samedi 2 novembre 2019

Ce qu'il manque aux Gilets Jaunes pour gagner : Une stratégie opérationnelle

Voila donc près d'une année que le Mouvement des "Gilets Jaunes" a débuté dans notre pays. Au point de départ de cette insurrection (ayant de plus en plus de similitudes avec la Révolution de 1789), c'est une exaspération sociale émanant des campagnes. C'est un point important qu'il nous faudra étudier, afin de pouvoir se faire une idée de la reconfiguration politique du pays. Car soyons certains d'une chose : à la fin, nous gagnerons. Ou plus exactement, l'oligarchie va s'effondrer. 

Je crains cependant qu'à l'égal de la Révolution Française, cela prendra encore du temps et que les pages de l'Histoire de France que nous écrivons actuellement, ne seront peut-être pas sans remugles sanglants. Sauf à espérer que mon appel soit entendu tant par les insurgés eux-mêmes, que par les institutions qui ont la charge d'assurer la paix sociale en France, et je sais être parfaitement inaudible des uns et des autres pour le moment, et sans doute à jamais...

Dans un premier temps, je compte aborder la sociologie des "Gilets Jaunes", et ce qu'elle comporte de promesses pour l'avenir. Car encore une fois, nous allons bel et bien remporter la bataille. Tenter de comprendre qui sont les "Gilets Jaunes", est le meilleur moyen de deviner une partie des changements qui interviendront demain. Dans un second temps, j'aborderai les questions plus opérationnelles et stratégiques. Etant totalement impliqué, il va de soi que comme tous mes camarades, j'aspire à ce que notre Révolution aboutisse au plus vite et dans les meilleures formes. Raison pour laquelle il convient d'aborder cette dimension militante (pour ne pas dire militaire) de notre combat. Car une Révolution est bien une guerre menée par le peuple (du moins une fraction de lui-même extrêmement déterminée) contre une tyrannie en exercice. Et toute guerre, exige une stratégie de déploiement efficace en plus d'une cohérence d'objectifs à atteindre, pour aboutir à une victoire totale.

Devoir de mémoire

Le mouvement naît donc dans les campagnes, non sans raison. Le point de départ de la crise, souvenons-nous en, est un raz le bol des Français contre la hausse de la fiscalité sur les carburants. Contrairement aux grandes villes où les zones d'emploi comme de services sont très proches des lieux d'habitation des citadins, la désertification de l'Etat dans les territoires ruraux ainsi que l'offre plus que réduite de transports en commun, impose de facto l'usage de l'automobile pour les déplacements personnels ou de travail sur ces territoires. Et le plus souvent sur de longues distances. L'augmentation du prix du carburant y est donc vécue très douloureusement par une bonne moitié de notre peuple, qui se sent délaissée et même méprisée par les décideurs politiques. Si la question de la hausse des prix du carburant a très vite été marginalisée dans les revendications, c'est que cette dernière ne représentait que cette fameuse goutte qui faisait déborder l'eau croupie du vase. En somme, une sorte de détonateur à une bombe sociale qui couvait depuis bien longtemps. La lame de fond qui venait derrière était autrement plus chargée de colère jusque-là contenue, du fait de plus de trente années de guerre de classe entretenue par notre oligarchie contre le peuple tout entier.

Si dans les grandes agglomérations, il est plus aisé d'oublier son mal être social par les artifices que procurent une grande ville pour "se détendre", tel n'est pratiquement pas le cas dans les territoires ruraux, puisque les lieux de divertissement y sont autrement plus rares. Par ailleurs, la sociologie des grandes villes diffère fondamentalement de celle de campagnes. Non seulement la petite bourgeoisie constituée de cadres, dirigeants d'entreprises, etc, y réside, mais c'est aussi dans les grandes agglomérations que se concentrent les universités, pôles d'attraction et de concentration naturelle d'une bonne part de la jeunesse française. Restent évidemment les banlieues, mais ces dernières désormais fortement ghettoïsées et communautarisées, concentrent des populations qui pour bonne partie, se désintéressent de la France, voire méprisent franchement nos repères culturels. Tous les observateurs que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur du mouvement, notaient que très peu de "minorités" étaient mêlées aux Gilets Jaunes.

Entre autre pour ces raisons, nombre d'officines et de personnalités de "gauche", faisaient valoir leur opposition à soutenir le mouvement, qui fut bien vite qualifié d'extrême droite par certains :

"Dans un communiqué, le NPA a dénoncé "la droite extrême et l'extrême droite à la manœuvre". Pour Clémentine Autain, députée insoumise, pas question de "défiler à l'appel de Minute et avec Marine Le Pen". Mais elle reste minoritaire au sein du mouvement, puisque François Ruffin comme Jean-Luc Mélenchon ont estimé plus judicieux de ne pas laisser le monopole de la colère à l'extrême droite".



Les sites habituels de la mouvance dite "antifa" que nous retrouverons pourtant un mois plus tard dans nos cortèges, n'hésiteront pas à titrer l'un de leurs articles sur le mouvement ; "Gilets Jaunes : Ni Macron, Ni Fachos" . Cela en mettant en exergue le fait que parmi les insurgés, des militants d'extrême droite y avaient été reconnus. Il y'avait pourtant des militants de la gauche radicale, des syndicalistes et des activistes plus indépendants qui s'étaient aussi joints au mouvement dès le départ. Sauf que tous ces gens s'entendaient pour mettre de côté leurs divisions intestines pour venir en tant que citoyens. Pour autant, si des personnes ayant un parcours militant - quel que soit le bord idéologique des uns et des autres - se sont bien greffées naturellement au mouvement, l'écrasante majorité des "Gilets Jaunes" n'était pas politisée. Non seulement cette majorité n'était pas partisane, mais elle souffrait même d'un sérieux déficit d'éducation politique à l'égale de la majorité de notre peuple. En revanche, ce dont ne souffrent que rarement les gens qui vivent dans les campagnes, c'est d'un manque de bon sens. Et c'est à ce titre que je me fais fort d'en appeler au "devoir de mémoire". En effet, à l'orée du mouvement, il n'était pas question de "convergence des luttes" pour les syndicats. Si la plupart d'entre eux se montraient prudents dans leurs communiqués, tel ne fut pas le cas des syndicats Solidaires et de la CGT :

"A la CGT, l'argument n'est pas écologique mais idéologique. Pas question de participer à un mouvement qui est "clairement une mobilisation d'extrême-droite", dénonce le syndicat de Montreuil, dans un tract du 30 octobre. "La mobilisation est soutenue par les dirigeants du Rassemblement National, de Debout la France et au moins un député LR en Bretagne", dénonce la centrale, suivie par Solidaires. "Les 'gilets jaunes' apparaissent comme clairement hostiles à la fiscalité, estime Dominique Andolfatto. Or, traditionnellement en France, tout ce qui est hostile à l'impôt est vu comme de droite, voire poujadiste ou d'extrême-droite. Cette peur de se voir associé à ces courants est un frein".


Jean Quatremer, militant ultra européïste et gauchiste patenté officiant pour le journal Libération, n'hésitait pas à vociférer sur le réseau social Twitter, le fond de sa pensée :

"Je confirme qu’il s’agit d’un mouvement de beaufs - j’ajoute poujadiste et largement d’extrême droite - au vu de la violence des réactions et du niveau de la « pensée » des gilets jaunes (après les bonnets rouges : c’est curieux ce goût pour les attributs ridicules)"


Et évidemment, les membres du gouvernement félon comme Marlène Schiappa et bien d'autres, seront les premiers à livrer de telles accusations en extrême droite, tandis que sur les blogs de Médiapart, les militants de gauche appelaient immédiatement à intégrer le mouvement pour lui donner une couleur plus favorable à leur idéologie.

Bien entendu, ces accusations ne traduisaient nullement la réalité populaire et fortement a-partisane du mouvement. Mais à l'heure où l'on nous appelle à "la convergence des luttes", je tiens absolument à rappeler à quel point au début du mouvement, l'ensemble de la gauche aussi bien-pensante que bourgeoise et nihiliste, méprisait totalement notre révolte. Elle entamera pourtant son processus d'infiltration un mois plus tard, avec les conséquences désastreuses que l'on connaît.

En revanche, les gauchistes avaient parfaitement raison de considérer que les Gilets Jaunes, ça n'est pas un mouvement de "gauche". Et j'entends bien par ce terme, un courant bourgeois et libéral qui émergea durant le XIXème Siècle, et n'ayant strictement rien à voir avec le socialisme ou le communisme. Cet amalgame idéologique, n'interviendra que beaucoup plus tard durant trois épisodes particuliers du XXème siècle, que nous n'aborderons pas ici. Notons que cette "lambertisation" du Parti Communiste Français, ainsi que du Parti Socialiste a été définitivement terminée au cours des années 80, ce qui explique le discours proprement libéral et anti-patriotique que tiennent désormais les responsables de ces partis respectifs. Les derniers communistes et socialistes ne sont pas encartés au PS ou au PCF, ni même au sein de "la France Insoumise". Mais c'est aussi un sujet que nous éluderons.

Si ce n'est de gauche, est-ce de droite ?

Oui et non à la fois. Et nous retrouvons ici une sorte de redondance avec la crise de 1934, mais de façon tout à fait différente. A l'époque, c'est bien l'extrême droite qui est à la manœuvre du réel épisode révolutionnaire dont il est question. Un gouvernement sera bien renversé. Mais la réalité objective, c'est que l'ampleur de ce mouvement dépassait de très loin la volonté des initiateurs. Des ouvriers, des étudiants et même des syndicalistes, étaient à l'époque descendus dans la rue, en se moquant bien du fait que l'Action Française pilotait cette insurrection. La colère était généralisée et c'est d'ailleurs ce qui effraya "la gauche" de l'époque. Elle constatait alors que l'extrême droite avait su mobiliser des foules et avait même réussi à renverser un gouvernement, là où elle-même en était bien incapable. Le peuple était-il donc sourd à l'idéologie qu'elle promouvait ?

