que ne débute son procès, au sein du Tribunal de Grande Instance de la Cité. Il faut dire que depuis Bordeaux comme depuis Toulouse ou Bayonne, la ville est bien peu desservie par les transports, tout chef-lieu du département Landais qu'elle puisse être. Pas d'autocar assurant la liaison depuis la vieille Burdigala mais quelques trains épars dont les services se terminent autour de 19 h

Après avoir quitté le quai de gare, nous descendîmes la colline surplombant les arènes de Mont de Marsan, avant de nous engouffrer dans les ruelles de la ville. Il était alors près de midi, nous en profitâmes pour nous restaurer et revoir les quelques éléments de défense les plus essentiels à exposer à la Cour : l'intention de restituer les drapeaux européens collectés des façades des écoles et mairies de la région ; l'acte politique comme forme de Liberté d'expression ; un Référendum violé en 2005 au mépris de notre Constitution et des grands principes qui sous-tendent la Démocratie.

Car Mickaël, à l'égal de quelques dizaines d'autres de nos compatriotes en France est un "Décrocheur". Lorsque l'occasion fait le larron, qu'une bannière étoilée orne ostensiblement le porche d'entrée d'un collège ou d'une mairie, un désir aussi violent qu’irrépressible de décrocher cet emblème d'une dictature s'étant progressivement installée sur la France, traverse le cœur et l'esprit de Mickaël. Depuis que le mouvement a débuté fin 2014, ce sont ainsi plus de 1000 "drapeaux européens" 'aussi appelés "torchons" qui ont été décrochés en France.

Peu avant 14 h, nous nous présentons au pied du tribunal, ou plutôt l'ombre de celui-ci. Une vieille conduite de gaz court sur son mur pour aller ceinturer ensuite un pan de toiture. Les murs sont décrépis, et même la salle d'assise où se dérouleront les procès du jour, ne paye pas de mine. Encore quelques années, et c'est encore un tribunal de province qui fermera. On arguera les nécessaires économies à produire au sein de la Justice, la vétusté des bâtiments, le regroupement régional des infrastructures et services publics pour des raisons de rationalisation des moyens...

Un couple de dissidents suivant l'actualité du mouvement et récemment installé dans le Gers, ainsi qu'un sympathisant bordelais nous ont rejoint pour soutenir Mickaël dans cette épreuve de patience. Car le justiciable doit composer avec le petit nombre de magistrats en charge d'instruire et juger des centaines de procédures chaque mois. Nous ne sommes pas parvenus à collecter suffisamment de fonds pour obtenir le déplacement d'un avocat (et par conséquent une priorité accordée dans l'ordre des affaires traitées), donc sagement, nous attendons. Nous ne sommes pas les seuls toutefois à patienter que le Juge appelle Mickaël à la barre. La veille, France Bleu Gascogne nous avait contacté, et a délivré dans son édition du journal de 7 h et de midi, les quelques arguments que nous soutenons par rapport à cette forme de résistance aussi symbolique qu'essentielle. L'Europe n'est pas notre ennemie, mais l'Union européenne l'est en revanche très clairement. Nous pensons même très fermement que cette institution représente un péril très sérieux pour l'auto-détermination des peuples européens, et à ce titre, nous sommes résolus à nous battre contre elle, ainsi que ses promoteurs que l'on peut aisément qualifier de traîtres à la patrie.

