vendredi 7 juin 2019

La surface des choses


J'écris ce billet à la veille du dernier rassemblement que j'organise avec mes camarades dans le cadre des Gilets Jaunes, et plus largement à l'issue d'un long chemin de croix militant qui a été le mien durant près de 10 années.

Autant vous le dire, je suis pessimiste pour les années à venir.

« Les Gilets Jaunes » est un mouvement qui a fait la démonstration que le peuple français n'est pas tout à fait endormi. Cela après plus de cinq décennies de déconstruction méthodique des acquis sociaux et démocratiques dont nous avions hérité sur près de deux siècles. Nous n'étions pas en régime démocratique sous la Vème République, et le Système économique et social dans lequel nous étions inscrits, n'était rien d'autre qu'un ensemble de concessions obtenues auprès de puissances d'argent. Ces dernières jusqu'au milieu des années 70, ont en effet préféré rester discrètes et humbles face à la misère dont elles se savaient largement responsables. Puis la cupidité a repris le dessus, adossée à des velléités impérialistes de la part d'un certain nombre de puissances étrangères. La France, hyper-puissance diplomatique et politique dans le concert des nations, traînait derrière elle, un héritage culturel et historique qui ne pouvait que contrarier tous ces intérêts prédateurs. Mais pour l'avantage de ces derniers, nos élites de tous temps ont toujours été très sensibles à la corruption et peux enclines à défendre l'intérêt national. Et voici donc que nous arrivons au bout d'un long et pernicieux processus de démantèlement de l'Etat.  Et si en apparence nous sommes toujours sous la Vème République, la Souveraineté Nationale garantie par le titre premier de cette constitution, est désormais totalement abolie, ou du moins transférée à la Commission européenne. Nous n'avons donc plus de Constitution, ou du moins pas d'autre que celle que nous avions refusé en 2005 par référendum. Et le démantèlement de la France est en cours de finalisation sous le Régime Macron.

Si la question de l'Union européenne et de la contradiction de ses asymétries économiques, monétaires et politiques, laisse quelques espoirs d'une future crise à même d’annihiler toute crédibilité à une oligarchie qui aura défendu avec un fanatisme ardent l'euro et plus globalement une technostructure vouée à asservir les nations, dans l'attente, le calendrier que cette dictature nous impose, reste honoré par son serviteur le plus zélé en la personne d'Emmanuel Macron.

La majorité des Gilets Jaunes, et plus globalement des Français, reste cependant peu intéressée au-dessous des cartes. Il est vrai que s'éduquer sur le Droit, l'Economie, la Monnaie, l'Histoire ou la Géopolitique, cela demande du temps que tout le monde n'a pas forcément. Mais cela demande aussi une curiosité que très peux partagent. Pour la majorité des Français comme de nos représentants, il est préférable d'en rester à la surface des choses. Au pays des Lumières, a succédé le règne du consumérisme aussi idiot que capricieux. "Du pain et des jeux", le peuple n'a jamais aspiré à plus d'élévation que cela. Et si jusqu'au milieu du siècle dernier, il restait encore un peu de transcendance et une certaine idée de la vertu du fait d'un catholicisme qui n'était pas tout à fait éteint, aujourd'hui, ce qui restait de nos repères spirituels ayant eu cours sur près de 1500 ans, est désormais démoli à la pelleteuse quand on ne brûle pas des cathédrales de façon « accidentelle ».

Le peuple français n'existe finalement plus que par une langue partagée. Mais plus par un sentiment d'être le légataire d'une histoire et plus encore le dépositaire de l'avenir de nos générations futures. Qu'on observe nos enfants : ils exigent leur playstation et des fringues d'une grande marque, tout en restant insouciants des périls qui menacent leur existence. Leurs parents aussi du reste. Ô biensûr nous avons bien une petite bourgeoisie qui s'achète une bonne conscience morale en votant « écolo », car ce qui compte en France, reste définitivement les apparences. Pas de mettre le nez dans la réalité. Rien n'est plus hostile à la planète que soutenir des traités européens violemment libre-échangistes et productivistes, mais ça n'est pas grave. Quand on vote « écolo », on s'achète une dignité sociale à bon compte. Celle du type sympa qui contrairement à l'autre blaireau d'en face, dispose d'"une conscience". Une conscience cependant vide de toute volonté de comprendre les mécanismes macroéconomiques et politiques qui sont à la source des pires déprédations écologiques. Une conscience qui s'interdit de penser le bien commun et la fraternité avec son propre peuple. On est altermondialiste chez les "écolos". Quand bien même on ne connaît rien de la vision d'un Chinois ou d'un Ghanéen sur le monde, et qu'on vilipende ce salaud de Cubain un peu trop patriote, on reste "mondialiste" car il faut aimer tout ce qui est autre que sa propre communauté nationale. Le vote « écolo » ne vaut pas mieux que l'exigence de porter sur soi le dernier survêtement à la mode pour briller en Société.

Cependant, nous avons eu la crise des Gilets Jaunes. Que l'on s’enthousiasme un peu ! Voila le bon peuple des campagnes, pétri de bon sens qui s'est insurgé enfin ! Cependant, là aussi les apparences sont de mise. Rappelons que le point de départ n'est pas la colère contre une oligarchie qui asservit la France à tous les intérêts prédateurs. Ce ne sont pas nos guerres illégales menées au Moyen-Orient qui ont scandalisé les Français. Ni les trahisons constantes comme la vente de notre patrimoine industriel le plus stratégique à l'Allemagne ou aux USA. Non, c'est toujours "du pain et des jeux" qui motive notre indignation. Macron se serait borné à défiscaliser pour une année les produits pétroliers, tout en proclamant l'abolition définitive de la France en tant que désormais « région de l'Europe », il n'y aurait eu personne dans les rues. D'ailleurs, le Traité d'Aix la Chapelle n'a pas suscité beaucoup d'indignation chez les Gilets Jaunes. Mais attention, nous avons à faire à des Révolutionnaires, des vrais ! Ce qui compte outre la marque de reconnaissance au club (le Gilet Jaune), c'est d'être nombreux. Car c'est bien ça une révolution, c'est une foule en colère. Bon évidemment, nos foules préfèrent se balader dans les centres villes plutôt qu'assiéger des centres de pouvoir. Mais qu'importe, le but est d'être nombreux, pas de réfléchir à ce qui peut réellement porter préjudice à l'oligarchie au pouvoir. Et attention : en révolutionnaire cohérent avec la bêtise générale, on se refuse à déclarer toute manifestation en préfecture. Parce qu'il s'agit de faire la démonstration d'une rébellion. Un peu comme notre môme de 15 ans qui insulte ses parents lorsque ces derniers refusent de lui offrir sa playstation. Des vrais rebelles nos Gilets Jaunes. Ils donnent à la maréchaussée les justifications légales de les disperser dans la violence, pour le seul motif de faire valoir leur pseudo rébellion. De l'adrénaline à bon compte et la gloriole de pouvoir se dire « rebelle ». Mais pas d'objectif à atteindre. Pas de volonté de renverser les tyrans au pouvoir. Par contre, tous les blessés seront salués comme des héros dans un exercice de martyrologie, qui évidemment, ne peut qu'effrayer les Français qui auraient voulu nous rejoindre. Des martyres pour rien et qui auraient même pour certains d'entre eux, pu éviter un œil crevé ou une main arrachée, si tant est que les organisateurs de manifestations où ils se rendaient, s'étaient montrés responsables en déclarant leurs cortèges, pour ne donner aucune raison légale à la maréchaussée de pouvoir disperser en force les manifestants.

Mais non, il y'a des « déters » qui se prennent pour des révolutionnaires alors qu'ils ne sont que des ados attardés en mal de reconnaissance sociale. Ils se prennent pour des héros, veulent se confronter à la flicaille tout en admettant pas que cette volonté suppose d'être prêt à tuer ou alors assumer par avance la défaite et les blessés autour de soi.

Demain, nous serons sous les fenêtres des grands médias à nouveau. Cela pour la énième fois depuis 2015, où je ne cesse d'appeler qui veut bien, à assiéger ces institutions de pouvoir. Nous ne serons pas nombreux, notre insoumission est en outre si sage puisque nous déclarons nos cortèges et rassemblements. Mais nous sommes cohérents. Nous ne cherchons pas à nous acheter une dignité sociale, une aura de rebelle en carton-pâte, un statut de héros ou de martyre, mais bien à être au pied des studios dédiés à la propagande des puissants. Nous n'exigeons pas de Macron qu'il ait la gentillesse de nous accorder « plus de pouvoir d'achat » ou de « réduire les taxes », nous exigeons que ce criminel et toute sa clique soit destitué. Nous ne nous réclamons pas d'une écologie bon teint pour nous donner bonne conscience, nous exigeons de sortir de l'U.E, l'euro, et pourquoi pas de l'OMC et bien d'autres institutions qui promeuvent le libre échange et la privatisation de toutes les filières les plus stratégiques permettant à un Etat de mener une politique écologique digne de ce nom.

Certes, nos prétentions sont peut-être trop sages ou trop radicales. Nous avons peut-être le défaut d'une certaine constance voire de rigueur intellectuelle. Mais à bien y réfléchir et au regard de la lente décomposition du Mouvement des Gilets Jaunes, est-ce que nous avons tort d'acter et penser la Révolution ainsi ?