Pour ce qui concerne les Gilets Jaunes, l'on ne saura jamais vraiment quel fut le point de départ. Certes des notables du FN ou autres partis de droite, ne cachaient pas leur sympathie pour le mouvement bien avant les premières manifestations, mais la réalité fut surtout un formidable effet boule de neige sur les réseaux sociaux. Quant à la réalité de terrain, elle s'avéra fortement populaire encore une fois, et très peu idéologisée. Néanmoins, je puis tout de même témoigner de mon ressenti après des centaines de discussions avec un grand nombre de Gilets Jaunes qui ont occupé des ronds points, des raffineries, des péages et autres infrastructures sensibles. Les partisans de la droite la plus radicale ne pourraient être que rassurés sur le fait que la très grande majorité des Gilets Jaunes sont insensibles voire violemment réfractaires au discours ambiant sur l'immigration qui nous est présentée comme "une chance pour la France". De même que les sujets les plus polémiques comme l'islamisation des banlieues, les inquiètent fortement. De façon générale, sur le plan sociétal, nous sommes au contact de la France profonde et attachée à elle-même en tant qu'ère culturelle et même civilisationnelle. A ce titre, les gauchistes qui jetaient leurs fatwas sur le mouvement dès les premières journées de mobilisation, ont bien raison de penser que sur le terrain idéologique, et pour le moins sociétal, les Gilets Jaunes ne les suivront pas. C'est absolument certain. Cependant, les identitaires en seront pour leurs frais eux aussi. La majorité des Gilets Jaunes se sent Française et non pas "européenne". La question des origines ethniques de chacun les indiffère. C'est bien l'attachement à notre Culture, nos repères et valeurs laïques hérités de notre Histoire qui prédomine. Nombreux sont les Gilets Jaunes qui me disaient se désoler de ne pas voir plus de Français issus des fameuses "minorités" nous rejoindre. Les mêmes qui n'hésitaient pas dans d'autres discussions, à s'insurger sur les questions migratoires ou d'islamisation de la Société. Rappelons que la France est un pays ouvert sur la Méditerranée et l'Atlantique, que nous sommes le fruit d'une longue série d'invasions, et que notre passé colonial nous a toujours obligé à une certaine ouverture sur le Monde. Certains ne voient en notre Histoire que ses accents les plus sombres, sans jamais comprendre que ce qui a fait notre malheur, a aussi contribué à forgé une Culture universaliste plus qu'ancrée dans notre inconscient collectif. Nous sommes certes attachés à un ensemble de repères et de valeurs, mais la France profonde, même lorsque c'est le franchouillard un peu gras qui s'exprime en suscitant des hoquets d'indignation aux bien-pensants, n'est pas raciste. Derrière les apparences, il y'a un fond social et culturel qu'il s'agit de bien comprendre. Ce que les bobos des grandes villes ne parviendront jamais à saisir.

Par ailleurs, si l'on considère que l'extrême droite est capitaliste jusqu'à la rognure d'ongle, volontiers paternaliste, réactionnaire et peu intéressée par les questions sociales et écologiques (sans même évoquer son goût immodéré pour l'autoritarisme), alors à n'en pas douter, elle n'est pas plus capable que l'extrême gauche d'intéresser les Gilets Jaunes. Les aspirations démocratiques, sociales et écologiques sont très fortes, et c'est ici que "la droite à papa" échoue à son tour.

Les Gilets Jaunes des Ronds-Points et les Gilets Jaunes des villes.

Si chaque Samedi, les Gilets Jaunes se mobilisent en grande majorité dans les centre-villes des grandes agglomérations, il y'a bien deux sociologies qui s'incarnent dans le mouvement. Sur les ronds-points, c'est précisément le Gilet Jaune des campagnes qui vient partager du temps avec ses camarades. Quand certains préfèrent "la réunionite" dans des salles municipales ou privées pour refaire le monde et définir l'agenda des événements sur lesquels se mobiliser, sur les Ronds-Points, c'est d'avantage des gens peux intéressés par ces discussions sempiternelles ; des citoyens peux politisés, mais aspirant à un peu de chaleur humaine en plus de donner de la visibilité au mouvement. Le Gilet Jaune des rond-points est typiquement ce Français moyen des campagnes, qui sous des apparences de jovialité ou au contraire une certaine placidité, est en fait le plus révolutionnaire qui soit. Lorsqu'on évoque sur les rond-points la destitution de Macron, il ne se trouve personne ou presque pour contester cette logique implacable. Le bon sens politique réside bien ici. Et nous avons à faire à des gens absolument déterminés, de toutes tranches d'âge et tous sexes confondus. La majorité sont tout de même des personnes ayant atteint un âge de maturité. Autre réalité notable : certains parmi eux s'estiment à l'abri du besoin. Mais ils sont terriblement inquiets pour leurs enfants ou petits-enfants. 

Dans les villes, nous retrouverons à peu près le même profil s'agissant des personnes venant des quartiers populaires, mais elles seront mêlées à d'autres profils plus politisés. D'une part, il y'a les militants d'extrême gauche qui ont donc opéré leur infiltration du mouvement, mais aussi un grand nombre de militants et activistes plus indépendants. Et la question de la destitution de Macron restera approuvée par une large majorité là-aussi, avec cependant un peu plus de retenue pour les personnes souhaitant réduire nos revendications à des questions sociales ou écologiques. Ces derniers sont des militants politiques et utilisent le mouvement comme une caisse de résonance à leur propre cause. Ce ne sont pas exactement des révolutionnaires pour nombre d'entre eux, puisqu'ils intellectualisent le processus insurrectionnel en cours, et attendent du gouvernement une série de gestes. Ils légitiment par conséquent ce gouvernement rejeté par la majorité, en attendant de lui des réformes particulières. Notons d'ailleurs que "les figures médiatiques des Gilets Jaunes", participent pleinement de ce manque de clarté s'agissant de la révocation de l'usurpateur actuellement aux commandes de la France.

La région parisienne a mis un certain temps à se soulever de son propre côté. Si certes, de nombreux banlieusards se sont adjoints aux cortèges sur Paris dès le début du mouvement, la majorité des manifestants venaient de province. A partir de fin décembre 2018, les choses ont commencé à bouger. Là encore, l'extrême gauche a tenté de noyauter le mouvement, mais ce sont des cellules d'activistes plus indépendants et expérimentés qui ont finalement réussi à avoir l'ascendant, notamment avec les Gilets Jaunes Constituants. Aujourd'hui, dans la plupart des grandes villes de France, y compris Paris, l'extrême gauche n'est plus en odeur de sainteté. Ses tentatives d'imposer ses revendications propres ont fini par exaspérer des réseaux militants qui avaient bien compris le caractère fortement populaire du mouvement. Les tentatives d'adjoindre des associations communautaires et autres officines tribales ont fait choux blanc. A l'heure actuelle, la plupart des personnes d'extrême gauche qui ont tenté ce noyautage, reconnaissent elles-mêmes avoir échoué dans leur entreprise. Leur dernière carte est tentée avec la fameuse "convergence des luttes". Bien sûr la totalité des Gilets Jaunes voit d'un bon œil l'appel à la grève générale pour le 5 décembre prochain, mais ne porte pas plus en estime les syndicats et officines de gauche tentant ces rapprochements.  

Une stratégie opérationnelle restant encore à définir.

S'il me semblait essentiel d'analyser quelles sont les couches sociales qui incarnent le mouvement, c'est parce que l'on y retrouve à la fois les faiblesses et la force de notre insurrection. Rappelons donc que le mouvement est d'abord issu des campagnes. Et encore une fois, ce n'est pas de bon sens ni de courage que l'on manque le plus chez ces gens qui sont particulièrement ancrés à la terre. Durant les premiers mois, la logique opérationnelle était la bonne. Il s'agissait de bloquer ni plus ni moins l'économie du pays, en visant les dépôts de carburant, les entrées des centres commerciaux, ainsi que les axes routiers les plus importants. Le problème étant que la majorité des Gilets Jaunes, n'était alors pas encore rodée au militantisme. Tous se sont formés sur le tas, et ont appris de leurs expériences réussies ou au contraire celles qui n'ont pas fonctionné. La mobilité qui était la notre lorsqu'il s'agissait d'occuper des infrastructures stratégiques, mettait à rude épreuve les dispositifs policiers sensés contenir nos rassemblements. Ainsi, je me souviens que sur le Pont d'Aquitaine ou encore sur le Péage de Virsac, la logique de confrontation était évitée autant que faire se peut par le plus grand nombre. Sitôt qu'un ordre d'intervention émanait de la préfecture, les Gilets Jaunes se déplaçaient immédiatement sur une autre position, obligeant ainsi les forces de l'ordre à se redéployer constamment. C'était un habile jeu du chat et de la souris, et d'ailleurs, cela suscitait un certain respect et un début de dialogue très encourageant entre les Gilets Jaunes et les forces régaliennes de l'Etat.

Puis l'extrême gauche a commencé son infiltration en aboyant son idéologie en plus d'imposer ses modes opératoires. Des manifestations dans les centre-villes ont définitivement remplacé les occupations de spots plus stratégiques, et elles se devaient d'être sauvages (non déclarées) et passant par des itinéraires sans intérêt particulier. C'est aussi à ce moment que les premières "chasses à l'infiltration de l'extrême droite" ont commencé de la part de militants dits "antifas". Par ailleurs, on a mis en exergue le culte de "l'horizontalité", pour s'assurer que les militants les plus expérimentés pouvant proposer des opérations plus ciblées, soient marginalisées. Au prétexte d'éviter des chefferies, les quelques personnes ayant tenté un temps soit peu de coordination, de prévention procédurale ou encore d'actions relativement pertinentes, ont eu toutes les difficultés du monde à pouvoir se faire entendre. Les "figures des Gilets Jaunes" choisies à dessein par les médias pour leur inoffensivité opérationnelle et idéologique, ont plus que participé à ce manque d'organisation révolutionnaire en nous appelant à chaque fois à manifester dans les centre-villes.

A l'approche de l'été, le mouvement a fortement réduit en puissance du fait des nombreux blessés dans nos rangs, et de notre incapacité à mettre en déroute le gouvernement. Cependant, il était convenu tacitement que l'automne 2019 serait une forme de renaissance, et c'est bien ce qui est en cours en ce moment. 

Bien sûr, et pour ne pas changer, les mêmes bobos des villes continuent d'insister en organisant des cortèges sans aucun intérêt tactique. Ainsi, à l'heure où je publie ce billet, deux cortèges étaient organisés sur Paris, sur des secteurs qui n'ont pas lieu d'inquiéter le pouvoir.  En revanche, il a été parfaitement admis par la majorité des Gilets Jaunes, que le discours imbécile et pré-pubère visant à organiser des manifs sauvages, n'avait qu'une seule conséquence inévitable : une répression automatique des forces de l'ordre sur les manifestants. La logique de la déclaration, c'est à dire un certain zèle procédurier pour prévenir autant que faire se peut la répression gouvernementale, est désormais bien comprise et partagée par la majorité d'entre nous.