Dans la salle du tribunal, il y a aussi une jeune journaliste de Sud-Ouest, qui a fait un passage. Mais apprenant que Mickaël serait sans doute parmi les derniers à être jugés de la journée, la voila repartie, nous la retrouverons quelques heures plus tard sur un banc, à patienter à nouveau avec tous ceux présents pour connaître le fin-mot de notre affaire. Il y'a un dernier personnage intéressé à ce que Justice soit rendue. Il s'agit d'un policier municipal, dépêché par le Maire de Grenade sur l'Adour, Pierre Dufourcq afin de relater tout le scandale intime et civique que ces décrochages de drapeaux européens ont représenté pour lui. Il faut dire que c'est ce maire qui a fait voter un budget pour leur pavoisement. Il siège à la tête de la Municipalité depuis 1989. Citoyen modèle, il a été condamné en 2014 par le même tribunal ayant à juger Mickaël, d'une peine de 7500 € d’amende pour prise illégale d'intérêts, dans le cadre d'un contrat de fournitures informatiques ayant profité à son propre fils. Cet élu modèle donc, s'est dit sur France Bleu Gascogne, outré que des agitateurs puissent porter atteinte à un drapeau évoquant un patriotisme nécessaire, celui dévolu à l'Union européenne en clair. Je me chargerais donc de remettre au jeune policier municipal qui (me confiera t'il) aurait préféré venir au Tribunal pour une réelle affaire de malveillance contre le bien public, le mémoire que nous rendrons à la Justice un peu plus tard dans la journée, rappelant entre autre, le caractère aussi factice qu'illicite de l'emblème européen sur l'espace public. Au moins, M. Pierre Dufourcq, pourra apprendre à distinguer ce qui relève du patriotisme et ce qui relève de la trahison.

Tout ce petit monde attend donc. Les premières affaires traitées sont des histoires de recels ou de violences en milieu carcéral. C'est à la fois un paradoxe qu'assister au travail d'une louable Justice qui maintient sa prétention à préserver même le dernier des criminels, de tout arbitraire face à la condamnation de ses fautes ; et se dire qu'une sanction plus administrative de l'établissement pénitentiaire où un détenu a violé la loi, aurait permis à ce dernier d'éviter un supplément de temps de privation de liberté à sa peine en cours, tout en lui passant le goût de recommencer à violer ce qui relève désormais d'un règlement intérieur au sein d'une prison. Une fois ces affaires illustrant l'incapacité du Système carcéral à instaurer une certaine discipline parmi les détenus qui sont à sa charge, vient le moment où des violences conjugales, des vols à l'étalage, des menaces et violences diverses produits par des petites gens, seront déballées sur la place publique. Les personnes accusées sont la plupart du temps angoissées, penaudes et humbles face à la solennité exigible pour exposer le requisitoire de leurs fautes et décider du châtiment qui convient. Même pour ces personnes qui ne sont pas au fait de leur gloire personnelle en ce jour, je ne peux m'empêcher d'avoir de l'empathie. Etre jugé publiquement est toujours humiliant. Une part de notre vie, de nos petits travers et comportements les plus stupides sont exposés au grand jour à des dizaines d'inconnus. Tout notre être est réduit à une faute. Ce qui fait de nous UNE personne autrement plus complexe, riche et pas forcément malveillante au quotidien, est provisoirement aboli. En tout cas dans l'assistance, personne n'en saura jamais rien et on ne retiendra que la faute... Néanmoins, la procureur nous donne le sentiment d'être une honnête femme, qui quand bien même en charge de représenter le Ministère Public, essaye de tempérer au mieux ses réquisitions. Le juge, au centre d'un grand bureau que partagent de chaque côté une greffière et le Procureur, est un homme ayant sans doute une soixantaine d'années,  le dos un peu vouté, aux gestes lents et à la voix légèrement chevrotante. L'homme est austère, mais empreint d'une certaine douceur dans sa façon de parler. On l'imagine difficilement audacieux, peut-être que le futur invalidera ce préjugé.

Si pour l'essentiel des affaires traitées, nous considérons Mickaël et moi-même les réquisitions et arrêts rendus comme justes et proportionnés, sur au moins deux affaires dont nous rediscuterons par la suite, tantôt nous considérons que la sanction ne fut pas assez sévère, tantôt nous trouvons qu'elle le fut un peu trop. Mais globalement, tant le Procureur que le Juge semblent privilégier, même face à des récidivistes, des peines relativement clémentes. Ce n'est de toute façon pas une peine d'emprisonnement que nous craignons pour Mickaël, aussi notre combat judiciaire est en vérité plus offensif que défensif.