A demain pour celles et ceux qui ont compris, parfois depuis bien des années. A jamais pour les capricieux qui ne s'intéressent qu'à la surface des choses, et non à renverser une tyrannie au pouvoir.


samedi 18 mai 2019

La résistance perd l'un de ses plus valeureux soldats : Lucien Pons nous a quitté

Nous apprenons le décès brutal de Lucien Pons, emporté à l'âge de 68 ans seulement, le 15 Mai dernier. Force de la nature, militant acharné de la restauration de notre indépendance nationale vis-à-vis de l'U.E et l'OTAN, toutes celles et ceux qui le connaissaient restent interdits face à sa disparition.

Diplôme de l'Ecole Normale, Lucien enseignait les mathématiques. Il était aussi passionné de rugby, mais c'est sans doute son intérêt pour l'Histoire qui l'a amené sur les sentiers de la dissidence politique.

Le Républicain qu'il était a vu rapidement durant les années 90, vers quel gouffre démocratique, institutionnel et social, nous emmenait la construction européenne. Il s'engagera d'abord pour le MRC de Jean-Pierre Chevènement, puis le quittera pour intégrer peu de temps après le Parti Socialiste. Peut-être dans l'espoir de pouvoir influencer ses militants sur la région de Nice où il demeurait, à la nécessaire contestation de l'Union européenne et de l'OTAN. Sans succès...

Ami proche du journaliste Jacques Cotta, Lucien Pons va comme lui dépenser l'essentiel de son temps à l'éducation populaire et au militantisme. Il poursuivra plus tard son aguerrissement politique au sein de l'association ATTAC, puis en adhérant au M'pep de Jacques Nikonoff qu'il quittera en 2015 pour se consacrer pleinement à l'association qu'il animait avec quelques camarades : le comité pour un nouveau CNR.

Lorsque le mouvement des Gilets Jaunes débutera, il s'y investira corps et âme, allant jusqu'à assurer la veille nocturne sur son rond-point niçois. Il manifestera comme l'essentiel d'entre nous, et subira deux gardes à vue dans des conditions indignes. Elles resteront pour lui une expérience éprouvante. Homme de cœur et épris de Justice, il avait pris physiquement la défense de Geneviève Legay, militante d'ATTAC de 73 ans, blessée lors d'une charge de police contre les Gilets Jaunes niçois, ce qui lui vaudra son second et dernier séjour en garde à vue.

Lors de sa dernière apparition publique le 6 Avril dernier à St Nazaire, ses plus anciens camarades de combat relèvent l'état de fatigue dans lequel il se trouvait.

Sa crainte la plus forte ayant motivé l'essentiel de son combat, était que notre alliance contre nature au sein de l'OTAN, ne pouvait que nous amener à une future guerre généralisée à terme. Point de vue que je partage toujours avec lui.

Rappelons qu'il militait pour que tous les partis et militants hostiles à l'U.E, l'euro et l'OTAN, forment un C.N.R en dépit de leurs querelles partisanes du moment, et c'est bien le message que nous devrions entendre aujourd'hui à l'heure de sa disparition.

Lucien aimait l'Italie sous toutes ses formes et voyageait régulièrement avec sa compagne (elle-même italienne) sur la péninsule. Lors des moment heureux, il aimait partager avec ses amis une bonne bouteille de vin italien.

Il laisse derrière lui sa compagne ainsi que deux enfants, mais aussi toute une dissidence à qui sa chaleur, sa gentillesse et son honnêteté (autant que sa puissance) intellectuelle manqueront beaucoup.

Je ne peux que conclure cet hommage, en diffusant une vidéo datant de l'Université d'Automne du M'pep en 2012, où vous pourrez faire connaissance avec l'érudition et les convictions de ce grand Monsieur, que j'eu le plaisir de croiser à quelques reprises sur ma route. 



samedi 11 mai 2019

Pendant ce temps-là en Grèce... on crève !

Leonidas Chrysanthopoulos est ancien diplomate grec de haut rang. 

Il a été ambassadeur au Canada, en Pologne et en Arménie. Il fut Consul Général à Istanbul, Ministre Conseiller à Pékin, il a aussi représenté les intérêts de son pays dans l'organisation pour la coopération économique en mer noire. Enfin, il fut l'un des négociateurs grecs ayant discuté les conditions d'entrée de son pays dans l'ex CEE, aujourd'hui devenue "Union européenne".

Inutile donc de signifier que cet homme est ce que l'on appelle dans certains milieux, un "insideur". Si je vous parle de cet homme, c'est parce qu'il m'a transmis récemment par courriel un document qu'il a envoyé à Jean-Claude Juncker, l'actuel Président de la Commission Européenne, (et premier homme sur Terre à souffrir de sciatique éthylique). 

Ce document est en fait une lettre réclamant réparations pour sa propre personne, au titre de l'article 41-3 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne (à ne pas confondre avec la Convention européenne des droits de l'Homme). Cet article de loi est rédigé comme suit :

"Toute personne a droit à la réparation par l'Union des dommages causés par les institutions, ou par ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, conformément aux principes généraux communs aux droits des États membres".

A la lecture de son courrier, vous comprendrez dans quelle logique procédurale (et d'affrontement), s'inscrit la démarche de Leonidas Chrysanthopoulos. Ce courrier est aussi l'occasion de prendre des nouvelles de la Grèce, puisque à peu près tout le monde s'en fout, sauf ceux qui ont à cœur de rétablir l'auto-détermination des peuples en Europe. En France, le débat sur la pertinence et la légitimité politique de l'U.E reste séquestré par des médias collabos ; des politiciens aussi ignares que félons ; et toute une clique de portes-voix qui au lieu de considérer le caractère fascisant de cette technostructure, ne cesse d'invectiver quiconque défend avec raison et force arguments juridiques, économiques et démocratiques, la nécessité de mettre un terme à cette usine à gaz.

Ce sont généralement les mêmes personnes qui la main sur le cœur, nous parlent d'amitié entre les peuples, de paix et de coopération, tout en se foutant de savoir ce qu'il se passe exactement en Europe. Ce sont les mêmes gens encore, qui reprochent aux Anglais d'être un peuple libre et souverain, de même qu'ils ne supportent pas les considérations sociétales qui existent en Pologne, en Hongrie ou ailleurs. Ces staliniens dont les "éléments de communication" s'effondrent sur les réalités qui font la diversité de la civilisation européenne, ne souhaitent qu'une chose :

Faire de l'Europe une hégémonie économique, institutionnelle et culturelle à leurs propres vues. Et à ce titre, on peut affirmer sans problème qu'un européïste est un ultra-nationaliste. Nous ajouterons un crasseux intellectuel (pour l'essentiel du grand parti maastrichtien), ou pour les plus informés : des traîtres, des collabos et des fachos.

Dans l'attente, je vous laisse découvrir le courrier de Leonidas Chrysanthopoulos, que je remercie sincèrement pour le soutien actif qu'il apporte aux Décrocheurs, association que j'administre, et qui encourage tous les Français à décrocher les "drapeaux européens" de l'espace public. 

A M. Le Président de la Commission européenne, H.E. Jean Claude Juncker

Rue de la Loi 200,
1049, Bruxelles, Belgique


Votre Excellence,

Vous trouverez ci-joint une demande de ma part adressée à la Commission européenne invoquant l'article 41.3 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne afin de réclamer l'indemnisation des dommages causés à ma personne par des erreurs commises par l'Union européenne et ses institutions.

En tant que jeune diplomate, j'étais membre de la délégation qui a négocié l'adhésion de la Grèce à la CEE, mais à l'époque il s'agissait d'une organisation différente de l'UE d'aujourd'hui. La CEE donnait la priorité aux citoyens des États membres, à leur prospérité et à leurs droits sociaux. Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, où la priorité est donnée à la sécurité du secteur bancaire tout en faisant abstraction des intérêts et des droits des citoyens de l’UE. En tant que directeur général des Affaires européennes au ministère grec des Affaires étrangères, en 2004, j'ai participé également aux négociations pour la Constitution de l'UE et aux Conseils des Affaires Générales.


En ce qui concerne la Grèce, la raison officielle de la politique de mémoranda et des programmes d'austérité imposés à mon pays est la soit-disant réduction de la dette publique qui représentait en 2010 environ 120% du PIB. Mais au lieu de la réduire, elle atteint aujourd'hui le 185% du PIB. Cependant, nous savons tous que la véritable raison de l'imposition de ces mesures était de sauver les banques françaises et allemandes de la faillite au cas où la Grèce se déclarait en faillite. Dès le début, il était clair pour beaucoup parmi les spécialistes que les mesures ne seraient pas efficaces mais ceux qui les avaient prévues et qui étaient en charge de leur mise en œuvre, ont refusé de changer les politiques erronées même après avoir reconnu explicitement leurs erreurs.

Les mesures imposées à la Grèce violent les droits de l'homme du peuple grec. De nombreuses informations ont été publiées sur ces violations. Le rapport de l'expert indépendant Cephas Lumina à propos des conséquences de la dette externe et des autres obligations financières internationales des États, concernant la pleine jouissance de tous les droits de l'homme et en particulier des droits économiques, sociaux et culturels (A / HRC / 35/50 Add.1.7.3.2014) ; le rapport de l'expert indépendant des Nations Unies, Pablo Bohoslavsky (A / HRC31 / 60 / add.2, 29.2.2016) et le rapport du Comité de vérité du Parlement hellénique sur la dette publique qui date des mois d'août et octobre 2015. Le Traité de l'Union européenne et la Charte des droits fondamentaux ont également été violés, en particulier l'article 2 concernant le respect de la dignité humaine. Ces violations des droits de l’homme ont entraîné la mort de nombreux Grecs, du fait de l’effondrement du système de santé national (le financement public de la santé a été réduit de 42,5%), de la malnutrition, du manque de chauffage adéquat, etc. Avant 2009, la moyenne annuelle des décès en Grèce était entre 60 et 70 000 personnes. En 2017, ce nombre a atteint 124 832, contre 120 886 en 2018. La responsabilité de ces violations qui ont causé la mort de tant de personnes depuis 2010 est partagée entre les successifs gouvernements grecs, les États membres de la zone euro, l'UE, en tant qu'institution, et le FMI.