Par ailleurs je me félicite à titre personnel, de constater sur les réseaux sociaux, que la nécessité de reprendre le contrôle des médias devient de plus en plus partagée. C'est désormais un bruit qui court, une rumeur qui s'étend, et je ne doute pas que cela deviendra à un moment ou un autre, une logique opérationnelle bien comprise par la majorité des Gilets Jaunes.

C'est donc ici que je me dois de rappeler les critères politiques et opérationnels qui nous permettront de remporter la bataille définitivement...

ACTE II DE LA RÉVOLUTION : OCCUPER LES CENTRES DE POUVOIR


Une Révolution est dans sa définition la plus courte, le renversement d'une tyrannie au pouvoir par une minorité agissante. Il y'a donc des critères à la fois opérationnels et politiques à bien circonscrire.

Sur le plan politique, la seule revendication unitaire qui doit être mise en exergue, est la volonté de renverser le chef d'Etat contesté (ainsi que son gouvernement). Toutes les autres revendications, aussi consensuelles qu'elles puissent être, doivent être provisoirement mises sous le tapis. Elles ne pourront réapparaître qu'au moment où Emmanuel Macron et ses sbires, seront en situation de quitter les mandats qu'ils occupent illégalement. Pour le moment, le peuple, les journalistes, les parlementaires, l'Armée, la Justice et même les ambassades étrangères, ne doivent entendre qu'un seul mot d'ordre :

Macron, dégage !

Cette revendication fragilise très sérieusement ce dernier, mais aussi tous ses soutiens. Mais elle appelle par ailleurs à une autre logique politique, pour ne pas dire judiciaire :

Il nous faut faire valoir le caractère illégal de son maintien au pouvoir. Non pas sur des critères politiques, mais bien sur des motifs juridiques. Si à mes yeux, l'affaire Alstom est notre meilleur point d'achoppement judiciaire pour justifier que ce type occupe illégalement le mandat présidentiel, d'autres affaires sont des angles d'attaque qu'il nous faut saisir. Tout d'abord et c'est ce qui fera sens immédiatement pour la majorité des Gilets Jaunes, il est bien responsable de la répression sanglante des Français qui se battent actuellement contre lui. Mais d'autres affaires plus géopolitiques méritent notre intérêt, notamment sur son implication dans le conflit syrien. Que ce soit par le financement du terrorisme à l'époque où il était ministre de l'économie sous Hollande (ce qui implique aussi Hollande évidemment), mais aussi, lorsqu'il a pris seul la décision de faire écraser des missiles sur la Syrie, le 13 Avril 2018, en violation complète de notre Constitution (la déclaration de guerre exige l'autorisation du parlement), mais aussi en violation du droit international. Ces faits sont qualifiés de "crime d'agression" par les statuts du Tribunal Pénal International, dont la France est signataire. Le Président de la République ayant l'obligation de se conformer aux traités ratifiés et n'ayant aucunement le droit d'atteindre à la Liberté d'aucun peuple, Macron a donc bien agi comme un vulgaire criminel, ce qu'il est de toute façon. 

Une fois les motifs juridiques établis permettant de justifier notre volonté de le destituer, reste la question opérationnelle à proprement parler.

Rappelons d'abord que toutes les Révolutions aboutissent à l'éviction de la tyrannie contestée, UNIQUEMENT lorsque les armées du pays, prennent le parti des révolutionnaires. C'est une constante en philosophie du Droit et dans l'Histoire.

Donc, il faut appeler les Armées à ne plus reconnaître le commandement de l'usurpateur au pouvoir, et comme nous nous adressons à une institution très conservatrice par nature, il est inutile d'attendre de cette dernière, qu'elle reconnaisse une autorité politique qui ne serait pas prévue par les dispositions constitutionnelles en vigueur, lorsque la vacance de la présidence de la République est constatée. A ce titre, l'article 7 de notre Constitution est très clair, c'est le Président du Sénat (Gérard Larcher) qui est appelé à reprendre la main, si nous évinçons Macron. L'Armée elle-même ne reprendra pas le pouvoir, mais ne se soulagera de cette difficulté de commandement et de légitimité, qu'au-travers du droit constitutionnel existant. C'est important de le comprendre, car cela définit aussi toute la stratégie politique et opérationnelle qui en découle.

S'il faut donc appeler les Armées à ne plus reconnaître l'autorité d'Emmanuel Macron, nous devons donc nous assurer que ce message lui soit parfaitement audible. Ce qui signifie sur l'angle opérationnel, trois cibles stratégiques :

1) LES MÉDIAS (PUBLICS)

Si nous devons occuper une institution de pouvoir ayant la prééminence sur toutes les autres à l'ère de la communication, alors commençons en premier lieu par déverrouiller la censure et la propagande médiatique, en particulier sur les canaux audio-visuels publics. Tout simplement parce que nous sommes légitimes à exiger des médias que nous finançons avec nos impôts, qu'ils nous laissent diffuser les informations politiques que nous considérons comme minorées, voire censurées. Les médias privés font ce qu'ils veulent, ils ont bien une liberté éditoriale, mais tel n'est pas le cas du Groupe Radio-France ou encore de France Télévisions. Ces médias nous appartiennent, nous nous devons donc de les occuper, jusqu'à ce qu'ils nous laissent prendre l'antenne pour délivrer notre message. Et la première chose que nous devrons expliquer aux Français, c'est d'abord le fait que Macron est bel et bien un criminel. Nous devons absolument justifier qu'il est illégitime à occuper les fonctions qui sont pour le moment les siennes. La seconde chose que nous devons absolument faire entendre dans tous les auto-radios des Français, c'est un appel aux Armées à renverser Emmanuel Macron, et à reconnaître l'autorité du Président du Sénat, en tant que Président de la République par intérim. C'est une nécessité incompressible si l'on veut faire aboutir notre Révolution. Aucun militaire ne doit ignorer cet appel à leur soutien. Enfin, et bien évidemment, la logique de reprise de contrôle d'au moins un canal audiovisuel public, doit nous permettre d'avancer nos pions politiques, que ce soit sur nos revendications plus générales (comme par exemple le RIC), mais aussi la constitution d'un Gouvernement Provisoire. Et parmi les membres de ce gouvernement à constituer, les ministrables les plus urgents à plébisciter, sont respectivement :

- Le Ministre de la Défense
- Le Ministre des Affaires Etrangères
- Le Ministre de l'Intérieur
- Le Garde des Sceaux.

Il nous faut donc à minima, des porte-paroles clairement plébiscités, approuvés et soutenus fermement par les Gilets Jaunes, pour interagir avec nos Armées, les ambassades étrangères, les préfectures et notre appareil judiciaire. Bien entendu, rien ne nous empêche de songer aux autres portefeuilles ministériels, mais si nous devons prioriser nos premières réflexions sur un gouvernement à constituer, nous devons d'abord raisonner sur des acteurs pouvant parler en notre nom avec les institutions les plus régaliennes de l'Etat, mais aussi avec les chancelleries étrangères.

Notons à ce stade, que si la Constitution est très claire sur l'intérim présidentielle, elle ne dit strictement rien sur la question du Gouvernement. Voila pourquoi si nous réussissons à renverser Emmanuel Macron et son Gouvernement, le rapport de force nous sera suffisamment favorable pour que nous puissions imposer un gouvernement provisoire à Gérard Larcher. Ce dernier aurait en effet tout à perdre à maintenir le gouvernement actuel dans ses fonctions ou à nommer lui-même ses ministres. Son but personnel, sera de se sortir dignement d'une telle crise, alors que tout autour de lui, une purge politique absolument prodigieuse sera en cours.

2)  LE PARLEMENT

Observez toutes les révolutions actuelles et passées, vous noterez qu'à chaque fois, les parlements nationaux ont été occupés. Et ça n'est pas sans raison, le Parlement est sensé incarner un contre-pouvoir au gouvernement. Et c'est d'ailleurs pleinement le cas pour la France. Nos députés et sénateurs peuvent tout à fait renverser Emmanuel Macron au terme d'une procédure régulière de destitution. Evidemment, cela ne se fera pas sans un bon coup de pression populaire. La majorité des députés et sénateurs étant totalement corrompus et inféodés au Régime actuel. Mais rien ne nous empêche d'effrayer très clairement nos députés, en occupant quotidiennement le Palais Bourbon. Il n'y a rien à leur demander, nous EXIGEONS. 

3) L’ARMÉE

Si notre attitude avec les médias et le parlement doit être très clairement offensive et sans compromission, la question est autrement plus délicate s'agissant de notre relation aux Armées. Nous pouvons toutefois occuper les parkings des régiments et remettre des courriers et pétitions appelant les chefs de corps à ne plus reconnaître l'autorité d'Emmanuel Macron, C'est ce que nous avons fait sur la base soutien et matériel de Neuvy Pailloux dans l'Indre, et je ne peux mieux illustrer la méthodologie que par un reportage de France 3, qui avait relayé notre action :


Dans tous les cas, quelles que soient les sites occupés, qu'ils soient militaires ou civils, il est essentiel pour nous de respecter des principes de civilité. Chaque fois que cela est possible, nous déclarons en préfecture tout ce que nous entreprenons. Toute personne qui se montre agressive avec les forces de l'ordre, nous fera courir des risques inutiles, et doit donc être écartée nos rassemblements. Nous devons toujours prévoir une délégation pour nous entretenir avec les institutions visitées.

Une Révolution est un retour à une égalité face à la loi entre les citoyens et les puissants. C'est d'une certaine façon, l'exigence la restauration de l'état de droit. Macron est un criminel, mais ça n'est pas notre cas. Nous devons le justifier dans notre propre façon de respecter la loi, et donc dans notre attitude en général, durant nos rassemblements. La pression que nous souhaitons exercer auprès des institutions ne nécessite nullement des violences ou provocations imbéciles. Elle nécessite trois ingrédients essentiels : Une détermination sans faille, une occupation constante (nous revenons tous les jours sur les lieux d'occupation), des foules nombreuses.

Bien sûr, d'autres actions peuvent compléter celles que je préconise ici, et d'ailleurs, je me borne à évoquer celles qui s'inscrivent dans des logiques d'occupation où les grandes foules sont nécessaires. Mais je pense que conclure ici sur ces trois modalités opérationnelles, est la meilleure façon de définir une stratégie d'ensemble qui puisse être retenue par le plus grand nombre.

Je ne puis que terminer cet article par un appel à nous rejoindre le 9 Novembre prochain, sous les fenêtres du groupe TF1 à Boulogne-Billancourt, où nous débuterons un cortège qui nous mènera devant les studios de BFM Télévisions, France Télévisions, avant un rassemblement final devant la Maison de la Radio.