Vers 18h00, la jeune journaliste de Sud-Ouest installée à quelques mètres de nous manifeste sa fatigue en soupirant, dessine machinalement sur son bloc-note où elle a pu inscrire quelques informations sur les faits divers jugés de la journée, mais manifestement, il faudra encore patienter au moins une bonne heure avant que Mickaël puisse être entendu par la Cour. Finalement, elle me laisse sa carte pour que je puisse lui faire parvenir les conclusions rendues par le tribunal avant de s'éclipser. De notre côté, notre dernier train pour rentrer à Bordeaux va quitter Mont de Marsan dans quelques minutes, et nous commençons à chronométrer mentalement le temps qu'il nous semble possible à patienter avant de devoir prendre une décision. Finalement, après qu'une affaire soit enfin jugée, Mickaël se lève et explique au Juge nos difficultés de transport et demande à ce que le procès soit renvoyé à une date ultérieure. Assez amusés, nous constatons que le Procureur et le Juge, tout en se montrant compréhensifs de nos difficultés, se désolent de ne pouvoir juger les actes de Mickaël le soir même. De concert, les voila qui disent : "votre affaire est pourtant si simple" !

C'est vrai, en apparence, tout est simple dans cette affaire. Mickaël n'est pas un délinquant ou un voleur, c'est un activiste politique. Il a décroché un "drapeau européen", non pas dans l'intention d'en faire "une soustraction frauduleuse", mais bien pour exprimer sa colère contre ces politiciens qui se permettent de trahir le titre premier de notre constitution, et nous asservir à des traités et une monnaie abolissant la Souveraineté de la nation. Mais pourtant, les faits sont qualifiés de vol, et à ceux qui auront la curiosité de faire lecture du mémoire laissé en lien plus haut, peut-être se diront-ils que distinguer le vol d'un acte politique relevant du droit de résistance à l'oppression comme de la Liberté d'expression, n'est peut être pas une affaire si simple. Mais de bon cœur, le procureur ne s'oppose pas à ce qu'une nouvelle date de procès nous soit proposée, et le Juge après entretien avec la greffière, renvoie le jugement au 14 Février prochain.

Il n'y a donc pas eu de décision rendue hier à Mont de Marsan, et quelque part, c'est une bonne nouvelle pour nous. Cela nous laisse plus de temps encore pour récolter des soutiens politiques utiles, récolter des fonds pour financer les honoraires d'avocats (dont nous aurons toujours besoin), et préparer plus fermement encore notre défense. En outre, les pièces livrées au tribunal le 15 Novembre, exigent un peu de temps pour être lues, et c'est bien sur ces documents que nous jouons l'essentiel de notre plaidoirie. Le Procureur comme le Juge auront donc tout le loisir d'apprécier avant la St Valentin prochaine, à quel point décrocher des emblèmes européens, et justifier en droit de l'absence d'illicité d'une telle action, n'est pas chose si aisée que cela. Car il faut tout de même concéder s'écarter un peu du droit pénal pour revenir aux méandres difficiles du droit positif et constitutionnel, afin de qualifier correctement les faits.  

Nous appelons donc chacun d'entre vous à nous soutenir avant le 14 Février prochain, mais aussi le 26 Mars 2019, ou un autre Décrocheur sera jugé cette fois-ci au Tribunal de Libourne en Gironde. Votre soutien, même d'un euro symbolique - mais multiplié par un grand nombre de patriotes agissants - peut nous permettre d'aller bien au-delà des seules procédures judiciaires entourant la question des "drapeaux européens". Je me tiens prêt à titre personnel, à engager les procédures nécessaires pour que Messieurs Sarkozy, Hollande et certains de leurs ministres, soient inquiétés par la Justice pour leurs crimes contre l'humanité, de financement du terrorisme et d'intelligences avec des puissances étrangères. Ce ne sont ni les faits, ni les lois, ni l'envie de m'attaquer à ceux qui nous ont trahi qui manquent. C'est le soutien financier et militant pour porter de telles batailles qui font défaut.