En 2017 et 2018, j'ai visité les ministères des Affaires étrangères des pays du Benelux et de l’Allemagne, à Berlin, où lors des réunions avec leurs correspondants responsables des Droits de l’homme, j’ai soulevé le problème des violations des droits de l’homme en Grèce. Ils ont tous reconnu la violation des droits de l’homme et ont attribué le problème à un manque d’intérêt de l'Eurogroupe pour cette question. Problème qu'ils ne savaient pas comment résoudre. Je leur ai répondu qu'il fallait tout simplement suivre les recommandations des experts indépendants de l'ONU qui proposaient ne pas adopter de mesures d'austérité qui violeraient les droits de l'homme. Malheureusement, les violations des droits de l'homme se sont poursuivies malgré une réunion (entre qui et qui ?) avec l'expert indépendant des Nations Unies et la Commission européenne en 2015.

Je suis certain que ma demande d'indemnisation ci-jointe sera rejetée et que les arguments qui seront utilisés par vous pour ce rejet seront les suivants:

1.Vous me direz que les documents du
programme (???) ne font pas partie du droit européen, mais des actes intergouvernementaux et que les MOU (memorandums ???) ne sont pas des actes de l'UE, mais des instruments convenus bilatéralement entre la Grèce et ses prêteurs. Par conséquent, les lois de l'UE ne sont pas applicables dans mon cas et que l'article 41.3 ne peut pas être appliqué. Ma réponse est que l’UE ne doit pas se cacher derrière des détails juridiques dans le but de ne pas mettre en œuvre les articles du traité. Je ne me souviens pas exactement quand cet article avait été discuté, dans le cadre des négociations du traité, mais le représentant de la Commission nous avait assuré que cet article visait à protéger pleinement le citoyen européen contre les erreurs commises par les institutions de l'Union européenne.

2.Vous me direz que, pour trouver une réponse à ma demande, je sois obligé de faire appel à la Cour européenne de justice, qui est l'organe compétent pour de tels cas. Je vous répondrais que je ne dispose pas des moyens financiers pour saisir la Cour de justice et qu'au lieu de cela, je proposerais un règlement à l'amiable avec vous.

3. Pour finir, vous me direz que l'unique responsable pour la réduction de ma pension de 60% est le gouvernement grec. Ma réponse est que si les institutions de l'UE n'avaient pas imposé de telles mesures, le gouvernement grec n'aurait jamais procédé de la sorte.

Bien sûr, vous pouvez trouver d'autres raisons de rejeter ma demande mais ce n'est pas la question.

La question est que les articles du traité qui concernent la protection des citoyens de l'Union européenne contre les erreurs des institutions de l'Union européenne - quand cela est requis - doivent être appliqués en faveur des citoyens et non pas au détriment des citoyens et en faveur des institutions. Cela devrait être sérieusement pris en compte en vue des élections pour le Parlement européen en mai.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de ma très haute considération,
Leonidas Chrysanthopoulos
Ambassadeur ad Honorem




mercredi 6 février 2019

Gilets Jaunes : la grande reconfiguration

Nous ne bénéficierons pas du luxe d'une Révolution tunisienne dont l'effervescence insurrectionnelle n'aura finalement duré qu'un mois avant que les généraux du pays fassent pression sur Ben Ali afin qu'il lâche les commandes, tout en laissant aux civils le soin d'assurer la continuité de l'Etat. La France est un trop grand pays pour se satisfaire de crises politiques qui aussi puissantes et étendues soient-elles, aboliraient la servilité de nos fonctionnaires et militaires face au commandement politique de la nation, quand bien même usurpé. Le renversement du roi exige de longs mois de maturation politique et révolutionnaire en France.

Car il y'a trop à perdre à se rebeller face à toute hiérarchie. Il y'a plus encore tout ce que l'on ignore de la question révolutionnaire tout autant que politique. Et cela est une réalité qui transcende les différentes strates de notre peuple. Enfin que dire des conditionnements, des peurs et petites lâchetés existant chez chacun d'entre nous ? La Révolution est un moment où une minorité agissante se bat contre ses propres limites psychologiques, sociales et idéologiques, afin de se mettre en situation collective de renverser une tyrannie qui se joue de nos travers humains et querelles intestines.

La Révolution est aussi sujette à toutes "les infiltrations". Les plus naturelles sont celles émanant de gens qui y ont cru depuis le début, et se sont astreints à un esprit de Concorde nationale contre les puissants. Mais il y'a aussi celles qui émanent des contre-révolutionnaires, qu'ils agissent sur commande ou en "idiots utiles" du gouvernement. Ainsi et quoi qu'il faudra toujours rappeler que les Gilets Jaunes sont d'abord et en premier lieu des masses dépolitisées, il n'aura échappé à personne que parmi tous celles et ceux qui manifestement depuis le 17 Novembre, il y'a des électeurs et même des militants de partis et officines qualifiées "d'extrême droite".  Néanmoins, les débats et revendications des Gilets Jaunes n'ont à aucun moment été abondés par des thématiques chères à la droite conservatrice du pays, telles que l'immigration, l'insécurité dans les banlieues ou la refonte de la laïcité. Pour quelle raison ? La Droite française y compris dans ses couches les plus radicales, est constituée sociologiquement et pour grande partie, de gens attachés à la non violence et à la Liberté d'expression. Cela tient notamment du fait qu'être de droite (ou disons plutôt être "conservateur"), c'est être attaché à l'immanence d'un certain ordre et au respect des us et coutumes de son pays. Mais aussi parce que dès lors que l'on manifeste de telles opinions en France, l'on subit un ensemble de fatwas médiatiques qui abolissent notre sentiment de liberté de penser et de s'exprimer, par l'invective et le déclassement social opéré par des opposants agissant dans des sphères de pouvoir réel. Etre de droite n'est pas un point de vue économique et social, c'est un point de vue moral sur la Société. Il en va de même pour la "gauche". Et la droite du fait de son fort attachement civique et patriotique, sait se montrer discrète sur ses autres thèmes de prédilection, si cela peut éviter des disputes inutiles avec des camarades avec lesquels on marche dans la rue contre le Gouvernement.

Tel n'est malheureusement pas le cas de l'extrême gauche qui est donc arrivée en fanfare dès le début de l'année 2019, alors qu'elle ne cessait de faire entendre par l'entremise des médias, des réseaux sociaux et des syndicats, toute son inquiétude sur le fait qu'il y'ait des gens "d'extrême droite" parmi les Gilets Jaunes. Cela n'inquiétait et n'inquiète toujours pas les Gilets Jaunes pour la bonne et simple raison que l'extrême droite n'est ni prosélyte, ni violente et qu'elle ne se fait donc pas remarquer dans le mauvais sens dans nos cortèges et rassemblements. Et si l'extrême droite se dit tout aussi intéressée que les autres Gilets Jaunes par le Référendum d'Initiative Citoyenne, c'est qu'elle ne peut être pas aussi "extrême" que cela. Elle devrait plutôt être qualifiée de "radicale", tout comme l'on peut dire que des gens comme Adrien Quatennens ; François Ruffin ou Jean-Luc Mélenchon sont de gauche radicale. D'ailleurs qu'est-ce qui distingue l'extrême gauche de la "gauche radicale" du reste, puisque cette dernière était déjà bien présente dans le mouvement dès le 17 Novembre ? L'extrême gauche comme l'extrême droite nourrissent d'abord et avant tout des passions identitaires. L'extrême droite idéalise et sclérose le peuple à des repères culturels, ethniques et religieux très étroits dans l'espoir de préserver sa singularité dans le temps. L'extrême gauche idéalise l'individu libre et cosmopolite, totalement affranchi dès règles et repères culturels de sa propre Société. L'extrême gauche est constituée d'individus qui veulent démolir l'ensemble du cadre culturel et institutionnel de leur pays, pour justifier leur fracture identitaire propre. L'extrême droite tient au contraire à resserrer très fortement le cadre culturel et institutionnel de son pays, pour panser la fracture identitaire de celles et ceux qui se réclament de ce courant de pensée.

Le problème pour les gens d'extrême gauche, c'est qu'ils gouvernent depuis plus de 40 ans. Leur vœux de démolition de tous les conditionnements culturels et étatiques qui font de notre peuple une nation libre, historique et singulière, ont été honorés depuis des décennies par une oligarchie aussi cosmopolite que ses "idiots utiles", aussi haineuse de la France et son Histoire que l'ensemble de notre Lumpen-prolétariat, aussi volontariste à la déstructurer et la communautariser que les militants pro-LGBT ou immigration se disant pourtant "hostiles" au gouvernement. Et si la majorité du peuple n'est pas d'extrême droite et que les Gilets Jaunes incarnent cette majorité habituellement silencieuse parce que dépolitisée, cette même majorité n'est certainement pas d'extrême gauche non plus.