En espérant vous voir nombreux avec nous à cette date.

Mes amitiés résistantes à tous.





jeudi 29 août 2019

Le climat : un faux problème écologique

Depuis que je suis adolescent, il ne se passe pratiquement aucune journée sans que je n'entende ou lise des propos alarmistes concernant le climat. Je comprendrais qu'on puisse être alarmiste face à une catastrophe météorologique comme un ouragan, une sécheresse ou une tornade, mais alors que l'humanité à traversé différentes ères climatiques depuis son émergence il y'a près de trois millions d'années (et il en va de même pour le règne animal et végétal depuis bien plus longtemps), soudain, le changement climatique devrait nous effrayer.


Rappelons tout de même qu'un "climat" ne se définit qu'à l'échelle de plusieurs siècles par une certaine homogénéité météorologique (en considérant évidemment les facteurs saisonniers), et certainement pas à l'échelle d'une vie humaine. Ainsi, peut-être que je verrais des effets du "changement climatique" si Dieu me donne grâce de vivre jusqu'à un âge avancé, mais ma nature humaine aussi adaptable que celle de nos lointains ancêtres, en plus de l’hétérogénéité des zones climatiques dans le Monde, achèvent pourtant de me tranquilliser. Même dans un futur lointain, il y'aura toujours des zones froides sur la planète, comme il y'aura des territoires plus secs ou au contraire nettement plus humides. Par ailleurs, à une époque où l'Homme sait désormais désaliniser l'eau de mer et verdir les déserts les plus arides, vraiment, je ne me fais aucun soucis quant à nos capacités à gérer au gré des besoins, les difficultés nouvelles qui pourraient intervenir sur certaines parties du globe.

Une autre donnée qui rend cet alarmisme absurde, c'est que l'on parle plus souvent de "réchauffement climatique" plutôt que de changement climatique. Or si un réchauffement peut être ce que nous constatons aujourd'hui, l'avenir pourrait être bien plus glacial... Savez-vous comment fonctionne un réfrigérateur ? Par le réchauffement du liquide réfrigérant que l'on fait circuler au sein de l'appareil. Il se trouve que la Terre répond un peu de la même mécanique. Deux paramètres en particulier devraient plutôt nous alerter sur un potentiel refroidissement climatique à venir au cours des prochains siècles. D'une part, une fonte excessive des glaciers sur les pôles apportent un supplément d'eau douce dans les océans, qui peut potentiellement engager la rupture ou le détournement du gulf stream, un courant marin prenant sa source (pour l'Océan Atlantique) au niveau des Bermudes, pour achever sa route sur les rives de la Norvège, en passant à quelques encablures de l'Islande, de l'Ecosse et du Groenland. C'est ce qui explique que bien que nous soyons en France aux mêmes latitudes qu'une bonne partie du Québec, nous bénéficions contrairement à nos frères d'outre-atlantique, d'un climat tempéré. Les côtes du Canada ne sont en effet pas longés par ce courant marin. S'il est bien indéniable que le climat se réchauffe pour le moment, nous pourrions en fait constater un pic dû en grande partie à la fonte du permafrost et l'immense dégazage de méthane qui en découle, ainsi que la réduction progressive de l’albédo de ces territoires (pouvoir de réflexion des rayonnements solaires par le sol terrestre) avec les forêts boréales qui gagnent du terrain sur les steppes les plus septentrionales de la planète. Le niveau de chaleur serait alors suffisamment intense pour faire fondre une colossale partie des glaciers présents sur les deux pôles de notre planète. Et subconséquemment, l'injection de milliards de litres d'eau douce dans les océans. Bien assez en tout cas pour mettre en panne le gulf stream que j'évoquais plus haut. Et dans ce cas, peut importe le niveau des gaz à effets de serre dans l'atmosphère, ce ne sera plus la canicule permanente qui serait à craindre, mais bien de voir une bonne partie de l'Europe finir figée sous d'immenses glaciers. Cela est déjà arrivé à plusieurs reprises, et au vu des cycles que connaît notre planète, il est évident que nous y reviendrons un jour. Mais même en considérant la brutalité de l'Homme sur son Jardin d'Eden, je n'imagine pas que la génération de mes petits enfants puisse percevoir avec la même brutalité, un réchauffement ou refroidissement du climat. On se contentera d'accompagner les choses, de nous adapter, car le climat ne changera jamais en quelques semaines seulement. Sauf si un super volcan décidait de nous renvoyer à un petit âge glaciaire tels que le connurent nos aïeux à la fin du Moyen-Age ou encore au XVIIIème Siècle.

Bref, spéculer sur les changements climatiques à venir et tenter de nous faire croire par l'hystérisation du débat, que le sujet doit être considéré comme une préoccupation politique majeure pour les générations actuelles et futures, c'est se moquer du monde. Surtout du fait que cela monopolise le temps médiatique sur un problème géophysique qui nous dépasse, ce qui permet "incidemment" de ne pas parler des vrais enjeux écologiques et politiques qui sont autrement plus prégnants pour nous.

Quels sont les vrais dangers pour notre génération ainsi que celles qui vont nous suivre :

1) LA GUERRE GÉNÉRALISÉE ET ULTIME
2) UNE TYRANNIE TOUJOURS PLUS VIOLENTE ET RÉPRESSIVE
3) L’ÉPUISEMENT DU PÉTROLE ET D'AUTRES MATIÈRES PREMIÈRES ESSENTIELLES A LA PÉRENNITÉ DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL QUE NOUS CONNAISSONS DEPUIS PLUS D'UN SIÈCLE.
4) LA DESTRUCTION D'UNE IMMENSE PART DE LA BIODIVERSITÉ SOUS L'AUTEL DE L'ARTIFICIALISATION CONSTANTE DES SOLS.
5) LA FAMINE ET LES PANDÉMIES QUI L'ACCOMPAGNENT.

J'use abusivement de la majuscule pour évoquer les vrais dangers dont nous devrions nous alarmer, mais parce qu'ils sont si peux traités par les médias et les pseudos écologistes bon teint, que je souhaiterais pouvoir le crier tant je suis désespéré par tant de médiocrité des acteurs sensés nous éveiller politiquement à ces sujets.

Si la raréfaction du pétrole et son renchérissement constant (de facto) sur les marchés, peut être considéré pour large partie comme la source des autres dangers évoqués ici, il faut admettre que même à une ère où le pétrole reste relativement abondant, cela n'empêche pas les occidentaux de vouloir absolument nous amener au conflit avec des puissances comme la Russie ou la Chine (et je constate en outre à quel point les Français s'en foutent et ne s'inquiètent pas des discours bellicistes constants désormais de nos chères "élites" médiatiques et politiques). 

On peut par ailleurs aisément faire une corrélation entre l'abondance du pétrole et l'artificialisation des sols qu'il permet. D'une certaine façon, quand nous en manquerons, ce sera un problème réglé de fait, puisqu'il sera difficile d'alimenter des machines pour vomir toujours plus de parkings, d'autoroutes, bâtiments inutiles, etc sur notre territoire. Sans pétrole ou même avec ne serait qu'un tiers de moins d'hydrocarbures disponibles pour faire tourner notre économie, inutile de vous dire que tout coûtera un prix exorbitant, et qu'il n'y aura de toute façon plus beaucoup d'entreprises en capacité de survivre à une telle pénurie. Donc bien peu de gens pour travailler et dégager un revenu à même de nourrir leur famille (mais là-aussi les Français s'en cognent autant qu'ils se foutent du bruit des bottes dans nos médias).

Je suis écologiste. Un vrai, un pur, un dur, un radical, un Décroissant, un authentique Taliban vert. Je suis même capable de considérer que si pour survivre à une ère de pénurie qui est garantie à ma propre génération, il puisse être nécessaire de suspendre la Démocratie que j'appelle pourtant de mes vœux, cela dans le seul but d'agir avec célérité et efficacité sur le véritable problème énergétique qui nous arrive en pleine gueule. 

En revanche, contrairement aux petits bourgeois qui se disent écolos (parce que c'est toujours valorisant socialement de se présenter comme une personne préoccupée par de tels enjeux), et dont le passe-temps est de défendre l'U.E mordicus tout en nous faisant culpabiliser sur nos us de consommation et comportements, contrairement à ces guignols donc, je n'emmerde personne avec ses choix de vie. Le curseur politique se trouve dans les arbitrages monétaires, les régulations commerciales aux frontières, la réglementation sociale et écologique, en particulier vis-à-vis des entreprises ainsi que dans les grands investissements industriels PUBLICS d'avenir notamment pour réduire le plus vite que possible notre dépendance au pétrole. Non pas dans l'invective permanente contre ces sales cons de pauvres qui bouffent du Nutella en réclamant de payer moins cher leur carburant, pour continuer de pratiquer le tout bagnole même lorsque ce n'est pas vraiment nécessaire. Cela est sans effet social et écologique d'ampleur, si ce n'est faire croire aux gens que l'écologie n'est pas un processus politique de grande ampleur s'attaquant aux premiers acteurs du Système économique actuel, mais un ensemble de "valeurs" incitant chacun à adopter des comportements plus vertueux. Bien sûr, l'usine qui fabrique des emballages plastiques ne ferme pas, tout comme l'industriel qui abuse de ces saletés pour emballer mille fois sa production de biscuits, n'a rien à craindre de la morveuse Greta Thunberg ni même de ses sponsors politiques et financiers : ils en font  tous partie. De la même façon, TOTAL n'a pas à craindre d'être nationalisé par Macrotte, tout comme la SNCF peut toujours espérer développer le ferroutage : on ferme des lignes de train pour ravitailler Rungis...

Les grands moyens industriels, fiscaux et politiques pour faire de l'écologie sont à notre portée. En moins d'une décennie, nous pouvons même tout changer si nous sommes ambitieux : Ramener des millions de Français vers les campagnes, réduire progressivement notre dépendance au pétrole, faire interdire définitivement les emballages plastiques, les pesticides, développer de nombreuses technologies alternatives, etc.

Et quand bien même il y'aurait nécessairement des emplois à sacrifier dans le cadre d'une politique très ferme en matière écologique, paradoxalement, nous sommes capables d'en créer des millions d'autres et résorber presque totalement le chômage et la misère dans notre pays. Simplement parce que nous ferions des choix qui s'inscrivent sur le temps long, et non pas au gré des désirs et hystéries de notre bourgeoisie totalement hors sol et désintéressée par l'avenir de la France. Et cerise sur le gâteau : il ne serait pas nécessaire d'avoir à faire la leçon aux Français sur leur mode de vie. Il est bien plus simple d'assumer leur grogne en restant inflexibles, lorsqu'ils constateront que la fiscalité sur les produits pétroliers augmente toujours, que la vitesse autorisée sur autoroute se réduit à 110 km/h désormais, tout cela pour que nous importions toujours moins de ce trop précieux liquide tant gaspillé et source de tant de malheurs dans le Monde. 