Vous êtes donc en grande partie ce qui peut nous permettre de finaliser et ouvrir de nouvelles batailles. Aussi les Décrocheurs s'en remettent à votre générosité, et peut être à votre audace lorsque vous serez face à un "torchon", pour qu'à force de ténacité et de solidarité commune, nous parvenions à détruire l'Union européenne par ses flancs, et ruiner définitivement la carrière politique de celles et ceux qui auront promu l'arbitraire de cette institution et les guerres de l'OTAN, contre la dignité du peuple français.

Sylvain Baron 


Pour aider les Décrocheurs : www.lepotcommun.fr/pot/8ui89h0p

Pour me soutenir personnellement dans mes projets de retour à la terre et initiatives militantes (je suis au RSA) : 

jeudi 4 octobre 2018

Lancement de la campagne européenne : On décroche du Torchon !

Le 15 Novembre 2018, à 14 h au Tribunal de Grande Instance de Mont de Marsan, se déroulera le procès de Mickaël Redondo, militant (entre autres) pour l'association "Les Décrocheurs", qui est accusé d'avoir "soustrait un drapeau européen" sur les communes de Grenade sur l'Adour et qui est administrée par Pierre Dufourcq, Aire sur l'Adour dont le maire est Xavier Lagrave ; la Commune de Benquet, elle-même régentée par Pierre Mallet ; Cazères sur l'Adour dont la gestion échoit à Francis Desblancs et Saint Sever qu'administre Arnaud Tauzin.

L'ensemble de ces mairies qui pavoisent ostensiblement des écoles, places et édifices publics, de ce qu'ils nomment improprement un "drapeau européen". ont donc engagé des poursuites contre le camarade Mickael Redondo. Il va de soi que nous ne pouvons qu'y répondre, et cela désormais renforcés de nos expériences (ou écueils diront certains) passées. Durant les premières procédures (c'est de mémoire, le cinquième procès des Décrocheurs), nous avons confié notre stratégie de défense à un avocat, qui finalement n'amenait pas dans la discussion les éléments que nous souhaitions faire valoir à l'attention des magistrats. Désormais, c'est de façon différente (et nettement plus offensive) que nous allons aborder le prochain procès et ceux restant encore à venir...

Je n'aborderai pas les arguments que nous comptons verser à la discussion, car de toute façon et en toute logique, il n'y en aura pas beaucoup. En effet, nous comptons déposer à la Cour, un mémoire dans le cadre d'une Question Prioritaire de Constitutionnalité portant à la fois sur le droit de résistance à l'oppression et sur l'illicité de "l’emblème européen" sur l'espace public français.

Le mémoire est en fait pour l'essentiel déjà rédigé, mais je dois saluer ici la promptitude du Député Nicolas Dupont-Aignan, qui a accepté de nous diligenter un avocat sur ma requête, pour en améliorer les formes et le fonds. J'ai pu prendre contact avec ce dernier qui d'emblée a pu me livrer des conseils bien utiles en termes de procédures, mais aussi sur un autre argument de droit utile à invoquer...Certains me diront que j'aurais pu réclamer ce soutien par l'entremise de M. Mélenchon ou M. Asselineau, mais cela fait des années que je les sollicite régulièrement pour des motifs de cet ordre. Ils ne répondent jamais et quand ils répondent, c'est toujours NON. 

M. Dupont Aignan, et qu'importe les opinions particulières de mes lecteurs, n'a jamais trahi l'intérêt national et la parole des Français dans ses propres votes à l'Assemblée Nationale. Il est réactif et compose avec ses moyens pour donner des coups de main utiles comme c'est le cas à présent, et je n'ai pas pudeur à signifier qu'il est plus proche du peuple à bien des égards dans ses opinions et manières, que ne peuvent l'être d'autres prétendants au trône de sa très Jupitérienne Majesté.

A ce titre, et encore une fois en toute indépendance d'esprit tant pour moi-même que pour tous les Décrocheurs, je remercie ce Député qui sait être à l'écoute d'activistes dans mon genre, et les assurer de son aide s'il peut appuyer une initiative toujours utile à la reconquête de notre Souveraineté Nationale. S'il est aussi le Maire le mieux élu de France, ça n'est sans doute pas sans raison légitime.