S'il est vrai qu'avant la seconde guerre mondiale et encore quelques années après, l'extrême droite pouvait s'avérer violente et relativement influente, ce n'est plus le cas depuis plus de 40 ans. Elle est devenue minoritaire pour sa composante la plus passionnée, et les agressions sur des opposants politiques ou catégories de la population pour lesquels les plus virulents réactionnaires vouent une haine indicible, sont extrêmement rares. A l'inverse, depuis Mai 68, l'extrême gauche - qui donc n'a rien à voir avec la gauche radicale - s'est installée dans le paysage médiatico-politique et guide le démantèlement de l'Etat et de notre Unité depuis l'arrivée au pouvoir d'un certain nombre d'éditorialistes "soixante-huitards" dans la presse et d'idéologues eurôlatres dans la haute fonction publique et la représentation politique. Pendant que d'un côté, la France se défaisait des moyens de sa Souveraineté sur l'autel de l'U.E, (ainsi que l'Allemagne et les USA en particulier) ; de l'autre, notre oligarchie désormais démunie de tout pouvoir et tout devoir à assumer sur les politiques publiques de la nation, n'a cessé de passer son temps à faire la promotion de cette France à présent "multicuturelle" mais au passé "rance" et dont il s'agirait pourtant de croire aux "valeurs" républicaines qui sont les siennes aujourd'hui. Des termes plein d'abstraction et poussant jusqu'au nihilisme qui sont le propre d'une extrême gauche qui gouverne (pas), fait sa propagande dans la presse écrite et audio-visuelle, tout en terrorisant son opposition populaire avec ses milices politiques, constituées des fameux "idiots utiles" se proclamant "antifascistes" tout en ratonant un Gilet Jaune qui serait réputé être sympathisant "d'extrême droite"

Pour ma propre part et quoi que je me démarque de Messieurs Ruffin, Quatennens et Mélenchon en me disant ostensiblement favorable au Frexit de toute urgence, je suis comme eux de "gauche radicale". Plus précisément un éco-socialiste et même un "décroissant".  Le modèle économique et social que j'ai en tête s'inspire de ces courants de pensée qui sont fortement régulateurs en terme de politique monétaire, commerciale et agricole. Ils supposent des nationalisations tout azimut de nos grandes industries stratégiques et services publics perdus, un plan de route à cinquante ans pour convertir notre économie et permettre à la France de supporter la déplétion des matières premières annoncée pour les années futures. Le socialisme, comme le communisme, la décroissance ou le keynésianisme, sont des économies de planification où l'Etat régule, intervient, décide, crée des "distorsions de concurrence" et contraint des acteurs économiques et étrangers très puissants, à ne pas nuire à l'intérêt social du peuple qu'il sert. Nationaliser tout le système bancaire et bien plus encore ne m'effraie pas. Bien au contraire, j'y aspire. De même que transformer par la loi un certain nombre de multinationales en coopératives lorsqu'elles produisent et distribuent des marchandises et services sur le territoire français, est à mon sens imposer aux actionnaires non impliqués dans la marche d'une entreprise, le contre-pouvoir des travailleurs qui la font vivre réellement. Je défends le Salaire de Vie à quelques nuances près sur certains détails, selon les mêmes critères que M. Bernard Friot, notamment en jouant de la cotisation sociale et en redonnant un sens profond au mot "travail".

Quant à mes valeurs morales, elles sont d'avantages libertaires que conservatrices à de nombreux sujets, et comme la majorité des Gilets Jaunes, je ne me reconnais pas  dans les passions identitaires des extrêmes droite et gauche de la France. Cependant, j'observe que sur certaines grandes villes de France, là où l'extrême droite ne posait jusque là aucun problème particulier, l'extrême gauche qui nous vilipendait durant les deux premiers mois et restait en retrait, a décidé de semer la zizanie dans nos rangs en s'ingérant dans nos cortèges mais aussi groupes facebook, télégram ou discord où les débats et discussions s'opéraient plus paisiblement les deux premiers mois. Les casseurs qui se réclament de la "stratégie" blackbloc, viennent pourrir plus encore ce que les ordres de Macron, Philippe et Castaner permettaient de générer de chaos dans les rues sans eux. Les "antifas" constituent l'essentiel de leurs troupes, et quelques dizaines de ces illuminés dans nos cortèges pratiquant la chasse au "soralien" ou jetant des pavés contre les forces de police ou de gendarmerie, suffisent à causer un déchaînement de violence affectant sérieusement le moral des Français qui manifestent.

Un grand nombre des Gilets Jaunes de la première heure me témoignent par messagerie ou téléphone de leur fatigue à gérer les dérives humaines des uns et des autres, et se sentir impuissants à créer un semblant d'organisation et de sérénité dans ce combat collectif. Je ne fais pas exception à la règle, et je connais trop bien les pratiques du trotskisme, du lambertisme et des formes d'entrisme de l'extrême gauche plus contemporaines si l'on en juge l'expérience Nuit Debout et finalement ce qui s'opère actuellement, pour ne pas préjuger de ce qui va désormais se passer dans les prochains mois.

Pour ma propre part comme pour d'autres animateurs du mouvement, les choses continuent de s'opérer sur la base de petits et grands événements, de projets et démarches militantes, qui tous réclament du temps pour aboutir. Temps que les plus "suiveurs" du mouvement n'ont guère plus que les "animateurs" pour maintenir l'ardeur insurrectionnelle avec une intensité durable. Économiquement, tout le monde est rincé. La fièvre des Gilets Jaunes je le pense, va s'assoupir en tant que telle durant les prochaines semaines. C'est aussi la façon la plus simple de mettre en déroute les militants d'extrême gauche qui espéraient nous ramener à leurs vues idéologiques et à leurs méthodes. Si nous rentrons à nos foyers, ils n'auront plus rien à détruire. 

Cependant, l'éveil politique des Français et le besoin de raviver le sentiment national qui s'est fait écho dans toutes les provinces du pays, est désormais acquis. Le mouvement risque de se recroqueviller dans un premier temps sur ses débats politiques avant sans doute de les élargir, et nous n'avons pour le moment vu que nos plus faibles mobilisations de l'année. D'autres suivront, plus intenses encore, car les réseaux d'affinités et de coordination sont désormais créés. Nous disposons de nos numéros de téléphone et de nos adresses courriels. Des coordinateurs de région très éloignées entre elles, sont pourtant en relation régulière et informelle pour préparer des événements communs. Les Gilets Jaunes ne sont pas un parti politique, mais un mouvement clairement anarchique dans son fonctionnement, capable de produire du contenu politique et de rassembler des foules sur des sites stratégiques. Peu à peu des têtes émergent, d'autres figures apparaîtront encore, mais cela suffit provisoirement à définir des interlocuteurs à présenter à des ambassades, institutions et médias, pour faire adresser des messages politiques communs. 

S'il y'a une certaine inertie à faire avancer les stratégies opérationnelles et juridiques les plus efficaces pour défaire Emmanuel Macron et son gouvernement, le temps long reste notre meilleur allié. Sans doute serons nous moins nombreux à manifester au fil du temps, mais tout le monde restera vigilant à ce qui pourra se construire et être proposé par la suite. Nous répondrons encore à bien des appels à nous rassembler. Mais de moins en moins pour subir les violences des pseudo-flics qui déshonorent leur métier sur des parcours sans intérêt opérationnel réel, mais bien des opérations de siège de bâtiments publics et privés, dont nous aurons le sentiment qu'ils contribuent à ne pas agir dans le soucis du service public à rendre à la nation. Les Gilets Jaunes veulent défaire Macron, son gouvernement et toute l'oligarchie avec, ils seront bientôt incarnés par une représentation politique et vont continuer d'user de tous les outils nécessaires à l'inoculation de la Démocratie en France, parce que notre peuple n'a plus rien à perdre. 

On nous a volé notre Souveraineté, notre libre-pensée, notre droit au bien être social et à la dignité,  et puisque notre avenir et celui de nos enfants est désormais prohibé par les traîtres qui usurpent les institutions politiques de la France, nous ne reculerons plus.

Notre Révolte s'inscrit dans le temps long et sera bien décrite par les historiens comme étant une authentique Révolution, lorsque nous aurons défait Macron et son Gouvernement, et que nous aurons en outre établi notre propre représentation politique au pouvoir. Cela adviendra, l’appétit intellectuel des Gilets Jaunes est réel, il y'a une volonté de se former à des disciplines et connaissances qui n'étaient jamais médiatisées ou enseignées à l'école, et peu à peu, les Français commencent à penser la marche de l'Etat. 

Le Mouvement n'est pas terminé, il produit actuellement ses métastases politiques pour excréter ses cellules cancéreuses, mais ce qui se dégagera tendanciellement de cette reconfiguration, c'est la mort définitive de l'extrême gauche et de son influence, cela jusqu'au cœur des instances politiques et syndicales qu'elle infiltrait avec plus d'ancienneté. Les masses dépolitisées qui ne connaissaient pas de près le maccarthysme et la violence des "antifas" et consort, ont pu en respirer le parfum amère autant dans la rue que sur les réseaux sociaux. Les autres instances politiques n'en profiteront pas plus. Je ne crois par exemple pas que le "Rasssemblement National" de Marine Le Pen obtienne des résultats électoraux conséquents dans l'avenir. Pas plus évidemment que les formations politiques centristes comme LRM, LR, MODEM et PS. Les plus petits partis politiques, bien que largement impliqués dans le Mouvement des Gilets Jaunes au-travers de leurs militants, ne tireront guère plus les marrons du feu, car l'UPR ; le PARDEM ; S&P et le PRCF n'ont pas bénéficié d'un supplément de visibilité médiatique durant cette respiration révolutionnaire. Le Mouvement des Gilets Jaunes ne se structurera pas en "parti politique" à ce stade, et les quelques entités créées par Jacline Mouraud et consort, ne susciteront pas l'intérêt de la minorité agissante. Les élections européennes ne laisseront rien apparaître de significatif sauf un fort taux d'abstention, mais qui n'aura rien de nouveau s'agissant de cette échéance. Il n'est cependant pas improbable que le débat sur la question de notre rattachement à l'U.E et l'euro finisse par émerger de plus en plus fortement au cours des prochains mois. 