Bien sur, les mêmes qui se scandaliseraient qu'on les attaque encore sur leur divine bagnole, oublieraient bien vite que le coût de la vie aurait été considérablement réduit sur certains impôts ou même le logement, mais qu'importe, l'intérêt général transcende même la réaction populaire bien compréhensible. La majorité peut vouloir être suicidaire par caprice, mais les femmes et hommes d'Etat doivent savoir vivre avec le courroux de leurs contemporains et se moquer de ne jamais connaître leur rédemption par les générations qui leurs succéderont. Ils n'y a plus depuis longtemps d'Hommes d'Etat en France. Nos "représentants" sont tellement pleutres, qu'ils se démèneront toujours pour acheter la paix sociale, tout en poursuivant leur sale besogne de démolition écologique, sociale et démocratique de notre pays. Ils n'assument pas l'idée de déplaire, sauf lorsque l'arrogance les mènent à croire qu'ils peuvent nous faire des bras d'honneur ostensiblement, sans avoir jamais à devoir rendre des comptes dans un futur proche.

Ce billet en réalité s'adresse en premier lieu aux soit-disant écolos qui ne cessent de s'écarter du terrain politique par renoncement (puisque l'U.E décide de tout et que c'est très bien ainsi, que l'on ne prétend pas foutre en l'air le capitalisme, que le Système est ainsi fait et qu'on a aucune prise politique dessus, etc), pour leur signifier qu'ils ne sont pas crédibles. Ils sont même extrêmement énervants et méritent des baffes. C'est le taliban vert (le vrai, l'authentique) qui parle ici. L'écologie est un contrat politique, pas une éternelle leçon de morale aux Français. Les bobos des villes peuvent toujours nous casser les pieds avec le changement climatique, la réalité est qu'ils ne sont en rien des écolos. Ce sont des êtres médiocres en quête de reconnaissance sociale. Des petits bourgeois totalement acquis au capitalisme et au green washing, mais pas d'authentiques radicaux qui veulent foutre en l'air le libre échange et l'U.E qui l'impose comme norme indépassable ; faire décroître l'économie ET la démographie ; nationaliser les entreprises les plus stratégiques et même maintenir la filière nucléaire qui permet à la France de pouvoir s'acheminer plus aisément que n'importe quel pays, vers une économie décarbonnée.

Je ne supporte plus ces insipides trous de culs qui nous disent comment nous devrions vivre, simplement parce qu'ils ont abandonné toute foi en la politique pour changer les choses, et qu'il est dans ces circonstances, tellement plus facile de montrer du doigt ces salauds de pauvres qui eux n'en ont de toute façon rien à foutre de leurs jérémiades climatiques, soyons clairs.

En conclusion, pour être écolo, il suffit simplement d'envoyer se faire foutre le premier couillon qui voudra nous emmerder avec le changement climatique. C'est une façon de pratiquer le tri sélectif entre les partisans du green-washing et du maccarthysme bourgeois, et les militants lucides sur la question. Les vrais enjeux sont ailleurs, et les véritables écologistes le savent très clairement.

Le changement climatique est un faux débat qui vise à détourner nos yeux des réels problèmes écologiques et politiques de ce Monde.

vendredi 7 juin 2019

La surface des choses


J'écris ce billet à la veille du dernier rassemblement que j'organise avec mes camarades dans le cadre des Gilets Jaunes, et plus largement à l'issue d'un long chemin de croix militant qui a été le mien durant près de 10 années.

Autant vous le dire, je suis pessimiste pour les années à venir.

« Les Gilets Jaunes » est un mouvement qui a fait la démonstration que le peuple français n'est pas tout à fait endormi. Cela après plus de cinq décennies de déconstruction méthodique des acquis sociaux et démocratiques dont nous avions hérité sur près de deux siècles. Nous n'étions pas en régime démocratique sous la Vème République, et le Système économique et social dans lequel nous étions inscrits, n'était rien d'autre qu'un ensemble de concessions obtenues auprès de puissances d'argent. Ces dernières jusqu'au milieu des années 70, ont en effet préféré rester discrètes et humbles face à la misère dont elles se savaient largement responsables. Puis la cupidité a repris le dessus, adossée à des velléités impérialistes de la part d'un certain nombre de puissances étrangères. La France, hyper-puissance diplomatique et politique dans le concert des nations, traînait derrière elle un héritage culturel et historique qui ne pouvait que contrarier tous ces intérêts prédateurs. Mais pour l'avantage de ces derniers, nos élites de tous temps ont toujours été très sensibles à la corruption et peux enclines à défendre l'intérêt national. Voici donc que nous arrivons au bout d'un long et pernicieux processus de démantèlement de l'Etat.  Et si en apparence nous sommes toujours sous la Vème République, la Souveraineté Nationale garantie par le titre premier de notre constitution, est désormais totalement abolie, ou du moins transférée à la Commission européenne. Nous n'avons donc plus de Constitution, ou du moins pas d'autre que celle que nous avions refusé en 2005 par référendum. Et le démantèlement de la France est en cours de finalisation sous le Régime Macron.

Si la question de l'Union européenne et de la contradiction de ses asymétries économiques, monétaires et politiques, laisse quelques espoirs d'une future crise à même d’annihiler toute crédibilité à une oligarchie qui aura défendu avec un fanatisme ardent l'euro et plus globalement une technostructure vouée à asservir les nations, dans l'attente, le calendrier que cette dictature nous impose, reste honoré par son serviteur le plus zélé en la personne d'Emmanuel Macron.

La majorité des Gilets Jaunes, et plus globalement des Français, reste cependant peu intéressée au-dessous des cartes. Il est vrai que s'éduquer sur le Droit, l'Economie, la Monnaie, l'Histoire ou la Géopolitique, cela demande du temps que tout le monde n'a pas forcément. Mais cela demande aussi une curiosité que très peux partagent. Pour la majorité des Français comme de nos représentants, il est préférable d'en rester à la surface des choses. Au pays des Lumières, a succédé le règne du consumérisme aussi idiot que capricieux. "Du pain et des jeux", le peuple n'a jamais aspiré à plus d'élévation que cela. Et si jusqu'au milieu du siècle dernier, il restait encore un peu de transcendance et une certaine idée de la vertu du fait d'un catholicisme qui n'était pas tout à fait éteint, aujourd'hui, ce qui restait de nos repères spirituels ayant eu cours sur près de 1500 ans, est désormais démoli à la pelleteuse quand on ne brûle pas des cathédrales de façon « accidentelle ».

Le peuple français n'existe finalement plus que par une langue partagée. Mais plus par un sentiment d'être le légataire d'une histoire et plus encore le dépositaire de l'avenir de nos générations futures. Qu'on observe nos enfants : ils exigent leur playstation et des fringues d'une grande marque, tout en restant insouciants des périls qui menacent leur existence. Leurs parents aussi du reste. Ô biensûr nous avons bien une petite bourgeoisie qui s'achète une bonne conscience morale en votant « écolo », car ce qui compte en France, reste définitivement les apparences. Pas de mettre le nez dans la réalité. Rien n'est plus hostile à la planète que soutenir des traités européens violemment libre-échangistes et productivistes, mais ça n'est pas grave. Quand on vote « écolo », on s'achète une dignité sociale à bon compte. Celle du type sympa qui contrairement à l'autre blaireau d'en face, dispose d'"une conscience". Une conscience cependant vide de toute volonté de comprendre les mécanismes macroéconomiques et politiques qui sont à la source des pires déprédations écologiques. Une conscience qui s'interdit de penser le bien commun et la fraternité avec son propre peuple. On est altermondialiste chez les "écolos". Quand bien même on ne connaît rien de la vision d'un Chinois ou d'un Ghanéen sur le monde, et qu'on vilipende ce salaud de Cubain un peu trop patriote, on reste "mondialiste" car il faut aimer tout ce qui est autre que sa propre communauté nationale. Le vote « écolo » ne vaut pas mieux que l'exigence de porter sur soi le dernier survêtement à la mode pour briller en Société.

Cependant, nous avons eu la crise des Gilets Jaunes. Que l'on s’enthousiasme un peu ! Voila le bon peuple des campagnes, pétri de bon sens qui s'est insurgé enfin ! Cependant, là aussi les apparences sont de mise. Rappelons que le point de départ n'est pas la colère contre une oligarchie qui asservit la France à tous les intérêts prédateurs. Ce ne sont pas nos guerres illégales menées au Moyen-Orient qui ont scandalisé les Français. Ni les trahisons constantes comme la vente de notre patrimoine industriel le plus stratégique à l'Allemagne ou aux USA. Non, c'est toujours "du pain et des jeux" qui motive notre indignation. Macron se serait borné à défiscaliser pour une année les produits pétroliers, tout en proclamant l'abolition définitive de la France en tant que désormais « région de l'Europe », il n'y aurait eu personne dans les rues. D'ailleurs, le Traité d'Aix la Chapelle n'a pas suscité beaucoup d'indignation chez les Gilets Jaunes. Mais attention, nous avons à faire à des Révolutionnaires, des vrais ! Ce qui compte outre la marque de reconnaissance au club (le Gilet Jaune), c'est d'être nombreux. Car c'est bien ça une révolution, c'est une foule en colère. Bon évidemment, nos foules préfèrent se balader dans les centres villes plutôt qu'assiéger des centres de pouvoir. Mais qu'importe, le but est d'être nombreux, pas de réfléchir à ce qui peut réellement porter préjudice à l'oligarchie au pouvoir. Et attention : en révolutionnaire cohérent avec la bêtise générale, on se refuse à déclarer toute manifestation en préfecture. Parce qu'il s'agit de faire la démonstration d'une rébellion. Un peu comme notre môme de 15 ans qui insulte ses parents lorsque ces derniers refusent de lui offrir sa playstation. Des vrais rebelles nos Gilets Jaunes. Ils donnent à la maréchaussée les justifications légales de les disperser dans la violence, pour le seul motif de faire valoir leur pseudo rébellion. De l'adrénaline à bon compte et la gloriole de pouvoir se dire « rebelle ». Mais pas d'objectif à atteindre. Pas de volonté de renverser les tyrans au pouvoir. Par contre, tous les blessés seront salués comme des héros dans un exercice de martyrologie, qui évidemment, ne peut qu'effrayer les Français qui auraient voulu nous rejoindre. Des martyres pour rien et qui auraient même pour certains d'entre eux, pu éviter un œil crevé ou une main arrachée, si tant est que les organisateurs de manifestations où ils se rendaient, s'étaient montrés responsables en déclarant leurs cortèges, pour ne donner aucune raison légale à la maréchaussée de pouvoir disperser en force les manifestants.