Sur le plan juridique et procédurier donc, nous nous tenons prêts à évoquer des points très sensibles pour un Magistrat. Mais il se trouve que j'ai confiance en l'éloquence de Mickael qui se défend très bien par lui-même en sachant dire l'essentiel, et nous allons donner une possibilité au Juge qui aura à rendre sa décision sur l'affaire, de pouvoir laisser le Conseil Constitutionnel trancher.

Pour mémoire, le dit-Conseil Constitutionnel, bien que composé de Magistrats, est aussi sous la coupe de Valery Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et sous le haut patronage de Laurent Fabius. Néanmoins, et cela si nous parvenons à obtenir le sauf-conduit du Juge pour que le Conseil Constitutionnel examine notre mémoire, nous ne resterions pas à l'abri d'une surprise. D'autant que factuellement, il n'existe aucun "drapeau européen", pas même dans notre Constitution ou les traités que les félons de la République ont ratifié.

Par ailleurs, et c'est le dernier volet offensif auquel je vous convie à participer, je compte en mon nom déposer plainte contre l'ensemble des Mairies qui ont engagé des poursuites contre Mickael, pour détournement de fonds publics et discrimination politique. Il n'existe pas de loi à ma connaissance pour réprimer les atteintes au droit de conscience de l'enfant, mais ce seront des questions que je compte justement déblayer avec des juristes lorsque nous serons en mesure de régler leurs honoraires ou que certains nous rejoindront et nous apporteront de façon bénévole leurs lumières. Le fait de pavoiser ostensiblement sur les façades  d'écoles, de collèges et lycées publics le "torchon" européïste, est à mon sens une forme d'abus d'autorité et même de détournement de mineur. Entre 0 et 18 ans, et j'ajouterais bien plus tard encore en fonction des individus, il n'est raisonnablement pas admissible de disposer de tous les éclairages nécessaires sur le lien entre la France et l'U.E et la légitimité de cette institution à se pérenniser dans le temps historique. Il est parfaitement sovietisant ou nazifiant d'imposer ces bannières bleues étoilées sur les écoles de nos gamins. L'U.E n'est qu'une redondance de l'Histoire, un projet impérialiste porté par des psychopathes encravatés et des bureaucrates sans profondeur, mais qui resservent la même soupe que lors de toutes les tentatives passées, avec le même climat de propagande, de censure et de fanions étoilés pour nous inciter à y croire. Je suis pour ma part un non croyant.

Il faut donc nous tenir DEBOUT face à une telle machine à broyer des Hommes, des Etats et même l'Histoire. Il faut se confronter à elle par ses flancs, en attaquant les symboles qu'elle agite pour nous faire avaler sa prétendue légitimité à régenter nos vies, et la frapper durement en se moquant des artifices de souveraineté avec lesquels elle prétend étendre son emprise sur la France. Les billets en euros peuvent être transformés en FRANCS avec un simple stylo, et le drapeau tricolore peut redevenir le seul à orner nos édifices publics, si l'on retire les "torchons européens" de ceux-ci.

Ce à quoi je vous invite, en précisant qu'il est essentiel de renvoyer (sans frais de ports) les torchons récoltés à l'Elysée, ou les remettre à la Mairie ou bien dans une Gendarmerie pour les plus courageux(ses) d'entre vous. Le procureur peut en effet réclamer votre mise en garde à vue s'il engage des poursuites. Vous serez bien relâché(e) à l'issue, mais nous aurons une nouvelle fois les mêmes arguments à faire entendre à un Magistrat, et des procédures similaires à mettre en oeuvre contre les Mairies qui contribuent à cette forme de propagande politique (éhontée) de masse. Les opinions politiques sur le bien fondé de l'U.E sont les leurs, mais restent marginales si l'on admet comme M. Macron le reconnaissait lui-même récemment, que c'est bien plus de 55 % des Français qui rejettent clairement cette institution aujourd'hui. Le respect républicain qui est dû à tous les Français qui habitent ou circulent librement dans une Commune de France, suppose de ne pas heurter les sensibilités politiques des uns et des autres. Nous sommes unifiés symboliquement par un seul Drapeau, le seul pour le moins qui soit reconnu dans notre constitution et il est BLEU, BLANC, ROUGE, n'en déplaise aux Ayatollahs de l'anti-France. Les institutions publiques n'ont pas à assurer la promotion des idéologies politiques ou religieuses particulières de nos élus, sauf si vous concédez que l'on puisse voir des fanions communistes, socialistes, des croissants islamiques ou des croix chrétiennes, aux côtés du drapeau tricolore sur le fronton d'une école publique ou d'une mairie. Si c'est le cas, c'est que la République est abolie dans tous ses principes fondateurs, pour le moins en votre conscience. Si vous ne vous y résignez pas comme beaucoup d'entre nous, nous vous laissons le choix des armes pour nous aider :