Je ne peux donc préjuger des formes que prendra notre Révolution sur le temps long, mais je sais que certains travaux de fond avancent, et qu'à l'issue, nous reprendrons bien le contrôle de l'Etat.

mercredi 30 janvier 2019

Lettre ouverte aux officiers du Mouvement Marc Bloch

Le 6 Mars 2013, dans une tribune publiée sur un certain nombre de grands médias et de blogs spécialisés, vous tiriez la sonnette d'alarme sur la déliquescence de nos armées que ce soit sur le plan matériel, logistique et humain. 

Aujourd'hui, c'est le simple citoyen français qui avec quelques camarades Gilets Jaunes, vient au-devant de nos institutions régaliennes, pour réclamer le secours de nos armées, à l'occasion d'une crise politique majeure que nos officiers et soldats ne peuvent feindre d'ignorer. Je fais copie ici de la lettre qui est adressée aux chefs de corps de tous les régiments et bases militaires que nous comptons sensibiliser. Nous espérons que vous saurez y répondre dans une ultérieure tribune ou autrement encore, sans nous trahir, sans trahir tout autant les institutions.


Mon Colonel,

Comme vous le savez, la France, patrie pour laquelle nos armées ont un devoir éternel de protection, connaît actuellement une phase insurrectionnelle, après plus de trente années de reniements et de trahisons constantes de nos dirigeants politiques. Ce n'est donc pas sans raison que le peuple français, aujourd'hui bien mieux éduqué politiquement depuis l'avènement d'internet, a cessé d'accepter le discours culpabilisant et même infantilisant, d'une oligarchie aussi arrogante que félonne vis-à-vis de la nation.

En Mai 1958, quelques officiers ainsi que les troupes qu'ils commandaient, un avocat et une compagnie de CRS, trouvèrent le moyen de pressuriser l'oligarchie régnante du moment, jusqu'à entraîner la chute du gouvernement Pfimlin, alors sous la présidence de René Coty. Plus récemment en Tunisie, il n'a fallu qu'un mois aux armées de ce pays, pour terminer la première phase du processus révolutionnaire qui avait cours alors fin 2013, en invitant le président alors en exercice, à prendre la fuite tant qu'il était encore temps. Cette intervention finalement très minimaliste des armées (aucune des situations citées n'a débouché sur un réel putsch assorti d'un gouvernement militaire), a néanmoins permis de faire cesser de couler le sang impunément, et restaurer le calme dans une situation de crise exceptionnelle. Dans les deux cas, la légalité constitutionnelle a été respectée, malgré le rapport de force engagé.

Aujourd'hui mon Colonel, il n'est plus tolérable de constater le silence de nos armées alors que nos soldats et officiers, devraient être les premiers à s'insurger de la situation. N'étant pas certains que vous disposiez de tous les éléments de réflexion légitimant le soutien de l'Armée française à la nation, permettez-nous de vous dresser une chronologie d'un certain nombre de « décisions politiques » qui constituent toutes une réelle trahison à la Souveraineté du peuple français, à l'indépendance de ses armées et aux valeurs de paix prônées par la République.

2014 : François Hollande annonce à la presse, avoir livré des armes aux « rebelles » syriens depuis 2012, ce qui constitue au sens de l'article 421-2-2 du Code Pénal, un crime de financement du terrorisme. Emmanuel Macron, étant devenu Ministre des Finances courant 2014, et par là-même, membre du Secrétariat Général à la Sécurité et à la Défense Nationale, avait en tant que Ministre, une responsabilité claire dans la signature des contrats de vente et de livraison de telles armes. Nous n'osons vous rappeler que nombre de terroristes ayant sévi en France, et notamment au Bataclan, se sont aguerris en Syrie.

2014 toujours : François Hollande annonce annuler le contrat de vente des navires Mistral sans que les transferts technologiques liés à cette transaction, notamment sur ce qui relève d'un certain nombre d'équipements radars, ne puissent être empêchés. Outre le sinistre financier, économique et diplomatique que cela représente pour la France, c'est du point de vue militaire une véritable forfaiture. Quand bien même la Russie est un partenaire historique fiable, il n'y a aucune raison de permettre à son Etat-Major de disposer de données et brevets sur des équipements militaires français soumis au secret défense. Emmanuel Macron était aussi à cette époque Ministre des Finances. Mais auparavant, il conseillait à l'Elysée François Hollande, notamment sur l'annulation de cette transaction.

2015 : Fusion entre l'armurier français Nexter (fabriquant du char Leclerc entre autres) et l'opérateur Allemand KMW sous la présidence de François Hollande. Emmanuel Macron, alors Ministre des Finances a aussi contribué à la prise de contrôle par l'Allemagne, de 50 % du capital de Nexter.

2015 : Cession à General Electric de la branche énergie de Alstom, fabriquant notamment les turbines de nos centrales nucléaires, mais aussi celles équipant nos SNLE, dont les propriétés acoustiques et la vitesse développée, relèvent du secret défense. Si nous sommes un jour en guerre contre les USA, il faudra leur demander de bien vouloir nous livrer les turbines nécessaires aux réparations de nos sous-marins, et d'avoir l'obligeance de ne pas user des données collectées sur ces acquisitions technologiques, dans le but d'espionner nos mouvements impunément. Cette cession d'actifs industriels sensibles, peut être qualifiée de crime de trahison au sens de l'article 411-3 du Code Pénal.

2017 : A peine son mandat entamé, Emmanuel Macron malgré sa propension à revêtir des uniformes militaires pour se donner un supplément d'autorité qu'il n'aura jamais, provoque l'ire de l'Etat-Major français, et pour le moins de son chef, le Général de Villiers, puisque ce dernier, sur la base d'un désaccord budgétaire, lui remettra sa démission en Juillet. N'ayant pas d'affinité pour un Général qui se reconnaît volontiers atlantiste et est parti aux USA à la suite de sa démission, c'est donc avec toute la hauteur de vue critique, que nous relevons que la démission du Général de Villiers était néanmoins un signal d'alarme très clair pour nos troupes, et nous regrettons que l'Armée n'ait pas fait corps avec son chef, et plus encore que le très européïste Général Lecoîntre, ait pu prendre la suite.

2017 : Signature d'un protocole d'accord sur la fusion de l'Allemand Siemens et le Français Alstom sur la prise de contrôle de l'industrie ferroviaire française. Si un jour nous devions retourner dans les affres de la guerre avec l'Allemagne, il faudra demander à cette dernière d'accepter de nous livrer les pièces et machines nécessaires au ravitaillement des troupes à la frontière, en matière ferroviaire.

2018 : Bombardement de la Syrie par les forces françaises sur ordre d'Emmanuel Macron, en violation complète de l'alinéa 14 du Préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946 ; des articles 5 et 35 de notre Constitution, de l'article 2 de la Charte de l'ONU et de l'article 8 des statuts du Tribunal Pénal International.

2018 : L'Allemagne fait savoir qu'elle espère le renoncement de la France à son mandat au Conseil de Sécurité de l'ONU dans le but de partager ce dernier avec le reste de l'Union européenne. De nombreuses voix outre-Rhin, réclament aussi que l'Allemagne se dote de l'arme nucléaire. Emmanuel Macron, qui ne cache pas son européïsme et son esprit de collaboration, ne réagit pas à ces informations. En revanche, il prépare un nouveau traité franco-allemand, qui devra rapprocher le commandement des armées françaises et allemandes. Le traité franco-allemand d'Aix la Chapelle ratifié le 22 Janvier 2019, porte très clairement atteinte à l'indépendance diplomatique et militaire de la France, notamment si l'on tient compte des articles 4 et 5 du dit-traité, dont nous vous recommandons vivement une lecture attentive.

NOUS NOUS SOUVENONS TROIS GUERRES CONTRE L'ALLEMAGNE !!!

Mon Colonel,

Ne voyez pas en notre propos des accents de germanophobie ou d'américanophobie, mais au contraire une certaine lucidité sur l'Histoire et les relations internationales. La France d'Emmanuel Macron est un Etat mis à nu, dépecé des moyens de sa Souveraineté et de son Indépendance, et soumis à toutes les vulnérabilités militaires en cas de péril sérieux. Nous ne fabriquons plus nos propres fusils d'assaut (ce sont encore les Allemands qui nous fournissent), notre industrie aéronautique est lentement rachetée encore par des intérêts allemands. Nous n'avons plus la maîtrise de notre dissuasion nucléaire en terme d'indépendance industrielle, et nous suivons une diplomatie de guerre favorable aux Anglais, Israéliens et aux Américains, mais aussi honteuse que dangereuse pour la France. Il ne se passe plus une semaine sans que des hauts-fonctionnaires, militaires et élus, ne s'insurgent contre ces reniements de M. Macron et consort.