Mais non, il y'a des « déters » qui se prennent pour des révolutionnaires alors qu'ils ne sont que des ados attardés en mal de reconnaissance sociale. Ils se prennent pour des héros, veulent se confronter à la flicaille tout en admettant pas que cette volonté suppose d'être prêt à tuer ou alors assumer par avance la défaite et les blessés autour de soi.

Demain, nous serons sous les fenêtres des grands médias à nouveau. Cela pour la énième fois depuis 2015, où je ne cesse d'appeler qui veut bien, à assiéger ces institutions de pouvoir. Nous ne serons pas nombreux, notre insoumission est en outre si sage puisque nous déclarons nos cortèges et rassemblements. Mais nous sommes cohérents. Nous ne cherchons pas à nous acheter une dignité sociale, une aura de rebelle en carton-pâte, un statut de héros ou de martyre, mais bien à être au pied des studios dédiés à la propagande des puissants. Nous n'exigeons pas de Macron qu'il ait la gentillesse de nous accorder « plus de pouvoir d'achat » ou de « réduire les taxes », nous exigeons que ce criminel et toute sa clique soit destitué. Nous ne nous réclamons pas d'une écologie bon teint pour nous donner bonne conscience, nous exigeons de sortir de l'U.E, l'euro, et pourquoi pas de l'OMC et bien d'autres institutions qui promeuvent le libre échange et la privatisation de toutes les filières les plus stratégiques permettant à un Etat de mener une politique écologique digne de ce nom.

Certes, nos prétentions sont peut-être trop sages ou trop radicales. Nous avons peut-être le défaut d'une certaine constance voire de rigueur intellectuelle. Mais à bien y réfléchir et au regard de la lente décomposition du Mouvement des Gilets Jaunes, est-ce que nous avons tort d'acter et penser la Révolution ainsi ?

A demain pour celles et ceux qui ont compris, parfois depuis bien des années. A jamais pour les capricieux qui ne s'intéressent qu'à la surface des choses, et non à renverser une tyrannie au pouvoir.


samedi 18 mai 2019

La résistance perd l'un de ses plus valeureux soldats : Lucien Pons nous a quitté

Nous apprenons le décès brutal de Lucien Pons, emporté à l'âge de 68 ans seulement, le 15 Mai dernier. Force de la nature, militant acharné de la restauration de notre indépendance nationale vis-à-vis de l'U.E et l'OTAN, toutes celles et ceux qui le connaissaient restent interdits face à sa disparition.

Diplôme de l'Ecole Normale, Lucien enseignait les mathématiques. Il était aussi passionné de rugby, mais c'est sans doute son intérêt pour l'Histoire qui l'a amené sur les sentiers de la dissidence politique.

Le Républicain qu'il était a vu rapidement durant les années 90, vers quel gouffre démocratique, institutionnel et social, nous emmenait la construction européenne. Il s'engagera d'abord pour le MRC de Jean-Pierre Chevènement, puis le quittera pour intégrer peu de temps après le Parti Socialiste. Peut-être dans l'espoir de pouvoir influencer ses militants sur la région de Nice où il demeurait, à la nécessaire contestation de l'Union européenne et de l'OTAN. Sans succès...

Ami proche du journaliste Jacques Cotta, Lucien Pons va comme lui dépenser l'essentiel de son temps à l'éducation populaire et au militantisme. Il poursuivra plus tard son aguerrissement politique au sein de l'association ATTAC, puis en adhérant au M'pep de Jacques Nikonoff qu'il quittera en 2015 pour se consacrer pleinement à l'association qu'il animait avec quelques camarades : le comité pour un nouveau CNR.

Lorsque le mouvement des Gilets Jaunes débutera, il s'y investira corps et âme, allant jusqu'à assurer la veille nocturne sur son rond-point niçois. Il manifestera comme l'essentiel d'entre nous, et subira deux gardes à vue dans des conditions indignes. Elles resteront pour lui une expérience éprouvante. Homme de cœur et épris de Justice, il avait pris physiquement la défense de Geneviève Legay, militante d'ATTAC de 73 ans, blessée lors d'une charge de police contre les Gilets Jaunes niçois, ce qui lui vaudra son second et dernier séjour en garde à vue.

Lors de sa dernière apparition publique le 6 Avril dernier à St Nazaire, ses plus anciens camarades de combat relèvent l'état de fatigue dans lequel il se trouvait.

Sa crainte la plus forte ayant motivé l'essentiel de son combat, était que notre alliance contre nature au sein de l'OTAN, ne pouvait que nous amener à une future guerre généralisée à terme. Point de vue que je partage toujours avec lui.

Rappelons qu'il militait pour que tous les partis et militants hostiles à l'U.E, l'euro et l'OTAN, forment un C.N.R en dépit de leurs querelles partisanes du moment, et c'est bien le message que nous devrions entendre aujourd'hui à l'heure de sa disparition.

Lucien aimait l'Italie sous toutes ses formes et voyageait régulièrement avec sa compagne (elle-même italienne) sur la péninsule. Lors des moment heureux, il aimait partager avec ses amis une bonne bouteille de vin italien.

Il laisse derrière lui sa compagne ainsi que deux enfants, mais aussi toute une dissidence à qui sa chaleur, sa gentillesse et son honnêteté (autant que sa puissance) intellectuelle manqueront beaucoup.

Je ne peux que conclure cet hommage, en diffusant une vidéo datant de l'Université d'Automne du M'pep en 2012, où vous pourrez faire connaissance avec l'érudition et les convictions de ce grand Monsieur, que j'eu le plaisir de croiser à quelques reprises sur ma route. 



samedi 11 mai 2019

Pendant ce temps-là en Grèce... on crève !

Leonidas Chrysanthopoulos est ancien diplomate grec de haut rang. 

Il a été ambassadeur au Canada, en Pologne et en Arménie. Il fut Consul Général à Istanbul, Ministre Conseiller à Pékin, il a aussi représenté les intérêts de son pays dans l'organisation pour la coopération économique en mer noire. Enfin, il fut l'un des négociateurs grecs ayant discuté les conditions d'entrée de son pays dans l'ex CEE, aujourd'hui devenue "Union européenne".

Inutile donc de signifier que cet homme est ce que l'on appelle dans certains milieux, un "insideur". Si je vous parle de cet homme, c'est parce qu'il m'a transmis récemment par courriel un document qu'il a envoyé à Jean-Claude Juncker, l'actuel Président de la Commission Européenne, (et premier homme sur Terre à souffrir de sciatique éthylique). 

Ce document est en fait une lettre réclamant réparations pour sa propre personne, au titre de l'article 41-3 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne (à ne pas confondre avec la Convention européenne des droits de l'Homme). Cet article de loi est rédigé comme suit :

"Toute personne a droit à la réparation par l'Union des dommages causés par les institutions, ou par ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, conformément aux principes généraux communs aux droits des États membres".

A la lecture de son courrier, vous comprendrez dans quelle logique procédurale (et d'affrontement), s'inscrit la démarche de Leonidas Chrysanthopoulos. Ce courrier est aussi l'occasion de prendre des nouvelles de la Grèce, puisque à peu près tout le monde s'en fout, sauf ceux qui ont à cœur de rétablir l'auto-détermination des peuples en Europe. En France, le débat sur la pertinence et la légitimité politique de l'U.E reste séquestré par des médias collabos ; des politiciens aussi ignares que félons ; et toute une clique de portes-voix qui au lieu de considérer le caractère fascisant de cette technostructure, ne cesse d'invectiver quiconque défend avec raison et force arguments juridiques, économiques et démocratiques, la nécessité de mettre un terme à cette usine à gaz.

Ce sont généralement les mêmes personnes qui la main sur le cœur, nous parlent d'amitié entre les peuples, de paix et de coopération, tout en se foutant de savoir ce qu'il se passe exactement en Europe. Ce sont les mêmes gens encore, qui reprochent aux Anglais d'être un peuple libre et souverain, de même qu'ils ne supportent pas les considérations sociétales qui existent en Pologne, en Hongrie ou ailleurs. Ces staliniens dont les "éléments de communication" s'effondrent sur les réalités qui font la diversité de la civilisation européenne, ne souhaitent qu'une chose :

Faire de l'Europe une hégémonie économique, institutionnelle et culturelle à leurs propres vues. Et à ce titre, on peut affirmer sans problème qu'un européïste est un ultra-nationaliste. Nous ajouterons un crasseux intellectuel (pour l'essentiel du grand parti maastrichtien), ou pour les plus informés : des traîtres, des collabos et des fachos.

Dans l'attente, je vous laisse découvrir le courrier de Leonidas Chrysanthopoulos, que je remercie sincèrement pour le soutien actif qu'il apporte aux Décrocheurs, association que j'administre, et qui encourage tous les Français à décrocher les "drapeaux européens" de l'espace public. 

A M. Le Président de la Commission européenne, H.E. Jean Claude Juncker

Rue de la Loi 200,
1049, Bruxelles, Belgique


Votre Excellence,

Vous trouverez ci-joint une demande de ma part adressée à la Commission européenne invoquant l'article 41.3 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne afin de réclamer l'indemnisation des dommages causés à ma personne par des erreurs commises par l'Union européenne et ses institutions.

En tant que jeune diplomate, j'étais membre de la délégation qui a négocié l'adhésion de la Grèce à la CEE, mais à l'époque il s'agissait d'une organisation différente de l'UE d'aujourd'hui. La CEE donnait la priorité aux citoyens des États membres, à leur prospérité et à leurs droits sociaux. Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, où la priorité est donnée à la sécurité du secteur bancaire tout en faisant abstraction des intérêts et des droits des citoyens de l’UE. En tant que directeur général des Affaires européennes au ministère grec des Affaires étrangères, en 2004, j'ai participé également aux négociations pour la Constitution de l'UE et aux Conseils des Affaires Générales.