Décrocher du torchon directement ; nous soutenir financièrement ; ou adresser une explication ou mise en garde à votre mairie, si des bannières bleues étoilées flottent au vent dans votre commune de résidence. 

Nous allons prochainement réactiver le site des Décrocheurs, et je me tiens à votre disposition pour vous livrer des documents utiles à modifier avec vos propres éléments d'identité et de résidence, pour adresser une alerte à vos mairies ou même les poursuivre en Justice, si des "emblèmes européens" restent exhibés dans votre Commune.

C'est aussi le moyen d'adresser un avertissement avant les échéances européennes, quel que soit votre choix de vote ou absence de vote durant les prochains scrutins.

Dans l'attente, nous venons d'obtenir l'attention d'une journaliste de Sud-Ouest. Je ne puis prédire la tonalité de son futur article, mais quoi qu'il advienne, je la remercie pour sa curiosité vis-à-vis de notre singulier combat. Envoyer des communiqués de presse, avertir des élus nationaux et personnalités politiques, se documenter et rédiger des mémoires résumant des faits et une litanie juridique, est un travail de fond qui ne se fait qu'en coulisse. Je peux vous garantir que quatre années après le premier décrochage de torchon, je continue de faire ma part pour que vous puissiez vous aussi faire la votre en toute quiétude. Aussi maigres et épars que soient nos soutiens, c'est de toute façon une bataille gagnée d'avance si vous aussi, vous vous engagez !

Je vous appelle à décrocher du torchon et à vous montrer particulièrement actifs dans la nuit du 10 au 11 Novembre prochain, et à envoyer votre récolte directement au Tribunal de Grande Instance de Mont de Marsan, de façon anonyme ou non, en soutien à Mickael, à la Souveraineté de notre peuple et à ceux qui se battent pour elle. 

Mickael, sa compagne, tous les Décrocheurs, et moi-même, avons désormais besoin que vous vous mobilisiez pour la France, comme nous le faisons depuis des années pour certains d'entre nous. Ce n'est pas grand chose que de décrocher un torchon ou envoyer un courrier bien senti au Maire de sa commune. C'est en revanche un devoir civique minimum si l'on prétend vouloir faire quelque chose à son niveau, pour libérer notre pays. Car c'est bien dans un gigantesque effort collectif, que nous pouvons "saturer" le "Système" de notre détermination. Le Droit de Résistance, dont j'aurais l'occasion d'aborder les fondamentaux dans une conférence commune avec le Colonel Régis Chamagne aux Universités Réelles de Montpellier le 17 Novembre prochain, ne se saisit et ne s'impose au-dessus du droit commun, que par le fait accompli. Il y'a des manières habiles, puissantes et tout à fait pacifiques de faire saisine de notre droit de résistance à l'oppression prévu par l'Article 2 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Décrocher du torchon en est une parmi d'autres. Mais par la puissance du Symbole qu'elle entend défier et remettre en cause, c'est toute une vision politique pour les cinq ou dix prochaines décennies qu'elle appelle à refonder.

Nous comptons sur vous, votre présence est requise pour tous ceux qui le peuvent au procès de Mickael, nous témoignerons tous ensemble que nous résistons.

S.B