Aujourd'hui désormais, le criminel Emmanuel Macron, réprime un soulèvement populaire dans le sang, alors que les aspirations des citoyens portent sur un désir de Souveraineté à rétablir, d'une démocratie à bâtir et d'un contrat social à refonder. Autrefois, face à une crise de l'ampleur de celle que nous connaissons aujourd'hui, les Présidents français se montraient pragmatiques en dissolvant l'Assemblée Nationale ou en réclamant la démission du Gouvernement.

Emmanuel Macron pour sa part, semble parfaitement décidé à aller jusqu'au bout de son entreprise de démolition de la France sur l'autel de l'Allemagne et de l'Union européenne, tout en excitant la colère des Français, jusqu'à ce que les premières balles de la police nationale, aillent perforer la chair d'un peuple légitimement insurgé.

Nous réclamons le secours de l'Armée. Nous souhaitons que nos soldats et officiers, agissent au mieux de leurs possibilités, pour neutraliser ou mettre en fuite Emmanuel Macron et son actuel Gouvernement. Nous ne reconnaissons pas la légitimité de cet individu à gouverner la France, et nous plaçons sous la protection de l'article 7 de la Constitution et attendons que l'ensemble des hauts administrateurs et militaires de l'Etat, prennent leur ordre auprès de Gérard Larcher, Président du Sénat, et désormais Président de la République par intérim, dès lors que la vacance de ce dernier mandat sera reconnue par nos propres institutions.

Aussi, pour toutes ces raisons, nous vous demandons de bien vouloir porter assistance au peuple français.

Dans l'espoir de votre étude attentive de notre requête,

Avec l'expression de notre respect,

https://www.mesopinions.com/petition/politique/petition-portant-nomination-gerard-larcher-mandat/


vendredi 25 janvier 2019

Chers antifas et consort, vous avez gagné !

On peut être un activiste suffisamment mobile et déterminé pour sauter dans le train d'une Révolution qui commence, tout en restant sous la contrainte de sa condition sociale et matérielle. Ce qui implique le plus souvent une incapacité financière à se déplacer, se restaurer sur le pouce, imprimer des documents à distribuer, mais aussi par extension : payer les honoraires d'une armée d'avocats, la location une scène mobile, les cachets des artistes, des chapiteaux, des banderoles, des flyers, des locations de salles, des bus, etc...

Lorsque le budget mensuel pour tenir est de 500 €, la trésorerie de guerre est évidemment insuffisante. Alors on ne peut que laisser de côté certains pôles de combat trop éloignés de chez soi, pour revenir à une logique de proximité. Certains parmi ceux qui me vouent une haine aussi aveugle qu'irrationnelle feignent de l'ignorer : mais je suis pauvre. Je suis donc limité dans mon engagement et dans l'influence que je peux lui donner, par les contraintes budgétaires qui sont les miennes. Si je compte passer plus de temps à Bordeaux, c'est tout simplement parce que je réside en Gironde depuis plus de 15 ans, et que c'est bien à Bordeaux que tout mon éveil politique et mon combat révolutionnaire à débuté. Par ailleurs, je n'ai plus les moyens de remonter sur Paris pour le moment.

Cependant, un certain nombre de personnes, se disant elles-mêmes inscrites dans le mouvement des "Gilets Jaunes" bordelais se sont offensées de quelques unes de mes provocations (il est vrai), où je faisais part de mon constat qu'une minorité de blocage compromettait la possibilité d'organiser des rassemblements et cortèges sans heurts conséquents depuis plus de neuf semaines d'engagement. Qu'un trop grand nombre de blessures en découlait d'une part, mais aussi que l’interaction avec la gendarmerie et la police nationale pour un peuple qui tient à renverser son gouvernement, s'en trouvait aliénée par les vociférations et provocations d'un certain nombre d'agitateurs, autant que par les ordres répressifs et brutaux, communiqués par M. Macron et M. Castaner au Préfet Didier Lallement, lui-même s'étant montré particulièrement zélé dans l'accomplissement de sa tâche. 

Si mes passages réguliers et amitiés militantes sur les Rond-Points de Gironde m'ont permis sur plusieurs semaines de rester connecté à l'actualité girondine, il est vrai que le week-end, c'était à Paris que je battais le pavé durant huit semaines. Je ne crois pas que cela me disqualifie à pouvoir aider de ma personne et de mes connaissances sur Bordeaux, mais certains en sont convaincus. Parmi eux, sans doute des gens qui sont Bordelais ou "Gilets Jaunes" depuis bien moins longtemps que moi. Parmi eux aussi, beaucoup de gens manifestement issus de l'extrême gauche (NPA ou pseudo Insoumis tendance Autain/Obono) et notamment pour les plus excités d'entre eux, des autoproclamés "antifas"

Bien évidemment, je reconnais que je ne suis pas très doué pour la communication (et ne le serais probablement jamais), et que mon goût de la provocation et de l'ironie, n'est pas fait pour faciliter les choses lorsqu'on reste malgré tout attaché au dialogue. J'aime les discussions rudes et franches, où l'on se dit réellement ce qu'on pense, soit pour convenir d'un désaccord manifeste et irréconciliable, soit pour convenir d'un certain nombre de compromis possibles. En particulier si nous parlons de mener à bien une Révolution, c'est à dire évincer celui qui prétend disposer du commandement suprême en France, ainsi que son gouvernement.

Il se trouve donc que la minorité de blocage qui, quoi que réellement composite (je ne prétends pas que tous soient de gauche) reste tout de même très idéologisée dans sa façon d'opérer. Plus ennuyeux, cette minorité de blocage coopte totalement l'organisation et la conduite des cortèges sur Bordeaux. Si ces derniers se terminent constamment en pugilat sur la place Pey Berland le samedi soir venu, c'est du fait de la volonté d'une poignée de personnes, d'en découdre avec la maréchaussée par haine anti-flic, esprit revanchard ou juste besoin d'exulter sa violence intérieure sur des gens qu'ils estiment payés pour être leur défouloir. Quoi qu'il en soit, ils font en sorte que les foules les accompagnent et ne remettent pas en cause leur organisation et méthode de travail pour assurer la sécurité des gens dans les cortèges. Lorsque de nombreux "Gilets Jaunes" sur les Rond-Points insistent pour que l'on déclare en préfecture nos actions sur Bordeaux et que l'on assure un service d'ordre pour calmer les agitateurs, la même minorité de blocage met son veto. Le service d'ordre sera constitué de milices "antifas" pour dégager les vilains "fachos" et rien ne sera jamais déclaré en préfecture dans le soucis de prévenir les violences policières. Ce qui compte, c'est entretenir et accroître la haine des foules contre la police, en s'assurant que les masses soient confrontées à des opérations de dispersion du fait que ces événements ne soient pas déclarés aux autorités préfectorales, et que des têtes brûlées complètement irresponsables, tentent de faire réagir la maréchaussée par leurs provocations.

Ainsi, la situation reste et demeure préoccupante sur Bordeaux, mais cela est aussi vrai pour d'autres villes de France où ces infiltrations ou rattrapages idéologiques s'opèrent sur certains groupes de "Gilets Jaunes", notamment à Toulouse. Les "gauchistes" et "antifas" ayant pénétré le mouvement ont déjà commencé leur "chasse aux fachos". Plusieurs témoignages font état d'un Bordelais qui en marge du rassemblement à Pey Berland, s'est fait courser par une meute de cinq connards cagoulés qui se sont ensuite acharnés sur lui à coups de barres de fer. Personne n'a pour le moment de nouvelles de ce garçon. Cependant, il m'a été signifié que cette personne aurait discuté avec moi ce jour là, et je m'en inquiète d'autant plus. Quant aux menaces constantes dont je bénéficie sur les réseaux sociaux, je ne les compte désormais plus.

Tous les "Gilets Jaunes" que j'ai rencontré que ce soit à Paris, en Dordogne, en Touraine ou en dehors de Bordeaux ne se sont jamais montrés agressifs avec qui que ce soit. Qu'importe les opinions des uns et des autres et à tout sujet. En revanche, sur Bordeaux, quelques personnes qui prétendent s'inscrire dans l'esprit de fraternité et de volonté démocratique des "Gilets Jaunes", ne cachent pas leur empressement à trouver l'occasion de me ratonner en meute. Je n'ai pas les moyens de faire entendre mon signal d'alarme sur ces infiltrations de milices d'extrême gauche dans l'organisation même des événements à Bordeaux à tous les autres "Gilets Jaunes" du département. Quand bien même cette poignée de cons-plotistes notoires me croient être "une balance" au service de la police, je ne bénéficie d'aucune protection policière particulière, sans doute parce que je ne suis justement pas le type de personne que décrivent ces exaltés.

Quelles conclusions j'en tire :

Chers antifas et consort, vous avez gagné, je m'incline. Quand bien même il est évident que vos méthodes et votre totalitarisme idéologique reste ultra minoritaire au sein de la population générale comme au sein des "Gilets Jaunes" ; vous avez néanmoins réussi à prendre le contrôle des manifestations estampillées "Gilets Jaunes" à Bordeaux ; vous ne laisserez personne vous exfiltrer de l'organisation ou réduire votre influence à ce qu'elle est réellement dans l'opinion générale ; et vous agissez en bande organisée pour réduire au silence quiconque osera vous contester, à coups de barres de fer à la gueule s'il le faut.