En ce qui concerne la Grèce, la raison officielle de la politique de mémoranda et des programmes d'austérité imposés à mon pays est la soit-disant réduction de la dette publique qui représentait en 2010 environ 120% du PIB. Mais au lieu de la réduire, elle atteint aujourd'hui le 185% du PIB. Cependant, nous savons tous que la véritable raison de l'imposition de ces mesures était de sauver les banques françaises et allemandes de la faillite au cas où la Grèce se déclarait en faillite. Dès le début, il était clair pour beaucoup parmi les spécialistes que les mesures ne seraient pas efficaces mais ceux qui les avaient prévues et qui étaient en charge de leur mise en œuvre, ont refusé de changer les politiques erronées même après avoir reconnu explicitement leurs erreurs.

Les mesures imposées à la Grèce violent les droits de l'homme du peuple grec. De nombreuses informations ont été publiées sur ces violations. Le rapport de l'expert indépendant Cephas Lumina à propos des conséquences de la dette externe et des autres obligations financières internationales des États, concernant la pleine jouissance de tous les droits de l'homme et en particulier des droits économiques, sociaux et culturels (A / HRC / 35/50 Add.1.7.3.2014) ; le rapport de l'expert indépendant des Nations Unies, Pablo Bohoslavsky (A / HRC31 / 60 / add.2, 29.2.2016) et le rapport du Comité de vérité du Parlement hellénique sur la dette publique qui date des mois d'août et octobre 2015. Le Traité de l'Union européenne et la Charte des droits fondamentaux ont également été violés, en particulier l'article 2 concernant le respect de la dignité humaine. Ces violations des droits de l’homme ont entraîné la mort de nombreux Grecs, du fait de l’effondrement du système de santé national (le financement public de la santé a été réduit de 42,5%), de la malnutrition, du manque de chauffage adéquat, etc. Avant 2009, la moyenne annuelle des décès en Grèce était entre 60 et 70 000 personnes. En 2017, ce nombre a atteint 124 832, contre 120 886 en 2018. La responsabilité de ces violations qui ont causé la mort de tant de personnes depuis 2010 est partagée entre les successifs gouvernements grecs, les États membres de la zone euro, l'UE, en tant qu'institution, et le FMI.

En 2017 et 2018, j'ai visité les ministères des Affaires étrangères des pays du Benelux et de l’Allemagne, à Berlin, où lors des réunions avec leurs correspondants responsables des Droits de l’homme, j’ai soulevé le problème des violations des droits de l’homme en Grèce. Ils ont tous reconnu la violation des droits de l’homme et ont attribué le problème à un manque d’intérêt de l'Eurogroupe pour cette question. Problème qu'ils ne savaient pas comment résoudre. Je leur ai répondu qu'il fallait tout simplement suivre les recommandations des experts indépendants de l'ONU qui proposaient ne pas adopter de mesures d'austérité qui violeraient les droits de l'homme. Malheureusement, les violations des droits de l'homme se sont poursuivies malgré une réunion (entre qui et qui ?) avec l'expert indépendant des Nations Unies et la Commission européenne en 2015.

Je suis certain que ma demande d'indemnisation ci-jointe sera rejetée et que les arguments qui seront utilisés par vous pour ce rejet seront les suivants:

1.Vous me direz que les documents du
programme (???) ne font pas partie du droit européen, mais des actes intergouvernementaux et que les MOU (memorandums ???) ne sont pas des actes de l'UE, mais des instruments convenus bilatéralement entre la Grèce et ses prêteurs. Par conséquent, les lois de l'UE ne sont pas applicables dans mon cas et que l'article 41.3 ne peut pas être appliqué. Ma réponse est que l’UE ne doit pas se cacher derrière des détails juridiques dans le but de ne pas mettre en œuvre les articles du traité. Je ne me souviens pas exactement quand cet article avait été discuté, dans le cadre des négociations du traité, mais le représentant de la Commission nous avait assuré que cet article visait à protéger pleinement le citoyen européen contre les erreurs commises par les institutions de l'Union européenne.

2.Vous me direz que, pour trouver une réponse à ma demande, je sois obligé de faire appel à la Cour européenne de justice, qui est l'organe compétent pour de tels cas. Je vous répondrais que je ne dispose pas des moyens financiers pour saisir la Cour de justice et qu'au lieu de cela, je proposerais un règlement à l'amiable avec vous.

3. Pour finir, vous me direz que l'unique responsable pour la réduction de ma pension de 60% est le gouvernement grec. Ma réponse est que si les institutions de l'UE n'avaient pas imposé de telles mesures, le gouvernement grec n'aurait jamais procédé de la sorte.

Bien sûr, vous pouvez trouver d'autres raisons de rejeter ma demande mais ce n'est pas la question.

La question est que les articles du traité qui concernent la protection des citoyens de l'Union européenne contre les erreurs des institutions de l'Union européenne - quand cela est requis - doivent être appliqués en faveur des citoyens et non pas au détriment des citoyens et en faveur des institutions. Cela devrait être sérieusement pris en compte en vue des élections pour le Parlement européen en mai.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de ma très haute considération,
Leonidas Chrysanthopoulos
Ambassadeur ad Honorem




mercredi 6 février 2019

Gilets Jaunes : la grande reconfiguration

Nous ne bénéficierons pas du luxe d'une Révolution tunisienne dont l'effervescence insurrectionnelle n'aura finalement duré qu'un mois avant que les généraux du pays fassent pression sur Ben Ali afin qu'il lâche les commandes, tout en laissant aux civils le soin d'assurer la continuité de l'Etat. La France est un trop grand pays pour se satisfaire de crises politiques qui aussi puissantes et étendues soient-elles, aboliraient la servilité de nos fonctionnaires et militaires face au commandement politique de la nation, quand bien même usurpé. Le renversement du roi exige de longs mois de maturation politique et révolutionnaire en France.

Car il y'a trop à perdre à se rebeller face à toute hiérarchie. Il y'a plus encore tout ce que l'on ignore de la question révolutionnaire tout autant que politique. Et cela est une réalité qui transcende les différentes strates de notre peuple. Enfin que dire des conditionnements, des peurs et petites lâchetés existant chez chacun d'entre nous ? La Révolution est un moment où une minorité agissante se bat contre ses propres limites psychologiques, sociales et idéologiques, afin de se mettre en situation collective de renverser une tyrannie qui se joue de nos travers humains et querelles intestines.

La Révolution est aussi sujette à toutes "les infiltrations". Les plus naturelles sont celles émanant de gens qui y ont cru depuis le début, et se sont astreints à un esprit de Concorde nationale contre les puissants. Mais il y'a aussi celles qui émanent des contre-révolutionnaires, qu'ils agissent sur commande ou en "idiots utiles" du gouvernement. Ainsi et quoi qu'il faudra toujours rappeler que les Gilets Jaunes sont d'abord et en premier lieu des masses dépolitisées, il n'aura échappé à personne que parmi tous celles et ceux qui manifestement depuis le 17 Novembre, il y'a des électeurs et même des militants de partis et officines qualifiées "d'extrême droite".  Néanmoins, les débats et revendications des Gilets Jaunes n'ont à aucun moment été abondés par des thématiques chères à la droite conservatrice du pays, telles que l'immigration, l'insécurité dans les banlieues ou la refonte de la laïcité. Pour quelle raison ? La Droite française y compris dans ses couches les plus radicales, est constituée sociologiquement et pour grande partie, de gens attachés à la non violence et à la Liberté d'expression. Cela tient notamment du fait qu'être de droite (ou disons plutôt être "conservateur"), c'est être attaché à l'immanence d'un certain ordre et au respect des us et coutumes de son pays. Mais aussi parce que dès lors que l'on manifeste de telles opinions en France, l'on subit un ensemble de fatwas médiatiques qui abolissent notre sentiment de liberté de penser et de s'exprimer, par l'invective et le déclassement social opéré par des opposants agissant dans des sphères de pouvoir réel. Etre de droite n'est pas un point de vue économique et social, c'est un point de vue moral sur la Société. Il en va de même pour la "gauche". Et la droite du fait de son fort attachement civique et patriotique, sait se montrer discrète sur ses autres thèmes de prédilection, si cela peut éviter des disputes inutiles avec des camarades avec lesquels on marche dans la rue contre le Gouvernement.

Tel n'est malheureusement pas le cas de l'extrême gauche qui est donc arrivée en fanfare dès le début de l'année 2019, alors qu'elle ne cessait de faire entendre par l'entremise des médias, des réseaux sociaux et des syndicats, toute son inquiétude sur le fait qu'il y'ait des gens "d'extrême droite" parmi les Gilets Jaunes. Cela n'inquiétait et n'inquiète toujours pas les Gilets Jaunes pour la bonne et simple raison que l'extrême droite n'est ni prosélyte, ni violente et qu'elle ne se fait donc pas remarquer dans le mauvais sens dans nos cortèges et rassemblements. Et si l'extrême droite se dit tout aussi intéressée que les autres Gilets Jaunes par le Référendum d'Initiative Citoyenne, c'est qu'elle ne peut être pas aussi "extrême" que cela. Elle devrait plutôt être qualifiée de "radicale", tout comme l'on peut dire que des gens comme Adrien Quatennens ; François Ruffin ou Jean-Luc Mélenchon sont de gauche radicale. D'ailleurs qu'est-ce qui distingue l'extrême gauche de la "gauche radicale" du reste, puisque cette dernière était déjà bien présente dans le mouvement dès le 17 Novembre ? L'extrême gauche comme l'extrême droite nourrissent d'abord et avant tout des passions identitaires. L'extrême droite idéalise et sclérose le peuple à des repères culturels, ethniques et religieux très étroits dans l'espoir de préserver sa singularité dans le temps. L'extrême gauche idéalise l'individu libre et cosmopolite, totalement affranchi dès règles et repères culturels de sa propre Société. L'extrême gauche est constituée d'individus qui veulent démolir l'ensemble du cadre culturel et institutionnel de leur pays, pour justifier leur fracture identitaire propre. L'extrême droite tient au contraire à resserrer très fortement le cadre culturel et institutionnel de son pays, pour panser la fracture identitaire de celles et ceux qui se réclament de ce courant de pensée.

Le problème pour les gens d'extrême gauche, c'est qu'ils gouvernent depuis plus de 40 ans. Leur vœux de démolition de tous les conditionnements culturels et étatiques qui font de notre peuple une nation libre, historique et singulière, ont été honorés depuis des décennies par une oligarchie aussi cosmopolite que ses "idiots utiles", aussi haineuse de la France et son Histoire que l'ensemble de notre Lumpen-prolétariat, aussi volontariste à la déstructurer et la communautariser que les militants pro-LGBT ou immigration se disant pourtant "hostiles" au gouvernement. Et si la majorité du peuple n'est pas d'extrême droite et que les Gilets Jaunes incarnent cette majorité habituellement silencieuse parce que dépolitisée, cette même majorité n'est certainement pas d'extrême gauche non plus.