Je vous félicite, votre terrorisme de petits voyous fonctionne très bien, je ne reviendrais pas à Bordeaux à ce titre. L'un d'entre vous avait osé exiger de moi devant l’Hôpital Pellegrin que je retirasse mon gilet jaune, indiquant par là qu'il fallait une pureté d'âme au moins équivalente à la sienne, pour que l'on méritasse de porter ce signe de reconnaissance. Sur le moment, je n'ai évidemment pas retiré mon gilet. Cependant aujourd'hui, je m'interroge. D'autant que si un con haineux de talibantifa ou une collabo du genre Jacline Moureau peut être "Gilet Jaune", alors notre unité est facticeAprès tout ce signe ne permet pas de savoir ce qui fait réellement consensus pour nous, autrement que nos revendications les plus prégnantes (destitution de Macron ; RIC et refonte de notre système social). Les talibantifas ne veulent pas de la Démocratie et les Jacline Moureau et consort ont des ambitions personnelles qui supposent de bien se conduire avec les tyrans contestés. Donc à quoi bon conserver un gilet jaune si de tels trolls de compétition sont là pour annihiler la force et les espérances de notre mobilisation ?

Car chers antifas, vous n'êtes pas les seuls à porter atteinte à la dynamique révolutionnaire du mouvement. La majorité des Gilets Jaunes est bienveillante et résolue à renverser Macron ainsi que toute la bande de canailles qui gravite autour de lui et au parlement. Ce sont certes des Français anonymes comme les autres, mais qu'importe leur niveau d'éducation politique, ils se conduisent en révolutionnaires et en citoyens. Néanmoins, renverser un Gouvernement n'est pas à la portée des masses, si elles ne sont pas éduquées à certaines considérations constitutionnelles ou stratégiques, permettant de mener à bien un projet insurrectionnel abouti. Les "leaders" éphémères d'une telle crise politique sont pour l'essentiel des gens qui n'arrivent pas avec un CV d'activiste politique ou de spécialiste du droit constitutionnel dans un tel mouvement. Ce qui signifie que les gens qui chercheront de l'information vers ces quelques figures évanescentes, ne trouveront qu'assez rarement des propositions pertinentes pour durcir le rapport de force entre le peuple et le gouvernement. "Durcir" ne signifiant pas ici rendre l'insurrection plus violente par elle-même, mais simplement de mieux en mieux ciblée dans ses objectifs opérationnels et son ascendant politique. Le durcissement ne venant pas, le moral des troupes s'amenuise et la foi en notre succès collectif tout autant, puisque rien ne se passe.

Pour ma propre part, mon inscription dans la révolte des "Gilets Jaunes" est une continuité dans le combat. Ça n'est ni un début d'engagement militant, ni une fin de guerre contre l'oligarchie en ce qui me concerne. La révolte des "Gilets Jaunes" a le mérite il est vrai d'accorder plus d'audience à mes propositions plutôt invariantes sur le plan opérationnel depuis des années. Je ne peux pas vraiment m'en plaindre. Désormais, les médias font partie des institutions de plus en plus ciblées par les Français ; la question de l'Armée et de son influence dans les Révolutions commence à être audible ; la nécessité du Gouvernement provisoire à instituer est aussi une logique qui doucement se fait jour ; et l'organisation des tribunaux populaires progresse. De même qu'un programme radiophonique qui permettra à certains grands noms de la dissidence de se faire connaître avec le soutien d'une radio d'envergure nationale. Je ne m'étendrais sur les avancées de chacun de ces pôles de travail, qu'au moment où elles seront bien établies.

Dans l'attente, je ne vois pas l'intérêt de me faire défoncer la gueule par des hordes de talibantifas, et je sais ne pouvoir me faire entendre du plus grand monde, afin d'alerter sur ces infiltrations contre-révolutionnaires. Beaucoup de travail m'attend encore sans même évoquer ma propre vie personnelle elle-même exigeante en temps libre disponible. C'est donc tout à fait navré pour les "Gilets Jaunes" de Gironde qui aimeraient que l'organisation de nos opérations soient plus sécurisée et pertinente, mais serein quant à l'aboutissement de mon travail de plus long terme, que je déclare abandonner toute velléité d'aider sur Bordeaux. "Les Gilets Jaunes" de Gironde pourront donc continuer de profiter de vos "Ahouuuuuuuuuu"  dans les cortèges ; du son joyeux de vos pétards jetés aux pieds des gendarmes et policiers pour s'assurer de leur tranquillité ; de vos vociférations contre "les fachos" ainsi que vos ratonnades permettant de garantir l'unité des GJ sur vos propres convictions ; et bien entendu de vos ballades touristiques autour du centre-ville sans que des arrêts soient établis sur des sites stratégiques à occuper. 

Félicitations à vous encore une fois, vous avez prouvé par vos insultes, vos menaces et votre attachement à garder la maîtrise des foules sur Bordeaux, que vous maîtrisez votre affaire en terme d'infiltration. Le trotskisme et sa variante lambertise sont une bonne école.

Vous pouvez désormais éructer votre joie de me savoir indisposé à venir me faire casser la gueule par vos nervis sur Bordeaux. La Démocratie avance grâce à vous.

Sylvain Baron




vendredi 11 janvier 2019

Lettre ouverte aux journalistes (bis) de la part d'un Gilet Jaune

Le mouvement des Gilets Jaunes a eu le mérite de mettre en lumière, particulièrement vis-à-vis des premiers concernés qui cultivaient jusque là un entre-soi réconfortant, la fracture qui existe entre les Français et nos grands médias publics et privés. Ce schisme n'est pas une nouveauté et les journalistes eux-mêmes, s'appuient très souvent (avec raison) sur les enquêtes du Cevipof, pour en relater l'amer constat. Ainsi, si seulement 12 % des Français disent faire confiance aux partis politiques, c'est à peine mieux pour la presse, puisque 25 % de nos compatriotes s'estiment satisfaits du traitement de l'information en France. Plus surprenant (et les Gilets Jaunes devraient en tenir compte), la Police Nationale obtient 70 % de capital confiance, l'Armée 77 % et les Hôpitaux plafonnent à 81 %.

Cependant, les journalistes autant que les Gilets Jaunes (du moins leurs représentants médiatisés), expliquent le phénomène, non pas en considérant le temps long d'une exaspération nationale n'ayant pas attendu les premiers actes du soulèvement pour que ce désamour apparaisse dans toute son intensité, mais en laissant à entendre que la "haine" des Gilets Jaunes contre les grands médias, serait liée au traitement éditorial de l'insurrection. Les uns accusent les grands médias d'occulter les violences policières, de présenter les Gilets Jaunes comme des populistes sans revendications claires ou encore de minorer les chiffres de la mobilisation, les autres se bornent à répéter les accusations des premier pour y donner un droit de réponse, souvent pertinent du reste.

Mais le problème de fond, c'est à dire celui dont ne souhaitent pas vraiment parler les journalistes et qui n'est pas plus évoqué par des porte-paroles des Gilets Jaunes qui le plus souvent communiquent sur la dynamique du Mouvement que sur une analyse réellement soutenue de la question médiatique : c'est bien le régime de censure, de propagande et de maccarthysme qui règne depuis plus de deux décennies en France. 

Or, pour évoquer ces problèmes, il faut utiliser des exemples pertinents, objectifs et ne souffrant d'aucune contestation possible. Par exemple, pour évoquer la censure, il suffit simplement d'évoquer le désintérêt des grands médias pour de "petites" formations politiques (nous citerons ici l'UPR ; le PARDEM ; le PRCF et S&P) qui ont le mauvais goût de dénoncer tambour battant notre appartenance à l'U.E et l'euro, l'OTAN, l'ordo-libéralisme doctrinaire de nos politicards et hauts-fonctionnaires, les guerres illégales menées par la France, etc, etc...

A l'inverse, le grand parti ultra libéral et européïste français (LRPSMODEMUDI devenu LRM aujourd'hui), jouit d'une médiatisation tonitruante depuis des décennies. Un soutien clair, ostensible et prosélyte de la part d'une pelletée de journalistes qui mélangent militantisme politique et... journalisme.

Lorsque l'on pose la question aux journalistes sur cette "pensée unique" dans les grands médias, la plupart s'inscrit en faux. Aucun ne pense avoir été recruté précisément parce que ses opinions politiques rassuraient leur direction ; tous pensent faire du bon travail ; rares sont ceux qui évoquent des pressions (en tout cas dans les médias privés) ; très peu concèdent qu'un mépris de classe et une sociologie "bobo-parisienne" est le premier ressort de la médiocrité de la presse française. Lorsqu'on évoque avec eux le fait que la durée d'une campagne électorale selon les critères définis par le Code Électoral, est d'une vingtaine de jours, et qu'il n'est pas possible pour de "petits candidats" de rattraper des heures de temps d'antenne accordées sur plusieurs années durant, à de "grands candidats", une moue gênée en découle. Mais qu'on se rassure, les journalistes respectent la loi. Et justement, et c'est bien cela le problème ! Ils ne respectent pas la logique, le sens de l'éthique ou encore le concept d'équité (n'ayant rien à voir avec celui développé par Jean-Jacques Urvoas), ils respectent une loi sur le temps d'antenne extrêmement profitable à l'oligarchie, extrêmement nuisible à la diversité d'opinions et pour le moins, à des élections que l'on voudra libres et non faussées.

Les journalistes concèdent à la rigueur (mais pas plus) que le temps de l'actualité nuit réellement à la qualité de leur travail. Pas de délai suffisant pour investiguer et apporter des éclairages, approfondissements et nuances, car une actualité en chasse une autre et il n'est pas question de creuser les sujets. Pourtant, dans la presse écrite (et grassement subventionnée), le temps de l'approfondissement est permis. Ainsi, l'Obs, l'Express, le Monde et Libération ont accordé entre 2015 et 2017 plus de 8000 articles dont le sujet principal était Emmanuel Macron. C'est dire si le sujet a été approfondi ! Aucun autre candidat à la présidentielle, et encore moins les "petits", n'a jouit d'un tel matraquage médiatique. Libération n'a d'ailleurs pas pu s'empêcher à la veille du scrutin du second tour, de concocter une Une qui ne souffrait pas d'ambiguïté : " Faites ce que vous voulez, mais votez Macron". Je rappelle que ce journal, second le plus subventionné de France après "Aujourd'hui en France" a perçu  près de 6,4 Millions d'euros d'aides payées par les impôts des Français en 2016, y compris ceux qui ne tenaient pas du tout à voter pour Emmanuel Macron.


Alors puisque je sais qu'un certain nombre de journalistes consultent ma propre page facebook régulièrement, qu'ils cherchent d'ailleurs à y dénicher la petite phrase sulfureuse permettant d'occulter des centaines de publications autrement plus "consensuelles" pour ensuite me godwiniser et me prêter des opinions ou relations que je n'ai pas, je vais supposer que ce même billet aura une chance d'être lu par quelques-uns d'entre eux. Et je ne répéterai par une seconde fois mes récriminations, ni la proposition finale qui en découlera :

Si bien entendu, la majorité des journalistes essaye et pense faire du bon boulot, cela ne dit rien de la ligne éditoriale des mass médias pour lesquels vous travaillez, ni des thématiques que vous censurez ou traitez avec un biais idéologique manifeste. Le désamour entre les Français et les Médias cessera lorsque pour commencer, vos salles de rédaction seront peuplées de journalistes radicalement opposés dans leurs opinions, non pas sur le clivage "gauche-droite" mais bien sur les questions plus sérieuses que sont l'U.E, l'euro, la paix et la guerre, l'économie ou encore la question migratoire. En fait, à tous sujets, il n'est plus supportable de lire ou entendre des journalistes répéter en perroquet une même information, pour la commenter, souvent avec le même point de vue "bobo". Par ailleurs, une question d'intérêt général ne se débat pas en fonction d'un clivage abscons et quasi inexistant chez les Français, mais bien à partir d'une réflexion critique sur le sujet en lui-même.

En second lieu, et cela est aussi un message adressé à certains Gilets Jaunes : il est inutile de nous renvoyer à notre comportement de consommateur de l'information en soulignant la diversité d'offres existante à ce sujet. Quand des Millions de Français (qu'un certain Charles de Gaulle appelaient aussi "veaux") regardent quotidiennement les mêmes grands médias audiovisuels, et seront amenés à voter en fonction des commentaires d'une presse aux ordres, il n'est pas question d'ignorer cette immense majorité asservie à ses écrans de télévision. C'est à cette portion énorme du peuple que les Gilets Jaunes souhaitent s'adresser, et pour cela, c'est bien par l'entremise des grands médias publics et privés qu'il faut nécessairement passer. Or si ces mêmes grands médias nous vendent Macron comme un jeune premier "élu démocratiquement" ; une Union européenne indépassable qu'il ne faudrait surtout pas remettre en cause (voire oser vouloir la démanteler) ; des "guerres justes" contre de vilains dictateurs en Libye ou en Syrie qu'il faudrait soutenir ; etc, etc... c'est que le problème de fond n'est toujours pas réglé. Il devient urgent et vital pour le peuple français d'accéder à de l'information géopolitique et économique qui soit SÉRIEUSE ! Nous sommes peut-être des veaux, mais certainement pas des abrutis. Informez donc le peuple sans recourir aux points de vue de Jacques Attali ou Alain Mink, et ayez la gentillesse de mettre à la porte les Apathie, Demorand, Cohen, Barbier, Elkrief, etc... qui créent des crises d'urticaire à tous les Français qui les entendent débiter leur haine (bien réelle) du peuple.

Par ailleurs, s'il est nécessaire que la diversité d'opinions se traduise dans le SÉRIEUX des sujets traités, cela va aussi de pair avec le respect qui est dû aux personnalités politiques ayant jusque là subit une censure honteuse et des calomnies perpétuelles pour les discréditer. Il ne s'agit pas seulement d'accorder du temps d'antenne à des "petits" partis politiques et leurs porte-paroles pour offrir un autre son de cloche intellectuel aux Français, mais aussi de vous intéresser à des personnalités qui émergent sur Internet comme Etienne Chouard, Michel Drac, Franck Lepage, etc... Quand on prétend pompeusement représenter "l'opinion publique", il est assez étrange d'ignorer qu'une bonne part de l'opinion publique, s'intéresse à des notoriétés que l'on entend jamais ou presque dans les grands médias français.

Il va de soi que les quelques actionnaires qui se partagent la quasi totalité de la presse en France, doivent être évincés. Bien sur, aucun d'entre eux ne fait pression sur vous directement. Mais indirectement, si. Par votre recrutement, par le choix de votre direction éditoriale, par le biais de votre auto-censure. Je vous propose d'ailleurs un excellent sujet qui aura le mérite de mettre en exergue ce dernier point : Si vous travaillez dans un grand média privé (par exemple BFM), pourquoi ne pas évoquer l'intérêt d'évincer les grands actionnaires du capital des grands médias ? Qui défend cette position ? Est-ce envisageable ? Que pensez du statut de coopératives pour les grands médias privés ? Faut-il imaginer une presse totalement publique ? Pourquoi de grandes fortunes prennent le contrôle des grands médias ? Par mercantilisme ? Par désir d'offrir une information de qualité et pluraliste aux Français ???

S'il vous semble compliqué d'aborder un tel sujet à BFM comme ailleurs, ce n'est pas parce que M. Drahi vous pressurise, mais bien parce que vous savez d'emblée ce sujet comme trop sensible. Voici un exemple simple d'auto-censure.

Enfin, reste la question des médias publics, et mon opinion est assez tranchée sur ces derniers. Ce sont les pires (oui, même BFM fait du bon boulot à côté de France Télévisions ou France Inter), et le problème ne sera réglé qu'en remplaçant une partie du personnel journalistique. En outre, il faudra réformer totalement la loi sur la Liberté de la presse du 29 Juillet 1881, certaines lois du Code Électoral, porter reconnaissance du IVème pouvoir et à la Charte de Munich dans la Constitution, réformer totalement le CSA ou l'abolir. Dans le premier cas, il s'agirait de le rendre indépendant du pouvoir exécutif, le transformer en Cour pouvant prononcer des peines en cas de violation du code de déontologie et d'éthique des journalistes, et s'assurer que des citoyens tirés au sort, des journalistes et magistrats puissent en assurer la composition et les arbitrages. Enfin, il ne serait pas inutile de revoir totalement les modalités d'attribution de la carte de presse à l'ère des blogs spécialisés et du journalisme non rémunéré.

Dans tous les cas, il est urgent que de véritables assises de la presse, réunissent citoyens et journalistes afin de débattre des solutions pouvant améliorer significativement la ligne éditoriale, la qualité des programmes et du traitement de l'information, ainsi que l’interaction entre les journalistes et les usagers de l'information. Beaucoup de Gilets Jaunes partout en France m'en parlent et appellent ces assises de leurs vœux.

Bien sûr, Emmanuel Macron mise sur le pourrissement du mouvement du fait que les Gilets Jaunes n'agissent pas de façon disciplinée et stratégique pour renverser le Gouvernement. Et peut-être que cette volonté de mettre à l'épreuve notre motivation permettra à Macron de s'en sortir provisoirement, jusqu'à un prochain soulèvement du peuple. Mais si rien ne change sur le plan médiatique très rapidement et cela de façon durable, n'en doutez pas, la prochaine phase insurrectionnelle risque d'être encore plus violente, pour ne pas dire sanglante, et les journalistes seront considérés avec le même ressentiment que les politicards qu'ils promeuvent constamment.

Ne prenez plus de haut le peuple, doutez de vos opinions politiques car généralement, vous ne maîtrisez pas vos sujets et ne comprenez rien au droit, à la monnaie ou à l'économie. Je mets d'ailleurs au défi chacun d'entre vous de soutenir un échange sur ces questions relevant de la marche de l'Etat avec moi. Éclairez nous sur la réalité de l'offre politique et intellectuelle existante en France, plutôt que faire propagande pour les mêmes gredins. Oubliez les joies du "story telling" et des slogans anxiogènes. Les Français n'ont plus peur de vos incantations ! Pour votre part, il serait temps que vous vous inquiétez de la rage de notre peuple à votre endroit. Je suis de mon côté un type excessivement pacifique, et je sais être clairement minoritaire sur ce point de vue chez les Gilets Jaunes.

Préférez-vous vous entretenir avec des gens "courtois" et constructifs dans leurs échanges, ou avec des citoyens totalement enragés qui auront besoin d'exulter leur colère sur le premier journaliste venu ?

Acceptez mon offre, car avec 25 % d'opinions qui vous sont favorables, les solutions que vous méditerez dans votre entre-soi coorporatif réconfortant, ne vous seront d'aucun secours pour la suite...

Bien cordialement,

Sylvain Baron