S'il est vrai qu'avant la seconde guerre mondiale et encore quelques années après, l'extrême droite pouvait s'avérer violente et relativement influente, ce n'est plus le cas depuis plus de 40 ans. Elle est devenue minoritaire pour sa composante la plus passionnée, et les agressions sur des opposants politiques ou catégories de la population pour lesquels les plus virulents réactionnaires vouent une haine indicible, sont extrêmement rares. A l'inverse, depuis Mai 68, l'extrême gauche - qui donc n'a rien à voir avec la gauche radicale - s'est installée dans le paysage médiatico-politique et guide le démantèlement de l'Etat et de notre Unité depuis l'arrivée au pouvoir d'un certain nombre d'éditorialistes "soixante-huitards" dans la presse et d'idéologues eurôlatres dans la haute fonction publique et la représentation politique. Pendant que d'un côté, la France se défaisait des moyens de sa Souveraineté sur l'autel de l'U.E, (ainsi que l'Allemagne et les USA en particulier) ; de l'autre, notre oligarchie désormais démunie de tout pouvoir et tout devoir à assumer sur les politiques publiques de la nation, n'a cessé de passer son temps à faire la promotion de cette France à présent "multicuturelle" mais au passé "rance" et dont il s'agirait pourtant de croire aux "valeurs" républicaines qui sont les siennes aujourd'hui. Des termes plein d'abstraction et poussant jusqu'au nihilisme qui sont le propre d'une extrême gauche qui gouverne (pas), fait sa propagande dans la presse écrite et audio-visuelle, tout en terrorisant son opposition populaire avec ses milices politiques, constituées des fameux "idiots utiles" se proclamant "antifascistes" tout en ratonant un Gilet Jaune qui serait réputé être sympathisant "d'extrême droite"

Pour ma propre part et quoi que je me démarque de Messieurs Ruffin, Quatennens et Mélenchon en me disant ostensiblement favorable au Frexit de toute urgence, je suis comme eux de "gauche radicale". Plus précisément un éco-socialiste et même un "décroissant".  Le modèle économique et social que j'ai en tête s'inspire de ces courants de pensée qui sont fortement régulateurs en terme de politique monétaire, commerciale et agricole. Ils supposent des nationalisations tout azimut de nos grandes industries stratégiques et services publics perdus, un plan de route à cinquante ans pour convertir notre économie et permettre à la France de supporter la déplétion des matières premières annoncée pour les années futures. Le socialisme, comme le communisme, la décroissance ou le keynésianisme, sont des économies de planification où l'Etat régule, intervient, décide, crée des "distorsions de concurrence" et contraint des acteurs économiques et étrangers très puissants, à ne pas nuire à l'intérêt social du peuple qu'il sert. Nationaliser tout le système bancaire et bien plus encore ne m'effraie pas. Bien au contraire, j'y aspire. De même que transformer par la loi un certain nombre de multinationales en coopératives lorsqu'elles produisent et distribuent des marchandises et services sur le territoire français, est à mon sens imposer aux actionnaires non impliqués dans la marche d'une entreprise, le contre-pouvoir des travailleurs qui la font vivre réellement. Je défends le Salaire de Vie à quelques nuances près sur certains détails, selon les mêmes critères que M. Bernard Friot, notamment en jouant de la cotisation sociale et en redonnant un sens profond au mot "travail".

Quant à mes valeurs morales, elles sont d'avantages libertaires que conservatrices à de nombreux sujets, et comme la majorité des Gilets Jaunes, je ne me reconnais pas  dans les passions identitaires des extrêmes droite et gauche de la France. Cependant, j'observe que sur certaines grandes villes de France, là où l'extrême droite ne posait jusque là aucun problème particulier, l'extrême gauche qui nous vilipendait durant les deux premiers mois et restait en retrait, a décidé de semer la zizanie dans nos rangs en s'ingérant dans nos cortèges mais aussi groupes facebook, télégram ou discord où les débats et discussions s'opéraient plus paisiblement les deux premiers mois. Les casseurs qui se réclament de la "stratégie" blackbloc, viennent pourrir plus encore ce que les ordres de Macron, Philippe et Castaner permettaient de générer de chaos dans les rues sans eux. Les "antifas" constituent l'essentiel de leurs troupes, et quelques dizaines de ces illuminés dans nos cortèges pratiquant la chasse au "soralien" ou jetant des pavés contre les forces de police ou de gendarmerie, suffisent à causer un déchaînement de violence affectant sérieusement le moral des Français qui manifestent.

Un grand nombre des Gilets Jaunes de la première heure me témoignent par messagerie ou téléphone de leur fatigue à gérer les dérives humaines des uns et des autres, et se sentir impuissants à créer un semblant d'organisation et de sérénité dans ce combat collectif. Je ne fais pas exception à la règle, et je connais trop bien les pratiques du trotskisme, du lambertisme et des formes d'entrisme de l'extrême gauche plus contemporaines si l'on en juge l'expérience Nuit Debout et finalement ce qui s'opère actuellement, pour ne pas préjuger de ce qui va désormais se passer dans les prochains mois.

Pour ma propre part comme pour d'autres animateurs du mouvement, les choses continuent de s'opérer sur la base de petits et grands événements, de projets et démarches militantes, qui tous réclament du temps pour aboutir. Temps que les plus "suiveurs" du mouvement n'ont guère plus que les "animateurs" pour maintenir l'ardeur insurrectionnelle avec une intensité durable. Économiquement, tout le monde est rincé. La fièvre des Gilets Jaunes je le pense, va s'assoupir en tant que telle durant les prochaines semaines. C'est aussi la façon la plus simple de mettre en déroute les militants d'extrême gauche qui espéraient nous ramener à leurs vues idéologiques et à leurs méthodes. Si nous rentrons à nos foyers, ils n'auront plus rien à détruire. 

Cependant, l'éveil politique des Français et le besoin de raviver le sentiment national qui s'est fait écho dans toutes les provinces du pays, est désormais acquis. Le mouvement risque de se recroqueviller dans un premier temps sur ses débats politiques avant sans doute de les élargir, et nous n'avons pour le moment vu que nos plus faibles mobilisations de l'année. D'autres suivront, plus intenses encore, car les réseaux d'affinités et de coordination sont désormais créés. Nous disposons de nos numéros de téléphone et de nos adresses courriels. Des coordinateurs de région très éloignées entre elles, sont pourtant en relation régulière et informelle pour préparer des événements communs. Les Gilets Jaunes ne sont pas un parti politique, mais un mouvement clairement anarchique dans son fonctionnement, capable de produire du contenu politique et de rassembler des foules sur des sites stratégiques. Peu à peu des têtes émergent, d'autres figures apparaîtront encore, mais cela suffit provisoirement à définir des interlocuteurs à présenter à des ambassades, institutions et médias, pour faire adresser des messages politiques communs. 

S'il y'a une certaine inertie à faire avancer les stratégies opérationnelles et juridiques les plus efficaces pour défaire Emmanuel Macron et son gouvernement, le temps long reste notre meilleur allié. Sans doute serons nous moins nombreux à manifester au fil du temps, mais tout le monde restera vigilant à ce qui pourra se construire et être proposé par la suite. Nous répondrons encore à bien des appels à nous rassembler. Mais de moins en moins pour subir les violences des pseudo-flics qui déshonorent leur métier sur des parcours sans intérêt opérationnel réel, mais bien des opérations de siège de bâtiments publics et privés, dont nous aurons le sentiment qu'ils contribuent à ne pas agir dans le soucis du service public à rendre à la nation. Les Gilets Jaunes veulent défaire Macron, son gouvernement et toute l'oligarchie avec, ils seront bientôt incarnés par une représentation politique et vont continuer d'user de tous les outils nécessaires à l'inoculation de la Démocratie en France, parce que notre peuple n'a plus rien à perdre. 

On nous a volé notre Souveraineté, notre libre-pensée, notre droit au bien être social et à la dignité,  et puisque notre avenir et celui de nos enfants est désormais prohibé par les traîtres qui usurpent les institutions politiques de la France, nous ne reculerons plus.

Notre Révolte s'inscrit dans le temps long et sera bien décrite par les historiens comme étant une authentique Révolution, lorsque nous aurons défait Macron et son Gouvernement, et que nous aurons en outre établi notre propre représentation politique au pouvoir. Cela adviendra, l’appétit intellectuel des Gilets Jaunes est réel, il y'a une volonté de se former à des disciplines et connaissances qui n'étaient jamais médiatisées ou enseignées à l'école, et peu à peu, les Français commencent à penser la marche de l'Etat. 

Le Mouvement n'est pas terminé, il produit actuellement ses métastases politiques pour excréter ses cellules cancéreuses, mais ce qui se dégagera tendanciellement de cette reconfiguration, c'est la mort définitive de l'extrême gauche et de son influence, cela jusqu'au cœur des instances politiques et syndicales qu'elle infiltrait avec plus d'ancienneté. Les masses dépolitisées qui ne connaissaient pas de près le maccarthysme et la violence des "antifas" et consort, ont pu en respirer le parfum amère autant dans la rue que sur les réseaux sociaux. Les autres instances politiques n'en profiteront pas plus. Je ne crois par exemple pas que le "Rasssemblement National" de Marine Le Pen obtienne des résultats électoraux conséquents dans l'avenir. Pas plus évidemment que les formations politiques centristes comme LRM, LR, MODEM et PS. Les plus petits partis politiques, bien que largement impliqués dans le Mouvement des Gilets Jaunes au-travers de leurs militants, ne tireront guère plus les marrons du feu, car l'UPR ; le PARDEM ; S&P et le PRCF n'ont pas bénéficié d'un supplément de visibilité médiatique durant cette respiration révolutionnaire. Le Mouvement des Gilets Jaunes ne se structurera pas en "parti politique" à ce stade, et les quelques entités créées par Jacline Mouraud et consort, ne susciteront pas l'intérêt de la minorité agissante. Les élections européennes ne laisseront rien apparaître de significatif sauf un fort taux d'abstention, mais qui n'aura rien de nouveau s'agissant de cette échéance. Il n'est cependant pas improbable que le débat sur la question de notre rattachement à l'U.E et l'euro finisse par émerger de plus en plus fortement au cours des prochains mois. 

Je ne peux donc préjuger des formes que prendra notre Révolution sur le temps long, mais je sais que certains travaux de fond avancent, et qu'à l'issue, nous reprendrons bien le contrôle de l'Etat.